La Royal Navy renoue avec la marine à voile pour la formation de ses futurs officiers

À une époque où l’on ne parle quasiment que de robotisation, de drones et de combat infovalorisé, on peut trouver anachronique le fait que la Marine nationale entretient encore une flotte de voiliers. Celle-ci s’est encore étoffée en 2023, avec l’admission au service actif de l’Intrépide, un navire de 21,30 mètres de long, conçu en 2010 pour la course en équipage. Ce monocoque a ainsi rejoint, entre autres, les goélettes Étoile et Belle Poule, le yawl La Grande Hermine et les cotres Mutin et Feu Follet.
Si la Marine nationale dispose de tels navires, ce n’est pas parce qu’elle regrette la « douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile et le temps des équipages », pour reprendre le bon mot du général de Gaulle. Mais il se trouve que l’on n’a rien trouvé de mieux pour permettre aux futurs marins d’acquérir les compétences fondamentales [matelotage, navigation, etc.] dont ils auront besoin au cours de leur carrière.
Ayant considéré que, au regard de l’évolution des technologies navales, les voiliers ne lui seraient plus utiles pour former ses futurs officiers de marine, la Royal Navy, qui a toutefois conservé le HMS Victory, a désarmé son dernier grand voilier-école à la fin des années 1960. Plus de cinquante ans après, elle s’est rendu compte qu’elle avait commis une erreur.
En effet, la semaine passée, la Royal Navy a fait savoir qu’elle allait affréter un grand voilier en 2026 afin d’améliorer la formation de ses élèves officiers. Et cela à l’issue d’une expérimentation menée à bord du Pelican of London, un ancien chalutier à voiles qui, construit en France, a été converti en navire-école il y a une dizaine d’années. Expérimentation qui, selon elle, a « démontré l’importance du matelotage traditionnel pour le développement des compétences navales fondamentales.
Barque to the future…@HMS_Collingwood plans to charter a tall ship to enhance officer training with traditional sea time.
Junior warfare officers have given the thumbs up to the experience on trials with TS Pelican.https://t.co/Ewj2YdOKMf pic.twitter.com/dPDwbizYKh
— Royal Navy (@RoyalNavy) September 16, 2025
Le TS Pelican of London a été un « navire fabuleux pour inculquer l’éthique de la Royal Navy et se concentrer sur la formation », a commenté le capitaine de corvette David Carter.
Les stagiaires ont « acquis une expérience directe du partage des responsabilités et de la gestion de la fatigue », dans des conditions qu’il est difficile de reproduire à terre ou dans des simulateurs.
« Même si ce grand voilier ne disposait pas de la technologie que l’on trouve à bord d’un navire de guerre moderne, les fondamentaux de la navigation sont identiques et l’expérience de piloter un tel navire a favorisé l’esprit d’équipage et renforcé le moral », a constaté la Royal Navy.
Ce que Roy Love, le capitaine du TS Pelican of London, a confirmé. « La marine moderne est très technique, contrairement à nous. L’électronique est rare. Nous sommes là pour enseigner les bases du matelotage, la vie et le travail en mer. L’apprentissage est dur pour la plupart, mais ces compétences profitent à tous ceux qui naviguent avec nous », a-t-il résumé.
Photo : Royal Navy





Et l’infanterie avec les tranchées.
A Salon de Provence, nos pilotes de Rafale ont commencé pour beaucoup leur formation de pilote, …..sur planeur.
c’est très formateur le planeur pour les pilotes
Au piège, tout le monde commence par le planeur !
Parfait car le niveau général des marins professionnels baisse depuis un moment ,c’est générationnel ,et toussa à cause d’un coupable : le GPS ! parce que le GPS donne avec une précision vraiment époustouflante, la position du caillou sur laquelle les marins modernes vont se planter…le GPS vous pousse à ne plus regarder les cartes, puisque l’ECDIS est là sujet parfois au map shifting …..il suffit de 50 métres d’erreur pour aller écrabouiller les crabes sur une caille…….. Oncle Trump dans son immense sagesse, a renvoyé des officiers de la Navy , de l’Air Force et des Marines retourner sur les bancs de l’école ,re- étudier la navigation traditionnelle de grand papa en raison des menaces d’attaques cybernétiques qui planent sur le réseau GPS….sextant et tables de trigo sont de retour ….la voile, en raison de sa complexité de manoeuvre à s’ adapter avec les caprices météorologiques qui influent sur les routes à suivre , développe le sens de la manoeuvre et de la navigation ,et ce bien plus que sur un bateau à moteur…
C’est toujours quelque peu jouissif de voir que nos chers voisins britanniques redécouvrent l’eau chaude en matière de marine. Enfin, mieux vaut tard que jamais.
@speedbird, j’avais écrit ça en février 2024 sur l’article concernant la commande de sextant par la Royale et c’est toujours vrai aujourd’hui: « C’est une évidence pour un marin que de savoir naviguer traditionnellement à la montre, au compas et au sextant avec des cartes papier. Je me souviens d’une époque où le gps n’existait pas et où, embarqué sur un chalutier en bois de 18 mètres pour une marée à la langoustine en mer d’Irlande, je m’étais étonné auprès du patron qui enseignait le maniement du sextant au mousse alors qu’il disposait déjà à l’époque de moyens de navigation modernes et fiables. Réponse laconique du marin : « oui, c’est bien joli et efficace tout ça, mais le jour où c’est hs , tu fais comment pour connaitre ta position, naviguer et rentrer au port? » Quelques décennies plus tard, c’est toujours d’actualité. »
Toute la technologie moderne ne remplacera jamais le sens marin, le ressenti qu’on a à naviguer à l’ancienne, sentir les vagues, le vent et les courants, anticiper la météo, tout ce qui ne s’apprend pas devant un écran à terre, bref l’expérience qui ne s’acquière qu’au fil du temps et des navigations. J’ai aussi le souvenir d’innombrables navigations en kayak par tous les temps, été comme hiver, en Bretagne nord avec des jeunes en prépa marine marchande. Certains étaient de vrais néophytes qui n’ont jamais réussi à maitriser les joies de la navigation entre les rochers, tenir un cap, ou à apprécier comment gérer les courants qui sont légion dans ces parages, etc… J’espère pour eux que, si ils ont réussi le concours et commandent aujourd’hui des navires, ils ont fait des progrès!
Cela dit, il semble bien qu’aujourd’hui les anglais reviennent aux fondamentaux. Et c’est tant mieux!
@ Bench….rien à rajouter à ton pertinent commentaire tu as tout dit ! ..sur ce, tenir un cap en pagayant dans un kayak ultra léger qui navigue dans les abers au milieu des courants bretons par fort coeff de marée , me semble aussi difficile que de tenir un cap à la voile par mer agitée avec une avarie de gouvernail ….
S’ils ont réussi.
Afrique, Afghanistan il est vrai que « mettre les voiles » est à la mode !!!
Plus sérieusement il est vrai que la marine traditionnelle est exigeante
Quiconque a relâché à Dartmouth a pu admirer les somptueux sloops bermudiens à coque noire du Naval College britannique. Et ils servent, il semble y en avoir toujours un ou deux en sortie. La voile n’a jamais disparu de la formation des élèves officiers britanniques.
@ Sj……….J’ai surtout vu à Dartmouth une trés belle démo d’un Eurofighter Typhoon de la RAF…..
Totalement d’accord avec ce mode de formation. Rien de tel que de passer par la case départ avant d’exercer des responsabilités dans quelque domaine que ce soit. Ça apprend la modestie et donne du recul.
apres les deux super porte avions géants, avec tremplin … lol, la Royal Navy pense a développer un Porte Avion à Voile 🙂
malin les Britishs …
Ah, ces magnifiques voiliers, leurs virils équipages, rudes et aguerris, qui tels les focs qui propulsent leur gracieux navires, aiment prendre le vent par l’arrière…
Des fois, je me sens poète.
(Encore une réflexion de pousse caillou)
Leurs gracieux navires.
Tant que ce n’est que le vent, ça va encore.
j’ai eu peur de la censure.
Et j’ai oublié un s à leur, c’est plus grave…
Vive la Royal Navy !
Après l’étude du retour du bouclier pour les fantassins dans les tranchées, le retour de la marine à voile. Nostalgie quand tu nous tiens.
A quand une formation de nos artilleurs servants des Caesar, sur catapultes et balistes pour renforcer les fondamentaux ?
Blague mise à part, je trouve la démarche très saine. La haute technologie n’est pas tout.
il faut « sentir » les choses. Se confronter aux éléments, les apprivoiser.
Les dompter? Impossible !
Pour la formation de balistaire, Leodagan peut vous faire un devis.
Bon choix de la Royal Navy .Le retour aux fondamentaux. Rien de tel que de tirer sur du bout ou s’user un les yeux sur une carte, un sextant ou un compas de relèvement pour les acquérir. « Faut du gros temps pour faire du marin »
Depuis le temps que les marins britanniques sont à voile et à vapeur… Je dis ça sans aucune rancune, Trafalgar étant de l’histoire très ancienne !
pas dans leur tronche, pas du tout même : il est habituel de voir les gammons du télégraph invoquer azincourt (manifestement oublieux du ait qu’ils ont perdu la guerre la en question)
« oublieux du ait qu’ils ont perdu la guerre ».
F’a ne f’arrange pas, vos foufis de f.
Raté!!
J’allais la faire
!-D