Un F-22A Raptor aurait battu un record de tir à longue portée avec un missile air-air AIM-120 AMRAAM

En combat aérien, la capacité de détruire une cible au-delà de la portée visuelle [BVR – Beyond Visual Range] peut s’avérer déterminante pour contrer les dispositifs d’interdiction et de déni d’accès [A2/AD] déployés par un adversaire. Pour cela, il faut disposer de moyens de détection permettant de « voir loin » et de missiles air-air à longue portée.
Le PL-15 chinois fait partie de ces derniers. A priori, il serait en mesure d’atteindre un aéronef adversaire évoluant à 200 ou 300 km de distance [145 km pour le PL-15E, la version destinée à l’exportation]. Même chose pour R-37M russe, avec une portée annoncée d’environ 300 km, et le METEOR de MBDA, dont les performances restent confidentielles [cependant, la force aérienne grecque assure qu’il peut parcourir au moins 200 km].
La discrétion est aussi de mise pour la dernière version de l’AIM-120 C/D AMRAAM [Advanced Medium-Range Air-to-Air Missile] de l’américain Raytheon [division de RTX]. La dernière version de ce missile, développée dans le cadre du programme F3R [Form, Fit, Function, Refresh], aurait une portée d’au moins 160 km. Soit environ 30 km de moins que l’AIM-54 Phœnix, mis en œuvre naguère par le F-14 Tomcat.
En réalité, la portée de l’AIM-120 AMRAAM pourrait bien être largement supérieure. En mars 2021, l’US Air Force fit savoir que lors d’un exercice de type WESP [Weapons Systems Evaluation Program], en Floride, un missile de ce type, tiré par un F-15C contre un drone-cible BQM-167, avait réalisé le vol le « plus long jamais connu ». Mais elle s’était gardée de préciser la distance parcourue par cet engin.
En tout cas, ce « record » a été récemment battu. C’est en effet ce qu’a révélé Raytheon. Dans un communiqué publié le 16 septembre, l’industriel a expliqué qu’un F-22A Raptor avait effectué « le plus long tir de missile air-air AMRAAM » pour un avion de combat de 5e génération, lors d’une campagne d’essais organisée depuis la base aérienne d’Eglin [Floride], l’an passé.
« Menés à l’automne 2024 avec un F-22, ces essais ont démontré la capacité de l’AMRAAM à offrir un temps de vol prolongé, prouvant ainsi qu’il peut accroître significativement la létalité des avions de cinquième génération », a indiqué Raytheon, sans livrer de précisions sur les performances de son missile.
« Ce résultat est le fruit du programme de développement F3R de l’US Air Force, qui continue d’améliorer les performances de l’AMRAAM, et de l’investissement de Raytheon dans la recherche, le développement et la production de ce missile », a fait valoir la filiale de RTX.
Cela étant, Jon Norman, un haut responsable de Raytheon, a expliqué que la portée de l’AIM-120 avait pu être significativement augmentée grâce à l’intégration d’une batterie plus performante et d’un nouveau logiciel capable d’”exploiter les altitudes et les vitesses plus élevées auxquelles les F-22 et les F-35 peuvent lancer des missiles ».
« Nous avons pu le faire voler beaucoup plus longtemps. Il vole plus haut et plus loin parce que nous pouvons le faire voler à une vitesse beaucoup plus élevée au moment du largage, ce qui améliore considérablement ses performances », a-t-il avancé.
« Nous n’avons pas modifié la propulsion [qui repose sur un moteur-fusée à propergol solide, ndlr]. Nous avons simplement modifié son mode de vol pour les tirs à longue distance, afin qu’il ait plus d’énergie cinétique lorsqu’il atteint sa cible », a insisté M. Norman, selon qui la portée de l’AMRAAM va encore s’accroître à l’avenir. « Nous allons exploiter pleinement l’aérodynamisme du missile lui-même », a-t-il dit.
Outre l’augmentation de la portée, le programme F3R a également consisté à rendre l’AMRAAM plus résilient au brouillage électronique, grâce notamment à un système à mémoire de fréquence radio numérique [DRFM – Digital radio frequency memory].
« L’obtention de la supériorité aérienne dans un futur espace de bataille très disputé dépend de la précision et de la létalité des missiles air-air. L’AMRAAM est déjà reconnu comme la référence en matière de domination aérienne, et ces essais prouvent qu’il continuera de jouer un rôle crucial pour les États-Unis et leurs alliés dans les décennies à venir », a commenté Sam Deneke, le responsable des systèmes de défense aérienne et spatiale chez Raytheon.
Et cela alors que Lockheed Martin planche, depuis 2017, sur le missile air-air à longue portée AIM-260 JATM [Joint Air Tactical Missile], censé succéder à l’AMRAAM.
Reste que le missile de Raytheon a encore de beaux jours devant lui. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter les avis de la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargée des exportations d’équipements militaires américains. Au cours de ces derniers mois, elle a autorisé la vente d’AMRAAM au Japon [1 200 missiles], à la Pologne [400], à l’Australie [400], à l’Italie [70] et à la Finlande [405].
Le 16 septembre, la DSCA a répondu favorablement à une nouvelle demande des Pays-Bas, qui ont l’intention d’en acquérir 232 de plus [dans la version AIM-120C8], après une précédente requête concernant 226 AIM-120D3.
Photo : F-22A Raptor – US Air Force / archive





« l’industriel a expliqué qu’un F-22A Raptor avait effectué « le plus long tir de missile air-air AMRAAM » pour un avion de combat de 5e génération »
Cela signifie-t-il que des missiles d’avion d’une génération inférieure allaient plus loin ?
@Erastosthene. Le F-22 est équipé d’une soute. Les trappes ainsi que le mécanisme d’éjection ont peut être une limite de vitesse d’utilisation… Donc il est tout à fait possible qu’un appareil comme le F-15 puisse faire mieux, dans une configuration air-air sans CFT. En effet, les missiles peuvent être tirés jusqu’à Mach 2,2 depuis les 4 emports le long du fuselage extérieur… D’ailleurs, dans une autre déclaration, l’US Air Force a également déclaré que le F-15 muni de l’AIM-120D était l’appareil leur offrant la plus grande portée d’interception. Je parle de l’US Air Force, car la Navy avec l’AIM-174B fait certainement mieux.. Même si un F-18E muni de ce missile n’atteindra ni la vitesse ni l’altitude de tir du F-15 ou du F-22
@NORAD
J’ai une source fiable (très fiable) qui m’à assuré il y à plusieurs années qu’un F-22 avait larguer une SDB à mach 2.1 en Syrie.
Côté trappes, aucuns problèmes, mais les armes et missiles ne sont pas tous adaptés pour être largués aussi vite. C’est ce que Raytheon explique. L’AIM-174B mérite une attention car même à vitesse et altitude inférieures, le missile vas monter et aller vite et loin .. très loin. Ils ont enlevé un étage (VLS) mais il reste probablement assez de propulsion la dedans pour doubler voir tripler ce qui se fait de mieux aujourd’hui contre des awacs/ravitailleurs
Je me demande Comment l’AIM-120D peut porter aussi loin qu’un METEOR alors que l’encombrement est quasi le même (sans compter le volume du ramjet). C’est un vieux missile maintenant (15 ans plus vieux que le Mica).
Est ce que M.Norman ne parle pas plutôt du nouveau AIM-260 qui est sur le point d’entrer en service ?
C est pourtant expliqué clairement dans l article.
Si tu lances un caillou fort du haut d une falaise, il va plus loin que si tu le lache au niveau de la mer.
Si tu le lâches.
@Jetson. L’AIM-120D n’est pas aussi vieux… Son moteur a considérablement évolué ( nouveaux grains) et surtout la précision du vol intermédiaire et son optimisation du profil de vol ont une importance considérable..
@Jetson Orin. Petite précision encore. La miniaturisation des composants dans le missile a libéré du volume pour le moteur et son combustible. Cet ensemble est plus long. Sur l’AIM-260, dont une illustration apparaît sur certains documents officiels…Le moteur est encore beaucoup plus
long…
@Jetson Orin « Est ce que M.Norman ne parle pas plutôt du nouveau AIM-260 qui est sur le point d’entrer en service ? » Encore une chose.. M.Norman travaille pour Raytheon, producteur du AIM-120.. L’AIM-260 est un missile de Lockheed Martin »….
@Jetson Orin
Le METEOR a probablement une NEZ supérieure, mais un AMRAAM tiré en conditions idéales — à grande distance, depuis une plateforme non détectée, en particulier furtive, contre une cible qui ne manœuvre pas — verra sa NEZ effective s’étendre jusqu’à l’enveloppe maximum de vol du missile. Si la cible est alertée et manœuvre, la probabilité d’impact chute fortement.
Un tir à très longue portée d’un missile air-air n’est possible que si la cible est décélée et identifiée à la distance correspondante.
Quand on évoque une distance de 400 ou 500 km, on se trouve là probablement au delà des performances du radar de bord de l’avion lanceur. Ce qui implique une désignation par un radar terrestre ou, plus probablement par un AWACS.
Par ailleurs, on pressent l’urgence de développer un Meteor Mk2 à la portée largement augmentée
@Yvon. « Ce qui implique une désignation par un radar terrestre ou, plus probablement par un AWACS. »….ou par un drone de combat évoluant au devant des appareils lanceurs…
Ou désignation par un autre chasseur en mode discret qui a partagé ses données ?
@Yvon
Tout à fait d’accord : au-delà de 300 km, un radar de bord classique n’assure pas une détection fiable, encore moins une identification. Si la désignation vient d’un radar terrestre, on reste dans un schéma défensif (couverture nationale ou alliée).
En revanche, si c’est un AWACS qui a fourni la solution de tir, cela suppose qu’il était positionné plus en avant que l’avion tireur… donc plus exposé à l’ennemi. Et dans ce cas, la vraie question n’est pas seulement la portée de l’AMRAAM, mais la protection et la survie de la plateforme de détection.
Cela remet en perspective le débat sur les missiles très longue portée : ils n’ont d’intérêt opérationnel que si la chaîne de détection et de désignation suit derrière. D’ailleurs, leur rôle principal est sans doute autant de menacer directement les AWACS et autres plateformes de commandement que d’intercepter des chasseurs adverses.
@Cricetus……
Le radôme d’un Awacs, porte à 600 km… officiellement… mais sûrement plus en réalité, selon son altitude.
Aucun missile air/air n’a cette portée… les chasseurs sont donc obligatoirement plus près du danger.
En clair, on n’en sait pas beaucoup plus… Un AMRAAM, probablement tiré à haute altitude dans des conditions ultra-optimales, a donc battu un record de portée. On peut supposer que n’importe quel autre missile, tiré dans des conditions similaires, aurait également réussi à dépasser sa portée nominale.
Il est cependant amusant de constater les différences en matière de communication sur ce sujet sensible de la portée des missiles : russes et chinois ont volontiers tendance à maximiser, voire à exagérer la portée de leurs missiles. Tandis qu’américains et européens ont plutôt tendance à minorer la portée réelle, même si personne n’est dupe.
« même si personne n’est dupe » Une super portée le AIM-120, il y a même des preuves à l’ONU(la photo de la maison): https://x.com/czardam/status/1967960915795411218
« aurait également réussi à dépasser sa portée nominale. »
Sans compter la cible passive, sans possibilité d’esquive ni de brouillage. Le missile finit généralement sur la cible sur sa lancée, c’est-à-dire sans poussée après avoir épuisé son carburant. Étant donné sa vitesse de croisière et son altitude, il peut pousser loin sur une cible sur une trajectoire prévisible…
La portée des missiles air-air est une valeur qui n’a pas vraiment de sens sans connaitre les conditions.
Et le record du F-22 est un peu trompeur.
En étant généreux, un missile comme l’AIM-120D aurait 65 kg de carburant, probablement HTPB, donc énergie spécifique aux alentours de 960 kJ / kg, avec une efficacité qui peut atteindre 95%. Donc l’AIM-120D pourrait avoir une énergie potentielle de 59.3 MJ.
L’énergie potentielle (due à altitude lors du tir) et l’énergie cinétique (due à la vitesse du missile avant le déclenchement du moteur) est supérieure avec un F-22 comparé à d’autres avions.
F-22, plafond 65 000 pieds, vitesse max Mach 2.25
F-35, plafond 50 000 pieds, vitesse max Mach 1.6
F-15 EX, plafond 60 000 pieds, vitesse max Mach 2.5
Eurofighter, plafond 55 000 pieds, vitesse max Mach 2.35
Rafale, plafond 52 000 pieds, vitesse max Mach 1.8
Gripen E/F, plafond 52 000 pieds, vitesse max Mach 2.0
Si on prend l’AIM-120D dans un cas théorique, l’énergie disponible pour chaque appareil est de:
F-22, Ep = 31.5 MJ, Ec = 48.4 MJ, énergie au départ du tir 79.9 MJ, total 139.2 MJ
F-35, Ep = 24.3 MJ, Ec = 24.5 MJ, énergie au départ du tir 48.8 MJ, total 108.1 MJ
F-15, Ep = 29.1 MJ, Ec = 59.7 MJ, énergie au départ du tir 87.7 MJ, total 147 MJ
Eurofighter, Ep = 26.7 MJ, Ec = 52.8 MJ, énergie au départ du tir 79.5 MJ, total 138.8 MJ
Rafale, Ep = 25.2 MJ, Ec = 31.0 MJ, énergie au départ du tir 56.2 MJ, total 115.5 MJ
Gripen E/F, Ep = 25.2 MJ, Ec = 38.2 MJ, énergie au départ du tir 63.4 MJ, total 122.7 MJ
L’AIM-120D tiré par F-35 a 22.34% en moins d’énergie disponible qu’un F-22 dans un cas où le tir est au maximum de sa capacité de portée. A noter que les tirs à distance sont rarement effectués à vitesse maximale, la gestion du carburant force à faire des choix stratégiques.
Donc à distance, connaître les capacités d’un appareil et d’un missile permet aux pilotes de faire le bon choix de vitesse de tir, altitude, etc. On l’a vu avec le Rafale indien, une erreur dans le renseignement est probablement la raison pour laquelle le pilote indien a pensé être au-delà de la zone de danger.
La NEZ (no escape zone) va donc dépendre de l’avion et des conditions de tir.
J’ose espérer que cette information est indiquée dans les avions modernes. Utiliser les informations des avions repérés (distance, vitesse, altitude et armement potentiel), quelle est leur NEZ dans laquelle il ne faut pas s’aventurer.
« A noter que les tirs à distance sont rarement effectués à vitesse maximale, la gestion du carburant force à faire des choix stratégiques. »
C’est bizarre parce que les pilotes disent souvent qu’il est mis un coup de post combustion pour donner le max de poussée au missile.
@Fabien Tremm. « La NEZ (no escape zone) va donc dépendre de l’avion et des conditions de tir.
J’ose espérer que cette information est indiquée dans les avions modernes. » Cette indication existe sur le F-15 depuis plus de 45 ans. Sur le HUD, elle montre une échelle verticale avec un curseur montrant la distance d’engagement maximum (Rmax 1), un autre avec la distance d’engagement minimum (Rmin), et entre 2 un curseur indiquant à l’instant T la distance théorique d’engagement à laquelle la cible ne peut théoriquement échapper (Rmax 2) (j’insiste sur la double théorie)…. Mais elle ne peut être qu’une valeur indicative, car elle ne peut pas tout envisager sur ce que l’ennemi va faire après votre tir. Elle donne un degré de « confidence », mais aucune certitude. Bien sûr en 45 ans les technologies se sont affinées, mais elles ne seront jamais une certitude.. Ce qui était vrai juste avant le tir peut rapidement changé ensuite
@Fabien T @Yvon
En plus de l’altitude et de la vitesse de tir, qui conditionnent pour partie la Portée du missile,
son efficacité pour faire but dépend aussi de son énergie résiduelle en fin de course.
Cette dernière est aussi prise en compte pour le calcul de la ZEE.
Aussi, le Meteor (comme le futur Mica NG) bénéficient d’une propulsion avec double impulsion, donnant un regain d’énergie en phase d’approche de la cible … ce qui participe à allonger la ZEE et sa probabilité d’efficacité (la portée max n’est plus le seul critère).
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Si l’Amraam tiré n’a pas de double implusion, il y a de grandes chances qu’il soit plus en vol presque plané en fin de course plutôt que capable de ré-accélérer et manoeuvrer à haut facteur de charge.
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Par ailleurs, cela ne sert pas à grand chose d’avoir un missile Air-Air de 300 ou 500 km de portée, si son propre radar ne détecte rien de manière fiable à de telles distances (et là on parle bien de détecter un petit avion de combat moderne qui peut manoeuvrer et accélérer en évasive, et pas d’un gros Boeing 777 ou Airbus A350).
Erratum : lire NEZ et non ZEE 🙂
pourtant si, la portée est essentielle.
Il faut se souvenir que les tirs Pakistanais devaient rejoindre des appareils en éloignement pour rentrer à la base.
avec les réservoirs et munitions, un avions reste subsonique mais pas immobile pour autant.
surtout que l’effet de surprise a joué à plein.
On peut donc en conclure assez facilement que la détection de l’adversaire est plus importante que la portée de son armement . Un chasseur avec un très bon radar AESA,un bon RCS , un missile air-air d’une portée de 100km peut , dans de bons contextes ,abattre n’importe quel chasseur de supériorité aérienne.Cela coule de source mais bon nombre de personnes croient qu’un chasseur avec missile air-air de longue portée ,sans la furtivité pour ne pas être détecté lui-même avant ou un bon radar peut tout détruire à tout moment du moment que la cible rentre dans la portée du missile . Aucun chasseur d’aujourd’hui ,avec le meilleur radar ,n’est capable de détecter un chasseur dit « ancien » avec un RCS moyen de 1 m² à plus de 200 km voir moins , d’où le besoin de l’assistance d’un Awacs qui lui ne pourra détecter une telle cible que quelques dizaines de km de plus que le chasseur car il devra obligatoirement se tenir à distance pour éviter de se faire détruire aussi . Selon une source( professeur de statistique expert en armement ) un Awacs peut détecter un F15 , gros appareils avec un RCS élevé d’environ 4-5 m² , à 250km environ . On peut alors se demander à quelle distance un chasseur moderne, avec un bon radar peut réellement détecter et détruire une cible en cas d’impossibilité de l’assistance d’un Awacs. Seule une réelle confrontation en combat peut nous dire la vérité , pour l’instant il n’y a que la propagande des constructeurs mais les réelles capacités des armes tant vantées ,sont pour beaucoup, éloignées de ce qui est annoncé .
Je crois qu’un chasseur moderne, même sans son radar activé, et sans aide d’AWACS, peut détecter un AWACS à des centaines de km, et lui envoyer un missile moderne longue portée.
@Vincetoto
il semble que ce soit la raison exacte de la remise en question par l’USAF de l’acquisition des Boeing E7 Wedgetail
… le snifeur se fait snifer de trop loin par ses propres cibles, et qui ont desormais des missiles qui portent trop loin …
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A quand le F22 Awacs 😉
En fait, le AN/APG-77V(1) des F-22, de même que le AN/APG-81 du F-35, me semblent avoir des capacités AEW&C (surtout pour le F-22). Théorie: les F-22 avec le AN/APG-77V(1) et les F-35 peuvent faire « AWACS » au niveau réception d’ondes X renvoyées pas de potentielles cibles. Donc des F-22 à l’arrière, ou d’autres, peuvent balancer des ondes X et d’autres plus devant analyser les échos et être prêts à « frapper ». En tout cas, c’est le genre de capacités que j’aurais pensé à dev. (les Russes et Chinois très probablement aussi) . Et puis, un F-22 aura plus de chance de s’en sortir face à un missile longue portée qu’un AEW&C/AWACS classique.
Le radar du J-20 chinois a l’air très intéressant dans ce domaine: https://www.airuniversity.af.edu/Portals/10/CASI/documents/Research/PLAAF/2025-07-28%20J-20%20AESA%20radar.pdf?ver=siqvLrFMR-FhjZGGdG4r0A%3D%3D
@VinceToto
Tout à fait — et en pratique ça renforce l’idée que les missiles air-air très longue portée sont d’abord des game-changers contre les plateformes de détection (AWACS, radars côtiers, gros avions ISR). En revanche, dans un duel chasseur-contre-chasseur c’est moins évident : c’est la capacité de détection des deux appareils qui dicte l’engagement — sans contact fiable on n’engage pas, même avec des missiles longue portée.
Voilà pourquoi ,dans un combat aérien à longue distance , um Meteor sur un Typhoon ou un Rafale , avec un radar moins performant et un RCS moyen comparé à un chasseur de 5ème généraion ne peuvent faire face à ce dernier . Le radar, sur un Rafale ne peut détecter un F35 qu’à environ 35 -40 km seulement, ce qui laisse largement le temps au F35 ou autre chasseur de 5ème génération même avec un RCS plus élevé que le F35 mais moins qu’un de 4ème génération, de tirer et s’en aller .
Il y aura très bientôt des drones furtifs avec des missiles air-air longue portée et un radar AESA,cela va complètement bouleverser les combats aériens , bon nombre de chasseurs dits modernes et non furtifs d’aujourd’hui vont être dépassés très rapidement , des pays soit disant à la pointe de l’aviation sont en retard dans le développement des drones furtifs , ce retard va bouleverser leur aviation .et cela même si des projets sont en cours dans ce domaine car ceux-ci sont encore loin d’aboutir . Ceux qui pensent être à l’abri avec leur aviation mais n’ont pas de drones furtifs dans un avenir très proche , vont se retrouver en retard pendant quelques années., cela ne pas le moindre doute .
@Fabien Tremm
En clair : les chiffres d’énergie montrent ce qui est possible, mais l’effet opérationnel réel — NEZ utile et probabilité d’interception — dépend surtout de la réaction de la cible : si elle ne manœuvre pas, la NEZ peut s’étendre jusqu’à l’enveloppe de tir du missile, d’où l’intérêt de la furtivité du tireur et d’une trajectoire missile en cloche (lofted) avec moteur éteint.
Cette liste (certes pertinente mais qui aurait beaucoup gagné à être bien plus synthétique) vous est offerte par John.
Il y a aussi la traînée qui aérodynamique qui entre en jeu, plus c’est haut moins il y en a.
D’autre part, à moins qu’il ait 2 moteurs à propergol solide, il doit être moins létal que le Meteor en fin de parcours qui rallume son stato.
Un tir initialement vers le haut pour profiter du maximum d’énergie de départ, peut-il permettre ensuite de bénéficier de ce surplus d’altitude pour compenser la perte d’énergie initiale et la compenser avec un supplément de portée grâce à la balistique?
De la comm, de la comm : je sent que les Z’US jouent le jeu de celui qui aura l’arme magique la plus dingue du monde, comme toutes les dictatures …
Ca pue …
Parfait, cette fois c’est sûr, on va abattre tous les drones russes en polystyrène à 500 $/unite avec des missiles AIM-120 AMRAAM à deux millions…
Comme le post de Fabien Tremm l’évoque justement, la portée et la “No Escape Zone“ dépendent de la vitesse de l’avion, de son altitude et de l’environnement. Ajoutons à cela le statut réel de la propulsion du statoréacteur, et ce en toutes conditions (poussée continue jusqu’à la cible), ainsi que le type d’ogive (à fragmentation pour le Meteor).
Sans plus d’infos sur les conditions de tir on ne peut apporter qu’une confiance toute relative à la déclaration de Raytheon ; retenons simplement que ces missiles longue portée (américains, européens, russes, chinois) peuvent théoriquement atteindre des cibles au-delà de 200km. Le reste est commercial et intéresse particulièrement les pays acheteurs du F-35 (Quoique le F-35 a effectué avec succès des essais avec un Meteor modifié pour son emport en soute).
Pour ma part je fais confiance à MBDA avec un Meteor dont « la capacité à neutraliser les avions ennemis à de grandes distances est [toujours] inégalée », sans oublier les récentes déclarations de MBDA (visite d’Etat du 8 au 10 juillet 2025 au R-U du président français en présence du 1er Ministre britannique), concernant le programme FMAN/FMC et les études lancées conjointement pour augmenter les capacités actuelles du missile Meteor et le développement de son successeur.
@Roland DESPARTE
Pour un F-35, son faible RCS réduit fortement la portée de détection radar adverse : en pratique, les engagements radar contre un F-35 ont lieu bien en-dessous des portées max des missiles (ordres de grandeur — dizaines de km, selon radar, altitude, aspect et chaîne de capteurs).
En revanche, un F-35 peut détecter et lancer à très longue distance contre une cible non alertée et non manœuvrante — ce qui donne une portée pratique énorme pour un AIM-120 dans ces conditions.
Bref : furtivité, gestion des émissions (EMCON) et supériorité des capteurs / du partage d’informations déterminent l’avantage — pas seulement la longueur du missile.
Tous les chiffres donnés sur les portées des missiles sont sous évalués.
Ceux qui savent se taisent et ceux qui pensent savoir se trompent.
Non, cela dépend de la culture/tradition du pays.
Les russes vont exagérer la portée max et la présenter comme portée pratique. Les Anglais vont uniquement parler de la portée max. Nous on va avoir tendance a minorer la portée pratique et ne pas parler de la portée max théorique .
Et ceux qui ne savent rien postent des commentaires mystérieux.
C’est bien Janot…
Mais c’est beaucoup plus simple…
Son nom, c’est l’AIM-120
et donc le 120 vient d’où et défini quoi ?
120 milles qq soit les conditions de tir…
dans sa version initiale de l’époque
ça laisse deviner les possibilités d’améliorations actuelle…
Voici la version Hi-tech XXIème siècle du célèbre théorème militaire du temps de refroidissement du fût du canon.
Combien de temps met un AMRAAM à atteindre sa cible fort fort lointaine ?
Réponse : il met un… certain temps.
Fermez le Ban.
Au-delà des performances des missiles et des trajectoires utilisées, c’est la détection, l’identification, le suivi de la cible et les liaisons avion-missile qui font la différence. Encore faut-il que l’autodirecteur accroche sa cible au bon moment et bon endroit sans être perturbé par la GE ou le contexte en général.
Bien sûr la fameuse NEZ est importante si la situation tactique est maitrisée.
Les records sont fait pour être battus par des « sportifs »… La réalité des engagements est tout autre dans sa complexité et ses effets.
Le record vraisemblable en surface-air lors d’un conflit c’est ~314 km(et dans la bulle défensive de l’adversaire): https://shop.ssbcrack.com/blogs/blog/meet-group-captain-animesh-patni-the-man-behind-the-314-km-longest-surface-to-air-kill-ever
Avec les composants, algos, IA, capteurs, propulsions d’aujourd’hui, je ne vois pas ce qui empêcherait techniquement du missile air-air et surface-air efficace à bien plus que cela comme distance et comme difficulté de cible.
? « « le plus long tir de missile air-air AMRAAM » pour un avion de combat de 5e génération »/ « executed the longest known AMRAAM® air-to-air missile shot by a fifth-generation fighter »-https://www.rtx.com/news/news-center/2025/09/16/rtxs-raytheon-achieves-longest-known-amraam-shot
Donc cela donne l’impression que la grande nouvelle c’est que le F-22 peut tirer plus loin que le F-35 les AMRAAM F3R qui vont plus loin que ceux d’avant. Super info.
Après comme la vitesse max/altitude d’un F-15C semble plus intéressante pour lancer loin du missile, si l’article RTX ne précise pas que c’est mieux qu’avec du F-15C, c’est que le record n’est probablement pas battu avec un même modèle de missile.
Ce n’est pas tant la portée que la taille de la No Escape Zone qui compte
@OlivierC
Tout à fait — la taille de la NEZ est cruciale, mais elle dépend surtout de la conscience de la cible. Si la cible ne sait pas qu’elle est engagée (pas d’alerte MAWS/RWR, pas de datalink, pas de détection mid-course), elle ne manœuvre pas : la portée pratique peut alors s’étendre jusqu’à l’enveloppe de vol du missile. En revanche, une cible alertée qui manœuvre réduit drastiquement la portée utile.
Autrement dit : la détection/alerte (capteurs, partage d’info, EMCON) et le comportement de la cible valent souvent bien plus que la seule portée théorique du missile.
Question pour ceux qui savent : est ce que la No Escape Zone tient compte du brouillage défensif de la cible à toucher ?
La probabilité de coup au but peut varier du tout au tout en tenant compte de ce paramètre.
On peut se vanter en Europe d’avoir un meilleur missile, avec le Meteor qui est une véritable merveille et a une portée supérieure à 200km.
Pour une fois qu’un fait mieux qu’eux, on peut s’en vanter
@Albert. Rien ne permet d’affirmer tout ce que vous dites concernant Meteor vs AIM-120D… De plus l’AIM-260 est entré en production. Et, même s’il n’est pas dans la même gamme, l’AIM-174B qui est service dans l’US Navy porte beaucoup plus loin que l’AIM-120D et le Meteor.
Lorsqu’un U2 a été abattu au dessus du territoire russe il y a un cinquantaine d’années le Pentagone ignorait que des SAM « grimpaient » à plus de 20.000 metres….