L’aviation légère de l’US Army démontre la capacité de l’hélicoptère d’attaque AH-64E à abattre des drones

Après avoir retiré ses hélicoptères de reconnaissance et d’attaque OH-58D Kiowa du service sans avoir pu les remplacer, l’aviation légère de l’US Army [US Army Aviation Branch] s’apprête à en faire autant avec ses 152 derniers AH-64D Apache, ce qui se traduira par la dissolution [ou la transformation] de onze escadrons répartis entre les 6th et 17th Cavalry Regiments.

« L’AH-64D n’est pas une capacité avec laquelle nous pouvons combattre et gagner aujourd’hui. […] Ce modèle est également devenu excessivement coûteux à exploiter », a ainsi justifié le général Joseph Ryan, le chef d’état-major adjoint de l’US Army pour les opérations, les plans et la formation, lors d’une conférence organisée par le Center for a New American Security [CNAS], en juin.

Cette décision a été prise après que l’US Army a abandonné le programme FARA [Future Attack Reconnaissance Aircraft], censé lui permettre de remplacer les AH-64D et les OH-58D Kiowa. Et d’expliquer que, à la lumière des retours d’expérience [RETEX] de la guerre en Ukraine, les capacités qu’il allait offrir pouvaient être compensées, à un coût « abordable », par une combinaison de drones aériens et de « différents autres moyens ».

Devant le CNAS, le général Ryan a aussi suggéré que l’avenir de l’AH-64E « Apache/Guardian », c’est-à-dire la dernière version de l’Apache, allait être mis sur la sellette. « L’efficacité des hélicoptères d’attaque sur le champ de bataille aujourd’hui […] est extrêmement limitée », a-t-il dit.

Tout le monde ne partage pas cet avis. Notamment au sein de l’US Army Aviation Branch. D’où la démonstration effectuée l’Army Program Executive Office Missiles and Space à la Marine Corps Air Station [MCAS] New River, en Caroline du Nord.

Cette dernière, réalisée sous la conduite des responsables des programmes « Apache » et « Aviation tactique / munitions terrestres », en partenariat avec la Garde nationale de Caroline du Sud, a consisté à mettre « en évidence la mobilité et la puissance de feu » de l’AH-64E contre la menace des drones dans des environnements contestés.

Ainsi, l’AH-64E a mené des « engagements » en utilisant des variantes du missile air-sol Hellfire, des roquettes guidées Hydra-70 de type APKWS [Advanced Precision Kill Weapon System] et des obus de 30 mm.

« Tous les missiles ont détruit leurs cibles avec succès, les roquettes guidées Hydra-70 ont eu un taux de réussite de 3 sur 4 et les obus de 30 mm ont neutralisé les menaces aériennes » qui avaient été désignées à l’équipage de l’AH-64E, a résumé un communiqué diffusé le 1er septembre via le site DVIDS [Defense Vision Information Distribution Service].

« Ces résultats confirment que l’Apache dispose d’options flexibles et abordables pour contrer la menace des drones aériens. Chaque munition offre des compromis en termes de portée, de risque de dommage collatéral et de rythme d’engagement, fournissant ainsi des solutions évolutives et dynamiques en fonction des exigences de la mission », a-t-il ajouté.

« Il s’agissait de valider nos capacités et de garantir que l’Apache reste un atout essentiel dans les scénarios de combat modernes », a commenté l’adjudant-chef Daniel York. « Nous avons démontré que l’Apache reste pertinent et efficace face à l’évolution des menaces liées aux drones », a-t-il insisté.

Responsable du programme Hellfire, le lieutenant-colonel Cusack est allé dans le même sens. « Cette démonstration confirme une fois de plus ce que les pilotes de l’US Army savent depuis des années : un hélicoptère d’attaque Apache, avec des équipages entraînés, est le système d’arme le plus flexible sur les champs de bataille modernes », a-t-il dit.

Cependant, a-t-il admis, « le facteur limitant reste le montant que l’Army peut investir dans la formation des équipages et l’intégration des munitions pour réduire la charge de travail de ces derniers ».

Quoi qu’il en soit, les systèmes de lutte contre les drones actuels sont essentiellement terrestres et… en nombre limité, ce qui est de nature à engendrer des failles qu’un adversaire ne manquera pas d’exploiter.

Or, pour ceux qui l’ont organisée, cette démonstration a prouvé que, avec les AH-64E, les chefs sur le terrain disposent « d’une plateforme mobile capable de se déployer rapidement dans les zones menacées pour détecter des cibles […] et les engager sur trois dimensions de l’espace de combat ». En outre, ces hélicoptères sont en mesure de leur fournir une « alerte précoce » ainsi qu’une « connaissance de la situation » grâce à des » capteurs modernes et des systèmes en réseau ».

Photo : US Army

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50 contributions

  1. Kamelot dit :

    Rien de nouveau sur le fond depuis les engagements de la Marine contre les drones Houtis. En fonction du type de drone tout moyen aérien a son efficacité.
    La roquette GL, comme le canon de 30 mm (à améliorer avec une fusée de proximité ?) peuvent être utilisables. Je reste dubitatif avec le Helfire pour son emport et son coût. À voir avec un drone intercepteur low-cost…
    À noter que le Tigre « 2+ » n’est pas équipé du Mistral 3, par manque de crédit… Cela pourrait être fâcheux à terme avec certaines rencontres…

    • UE dit :

      @Kamelot.  » Je reste dubitatif avec le Helfire pour son emport et son coût.  » Vous croyez que tous les drones coûtent une poignée de dollars ??? Un Hellfire permet d’intervenir avec une plus grande distance de sécurité.

    • Robert Collins dit :

      Hellfire.

      Hell : enfer.
      Fire : feu.
      Hellfire : feu de l’enfer.

  2. Stoltenberg dit :

    Contrairement à la plupart des commentateurs, je pense que l’hélicoptère d’attaque a sa place sur le champ de combat futur. Notamment lors des phases de manœuvre et de contre-attaque rapide dans un environnement hautement surveillé par l’adversaire. La force qui va l’intégrer de manière efficace aura un avantage capital.

    • Airtattoo dit :

      Je partage entièrement votre analyse. Avec des missiles dépassant les 10 km de portée, en mode fire and forget et capables d’accrocher des cibles désignées par d’autres moyens, l’hélicoptère de combat reste un atout majeur sur les champs de bataille modernes. La clé réside dans une doctrine fondée sur la dissimulation et la mobilité. En appui-feu, grâce à ses roquettes et à son canon, il occupe même une place égale, voire supérieure, à celle d’un Bradley ou d’un char lourd lorsqu’il s’agit de neutraliser une menace retranchée dans un bâtiment.

      • Seb dit :

        Je pense aussi qu’il y a un cas d’usage intéressant des hélico de combat dans la chasse anti drone, notamment grâce aux canons. En défense d’une zone peu saturée d’ennemis toutefois.

        Je ne crois pas à l’appui-feu qui suppose un engagement intense de troupes au sol, dans une zone potentiellement saturée de petits drones FPV hyper agiles.

        • Stoltenberg dit :

          Si l’attaque est menée de manière suffisamment rapide et bien coordonnée, les opérateurs de drones n’auront pas le temps d’avoir une bonne visibilité sur la situation et diriger leurs moyens. Pour certains, ils auront été traqués et détruits grâce à l’aviation, drones, satellites, ELINT ou groupes d’infiltration. C’est justement cette agilité opérative qui permet de créer le débordement sans amasser trop de forces près du front, ce qui aurait alerté l’ennemi. Un hélicoptère peut se poser sur un aérodrome improvisé et ne nécessite pas un appui logistique trop significatif le temps de l’opération.

        • dolgan dit :

          Il est certain que faire voler des hélicos dans une zone saturée de systeme AA shorad n a jamais été une situation d avenir.

          Mais cela n est pas et n a jamais été le projet. Ce n est pas non plus la réalité de l ensemble d un théatre d opération des lors qu il est un peu grand. Tout simplement car les ressources RH que cela impliquerait sont exponentielles.

          Dans le cas de la tentative d invasion de l Ukraine, seul le front terrestre est saturé sur une bande de 40km grand max. Cela laisse énormément d endroits ou frapper.

          • Relisez-vous SVP dit :

            Une zone saturée de systÈmeS AA Shorad.
            Un ThéÂtre.
            DÈs lors.
            D’endroits oÙ frapper.

      • Stoltenberg dit :

        Exact, c’est surtout la manœuvre qui permet de créer l’effet de surprise et de débordement sur un ennemi qui n’aura pas le temps de réagir même s’il détecte le mouvement . En appui-feu, cela dépend si ce sont des cibles fortifiées, auquel cas l’appui de l’artillerie, de l’aviation et des blindés pourrait être nécessaire. La victoire sur le champ de combat futur passe non pas par l’élimination des composantes pour lesquelles on n’a pas de remplacement, mais par une meilleure agilité et coordination dans le cadre d’un combat interarmes.

    • LaMeuse dit :

      C’est bien de poser le sujet emploi avant la technique et l’entraînement. Ne serait-ce que parce que les chefs tactiques n’envisagent pas de se passer des HM, et que ceux ci n’y iront pas sans HA.

    • Castel dit :

      Que l’hélicoptère d’attaque soit à sa place sur le champ de bataille ne fait aucun doute, mais c’est sa fonction qui est en train de changer, désormai, son rôle ne sera plus de s’exposer en première ligne, mais plutôt d’intercepter des drones, c’est à dire plutôt défensif.
      Bien entendu, s’il utilise lui-même des drones, son rôle pourrait redevenir offensif, mais dans ces conditions, la protection et le surarmement des hélicoptères d’attaque actuels me semblent un peu superflus, il vaudrait mieux s’orienter vers des hélicoptères plus légers….

    • Nauatg dit :

      Démonstration de l exact inverse en Ukraine malgré tout

  3. Bastan dit :

    Un avion type Alphajet, M346 le fait beaucoup mieux et avec une plus grande vitesse lui permettant de couvrir plus de terrain et d’arriver plus rapidement sur un drone détecté. Je pense que même au niveau des coûts, disponibilité, entretien cela doit être en faveur de l’avion. D’autant plus que celui ci peut se tenir avec son personnel plus éloigné de la ligne de front.

    • dolgan dit :

      Non. Le probleme de ces avions pour cette mission est leur vitesse de décrochage tres supérieure a des drones type shahed qui ont des vitesses de croisiere (et non max) entre 100 et 150km.

      Il est possible de les intercpter avec ces avions, mais c est peu adapté et dangereux. Les Ukrainiens perdent régulierement des appareils qui se prennent les débris.

      De plus, il ne faut pas rever. Un M346 apte a ces missions c est beaucoup plus cher qu un avion d entrainement. Les italiens ont voulu ( peut etre qu ils l ont fait, j ai pas vu la conclusion du débat) passer une commande de M346 apte a des missions de combat limitées. Ils ont déchanté en voyant la facture et le peu de capacité.

      On est plutot sur 2/3 du prix d un chasseur moderne pour 1/3 des capacités. La ou les gens revent d 1/3 du prix pour 2/3 des capacités.

    • VinceToto dit :

      L’Iran dit vouloir/pouvoir utiliser le Yak-130 avec missile R-73 comme intercepteur de drone. ? Les M-346 israéliens? Les Yak-130 russes? J’ai plus vu de vidéos d’interception de drones par un manche à balai (technique testée par le groupe russe Rubikon) fixé à un FPV que par Yak-130 ou M-346 (= 0).

    • HMX dit :

      Le rapport coût/efficacité de l’hélicoptère de combat pour la mission « chasse aux drones » type Shahed semble en effet très défavorable. A 50 M$ de dollar l’hélico, plus de 10 000$ l’heure de vol, et par ailleurs une autonomie très limitée, il s’avère que d’autres vecteurs peuvent faire beaucoup mieux, et pour moins cher.

      Par exemple (liste non limitative) :
      – Avion turbopropulsé équipé d’un armement léger (mitrailleuses, roquettes guidées),
      – Drone MALE doté de munitions téléopérées low cost, spécialement conçues pour détruire des cibles aériennes. Un drone MALE avec une bonne capacité d’emport (Aarok ou équivalent) pourrait aisément transporter 12 à 24 MTO, permettant d’abattre autant de cibles, avec une capacité à rester sur zone pendant au moins 24h.
      – Drones intercepteurs réutilisables tirés du sol (type Coyote, ou équivalent)

      • Seb dit :

        Un avion turbopropulsé équipé d’un armement léger n’aura pas un canon avec une capacité de suivi de la cible comme un canon tourelle d’hélicoptère équipé d’un système de conduite de tir.
        Dès lors, je vois un avantage coût à un helico qui tire du 20 ou 30mm, plutôt qu’un avion léger qui tire des missiles guidés

        • HMX dit :

          Un avion turbopropulsé n’aura aucun mal à se placer « dans les 6h » d’un drone volant en ligne droite à 200 km/h, et incapable de se défendre ou de réaliser des manœuvres évasives. Pour un pilote un minimum habile et expérimenté, c’est simplement du tir au pigeon, la principale difficulté étant de réussir à repérer la cible, et à éviter d’être touché par des éclats lorsque le drone explose.

          L’avantage, c’est que l’avion turbopropulsé peut voler à 600-700km/h, et peut donc rallier rapidement sa zone de patrouille, et patrouiller pendant plusieurs heures sur un secteur très vaste. L’avantage, c’est aussi le coût, incomparablement plus bas, d’un petit avion monoplace, comparé à celui d’un hélico de combat bardé de capteurs et d’armes comme l’Apache (50M$ l’Apache, 1 pilote et un copilote, >10 000$ l’heure de vol, plus le coût des munitions… ça fait cher le drone abattu !). Il n’y a pas photo…

          Cette solution de l’avion turbopropulsé est une piste mise en avant, dans un récent article sur l’Ukraine. Les ukrainiens pourraient réquisitionner les avions d’aéroclubs et leurs pilotes, et/ou acquérir en nombre des avions turbopropulsés partout en Europe, dans le but de les armer avec de simples mitrailleuses montées sous les ailes (20 ou 30mm). Avec un minimum d’entraînement, ces escadrilles pourraient patrouiller dans des secteurs prédéfinis, en amont des villes ou des sites stratégiques, pour faire la chasse aux Shahed. Les escadrilles seraient renseignées par radio sur l’arrivée des drones dans leur secteur (radars au sol et/ou observateurs humains). Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui de la bataille d’Angleterre…

          Il s’agirait pour les ukrainiens de se doter d’un moyen d’interception simple et rustique, peu coûteux (comparé à des jets, des hélicos ou des missiles sol air), complémentaire aux divers systèmes de protection aériennes qu’ils possèdent déjà, mais en nombre insuffisant pour faire face aux vagues massives de drones.

          • NORAD dit :

            @HMX. C’est bien joli tout ça, et cela fonctionne bien de jour.. Mais de nuit pas du tout….

      • Louis XVI dit :

        @HMX. « Drones intercepteurs réutilisables tirés du sol (type Coyote, ou équivalent) ». Le Coyote fonctionne très bien effectivement. Mais n’est pas réutilisable. Le Roadrunner d’Anduril, s’il ne trouve pas de cible, revient et peut repartir ensuite…

    • Lothringer dit :

      Un défi auquel les Ukrainiens doivent faire face est la multiplicité du type de drones russes à combattre. Certains sont lents, d’autres plus rapides. La difficulté avec un avion (Alphajet, M346 dans votre citation) est de réussir à utiliser des avions ayant une plage très ouverte de vitesses de fonctionnement permettant de s’adapter instantanément au type de drone auquel on a affaire. On peut parfaitement imaginer une attaque avec un premier drone lent, suivi d’un 2e drone rapide (ou vice-versa) tous 2 empruntant approximativement la même trajectoire.

  4. R2D2 dit :

    « L’AH-64D n’est pas une capacité avec laquelle nous pouvons combattre et gagner aujourd’hui. […] Ce modèle est également devenu excessivement coûteux à exploiter »
    Mais c’est sympa pour les alliés qui ont cassé leur tirelire pour se le payer…

    « L’efficacité des hélicoptères d’attaque sur le champ de bataille aujourd’hui […] est extrêmement limitée »
    L’efficacité des hélicoptères d’attaque lorsqu’ils sont utilisés avec des tactiques russes désuètes est en effet limité.
    Par contre quand ces memes hélicoptères russes sont employés avec les memes tactiques que celles de l’OTAN alors il y a des résultats cf. leur utilisation dans la contre offensive ukrainienne dans le sud il y a un (ou deux?) an.

    Plus proche la situation du Tigre va devenir un peu plus compliqué. Il va rester mais par contre pour les évolutions c’est définitvement mort. La dernière en cours a été sabrée pour des questions de budgets, les suivantes seront annulés par manque d’intérêt… Et comme il y n’a pas eu le succès escompté au niveau international on sait maintenant que l’aventure n’aura pas de lendemain.

    • NORAD dit :

      @R2D2. C’est l’avis de l’US Army, pour ses besoins, et les théâtres d’opérations futurs qu’elle envisage, pas un avis qui s’applique universellement… L’USMC, qui agit directement très au front, n’a aucune intention de se débarrasser de ces AH-1 Cobra et ne voit pas les choses de la même manière…

      • Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? dit :

        `

        L’USMC n’a aucune intention de se débarrasser de Ses AH-1.

        (L’emploi de « de ‘ces’ AH-1 » est toutefois possible, mais contextuellement moins probable.)

  5. farragut dit :

    C’est un peu le dilemme du choix de tout outil, entre coût d’acquisition et coût de possession…
    Plutôt un engin complexe et omnirole, versatile et efficace, mais coûteux à exploiter et à entretenir, donc en nombre limité, ou bien une pléthore de multiples outils plus simples et moins coûteux, mais trop spécialisés ?
    Pas une question philosophique, que ce soit pour doter une armée de l’air ou investir dans dans des appareils électroménagers au magasin de bricolage.
    Mais je suis toujours surpris que les « comparatifs », sur YouTube ou bien réalisés par la Cour des Comptes (ou par les gouvernements volatils actuels en France) ne prennent pas en compte tous les aspects du coût total.
    Peut-être que la croyance en la « pédagogie » (la Com par cabinets de conseil et PowerPoint) ne considère les interlocuteurs que comme des lapins crétins incapables de comprendre plus que des « punchlines » en franglais?
    On voit les limites de cette croyance avec le choix du F-35A par les Suisses, ou encore la suppression de jours fériés… 😉

  6. Patatra dit :

    Puisque certains abordent le sujet du tigre, je me demande si la doctrine d’emploi des hélicos d’attaques est la même entre les russes, les anglo-saxons et nous.
    Si les REX de l’Ukraine sont valablent pour les doctrines d’emploi anglo-saxonnes et Russes peut-être qu’ils ne s’applique pas pour notre manière d’employer ce type de système d’arme.
    Si des sachants trainent dans les coin et peuvent nous éclairer.

    • Pluriel dit :

      Qu’ils ne s’appliquent pas.

    • Valhalla dit :

      Si les REX sont valables.

    • Roland DESPARTE dit :

      Sans être un « sachant qui traine », bénéficiant juste d’informations vérifiées, je peux vous dire que les techniques d’aérocombat “à la française“ sont spécifiques à l’armée française [Seule l’armée américaine dispose d’une formation équivalente].
      Tout d’abord, aujourd‘hui, hormis pour quelques “opérations spéciales particulières“, toute opération héliportée est par essence interarmées et implique divers moyens des Forces [Dont du Renseignement, éventuellement des commandos (CRAP ou équivalents), des drones de tous types, et même -si besoin- de l’artillerie (mortiers, Caesar, LRU,…) ainsi que l’appui d’avions de combat et/ou de guet aérien…].
      Comme je l’ai déjà évoqué sur le blog, les techniques d’aérocombat “à la française“ ont bien évoluées, et nous sommes bien loin des techniques de combat russe… L’ALAT privilégie les raids “fulgurants“, en rase-mottes, en jouant avec la topographie du terrain (masque), de préférence de nuit en vision thermique, pour l’appui d’opérations de commandos, les missions de recherche et sauvetage au combat (ResCo), fournir du renseignement ou des secours médicaux, l’héliportage de moyens divers au plus proche de la zone de front (MAIS PAS DIRECTEMENT SUR LA ZONE DE FRONT !).
      Face aux évolutions technologiques et RETEX des derniers conflits (Mali, Afghanistan, Libye, Ukraine), nous nous dirigeons vers la dronisation de l’aérocombat. Ainsi, comme l’a rapporté Laurent Lagneau dans divers articles, l’ALAT travaille actuellement sur la notion d’Engins Lancés par Aéronefs [ELA], le recours à un « drone tactique d’aérocombat », ou encore le “drone-leurre“ capable de simuler la surface équivalente radar d’un hélicoptère,…
      Concernant le Tigre [alors que l’Allemagne commande 62 hélicoptères légers d’attaque H145M pour remplacer ses Tigre], ce dernier devrait disposer à terme de nouveaux équipements.
      Pêlemêle : Un nouveau système de guerre électronique (Détecteurs d’alerte radar, détecteurs d’alerte laser, détecteurs de départ missile, gestion automatisée des lances leurres et dispositif manuel de leurrage d’urgence, affichage des menaces. Vidéo de Thales : https://youtu.be/sJEMqF65a_c ), nouvelles radios logicielles CONTACT/SYNAPS de Thales, nouvelles capacités de combat en réseau (Évolutions de SCORPION) en pouvant communiquer directement avec des drones [Manned/Unmanned Teaming, ou MUM‑T = liaisons de données pour une coordination avec des drones], nouveau bloc GNSS [navigation par satellites], casque TopOwl DD avec viseur intégré, suite avionique FlytX de Thales, nouvel IFF (identification ami ou ennemi) d’Indra, intégration de roquettes de 68mm (4000m), de missiles Mistral (6500m) ou de missiles Hellfire (8000m en tir collaboratif), canon de 30 mm dont le débattement est augmenté, nouveau viseur de toit Euroflir 510 ou STRIX NG de Safran [Pour voir avant d’être vu],… C’est acté, théoriquement, premières livraisons en 2027 !
      L’hélico est loin d’être “mort“ ; il suffit de savoir ce que l’on veut en faire, et ne pas faire n’importe quoi. Encore faut-il que les moyens financiers suivent…

      • HMX dit :

        @Roland DESPARTES
        je ne partage pas votre optimisme sur le devenir de l’hélico de combat, en France ni ailleurs dans le monde. Regardez les débats qui ont eu lieu dans l’US Army. Les menaces qui visent les hélicos de combat évoluent beaucoup trop vite, repoussant ces derniers toujours plus loin des zones de combat, et les obligeant à se doter de systèmes de protection toujours plus coûteux, pour assurer leur survie. L’arrivée prévisible d’une profusion de drones et munitions rôdeuses spécialement conçus pour attaquer des cibles aériennes constitue probablement le dernier clou dans le cercueil de l’hélico de combat. Il faut par ailleurs ajouter que les systèmes de défense antiaérienne contre les drones dont se dotent en urgence toutes les forces armées auront aussi des effets redoutables contre les hélicos.

        Le résultat, c’est que dans les faits, les Tigre n’auront vraisemblablement pas de successeur, du moins pas sous la forme d’un hélicoptère piloté par des humains. Et idem pour l’Apache…

        La modernisation en cours des Tigre est faite a minima (faute de participation de l’Allemagne, qui va carrément se séparer de sa flotte de Tigre !), et ce sera sans doute la dernière de la carrière de cet appareil. Tout juste peut-on espérer une possibilité d’intégration dans le futur du MHT, et peut être de munitions rôdeuses aéroportées.

        Les hélicos de combat sont simplement devenus trop vulnérables, et trop coûteux, donc inadaptés aux conflits de haute intensité, alors qu’il existe désormais d’autres moyens moins coûteux et moins risqués permettant de produire un effet similaire : drones et MTO de tous types et de toute taille, artillerie à longue portée…

        J’admets en revanche volontiers que ces hélicos de combat resteront un vecteur très efficace dans des contextes de basse ou moyenne intensité. Sauf qu’avec nos moyens limités, nous n’aurons pas le luxe de pouvoir entretenir une flotte d’hélicos de combat pour la basse intensité, tout en développant à côté une flotte de drones d’aérocombat pour les conflits de haute intensité.

        • Roland DESPARTE dit :

          Bonjour HMX,
          Je vous cite : « repoussant ces derniers toujours plus loin des zones de combat, et les obligeant à se doter de systèmes de protection toujours plus coûteux, pour assurer leur survie ».
          Comme je l’ai indiqué l’ALAT évite les zones de combat ; l’appui feu et les frappes antichars sont devenus exceptionnels en zone de haute intensité. Quant aux systèmes de protection ils sont parfois moins onéreux que certains drones et il est nécessaire de bien cerner le rapport coût-efficacité des hélicoptères d’attaque. Ainsi, 1 drone (Je dis bien 1) évolué coûte entre 2 et 20 millions $ en moyenne (sans compter les munitions si ceux-ci sont armés), coût à rapprocher de celui -par exemple- des grenades à fragmentation ou Airburst projetées par un hélico lors de la détection d’un missile ou d’un drone kamikaze visant l’appareil (Ces munitions formant une “bulle“ de protection sont de plus en plus perfectionnée) …
          En ce qui concerne les débats éminemment politiques qui ont eu lieu dans l’US Army, il faut nuancer vos propos car il s’agit principalement de questions relatives aux priorités du budget [Qui favorisent les technologies comme l’IA, la GE, la robotisation,…] qui rendent les investissements dans des hélicoptères coûteux moins attractifs [Les allemands ont une démarche similaire]. Mais l’US Army n’a pas retiré complètement les Apache de son arsenal. Il demeure plus de 700 Apache en service actif, mais leur rôle est redéfini (Comme pour ceux de l’ALAT), avec une intégration accrue de drones pour les missions à haut risque, se rapprochant en ce sens du général d’armée Pierre Schill (CEMAT) qui prône une complémentarité entre hélicoptères et drones, avec des concepts comme l’utilisation de drones ailiers pour réduire les risques.
          Par ailleurs, des pays, comme la Pologne (qui a commandé 96 AH-64E en 2024) ou le Maroc (24 AH-64E prévus en 2025), continuent d’investir dans les Apache, montrant que leur utilité dépend du contexte géopolitique et des besoins spécifiques.
          Comme je l’ai conclu, l’hélico est loin d’être “mort“ ; il suffit de savoir ce que l’on veut en faire, et ne pas faire n’importe quoi. Cependant, vous avez raison, l’aérocombat de demain ne sera plus celui d’hier, et nous verrons bien si dans quelques décennies on décide d’abandonner ce vecteur, car aujourd’hui l’objectif du Ministère est clair : maintenir le Tigre en service au-delà de 2050.

      • NORAD dit :

        @Roland DESPARTE. « Sans être un « sachant qui traine », bénéficiant juste d’informations vérifiées, je peux vous dire que les techniques d’aérocombat “à la française“ sont spécifiques à l’armée française [Seule l’armée américaine dispose d’une formation équivalente]. » Ah bon, vous croyez, rendez-vous en Israel….

        • Roland DESPARTE dit :

          @NORAD,
          Possible, effectivement, car les pilotes de Tsahal se forment avec les américains. Ainsi les exercices « Enduring Lightning » entre l’Armée de l’Air israélienne (IAF) et l’US Air Force, ainsi la base américaine permanente située dans le sud d’Israël qui fait office de centre de formation pour l’IAF, ainsi…
          Donc, c’est effectivement possible.

  7. Nike dit :

    Si on lit entre les lignes, le message est  » ne vous débarrassez pas trop vite des hélicoptères, ils ont des utilitées nouvelles que l’on n’a pas encore toutes exploitées. »

  8. Red dit :

    Ce qui est dit dans l’article de M.Lagneau est vu par beaucoup comme étant véridique : Non l’hélicoptère de combat n’est pas mort avec la guerre en Ukraine!

    1- La mobilité qu’offre un Apache est largement supérieure à celle des FPV.

    2- Puissance de Feu tout en étant protégé : Lockheed et l’US ARMY testent ensemble les futures capacités NLOS des Apaches depuis déjà plusieurs années. En 2019 un Apache à tiré un Spike-NLOS sur une cible à 32km de distances depuis le bas d’une coline .. Les dernières versions « E » de l’Apache ont déjà des drones reco intégrées avec L’IA et l’IHM. Avec une capacité d’emports de 16 missiles par appareil, nettoyer une tranchée est faisable tout en étant à distance sécuritaire. Certes le coûts d’emploi est plus élevé, mais le « pouvoir de destruction » l’est également plus, toujours en comparant avec les FPV.

    3-Rôle « Counter UAV/UCAV/FPV : Comment mentionné par M.Lagneau, les roquettes guidées laser offrent une option plus que convenable au niveau qualité/prix et de bon RETEX (système VAMPIRE Ukraine, Apache en Israël)

    4- Vision à long terme ! Si l’ère des drones est arrivée avec la guerre en Ukraine, l’ère anti-drone arrive à vitesse grand V. Rien qu’aux USA, il y à des dizaines de projets en phase de maturité « avancés » et encore plus sur les planches à dessins. Dans ce qui est déjà bien connu et testé : Brouilleur à Micro-ondes, auto defense laser de toutes sortes, toutes puissances, drones intercepteurs low cost, petit missile intercepteur low cost (coyote, etc) Bref dans un avenir proche, sans être annihilé, l’efficacité des drones vas forcément baisser.. À ce moment-là il y aura les armées de terres qui auront gardé leurs hélicoptères de combats, et ceux qui s’en seront débarrasser prématurément.

    • Roland DESPARTE dit :

      Bonjour @Red,
      Ce que vous dites est juste.
      Selon un article d’octobre 2024 de CERBAIR (un leader français dans la lutte anti-drone), [Je cite] « Les drones ne sont directement responsables que de moins de 10 % des pertes infligées à l’armée russe. La majorité des pertes, 70 % des destructions de matériel, sont imputables à l’artillerie quand 20 % l’est aux roquettes et missiles antichars tirés par l’infanterie …/… Un autre avantage des drones est de fournir beaucoup d’images et de vidéos des combats. Leur diffusion contrôlée sur les réseaux sociaux permet de très fortement peser sur les opinions publiques et donc sur le soutien apporté à la cause ».
      https://www.cerbair.com/articles/guerre-en-ukraine-les-drones-gagnent-leurs-galons#:~:text=Les%20drones%20ne%20sont%20directement,antichars%20tir%C3%A9s%20par%20l'infanterie.

      • NORAD dit :

        @Roland DESPARTE.  » Leur diffusion contrôlée sur les réseaux sociaux permet de très fortement peser sur les opinions publiques et donc sur le soutien apporté à la cause » ». Le mot propagande est largement suffisant.

        • Roland DESPARTE dit :

          @NORAD,
          Je ne faisais que citer l’article de CERBAIR (Comme indiqué dans mon post).

    • Relisez-vous SVP dit :

      Des ApachE.
      32 km de distancE.
      D’une colLine.
      Des drones reco intégréS.
      Une capacité d’emporT.
      De bonS RETEX.
      Il y A.
      En phase de maturité « avancéE ».
      Les planches à dessiN.
      AutODÉfense laser.
      Missile intercepteur low-cost (Coyote, etc.)
      Sans être annihiléE, l’efficacité des drones vA.
      Les armées de TerrE.
      Ceux qui s’en seront débarrassÉS.

  9. Hélipad dit :

    Reuter London : C’est sur le coin d’une tablette dans un « express » que « l’ex Colonel Ryan » a rédigé sa communication. Pour le reste, Mesdames Messieurs [ Touillez la sauce ], car l’hélico en a encore sous la pale pour être ainsi jeté avec l’eau du bain.

  10. Rafale28 dit :

    Je ne comprends toujours pas pourquoi l’ALAT ne travaille pas sur le déploiement de Tigre à bord d’une frégate pour assurer sa défense à l’égard des drones dans les zones « compliquées »…Il me semble que son armement (canon de 30 mm guidé par le viseur de casque) pourrait faire merveille à bas coût pour cette mission. L’intégration d’un radar (cela avait été étudié par la DGA voici une vingtaine d’années avec montage sur un Puma) améliorerait les performances en ce domaine. Qu’en pensez-vous?