Sierra Nevada propose son avion « Freedom Trainer » pour la formation des pilotes de l’US Navy

Visiblement, le remplacement des 200 avions d’entraînement T-45C Goshawk de l’US Navy, dans le cadre du programme UJTS [pour Undergraduate Jet Training System] suscite l’attention des principaux constructeurs aéronautiques américains. Et les critères exigés par le Naval Air Systems Command [NAVAIR] peuvent avoir une incidence sur la formation des élèves officiers du personnel navigant [EOPAN] puisque celle-ci se déroule en partie aux États-Unis.

Pour rappel, dans un premier temps, le NAVAIR avait dit vouloir un avion d’entraînement « existant » et assez « robuste » pour résister à des taux de descente élevés afin d’effectuer des « touch and go » sur le pont d’un porte-avions et des simulations d’appontage à terre [Field Carrier Landing Practice – FCLP]. Ce qui signifiait que le successeur du T-45 Goshawk n’aurait pas forcément besoin d’une crosse d’appontage.

Puis, le NAVAIR a finalement abandonné son exigence concernant la capacité de l’avion à effectuer des « touch and go » sur un porte-avions, estimant que, grâce aux évolutions technologiques [simulation, aides à l’appontage, etc.] des phases d’approche sans aller jusqu’à toucher le pont d’envol seraient suffisantes.

Aussi, la compétition s’annonce très ouverte. Déjà retenus par l’US Air Force pour remplacer ses T-38 « Talon », Boeing et Saab entendent proposer leur T-7 « Red Hawk » tandis que Lockheed Martin s’est associé avec Korea Aerospace Industries [KAI] en vue de soumettre la candidature d’une variante du F/A-50 « Golden Eagle ». Ces industriels ont été rejoints par Stavatti Aerospace, une entreprise qui, fondée en 1994, est plus connue pour ses projets que pour ses réalisations. En mai, elle a fait savoir qu’elle comptait défendre la candidature du SM-31 « Stiletto », qui n’existe que sur le papier.

Plus récemment, via sa filiale Beechcraft, Textron s’est lancé dans la compétition avec le M-346N, grâce à une coopération avec le groupe italien Leonardo. Mais plus qu’un avion d’entraînement, l’industriel propose un « écosystème complet » dédié à la formation, reposant sur une « architecture d’entraînement en temps réel, virtuelle et constructive [LVC] reliant les avions en vol [live], les simulateurs [virtual] et les forces amies et adverses générées par ordinateur [constructive] ».

Cela étant, il faudra compter avec un cinquième candidat. En effet, le 21 août, Sierra Nevada Corporation [SNC] a fait connaître son intention de proposer son avion d’entraînement « Freedom Trainer » à l’US Navy. Bimoteur, cet appareil a été conçu à partir d’un modèle précédemment imaginé dans le cadre d’une coopération établie par Turkish Aerospace Industries en vue de l’appel d’offres émis par l’US Air Force pour remplacer le T-38 Talon.

« La famille de systèmes de formation Freedom est la seule à reposer sur un avion d’entraînement capable d’effectuer des touch-and-go sur un porte-avions et des simulations d’appontage à terre, avec une cellule ayant une durée de vie de 16 000 heures », fait valoir SNC. Le « Freedom Trainer offre des performances sans compromis et des économies significatives, avec un « coût d’exploitation inférieur de 40 % à celui du T-45C », ajoute le constructeur.

Plus précisément, soutient SNC, « la conception innovante et la fiabilité à toute épreuve » du Freedom Trainer ainsi que « la durée de vie de sa cellule » permettent d’éviter de recourir aux « programmes de prolongation de la durée de vie [SLEP] non planifiés, tout en permettant une durée de sortie moyenne 30 à 40 % plus longue. Cela permet d’augmenter le temps de formation et de réduire le coût global du cycle de vie ».

En outre, poursuit-il, cet appareil a la capacité de manÅ“uvrer jusqu’à -3 G et +8 G et d’atteindre un angle d’attaque de 27 degrés. « Notre engagement ‘Entraînez-vous comme vous combattez – Zéro compromis’ garantit que les aviateurs de l’US Navy seront préparés aux environnements opérationnels les plus exigeants », conclut SNC.

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32 contributions

  1. Raphaël dit :

    les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Ils ont tous de belles maquettes moins chères les unes que les autres.

  2. Kamelot dit :

    Et bien voilà un avion pour la PAF !

  3. Goose dit :

    Sierra Nevada, Anduril, Turgis & Gaillard, etc. … Ou quand les « petits  » bousculent les grands groupes dans l’espoir de se faire une place au soleil !
    Ça marchera pour certains, assurément !

    • albert dit :

      le problème de ces startup ou petites sociétés c’est qu’il n’y a aucune garantie de suivi des pièces sur 40 ans ou plus. Et il y a de fortes chances qu’elles finissent mangé par un plus gros qu’elles
      Quand on regarde l’historique des constructeurs de l’aviation, c’est une successions de dépots de bilan, ventes, rachats, fusions ou absorptions.

      • Goose dit :

        Oui, vous avez raison pour le suivi. Mais ces sociétés y pensent aussi, comme T&G en s’associant à Thalès, Anduril avec Rheinmetall ou Hynaero avec Airbus…
        Ces grands groupes sont leur garantie !

      • NORAD dit :

        @albert. « le problème de ces startup ou petites sociétés c’est qu’il n’y a aucune garantie de suivi des pièces sur 40 ans ou plus. » Des firmes comme Anduril ou Kratos ne sont pas dans ce segment de produits hyper sophistiqués, chers, et très long et coûteux à développer.. Ils conçoivent et développent des engins moins sophistiqués fait pour durer 10 ou 15 ans et produits en grandes quantités sur de courtes périodes. Leur crédo, c’est l’innovation constante… Le danger pour eux, ce sont les militaires qui ont la mauvaise habitude de constamment rajouter des capacités supplémentaires non prévues au départ… Quant aux grands industriels, ne vous leurrez pas, eux aussi ont de grandes difficultés à fournir des pièces de rechanges sur 30 ou 40 ans… Et ceci à cause en partie de la sous-traitance et de l’obsolescence de certains composants. Leurs sous-traitants sont souvent de petites et moyennes entreprises et lorsque la production d’appareils neufs s’arrêtent ceux-ci n’y trouvent plus leurs comptes avec des micro-commandes ponctuelles et volatiles… Examiner une fois certains rapports du GAO et vous y constaterez que ces problèmes sont très fréquents sur de nombreux programmes qui n’ont que 15 ou 20 ans…. Le corolaire c’est que les coûts des pièces de rechange explosent littéralement à cause de ces problèmes d’approvisionnement ainsi que les délais… Un exemple: suite à la livraison d’environ 2000 Stinger à l’Ukraine, l’US Army a demandé que 1900 missiles jugés non aptes au service soient remis à niveau pour une durée de 10 ans dans ses vieux stocks.. Raytheon a dû redessiner/concevoir plus de 50% des composants pour faire ce travail.. La note est tout simplement faramineuse… Elle a commandé en outre 1300 autres missiles neufs pour la « modique somme » de 630 millions de $.. Un autre exemple : les F-15C de l’US Air Force, avec une moyenne d’âge de 37 ans, ont un coût à l’heure de vol de 44000$…. Les F/A-18C/D de l’US Marines Corps de 51000$…..

        • NORAD dit :

          Désolé. 41 ans pour les F-15C, pas 37….

        • Relisez-vous SVP dit :

          Des engins moins sophistiqués faitS pour.
          Fournir des pièces de rechangE.
          Ceux-ci n’y trouvent plus leuR comptE.
          ExamineZ (…) et vous y constaterez
          US MarinE Corps.

      • Relisez-vous SVP dit :

        Ces startupS.
        Qu’elles finissent mangéES.
        Une successioN.

    • FredV dit :

      Pas faux et même une réalité.
      Autant je fais confiance à Dassault pour des machines plus complexes, autant ce qui émerge depuis peu pour des marchés plus confidentiels, donc moins rémunérateurs, me semble intéressant, mais à concrétiser.
      L’intelligence, l’agilité comme on dit, a toute sa place, aidée en cela par des codes qui ont volé en éclat depuis 5 ans.
      Si, mais je reste positif, certains projets se transforment, c’est un gain de temps, l’accélération des demandes est ici prise en compte, et passer entre les fourches caudines des évaluateurs finaux, ou plutôt utilisateurs finaux, montrera le bien-fondé de certains concept.
      Si, le Ministère a suivi financièrement Turgis&Gaillard, ce n’est pas pour rien, ils ont vu le potentiel et sont près de leurs sous, ce qui montre la crédibilité du projet.

  4. Tintinpayeur dit :

    Absolument Goose.

    L’aéronautique est bousculée par l’émergence d’un grand nombre d’acteurs réactifs, certains deviendront des avioneurs reconnus sur le marché.

    Pendant ce temps, notre technostructure mammouth se demandera encore comment répartir des projets initialement ambitieux entre des membres avides de pouvoir sans réelle compétence. (Pourquoi vous pensez au SCAF?)

    Ils sont très jolis ces petits avions, et comme le disait Marcel Dassault, Quand un avion est joli il vole bien

    • Avion (62210) dit :

      Les habitants d’Avion sont des Avionnais, les fabricants d’avions sont des avionneurs.
      Dans les deux cas, il y faut deux n.

  5. albert dit :

    Ces avions pourraient etre pertinent pour la France qui a un grand besoin de remplacer ces vieux Alphajet, il serait interessant de surveiller cet appel d’offre. Et vu notre partenariat avec la Navy pour former nos pilotes de l’aeronavale, avoir les memes avions permettrait plus de souplesse et une formation plus synchrone.
    En tout cas il devient de plus en plus nécessaire de remplacer le vieil Alphajet, et ce n’est pas avec cette daube de petit prop Pilatus PC21 qu’on formera proprement nos pilotes aux avions à réaction. On a fait une grosse erreur avec cet avion suisse, essayons de faire le bon choix à l’avenir.

  6. Rogger dit :

    bonjour, bon la formation des jeune pilote demande un rodage sur un avion spécifiques ( biplace et rustisue z la maintenance reduite ).
    maintenance je reste favorable au développement d’un appareil capzble de remplir deux misdion différents…
    Appuis directe Air Sol et avion école…
    donc ils me semblent important de bien concevoir sont appareils…
    important de le dire …

    • Relisez-vous SVP dit :

      Des jeuneS piloteS.
      Un avion spécifiquE.
      RustisQue À la maintenance rÉduite.
      MaintenanT, je reste.
      CapAble.
      Deux misSionS différentEs.
      AppuI direcT.
      IL me semblE.
      SoN appareiL.

  7. THEVENON dit :

    C’est quoi tous ces commentaires là, de mecs ici jamais contents !
    Le royaume des pleures …………

  8. Bof dit :

    Ben oui THEVENON. Toujours et partout, eux pas contents. The bagne.

  9. KOUDLANSKI Romain dit :

    C’est un appel qui est aussi à regardé , afin de prévoir le remplacement de nos Alphajet et de lui faire joué , un rôle dans la police du ciel ,pour préservé nos Rafale.

  10. EchoDelta dit :

    Les spécifications sont exactement ce que l’on attend d’un avion d’entrainement : robustesse, longévité, cockpit spacieux, maniabilité…
    Un vrai CDC pour le remplacement des Alphajets.