Modernisés, les hélicoptères UH-60 Black Hawk de l’US Army auront la capacité de mettre en Å“uvre des drones

En février 2024, l’US Army fit connaître son intention de mettre un terme au programme FARA [Future Attack Reconnaissance Aircraft], alors censé lui permettre de remplacer ses hélicoptères d’attaque et de reconnaissance AH-64D Apache et les OH-58D Kiowa Warrior, ces derniers ayant été déjà retirés du service.
« En examinant le programme FARA à la lumière des nouveaux développements technologiques, de l’évolution du champ de bataille et des projections budgétaires actuelles, il a été estimé que les capacités accrues qu’il offrait pourraient être obtenues de manière plus abordable et plus efficace en s’appuyant sur une combinaison » de différents moyens, comme les drones et les capteurs spatiaux, avait-elle justifié.
Le FARA était l’un des deux piliers d’un programme plus vaste, appelé « Future Vertical Lift », le second étant le Future Long Range Assault Aircraft [FLRAA], basé sur l’hélicoptère de transport de nouvelle génération V-280 Valor, développé par Bell Helicopter.
Aussi, l’arrêt du FARA allait permettre à l’US Army de trouver des marges de manÅ“uvre budgétaires pour financer le développement et le déploiement du V-280 mais aussi pour poursuivre la modernisation de ses hélicoptères de transport CH-47F Chinook Block II et UH-60 Black Hawk.
D’où le contrat d’une valeur de 43 millions de dollars que vient d’obtenir Sikorsky [filiale de Lockheed Martin] pour mener des travaux d’ingénierie visant à moderniser le Black Hawk. Ce projet porte sur l’amélioration de la cellule ainsi que sur l’intégration d’une architecture numérique visant à doter cet hélicoptère de la capacité à mettre en Å“uvre des drones aériens.
Ces travaux seront réalisés selon une approche dite MBSE [ingénierie système basée sur les modèles], laquelle repose sur la modélisation et la simulation numériques durant l’ensemble du cycle de vie de l’appareil, c’est-à -dire de sa conception à sa mise hors service.
« La structure numérique du Black Hawk, qui s’appuie sur une approche modulaire ouverte [MOSA], impliquera le développement de systèmes et de logiciels avancés pour soutenir sa modernisation. Cette structure numérique facilitera l’intégration rapide des capacités afin de répondre dans les plus brefs délais aux besoins futurs des missions confiées à cette plateforme », explique l’industriel.
Ces travaux préliminaires ouvriront la voie à d’autres améliorations. « Grâce à une motorisation plus puissante [basée sur le General Electric GE T901, ndlr], […] l’hélicoptère emportera une charge utile plus importante et aura un rayon d’action étendu. Ses futures commandes de vol incluront des fonctionnalités qui, grâce à l’intelligence artificielle [IA], assisteront les pilotes dans les conditions difficiles, améliorant ainsi la sécurité et l’efficacité des missions », promet en effet Sikorsky, pour qui le Black Hawk ainsi modernisé donnera à l’US Army un « avantage accru dans des zones comme l’Indo-Pacifique ».
L’armée américaine n’est pas la seule à vouloir des hélicoptères de manÅ“uvre capables de lancer des drones aériens. En France, l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT] mène des expérimentations à cette fin, dans le cadre de son concept ELA [engins lancés par aéronef]. Même chose au Royaume-Uni, où la Royal Air Force a évalué la capacité du CH-47D Chinook à déployer des drones FPV. Enfin, la filiale espagnole d’Airbus Helicopters a récemment signé un accord avec l’entreprise technologique Arquimea pour permettre à l’hélicoptère NH-90 de mettre en Å“uvre des munitions rôdeuses Q-SLAM 40.
Photo : Sikorsky





C’est surprenant cette association d’anciens matériels et de nouvelles technologies.
C’est cocasse : trois articles plus bas, on apprend qu’un Blak Hawk a été abattu par un drone. Avant de les lancer, il faudra savoir s’en protéger.
Les hélicopteres militaires vont se voir dotés de radars plaque pour détecter et éviter la menace drone low cost.
La dénomination officielle du V-280 est aujourd’hui MV-75…
Ironiquement, j’espère que le contrat de 43 millions $ ne vise pas seulement à doter l’hélicoptère de la capacité à mettre en œuvre des drones aériens…
En Octobre 2024, l’Agence de l’innovation de défense a effectué, en collaboration avec la DGA, une démonstration en vol portant sur le contrôle de drone par un hélicoptère. Les essais font suite au projet MUSHER [Manned Unmanned System for HElicopteR], une étude portant sur les systèmes collaboratifs des drones, un projet porté par Thalès (Fr), Airbus Helicopters (E), Safran (Fr), Leonardo (It), Indra Systemas (Sp), Space Applications Services (Belgique).
Les essais ont été conduits simultanément, en deux temps, avec deux hélicos et deux drones, sur deux sites distants de 1 000 km ! L’un en France (site DGA-EM de l’Île du Levant), l’autre depuis le depuis le sud de l’Italie. Sur l’île du Levant un hélicoptère H130 a effectué une démonstration avec un drone VSR700 d’Airbus Helicopters, pendant qu’en Italie un hélicoptère de Leonardo télépilotait un hélicoptère dronisé SW 4 Solo (“système aérien sans pilote rotatif“ de Leonardo). La démonstration en vol a démontré, avec succès, une interopérabilité dans le contrôle du drone de l’un et de l’autre, et de leurs systèmes d’observations, d’un hélicoptère à l’autre, à une distance de 1 000 km ! [Liaisons satellitaires].
En France aussi, on sait faire, mais on n’a pas de sous…
L’intéret pratique de l’hélico noeud de communications me semble d’avoir les opérateurs de drones FPV loin et pénards au sol plutot que dans un autre hélico à 1000 km ou sur un manège de fête foraine.
Bonjour Toto,
C’est la démonstration (savoir-faire technique) d’une technologie conçue en coopération. Cela sert à confirmer que les solutions de contrôle du drone sont bien applicables en situation opérationnelle. En l’occurrence, associer un drone à un hélico (La première étape de la démo) et en cas de besoin “passer le relai“ à un autre hélico (La seconde étape de la démo). Cela permet de valider les performances issues d’un travail mené en commun. Bien entendu, le relai pourrait également être passé à une station au sol (GCS, Ground Control Station) à des « opérateurs de drones FPV loin et pénards ».
Pour contrôler un drone à distance diverses technologies peuvent être utilisées ; dans le cadre de l’OTAN l’interopérabilité est parfois essentielle (Mêmes fréquences radio, même cryptage, même interface intuitive pour un logiciel dédié permettant tant le contrôle du vol que les réglages nécessaires (caméra, désignateur, …) que la planification de trajectoires (waypoints), tout en assurant un retour vidéo en temps réel (FPV) dans une ou plusieurs stations, avec dans ce cas la possibilité d’utiliser des systèmes sécurisés de communication par satellite (SATCOM) par des stations aériennes.
Je ne sais pas si je suis bien clair, mais cette performance démontre que nos ingénieurs ont du talent.
@Roland DESPARTE. En l’occurence vous pourriez mettre en avant l’Europe, non??
Bien vu ! Merci.