Une unité de l’armée de l’Air se mue en escadron de renseignement et de guerre électromagnétique

Si ses escadrons et ses forces spéciales sont régulièrement sous les feux des projecteurs, d’autres unités de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] sont méconnues, alors qu’elles tiennent un rôle essentiel pour la bonne marche des opérations. C’est par exemple le cas de l’Escadron de transport de matériels spécialisés 91/523, basé à Bourges, ou celui de l’Escadron des systèmes d’information opérationnels et cyberdéfense [ESIOC] de Mont-de-Marsan.

Cette semaine, une autre unité, relativement discrète, sera mise en avant à l’occasion de son changement d’appellation. Installé sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, l’Escadron électronique sol [EES] 21.054 va devenir l’Escadron de renseignement et de guerre électromagnétique [ERGE].

Membre de la Communauté cyber des armées depuis 2023, cette unité contribue à la posture permanente de sûreté aérienne [PPS-A] en mettant en Å“uvre des moyens d’écoute.

« Du recueil de renseignement d’origine électromagnétique [ROEM] ‘sol’, c’est-à-dire avec des moyens terrestres fixes et mobiles, au brouillage des communications radio en passant par le contrôle et la protection du spectre électromagnétique, les missions de cette unité de l’AAE sont très vastes et variées », explique le ministère des Armées.

Cet escadron dispose notamment du SCRIBE [système de communication intelligente de radiolocalisation, d’interception, de brouillage et d’écoute], qui constitue « l’unique capacité de brouillage mobile offensive des armées ». Cet équipement, qui doit être prochainement remplacé, représente une « capacité clé alors que nous observons une montée en puissance de la guerre électronique sur tous les terrains d’affrontements à travers le globe », souligne l’AAE.

D’où sa mue en « Escadron de renseignement et de guerre électromagnétique ». Comme l’a expliqué le ministère des Armées lors de son dernier point presse, « cette nouvelle appellation reflète mieux l’étendue des missions et des capacités de l’unité, qui vont de la surveillance à la protection des communications, en passant par le recueil de renseignements électromagnétiques à des fins stratégiques ou tactiques ».

Opérationnel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, l’ERGE compte une centaine d’aviateurs, tous experts dans les domaines du renseignement d’origine électromagnétique, de la guerre électromagnétique offensive et défensive et de la cyberdéfense. Récemment, selon Intelligence Online, elle a déployé des moyens d’écoute au Moyen-Orient au moment des frappes israéliennes contre les sites militaires iraniens.

Photo : Insigne de l’Escadron de renseignement et de guerre électromagnétique / AAE

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23 contributions

  1. Momo dit :

    Les artisans de la victoire dans l’ombre.
    Un métier fascinant avec un sens devenu plus que jamais primordial pour casser les super-vilains super-agressifs.
    Une filière d’excellence dont la réputation est à juste titre au top mondial, en toute discrétion.
    Respect.

    • Momo dit :

      Oui… plus que 3 mois…
      Mais l’ONUL par contre c’est pas encore fini, les houthis continuent à s’y servir.
      Jusqu’à ce que tu les enterres avec des cochons?

      Tout va bien Fab?

    • dolgan dit :

      Un bain de sang annoncé et les barbares exultent la haine chevillée au corps .

    • Bibou dit :

      2017 ?

  2. Taboulé dit :

    Ces misions ne rejoignent-elles pas celles du 54°RT ?

  3. Rogger dit :

    bonjour, bien la question est de savoir sur quel type d’appareils , ils effectue leur mission de guerre électronique. Après tous etre capable d’écouter et d’intercepter toute les fréquences ennemis est des plus importantes … ( fréquences radars et autres ).
    Etre prêts a tous moments est des plus importantes dans les guerres modernes …

    • dolgan dit :

      Peu d info. Mais ils semblent avoir plusieurs type de systemes basés sur des PC type conteneur transportés par des renault D16

    • Relisez-vous SVP dit :

      Ils effectueNT.
      Après touT, Être capable.
      TouteS les fréquences ennemiEs.
      Des plus importanTS.
      Fréquences radaR.
      Être prêts À touT momenT.
      Des plus importanTS.

  4. Un civil dit :

    plu proche du 44eme RT qui compte un certain nombre d’aviateurs dans ses rangs.
    merci de mettre la lumière pour une fois la lumière sur ses aviateurs de l’ ombre aussi discret qu’indispensable, il y en a beaucoup d’ autres : radardistes , radios, et hertziens sans lesquels  » les chevaliers du ciels » ne pourraient pas faire grand chose

  5. Roland DESPARTE dit :

    Le SCRIBE a été développé dans les années 90 par Thales (A l’époque Thomson-CSF Communications) et Safare Crouzet, une “vieille“ entreprise de notre BITD spécialisée dans la conception d’équipements électroniques professionnelles destinés aux marchés de la Défense [Crouzet, également dénommée Sextant Avionique, devenue filiale à 100 % de Thomson-CSF, avant de changer de nom pour devenir Thales AVS France].
    Cette société est en particulier à l’origine des premiers calculateurs de navigation numériques équipant les Jaguar, Mirage III, Mirage F1, ainsi que des planches de bord des Airbus et systèmes de visualisations “tête haute“ viseurs de casque, commandes de vol, équipements de navigation (inertiels ou GPS), équipements de surveillance et de communication par satellite, centrales aérodynamiques, systèmes de gestion de vol (FMS), …
    Thales a également développé un ensemble de solutions rassemblées sous l’appellation « Tactical Electronic Warfare Solution » (TEWS).
    Un exemple rapporté de Guerre Electronique TEWS, en plein cÅ“ur du Sahel : Au nord-ouest d’Altaga, un convoi interarmes de véhicules blindés recherche des groupes armés terroristes composés de plusieurs pick-up qui ont été repérés. Dans le convoi, trois véhicules équipés par Thales sont dédiés à la guerre électronique des communications, un pour déterminer la direction et l’écoute des émissions des terroristes et deux autres pour le brouillage. Le véhicule équipé de goniomètre positionné en surplomb, déployant sa haute antenne, capte soudainement des signaux émis par deux groupes de terroristes motorisés. Ils sont droits devant. Un drone lancé en fonction de cette localisation confirme la présence de deux groupes de trois pick-up espacés de quelques centaines de mètres et armés de mitrailleuses. Le véhicule de brouillage lance une attaque électromagnétique permettant d’isoler l’ennemi, en le coupant de tout moyen de communication pendant que le véhicule C2 (Commande & Contrôle) contrôle la mission. Parallèlement, les blindés français passent à l’assaut ; et en quelques minutes, les véhicules de combats tiennent l’ennemi en joue avec des canons de 20 millimètres… L’effet de surprise a joué à plein. Les terroristes ont tenté d’appeler des renforts, d’obtenir des instructions… En vain. Les informations récoltées ainsi que tous les signaux interceptés pendant l’opération seront analysés après la mission. Ils iront enrichir les bases de données des forces et des services de renseignement [Source Thales).
    Le SCRIBE en action au sein de l’AAE se compose d’un réseau de quatre radiogoniomètres, de quatre brouilleurs et d’un cabine Poste de Commandement. Aérotransportable, ces sous-ensembles peuvent être employés isolément ou en réseau.
    Le successeur de SCRIBE est en cours de définition et -selon l’AAE- sera remplacé dans quelques mois « par un premier matériel de nouvelle génération ».
    Ainsi Thales proposera une nouvelle « Solution stratégique HF COMINT/DF ». Un système de renseignement transmissions sophistiqué d’interception des communications par ondes de sol et d’espace sur la bande de fréquences HF dont l’objet sera de surveiller, identifier, localiser et écouter toute transmission HF dans un rayon de plusieurs milliers de kilomètres [Rayon de couverture de longue portée, jusqu’à 6000 km).
    Il reposera sur la nouvelle génération de capteurs HF COMINT/DF (TRC 6500), avec numérisation complète de la bande HF, radiogoniométrie à super-résolution et écoute prenant en charge une pluralité de signaux dans la même voie, un traitement automatisé de la surveillance avec une probabilité d’interception de 100 % des signaux, notamment LPI, et une géolocalisation précise des signaux [Source Thales].

    • Rectitude dit :

      Ils sont droit devant.

    • Roland DESPARTE dit :

      De source informée (Comme on dit…), bien entendu si les moyens permettent de détecter-localiser-intercepter des flux d’ondes, le travail des opérateurs est si besoin de créer une “zone blanche“ (Coupure du réseau en bloquant ou saturant la propagation des ondes) ou -grâce à des outils de plus en plus évolués développés en toute confidentialité par Thales- de modifier ces ondes pour que la solution proposée par ces dernières au vecteur ennemi (par exemple un missile) ou directement à son centre de commandement, soit erronée (délivrance de fausses informations).
      A l’inverses, les bureaux d’études proposent des solutions pour détecter les intrusions ennemies dans les systèmes de transmission et de commandement (cf. Les “incidents“ -classés Secret Défense- de la nuit du 13 au 14 avril 2018 qui ont touché deux FREMM déployées en Méditerranée lors de l’opération Hamilton ; et la “riposte“ française avec un tir de MdCN par une troisième FREMM). L’éternelle bagarre entre l’épée et le bouclier, d’où l’intérêt primordial de diversifier les moyens offensifs (tels les porteurs de missiles) que de rechercher et former des techniciens et des ingénieurs de plus en plus qualifiés [Et là on rejoint toutes les problématiques de l’Éducation nationale et des performances des centres universitaires français ; lorsque l’on voit -par exemple- l’Inde qui forme annuellement 1,5 million d’ingénieurs, on a du souci à se faire…].
      PS : Mes posts s’adressent principalement à ceux qui comme moi sont ignorants dans ce domaine, et non aux experts de ce site qui sont les bienvenus pour me corriger ou apporter des précisions complémentaires…

      • Gamberge dit :

        Pour un soi-disant ignorant, vous parlez généralement fort bien des sujets que vous évoquez.

  6. Pif dit :

    il me semble que ERGE est le nom originel de cette unité qui est devenu EES dans les années 2000.

    Si un ancien pouvait confirmer.

  7. PMo dit :

    Le Retour des Escadrons Electronique Sol de la Guerre Froide : Goslar is back !

    • Roland DESPARTE dit :

      Bonjour PMo,
      Vous évoquez avec raison l’Escadron Electronique Sol 03.054 de Goslar (Basse-Saxe) où le site de Schalke (sommet montagneux) fut utilisé dès 1959 par l’armée de l’air pour implanter en République Fédérale Allemande des stations d’écoute et des unités de Guerre Electronique.
      En 1962, des éléments de la 11°C.C.T.P. (Compagnie de Commandement et de Transmissions Parachutiste) constituait principalement le détachement affecté à la station mixte de Schalke [En 1986 la station comptait 130 personnes, avec l’arrivée de l’escadrille 00.053 et son hélicoptère PUMA ELINT. En 1991, l’unité fut administrativement rattachée à la BA 124 de Strasbourg].
      Entièrement sous commandement français, le site opérationnel était doté d’une tour de 64m qui dominait la région du haut des 762m du Schalke. L’arrêt définitif des écoutes eu lieu le 30 avril 1993 et la dissolution officielle de l’EES 03.054 mettra fin à trente années d’écoutes ininterrompues. La tour fut démantelée d’octobre 2002 à août 2003, puis dynamitée…
      Source principale : Rubrique Historique de GUERRELEC (N°9)
      Doc à télécharger :
      https://sa8459d7c52db8143.jimcontent.com/download/version/1485962978/module/11355228812/name/Rubrique%20historique%209.pdf