Le blindé Serval dédié à la guerre électronique a été qualifié par la Direction générale de l’armement

En février 2021, la Direction générale de l’armement fit savoir qu’elle avait notifié un contrat de 160 millions d’euros à Thales et Airbus pour mener à bien le programme à effet majeur [PEM] « ROEM Tactique », censé renouveler et renforcer les capacités des trois armées [Terre, Marine, Air] à collecter et à exploiter des renseignements d’origine électromagnétique [ROEM] grâce à un système commun.
Ce PEM « a pour objectif de fournir aux trois armées un système homogène, utilisant le maximum de briques communes, en vue de garantir la continuité opérationnelle et l’exploitation interarmées des informations recueillies », avait expliqué la DGA.
Et d’ajouter que le système interarmées ROEM tactique allait être « constitué d’une gamme de capteurs combinables sous forme de modules, adaptés aux besoins des théâtres d’opérations et au milieu de projection requis, qu’il soit terrestre, naval, ou aérien. »
Fort de son expérience accumulée avec les programmes COHORTE [le système ROEM tactique de l’armée de Terre, ndlr], MINREM [Moyen Interarmées Navalisé de Renseignement d’origine Electro Magnétique], ARCHANGE [Avion de Renseignement à CHArge utile de Nouvelle GEnération] et CLOVIS [Capacité de LOcalisation à Vocation Interministérielle et Stratégique], Thales précisa que ce « nouveau système d’écoute et de localisation des communications adverses » allait « apporter une assistance à la manœuvre sur le théâtre d’opérations, contribuant ainsi à la sécurité de nos forces ».
Un peu plus de quatre ans plus tard, la DGA a qualifié la première version de ce système ROEM tactique, installé à bord d’un Véhicule blindé multirôles léger [VBMR-L] Serval. C’est en effet ce qu’elle a annoncé, via un communiqué publié le 18 septembre.
« Cette qualification permettra de disposer d’une première capacité de Serval GE [Guerre Électronique] », a-t-elle souligné. Les premiers véhicules de ce type seront livrés d’ici quelques semaines au 54e Régiment de Transmissions [RT] de l’armée de Terre qui, selon sa devise, « n’affirme rien qu’il ne prouve ».
Implanté à Haguenau [Alsace], le 54e RT a la mission de fournir un appui électronique tactique à l’ensemble des unités de l’armée de Terre, de collecter du renseignement d’origine électromagnétique, de défendre « ses propres moyens radio » et d’attaquer les réseaux de communication ennemis. Il aura l’occasion de mettre ses nouveaux Serval GE à l’épreuve lors de l’exercice « Small Joint Operations », qui se tiendra en fin d’année.
Selon la DGA, ce système ROEM Tactique dispose de moyens « adaptés aux nouvelles technologies de communication mises en œuvre par l’adversaire », ce qui permet « d’identifier et d’exploiter l’usage par l’adversaire de ses équipements électromagnétiques, comme les radios, dans le but d’acquérir du renseignement sur lui ».
Par la suite, le ROEM Tactique sera installé à bord des frégates de premier rang et des avions de patrouille maritime Atlantique 2 de la Marine nationale. En outre, il sera également utilisé sous « forme d’équipements terrestres projetables” pour assurer la protection des bases de l’armée de l’Air & de l’Espace.





Très très important, le théâtre ukrainien le démontre sans cesse. Et il faut donc aussi une bonne capacité à faire évoluer les systèmes très rapidement, calculs intensifs et IA intégrés. Des véhicules à haute valeur ajoutée qui seront donc, comme les radars et d’autres capteurs, prioritairement recherchés par l’adversaire.
Oui, mais même sans l’Ukraine, il est évident que la guerre électronique est un équipement en besoin à l’heure de la digitalisation, de la multiplication des communications.
La guerre en Ukraine oblige à accélérer et gonfler ce secteur, en parallèle des drones et des munitions longues distances.
« un équipement en besoin à l’heure de la digitalisation, »
Y’a que chez les urologues, les proctologues et les gynécos que la digitalisation a de l’importance…
Ce que veut illustrer PK est que numérique et numérisation sont les bonnes traductions en français de « digital » et « digitalization » quand ces termes ne font pas référence aux doigts de la main.
Très bien, il tombe à point nommé celui là, en revanche j’ai une question, les moyens d’écoute et de brouillage ROEM russe sont beaucoup plus lourd et volumineux, est-ce la preuve d’une plus grande efficience ou c’est nous Français qui avons su faire tenir tout le « Bazard » dans un Serval? Par contre j’espère qu’ils ont prévu la climatisation, parce que ça doit sacrément chauffer à l’intérieur…
Il n’y a pas de magie française, chinoise ou d’un peuple parfait imaginaire.
Il y a plusieurs aspects de guerre électronique.
Il y a des moyens de renseignement (bien plus légers), des moyens de brouillages (demandant beaucoup de puissance), et il y a des moyens de tentative de craquer des réseaux de communication ennemis.
Pour le renseignement, s’agit-il de renseignement radars? Radio?
Pour l’aspect offensif, brouillage de radars? Brouillage de communications? Brouillage GPS / Glonas, etc?
Ici, Serval que correspond au renseignement de signaux tactiques (communications). Donc il capte des données. Pas besoin d’énormes antennes et générateurs pour ce rôle. Et pour son rôle offensif, c’est probablement « simplement » de réussir à craquer le cryptage du système de communications.
Pour un système offensif de brouillage massif, on entre dans une catégorie qui serait basée sur un gros camion.
Un exemple dans le brouillage, c’est le STARKOM tchèque.
Conclusion? C’est un système tactique correspondant aux besoins à « petite » échelle.
Les systèmes russes auxquels vous faites référence sont plus à un niveau stratégique. Le Serval est parfaitement adapté au tactique.
Le bazar.
Le hasard.
Les moyens (…) russes sont beaucoup plus lourds et volumineux
Bien sûr que non, qu’ils n’ont pas mis de clim dans ce véhicule bourré d’électronique. Ils adorent devoir les remplacer tous les trois jours dès qu’ils essayent de les employer en dehors des cercles polaires… Sont tellement crétins à la DGA, hein.
Ça sert à localiser les centres de communications adverses ?
Ça brouille les communications ?
Ça brouille les gps ?
Est-ce offensif?
Ça brouille l’écoute aussi.
ça Brouille l’écoute……….
Trop rapide 🙂
Vous voulez qu’on vous envoie la notice? Blague à part je pense qu’à Moscou, et sans doute ailleurs aussi, beaucoup de gens aimeraient connaître tout ce que cet engin peut faire!
Bonne réponse.
Les Retex d’Ukraine montrent à l’évidence l’utilité de ce type de matériel.
Attention toutefois à veiller à le faire évoluer au rythme soutenu qu’imposent les progrès technologiques et les retours d’expérience.
Au pire il enverra des signaux de fumée.
L’inconvenient de ces dispositifs, c’est le fouillis d’antennes et de capteurs sur le toit du véhicule qui le rendent reconnaissable, ainsi que leur hauteur apparemment superieure à 4,30 m pour les deplacements (à moins que tout soit repliable ), sans parler des traces dans les champs comme sur la photo. Conclusion: préférer les chemins empierres, stationner dans la végétation et ne pas lésiner sur le camouflage, sans oublier une protection eventuelle, si tout ce beau matériel n’est pas passif.
Je préconiserait bien un truc basique, le déportage des antennes, surtout évidement les antennes émétrices.
Le véhicule s’arrète, se poste, et avec un câble de 50 m à 100 m on place les antennes qui émettent à distance.
Si elles attirent une menace, le véhicule a sa chance.
Je préconiseraiS bien.
Le déporT.
ÉvidemMent.
ÉmETtrices.
S’arrÊte
Bonjour Alfred,
tout ce que vous préconisez fait partie de la procédure basique toutes armes.
Entierement d’accord. Mais il est parfois utile de rappeler ce qui semble tellement evident qu’on finit par l’oublier.
Les traces dans le champ sont le cheminement de la semeuse puis des traiteuses.
En principe vous avez une voie de cette sorte tout les 12 m par ce que les bras des épandeurs de traitements, engrais liquide etc font env. 6 m.
C’est prévu dès le semi et cela facilite les soins aux cultures : « sur des rails ».
Bien sûr. Mais ne me dites pas qu’aucun vehicule ou engin mitaire n’a jamais laissé de traces de son passage derriere lui dans un champ ou un pré en periode humide (en dehors de certain camps au sol caillouteux)
Tous les 12 m.
A une époque en formation à l’EAABC on nous enseigner de tirer en priorité sur les engins équipés de nombreuses antennes radio , signe de véhicules de commandement.
En revanche, on ne vous enseignait pas la conjugaison.
En espérant une fidélisation à la hauteur pour nos spécialistes.
Le RITA était basé sur ce type d antennes et d’autocommutateurs deportés et installés sur des hauteurs avec des haubans de renfort ceci pour mailler un grand territoire.
Mis en œuvre par des RT régiments de transmissions sur camions tactiques.