Le Royaume-Uni va livrer des avions militaires aux États-Unis pour la première fois depuis plus de 50 ans

En 2023, l’US Air Force fit savoir qu’elle prévoyait de commander vingt-six avions de détection et de commandement aéroportés E-7A Wedgetail afin de remplacer ses anciens 31 E-3B/G AWACS à partir de 2027. Restait alors à trouver un accord avec Boeing.
Pour rappel, l’E-7A Wedgetail est équipé d’un radar à antenne active multirôle [MESA Multi-role Electronically Scanned Array] d’une portée supérieure à 400 km, de contre-mesures électroniques et de différents systèmes de communication [UHF, HF, VHF, Liaison 11, Liaison 16, ICS, SATCOM, etc.].
Étant donné que l’E-7A Wedgetail avait déjà été choisi par l’Australie, la Corée du Sud, la Turquie, le Royaume-Uni et l’Otan, les négociations contractuelles étaient censées ne pas poser de problème particulier. Sauf que les appareils destinés à l’US Air Force devront avoir un système de mission et des moyens de communication par satellite différents de ceux mis en Å“uvre par les avions déjà vendus à l’exportation. D’où la volonté du Pentagone de commander d’abord deux prototypes à Boeing avant d’aller plus loin.
Les responsables de l’US Air Force « pensaient que leurs exigences correspondraient étroitement à celles des E-7 acquis par le Royaume-Uni. Mais au fil du processus, ces exigences ont divergé, ce qui rend compliqué le développement [des prototypes] et les négociations contractuelles », avait en effet déclaré Andrew Hunter, alors secrétaire adjoint de l’US Air Force pour les acquisitions et la technologie.
Finalement, un accord fut trouvé en juillet 2024, le développement de ces deux prototypes devant coûter 2,6 milliards de dollars au Pentagone. Mais ces appareils ne seront pas construits aux États-Unis, comme on pouvait le penser, mais au… Royaume-Uni. C’est en effet ce qu’a annoncé le ministère britannique de la Défense [MoD], après la visite d’État que vient d’effectuer le président américain, Donald Trump, à Londres, cette semaine.
« Pour la première fois depuis plus de cinquante ans, la Grande-Bretagne va contribuer à la construction d’avions militaires » pour les États-Unis, s’est félicité le MoD, dans un communiqué publié le 18 septembre.
Signé avec Boeing, le contrat en question prévoit « la rénovation et la modernisation de deux B-737 existants afin de produire deux prototypes d’avion de surveillance et d’alerte avancée à Birmingham. […] Il représente un investissement supplémentaire de plus de 36 millions de livres sterling pour l’économie britannique », a expliqué le ministère.
« Le Royaume-Uni a déjà commandé trois avions d’alerte avancée Boeing E-7 Wedgetail. Ces appareils constitueront un élément essentiel de la défense nationale britannique grâce à leur radar et leurs capteurs capables de détecter les avions, missiles et drones ennemis en approche, à plus de 480 kilomètres de distance. L’entrée en service de Wedgetail au sein de la Royal Air Force est prévue pour 2026 », a ensuite rappelé le MoD.
« Avec l’expansion de la ligne de production, les 150 nouveaux emplois créés au Royaume-Uni permettront de modifier deux prototypes d’E-7A Wedgetail à partir de la cellule de nouveaux avions commerciaux, qui seront les premiers modèles E-7A réceptionnés par les États-Unis », a-t-il précisé.
Pour rappel, depuis l’achat de Hawker Siddeley Harrier par l’US Marine Corps, dans les années 1970, l’industrie aéronautique britannique n’a plus livré d’avions militaires aux États-Unis. Et cela même si elle est le seul partenaire de niveau 1 pour le programme F-35.
Cela étant, il n’est pas certain que le contrat entre Boeing et le Royaume-Uni aille à son terme étant donné que le Pentagone a fait part de son intention d’annuler l’achat d’E-7A Wedgetail, estimant que de tels appareils sont désormais trop vulnérables dans un environnement contesté et qu’ils pourraient être avantageusement remplacés par des moyens spatiaux, comme l’Air Moving Target Indicator [AMTI], complétés par des avions de guet aérien E-2D Advanced Hawkeye.
Cependant, le Congrès, qui a le dernier mot, n’entend pas remettre en cause le programme E-7A Wedgetail. Du moins pour le moment…





Le contrat atteindra le montant faramineux de ….. 36 millions de livres Sterling.
Le contrat du siècle !
On voit que la Grande Bretagne est un allié privilégié des États-Unis.
@Yvon. Ces 36 millions ne concernent que l’investissement nécessaire à l’augmentation des capacités de production chez STS. STS a déjà reçu un contrat de 1,9 milliards de Livre Sterling de la part de Boeing pour les 3 premiers E-7 de la RAF….D’autres contrats suivront si le programme E-7A de l’US Air Force continue…
En français, le pluriel n’est marqué qu’à partir de deux (inclus).
1 milliard de livres.
1,9 milliard de livres.
1,999 milliard de livres.
2 milliards de livres.
2,001 milliards de livres.
2,9 milliards de livres.
Un contrat de 1,9 milliard de livres sterling.
Ce sont quand même des appareils qui peuvent servir à autre chose qu’une offensive ou « défense active » contre la Chine ou la Russie. Si la Chine en produit plein, probablement mieux pour les derniers modèles que le E-7, c’est probablement plus pour du défensif contre B-2, B-21, etc. que pour une offensive sur Hawaï, l’Alaska ou Catalina Island. Et puis, la Chine n’a probablement pas les même problèmes de prix/coûts.
@VinceToto. « Si la Chine en produit plein, probablement mieux pour les derniers modèles que le E-7 ». Au doigt mouillé ??? Sinon, il y a encore pas mal de boulot avant d’arriver à Hawaï….
Si certains aux US réfléchissent à autre chose que de l’avion AEW&C, c’est aussi car la Chine les a rattrapé dans ce domaine en plus des missiles longue portée et des avions furtifs. La Chine a conçu ces appareils AEW&C en prenant en compte les avions furtifs US alors que le E-7 n’a pas été conçu par rapport aux capacités actuelles et futures chinoises.
Elle les a rattrapés.
E7 mal parti?
Victoire du E7 Ã la Pyrrhus?
Perte influence au Congrès (Pork Barrel/US jobs)
Aucun fabricant US intéressé ?
Assez surprenant
@Lado. Le problème du E-7A aux Etats-Unis est dans le bureau ovale de Washington et chez les responsables civils du Pentagone. Les deux comités aux forces armées US du Sénat et de la Chambre des Représentants soutiennent le E-7A… Et les militaires de l’US Air Force également. L’actuel Chef d’Etat-major de l’US Air Force, le Général Allvin, démissionnaire(!) était encore de cela il y a 12 mois l’un de ses plus grands supporters…. Mais il a du rentrer dans le rang avec la nouvelle administration… Je l’ai bien vu, lors des séances pour les budgets 2026 devant ces 2 comités. Il était particulièrement gêné pour répondre aux questions concernant ce programme remplacé par un achat sur étagère de E-2D, un pansement sur une jambe de bois, qui ne répond pas aux besoins de l’US Air force… Les E-2D sont parfaits pour contrôler une bataille limitée aéronavale.. Mais ils ne sont absolument pas capables de gérer une grande campagne aérienne à la sauce US Air Force, multi-domaines et multi-forces… D’où cette tribune de généraux 4 étoiles à la retraite pour enjoindre le Congrès à poursuivre le programme E-7A… Le général Allvin a perdu la confiance de ses subordonnés, les commandants 4 étoiles des théâtres d’opérations de l’US Air force, en « s’aplatissant » un peu trop devant les nouvelles autorités civiles du Pentagone.. Son retrait prématuré, 2 ans avant le terme se son mandat, a des causes sérieuses… Beaucoup espèrent que le tout récent retraité Général Wilsbach, grand connaisseur du théâtre Indo-Pacifique soit nommé à sa place…
Les « civils » pensent très probablement que les E-7 seront rapidement obsolètes sur le théâtre d’opération prés de la Chine(et ailleurs). Si les USA veulent garder la supériorité dans ce domaine il doivent passer à autre chose rapidement. De là à ne rien avoir en attendant mieux, en plus en plongeant les psychorigides USAF nostalgiques de la campagne Kosovo 1999, Irak 2003, dans le désarroi doctrinaire, ce n’est pas « démocratique ».
@VinceToto. Les « psychorigides » dont vous parlez ne contestent pas la nécessité d’avoir un système de détection et de conduite de combat basé dans l’espace. Ils contestent le fait que ce système soit déployé et opérationnel dans un laps de temps beaucoup trop court…
Les Usa ne dominent plus le sujet car même en France pour remplacer les notres, on a commandé des Globaleyes à la Suède, et pour ce qui est de l’avion, c’est un Bombardier. Intéressant de préciser que sa distance opérationnelle est de 550 kms.
@JILI. Pour l’instant, la France n’a toujours pas passé commande des Globaleye….La France ne veut pas acheter américain ni israelien, c’est tout. Pour le E-2D de la MN, avant que vous n’en parliez, c’est qu’il n’y a pas vraiment de choix.
Désolé mais la France a signé courant juin une lettre d’intention pour l’acquisition de 2 avions, et cette lettre à la valeur d’une acquisition.
@JILI. Une lettre d’intention n’engage à rien…Un contrat signé oui…
Faux. Une lettre d’intention n’a aucune valeur d’acquisition.
De même, la France a signé un contrat de levée de risques avec Airbus et Thalès pour le futur patrouilleur A321MPA. Mais ce contrat n’engage en rien sur une commande ferme.
Cette lettre a la valeur.
Les USA.
Les nÔtres.
Des GlobalEyE.
550 km.
Tu chipotes l’ami. Rien à se mettre sous la dent ?
Merci.
En effet, c’est « notre, votre ; nos, vos », mais « le nôtre, le vôtre ; les nôtres, les vôtres ».
La France espérait des commandes de frégates ou sous marins en Suède Norvège… cela n’a pas abouti, j’espère que la France va laisser tomber la Suède pour revenir sur dassault et thales.
les sièges éjectables indiens sont mieux que les takata?