Le Japon affirme avoir effectué le premier tir d’un canon électromagnétique contre un navire cible

Par rapport aux systèmes d’artillerie actuels, un canon électromagnétique [ou railgun] présente plusieurs avantages, à commencer par celui de ne pas utiliser d’explosifs, dont le stockage est toujours délicat, notamment à bord d’un navire. Un autre intérêt est qu’il peut atteindre une cible à des distances nettement supérieures [200 km] tout en étant moins coûteux qu’un missile, à la condition, toutefois, de pouvoir guider son projectile avec précision.
Le principe d’un canon électromagnétique consiste à associer à un champ magnétique un courant de forte intensité entre deux rails conducteurs. Un projectile placé entre ces derniers subit une forte accélération grâce à la force de Laplace. Et cela au point d’atteindre une vitesse pouvant aller jusqu’à Mach 5.
Dans les années 2000, l’US Navy avait lancé le développement d’une telle arme, dans le cadre d’un programme impliquant BAE Systems et General Atomics. Un projectile guidé, appelé HVP [pour high-velocity projectile » fut mis au point. Seulement, ce projet a depuis été mis entre parenthèses, faute de disposer des crédits nécessaires pour le finaliser.
La Chine mène également un projet de même nature. Des photographies publiées en 2018 ont en effet montré un canon électromagnétique présumé installé au niveau de la proue du navire d’assaut amphibie Haysang Shan. Mais on ignore où en sont ses projets dans ce domaine. En tout cas, aucune arme de cette nature n’a été dévoilée lors de la grande parade militaire organisée à Pékin, le 3 septembre dernier. Et pourtant, cette dernière n’a pas été avare en nouveautés.
En Europe, l’Institut de recherche franco-allemand de Saint-Louis [ISL] a mis au point un prototype de canon électromagnétique « prometteur » [selon Emmanuel Chiva, le Délégué général pour l’armement], après avoir conduit le projet européen PILUM [Projectiles for Increased Long-range effects Using ElectroMagnetic railgun], dans le cadre de l’Action préparatoire sur la recherche en matière de défense [PADR].
Lors du dernier salon Euronaval, l’ISL a présenté un canon électromagnétique capable de « lancer des projectiles à des vitesses allant jusqu’à 3 000 m/s » [soit Mach 8,7]. Seulement, des essais pour vérifier les performances de cette arme restent à conduire.
Or, partenaire de l’ISL, l’agence du ministère japonais de la Défense pour la technologie, les acquisitions et la logistique [ATLA] a pris de l’avance dans ce domaine. En octobre 2023, elle a annoncé qu’elle venait de réaliser « pour la première fois au monde un test de tir avec un canon électromagnétique depuis un navire » de la force navale d’autodéfense nippone.
Récemment, l’ATLA est passée à l’étape suivante, avec un premier tir d’un canon électromagnétique effectué depuis le navire d’essai JS Asuka sur un bateau cible.
#防衛装備庁 は、#海上自衛隊 の支援を得て #レールガン の洋上射撃試験を本年6月から7月上旬にかけて実施し、試験艦「あすか」に搭載したレールガンから標的船に対する射撃や長射程射撃等に成功しました。詳しくは今年度の防衛装備庁技術シンポジウムでご報告します!#陸上装備研究所 #試験艦あすか pic.twitter.com/WrFaLZpbD2
— 防衛装備庁 (@atla_kouhou_jp) September 10, 2025
« L’ATLA a mené une campagne d’essai en mer avec un canon électromagnétique de juin à début juillet. Un tir de longue portée a été effectué avec succès sur un bateau cible depuis le navire d’essai Asuka. Les détails seront communiqués lors de notre symposium technologique cette année », a en effet annoncé l’agence du ministère japonais de la Défense, via le réseau social X. « C’est la première fois qu’un canon électromagnétique embarqué est utilisé avec succès contre un navire », a-t-elle souligné.
Pour le moment, aucune vidéo de ce tir n’a été diffusée, l’ATLA n’ayant publié que des photographies de son canon électromagnétique installé à bord du JS Asuka et du navire cible, qui semble être un ancien remorqueur.
Lors de précédents essais, l’ATLA a démontré la capacité de son canon électromagnétique à lancer des projectiles de 40 mm et de 320 grammes à une vitesse d’environ 2 230 mètres par seconde [Mach 6,5], en utilisant 5 mégajoules. L’un des axes d’effort consisterait à réduire la consommation énergétique de cette arme.
Photo : ATLA





Étonnant comme choix alors que l’US NAVY vient de débarquer ses canon de l’US Zumwalt.
Et que ses munitions de 155 coûtaient aussi cher qu’un missile.
Ou en canon de 40 pour l’autodéfense peut être…
La France progresse aussi. Mais l’Allemagne ralentit le projet comme toujours.
Peut être que la Suisse pourra acheter un modèle d’essai à l’ISL pour moderniser sa flotte. C’est dans la logique des achats récent (Patriot, f-35…)
c’est bien au vue des lacunes capacitaire et du peut de moyens et de modernité de l’armée japonaise, je voie pas l’interet à part montré que ses un putain de pays de l’industrie.
Sa s’est vré et en plus on comprent rient a leurre écritture bizard.
connaissez vous réellement la marine japonaise pour affirmer qu elle a peu de moyens
Mais oui le Japon est tellement mauvais ! que c’est la 4 eme marine mondiale en terme de tonnage sup à 300 000 tonnes et de bâtiments (104) !
C’est une des marine les plus performantes au monde technologiquement et par la qualité de ses équipages !
le Japon est un pays de marins vous avez déjà oublié !
On devrait faire ce programme avec les Japonais .
@Koudlanski Romain…..
En lisant l’article correctement, vous apprendriez que le Japon est un partenaire de l’ISL….
Ce qui en clair veut dire qu’il y a autant de technologie japonaise qu’européenne dans ce canon.
320 grammes calibre 40mm a 2230 m/s, distance non précisée, c’est encore loind’etre gagné
La technologie du canon électro-magnétique est certes extrêmement prometteuse puisqu’elle est capable de faire passer les vitesses de propulsion bouche projectiles de 1.600 m/s à 3.000 m/s (voire plus). Ceci quadruple quasiment leur énergie cinétique, MAIS bute sur de très nombreuses difficultés pratiques :
1> L’échauffement provoqué par le contact du sabot porteur du dard hypersonique est absolument ÉNORME car l’ensemble subit près de 50.000 G et doit rester en contact pour transmettre les centaines de milliers d’ampères nécessaires à générer la force de Laplace de dizaines de tonnes.force nécessaire à cette accélération de l’ensemble sabot + 320 g de l’obus. Il suffit de voir les sorties de bouche gigantesques du canon BAE de l’US Navy avec de colossales volutes de flammes.
2> Même en Tungstène, avec des assemblages hybrides de carbures, du Hafnium-Tantale ou des astuces de refroidissement internes à l’azote liquide, les rails souffrent énormément car ils subissent aussi des forces magnétiques gigantesques qui tendent à les fléchir, ils s’auto-infligent aussi des forces de Laplace énormes. La science des matériaux thermo-résistants et des assemblages nécessaires est poussée à ses ultimes retranchements car il faut que tout soit CONDUCTEUR, contrairement à certaines céramiques qui auraient pu faire l’affaire.
3> Pour toutes ces raisons, rails voilés, rayés, entamés, prématurément usés, les recherches de l’ONR US NAVY avec BAE ont été stoppées. Se rajoutent à ces obstacles l’extrême complexité de stocker dans des super-condensateurs une telle quantité d’énergie, de relâcher aussi vitesse des dizaines de milliers d’ampères, puis de permettre le « rechargement » de ces condos dans des délais raisonnables pour permettre des cadences de tirs décentes.
4> Si les Japonais ont réussi à gérer tous ces écueils, c’est qu’ils ont du trouver des parades technologiques peu communes et qu’ils ont réalisé une « percée »…….Si c’est le cas…..