Pour gagner de la masse, la Royal Navy veut déployer des navires sans équipage « autant que possible »

Alors que la Russie dispose de sous-marins qui, selon l’amiral Nicolas Vaujour, le chef d’état-major de la Marine nationale, sont « objectivement de très bonne facture », la Royal Navy se trouve actuellement dans une situation délicate : son format a été considérablement réduit depuis vingt ans, avec seulement quatorze navires dits de premier rang contre trente-et-un en 2005.
Cette tendance s’est notamment accélérée au cours de ces trois dernières années, avec le retrait – non encore compensé – de quatre frégates de Type 23. Qui plus est, sa flotte auxiliaire connaît également des difficultés, avec des navires anciens et, parfois, trop vétustes pour prendre la mer.
Le mois dernier, le site spécialisé britannique Navy Lookout a livré un constat implacable, en expliquant que la situation de la Royal Navy était la conséquence de « mauvaises décisions prises par le passé », d’un sous-financement chronique, de processus d’achats défaillants, de fragilités industrielles en matière de construction navale, d’une bureaucratie tatillonne qui étouffe toute initiative et d’une réglementation trop stricte qui freine l’innovation.
En outre, la Royal Navy est confrontée à deux autres problèmes de taille, à savoir le manque de personnel et un taux de disponibilité de ses navires très insuffisant, au point que certains d’entre eux, comme le destroyer de Type 45 « Daring », peuvent rester plusieurs années sans naviguer. Cela vaut aussi pour les sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] de la classe Astute.
Tel est donc le tableau que le nouveau chef d’état-major de la Royal Navy [ou « First Sea Lord »] , le général Gwyn Jenkins, a trouvé au moment de prendre ses fonctions, le 15 mai dernier. D’où le plan qu’il vient de dévoiler, dans les grandes lignes, à l’occasion du salon de l’armement DSEI 2025, qui se tient actuellement à Londres.
« Depuis trente-cinq ans, nous agissons […] en prenant des risques calculés face aux menaces émergentes. Cela a entraîné une réduction de la taille de notre flotte et d’inévitables problèmes de préparation », a d’abord rappelé le général Jenkins, dans un discours prononcé le 9 septembre devant un parterre d’industriels.
« Mais le domaine maritime reste pourtant essentiel à notre sécurité nationale. Notre calendrier opérationnel est plus implacable que jamais, avec des déploiements allant du Grand Nord à l’Indopacifique pour sécuriser les routes commerciales et soutenir nos alliés », a-t-il enchaîné.
Certes, la Royal Navy reprendra de l’épaisseur quand les livraisons des futures frégates de Type 26 et de Type 31 [treize unités au total] commenceront… Or, a souligné son commandant, il n’y a guère de temps à perdre.
« Nous devons faire les choses différemment, développer et diversifier notre flotte. Nous devons accélérer le développement de nouvelles capacités en collaborant avec vous [les industriels, ndlr] pour améliorer la flexibilité avec laquelle nous créons, exploitons et améliorons les moyens dont nous avons besoin pour combattre et gagner », a fait valoir le général Jenkins, dont l’ambition est de « redéfinir la puissance militaire maritime » en transformant la Royal Navy en une force navale « hybride », c’est-à -dire « connectée, composée de navires avec et sans équipage ». Et d’insister : « Il ne s’agit pas d’une aspiration pour un avenir lointain. C’est une nécessité immédiate.
Aussi, pour faire prendre de la « masse » à la Royal Navy dans les plus brefs délais, le First Sea Lord veut déployer des navires sans équipage « autant que possible » et des navires avec équipage « seulement si c’est nécessaire ».
Et pour cause : comme l’a déjà expliqué le capitaine de frégate François-Olivier Corman, coauteur de « Vaincre en mer au XXIe siècle », la « guerre navale étant un combat d’attrition, la capacité à construire des plateformes rapidement et en nombre […] s’y avère toujours décisive ». D’ailleurs, l’US Navy a emprunté cette voie, son plan « Force Design 2045 » ayant fixé l’objectif d’aligner 500 navires, dont 150 seront des drones.
En tout cas, pour le général Jenkins, la « dronisation » permettra de « créer une flotte plus grande, plus meurtrière, plus agile et plus résiliente ». Pour lui, « il ne s’agit pas seulement d’un changement technologique : c’est une transformation stratégique dans la manière dont nous projetons notre puissance, préservons des vies et nous adaptons au rythme de la guerre moderne ».
Ainsi, d’ici deux ans, la Royal Navy devra être en mesure de faire naviguer une frégate de Type 26 avec deux escorteurs sans équipage, fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle. « Ensemble, ils constitueront un groupe opérationnel de trois navires à part entière », a fait valoir le général Jenkins.
« Les escorteurs protégeront le vaisseau mère, renforçant ainsi ses capacités [capteurs, armement, leurres, etc.]. Sans équipage, ils seront […] faciles à produire à grande échelle et encore plus faciles à configurer pour répondre aux exigences spécifiques de la mission », a-t-il poursuivi.
Un tel concept a déjà été défini par la marine royale néerlandaise. L’an passé, elle a fait savoir qu’elle envisageait de développer un drone de surface dédié à la lutte anti-sous-marine pour accompagner les futures frégates issues du programme ASWF.
Quoi qu’il en soit, la dronisation va évidemment concerner les opérations aéronavales, le groupe aérien qui prendra place à bord des deux porte-avions de la Royal Navy sera « mixte », c’est-à -dire que des drones de combat collaboratifs [CCA] à réaction côtoieront des F-35B et autres aéronefs avec équipage.
Là , le général Jenkins est particulièrement ambitieux car il veut qu’une expérimentation soit réalisée dès l’an prochain à bord du HMS Queen Elizabeth, avec un drone dont il n’a pas précisé le type. En outre, il n’a rien dit sur les moyens devant être mis en Å“uvre pour lancer cet appareil, les porte-avions britannique n’étant pas équipés de catapultes. Du moins pour le moment.
Cette dronisation concernera également les opérations sous-marines, dans le cadre du concept « Atlantic Bastion », qui vise à mettre en place une sorte de « bouclier » sous-marin pour protéger l’Atlantique Nord – et plus précisément le stratégique passage dit GIUK – contre la menace russe. Il prévoit notamment de renforcer les capacités britanniques de lutte anti-sous-marine, via le déploiement d’un réseau de capteurs multicouches, reposant sur des « plateformes avec et sans équipage ».
Il s’agit de « créer un système de systèmes qui nous permettra de trouver, de suivre et, si nécessaire, d’agir contre nos adversaires, ajoutant à la fois de la masse et de la létalité à nos sous-marins, navires et avions opérant dans l’Atlantique Nord », a conclu le général Jenkins.





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@ d’une bureaucratie tatillonne qui étouffe toute initiative et d’une réglementation trop stricte qui freine l’innovation…
Mon Dieu… si eux aussi…
Euuuh c’est quoi la différence entre faire naviguer un navire de surface sans équipage et un drone???
Un navire de surface sans équipage, c’est un vaisseau fantôme! 😉
en France on part en mer sans armement…en Angleterre, c’est sans équipage… Je vais me revoir Master and Commander, j’aurais l’impression d’y croire encore un peu.
Tres bon , c’est exactement cela
C’est vrai aussi pour l’Italie
Mercenaires (Turcs , Pakistanais, mais aussi Fr.ou Brit. retraités dans le Golfe)..la vraie guerre.?..faut pas déconner!
J’aurai l’impression.
Concernant les drones sous-marins et aériens, on en a déjà bcp parlé.
Par contre, pour les drones de surface, en Europe, le sujet n’a pas été souvent mis en avant.
Le UK prend peut-être là un peu d’avance.
.
En tous les cas, et notamment via des drones de surface, on voit qu’ils on envie de donner une suite utile au missile ANL (dont la conception et mise au point ont été co-financées par la France), alors que nous en sommes incapables … ce qui est vraiment très dommage, notamment parcequ’on laisse là tout le champ libre au UK :
https://www.navalnews.com/event-news/dsei-uk-2025/2025/09/mbdas-sea-venom-evolves-family-of-weapons/
Entre CMN, naval group et Exail (et j en oublie surement) on est plutot bien placé .
Ce général ne manque ni d’ambition, ni d’imagination… et c’est plutôt bon signe pour la Royal NAVY.. reste les 2 autres armées, qu’il va aussi falloir considérablement renforcer, dans de nombreux secteurs qui à ce jour son soit défaillants, soit on tout simplement disparus, et doivent êtres recrées.
Un sacré chantier en vue.
Bon signe mais également le signe de cet échec de recrutement qui a fait disparaitre pas mal de projets.. ça vire du personnel de la RAF, ça manque de monde dans la navy et pour compenser ça fait du drone… Personnellement ça me fait plutôt penser au retour des comptables en force aux manettes, inquiétant.
Recréés.
Ont disparu.
Sont disparus.
ça fait plaisir de savoir que nos alliés les plus proches sont à l’instar de nos politiciens ……complètement à la masse !
Tiens, et pour gagner en efficacité l’on pourrait imaginer un gouvernement sans ministres et des entreprises sans patron
Ce jour 11 septembre, le Figaro informe que le gouvernement albanais crée un ministère des marchés publics géré par une I.A. Peut être un bon moyen de lutter contre la corruption ? Compte tenu de la réputation de l’Albanie, on a quand même des doutes sur la volonté et même la possibilité de s’affranchir de toute corruption !
Ne déprimez pas chers amis : lorsque tous les militaires auront été remplacés par des machines, on pourra continuer à tuer des civils.
Ils n’ont plus de marin, un moment faut bien réagir…
Et c’est à ces mêmes « fragilités industrielles en matière de construction navale » que la Norvège fait appel pour ses futures frégates ? Mazel tov.
Après les Australiens qui verront les Virginia à cocarde kangourou (et les SSN AUKUS britanniques) avec des jumelles en bois, je me prépare une deuxième ration de pop-corn pour les retard de livraisons et défauts flagrants des T-31 norvégiennes…
Mdr !! autant faire la guerre avec zéro morts…..dans ce cas là ce n’est plus une guerre….c’est une play station !!
Je viens d’apprendre qu’il existe un « dictionnaire amoureux du mauvais goût », signé par Nicolas d’Estienne d’Orves, qui s’y connaît pas mal en mauvais goût ( naguère viré de France Musique pour ses insanités ! ). J’imagine que cela doit être votre livre de chevet…
une fair station, répondrais-je avec le petit doigt levé
Hors sujet mais c’est maritime quand même :
Lors d’une réunion d’information organisée mardi par des hauts responsables du Pentagone à l’intention du personnel du Congrès, il a été révélé que le navire soupçonné d’être un navire narco-terroriste, qui avait été pris pour cible la semaine dernière dans le sud des Caraïbes par un drone MQ-9 « Reaper » équipé d’un missile AGM-114 « Hellfire », avait fait demi-tour avant d’être touché et semblait retourner au Venezuela. Selon les personnes présentes à la réunion qui se sont entretenues avec CNN, les responsables n’ont pas non plus été en mesure de confirmer que le bateau était vénézuélien, que l’équipage était membre du Tren de Aragua, que le bateau se dirigeait vers cette destination, que les individus étaient des combattants armés ou qu’ils représentaient une menace imminente pour les forces américaines.
Donc un équipage va faire l’anti abordage pour trois, il n’y aura même pas besoin d’armement pour détruire d’autres navires, mais qui devraient être amis ou neutres… Et qui prendra et larguera les aussières de ces bateaux tamponneurs ? Quelle dérision…
Pour l anti abordage, l armement de bord devrait suffire. Un obus de 20mm cela dissuade. Bon courage pour aborder cela : https://www.forum-militaire.fr/la-france-developpe-en-secret-un-drone-naval-capable-dagir-plus-vite-quun-patrouilleur-avec-zero-risque-pour-lequipage/
Pour les aussieres, il suffit d inverser le processus.
Ca m’émeut personne que les armées deviendront essentiellement composées de robots aux ordres d’une caste minoritaire. Parait, qu’ils appellent ça la démocratie.
Vous posez une bonne question mais en des termes biaisés.
pourtant, des bras et jambes qi servent à rien, c’est ce qui manque au rosbifdom.
ils prérèrent payer 15 000 prounds et les débarquer au rwanga, l’ en pire sur lequel la pluie ne se couche pas
Au Rwanda.
A l’autre bout de l’Europe, dans un pays continental jusqu’ici plus connu pour ses productions agricoles que pour sa Navy, ça a plutôt bien fonctionné cette guerre de drones navals contre la Russie. Alors, ce que font les Ukrainiens en Mer Noire doit être accessible aussi à nos alliés britons. Juste un changement de culture militaire, pas le plus facile …
pour gagner de la nasse, la rouaillale navry devrait arréter le fish n ships
Dans la Marine Britannique pour gagner de la masse ,il faut déjà etre complétement à la masse….
Je ne suis pas marin mais si l’objectif est un meilleur rapport masse personnel faut des supertankers remplis.
le pétrole ça pète, la bière ça rote.
honni choit qui Mali pense.
comme on dit à Montreuil sous bois
Etant donné la complexité de la conduite, de l’entretien en mer des navires et du combat maritime (air, surface, sous la mer) imaginer des navires de combat sans équipage me laisse perplexe.
Ou alors une torpille est considérée comme un navire sans équipage.