Le ministère des Armées va se doter d’un satellite « Orbit Guard » pour inspecter l’orbite géostationnaire

Depuis la publication de la Stratégie spatiale de défense, en 2019, la Direction générale de l’armement [DGA] conduit et finance plusieurs programmes visant à développer des capacités de surveillance, d’inspection et d’action en orbite, dans le cadre d’une opération d’ensemble qui, appelée ARÉS [Action et résilience spatiale], compte trois volets : surveillance, action et C4 [Computerized Command, Control, Communications].

Ainsi, le programme YODA [Yeux en Orbite pour un Démonstrateur Agile], confié à l’entreprise Hemeria, doit se concrétiser par la mise au point de deux nano-satellites « patrouilleurs » afin d’assurer une « défense active » en orbite proche géostationnaire. Si un appel d’offres avait été émis en 2022 pour leur lancement, ces deux engins ne sont toujours pas entrés en service. Probablement qu’ils seront lancés cette année.

Mais YODA n’est qu’un programme expérimental étant donné qu’il doit contribuer au développement du système EGIDE [Engin géodérivant d’intervention et de découragement], censé être opérationnel à l’horizon 2030.

Pour l’orbite basse [LEO – Low Earth Orbit], la DGA a retenu, l’an passé, U-Space et MBDA pour réaliser la démonstration TOUTATIS [Test en Orbite d’Utilisation de Techniques d’Action contre les Tentatives d’ingérences Spatiales], laquelle doit s’appuyer sur les satellites Splinter et Lisa1.

Ces deux engins, « l’un guetteur, l’autre chasseur, disposeront de capacités distinctes mais complémentaires qui leur permettront d’expérimenter diverses technologies dans le cadre de scénarios d’opérations spatiales réactives », explique la DGA, qui vient d’annoncer le lancement de PALADIN, un autre programme dédié à la surveillance en orbite, via un accord-cadre notifié à la PME toulousaine Infinite Orbits et dont le montant maximum est de 50 millions d’euros.

« L’accord-cadre PALADIN permet à la fois de fournir un service d’inspection et de surveillance de l’orbite géostationnaire au Commandement de l’Espace [CdE] et de le préparer aux opérations d’action dans l’espace », a précisé la DGA, dans un communiqué diffusé ce 11 août.

La procédure a été très rapide puisqu’il ne lui a fallu que trois mois pour « mettre en place » cet accord-cadre.

Dans le détail, PALADIN vise à développer et à exploiter un « service d’inspection et de surveillance de l’orbite géostationnaire » au profit du CdE. En outre, il permettra à ce dernier de s’entraîner aux manÅ“uvres de rapprochement en orbite, sa Brigade aérienne des opérations spatiales [BAOS] étant actuellement obligée de louer un satellite ADRAS-J au titre de sa préparation opérationnelle.

Selon la DGA, le système PALADIN reposera sur un satellite de la gamme Orbit Guard, développé par Infinite Orbits.

Ce dernier « bénéficiera de développements réalisés via un projet coordonné par le Centre national d’études spatiales [CNES] dans le cadre du plan d’investissement France 2030. Sa mise en orbite devrait avoir lieu dès 2027 », a-t-elle précisé.

Fondée en 2017, la PME Infinite Orbits a déjà été sélectionnée par le CNES pour réaliser des démonstrateurs afin de valider une solution d’inspection de satellites en vue de prolonger leur durée de vie.

« Grâce à la technologie avancée Rendez-Vous » qu’elle a développée, les « satellites Orbit Guard excellent dans les inspections rapprochées et les manÅ“uvres autonomes, établissant ainsi une nouvelle norme en matière de protection de nos actifs orbitaux », fait valoir l’entreprise toulousaine.

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24 contributions

  1. eric dit :

    Bonjour, article passionnant mais sommes nous les seuls en Europe a développer ce genre de capacité. J’ai l’impression qu’il n’y a que nous sur le créneau « espace ».
    Merci

    • Alain d dit :

      Dissuasion nucléaire, donc la nécessité de ne jamais être aveugle. Pour suivre l’évolution des autres dissuasions et de leurs satellites, et donc pour anticiper, choisir, cibler et guider. Souveraineté et donc, en dernier recours, ne pas être dépendants des Etats-Unis. Nos voisins européens n’ont pas ces besoins.

    • fabrice dit :

      Bonjour Eric,
      Ce lien vous donnera les capacités spatiales militaires de la France.
      https://www.defense.gouv.fr/cde/nos-capacites-spatiales
      Il n’y a rien de bien impressionnant.
      Le Royaume Uni a plus de projets que nous porté par une Spacetech (un écosystème spatial innovant) plus forte que la notre. L’Allemagne monte en puissance. Les autres à la peine.

      • Vinz dit :

        notre/nous/nos = Israël [NDT]

      • mich dit :

        Bonjour ,c’est bien « la spacetech » mais pour l’instant et depuis des dizaines d ‘années le Royaume UNI n’investis pas énormément dans le spatial et je pense que vous savez pourquoi , tant mieux si ils veulent être plus autonome ,mis a part cela on sait bien depuis le temps que la défense de notre pays ne vous impressionne guère !

        • fabrice dit :

          Qu’elle m’impressionne moi ou pas, cela n’a pas d’importance, mais qu’elle n’impressionne pas le Hezbitruc ou l’entité FLN en Kabylie occupée cela me gêne davantage.

        • Investissez dans la pierre dit :

          Le Royaume-Uni n’investit pas.

        • Yeux de biche dit :

          Tant mieux s’ils veulent être plus autonomes.

      • Diacritique dit :

        Notre, votre ; nos, vos.
        La nôtre, la vôtre ; les nôtres, les vôtres.

        C’est notre « spacetech ». Cette « spacetech » est la nôtre.

        … plus forte que la nôtre.

  2. Momo dit :

    Parfait, le sujet est capital et visiblement il est traité avec l’attention et les délais qui lui sont dus. Félicitations aux responsables à la DGA, au Ministère et à l’AAE, il faut aboutir au plus vite pour garder une défense crédible.
    Finalement le plus préoccupant reste le problème des lancements, problème du à l’ESA qui va rester un bon moment à cause de l’incurie de ses dirigeants nommés par l’UE, qui pourrie vraiment tout ce qu’elle touche. A l’exception notable des berlines germaniques.
    Pour les lancements militaires donc, la réflexion qui est en cours doit être menée à son terme avec le peu d’options disponibles. Un accord avec les US/SpaceX n’est pas à exclure, surtout pas du fait d’une crispation stupide qui ferait le plus grand plaisir à l’assassin poutine et à ses complices de la bande des vilains (Chine, Iran, NoK, Algérie etc…). Ne pas attendre 2027 et perdre 2 ans serait bien.

    NB: « … afin de valider une solution d’inspection de satellites en vue de prolonger leur durée de vie.  »
    Excellent.
    Plutôt que ‘prolonger’ ‘réajuster’ eut été trop parlant, notamment concernant ‘l’inspection de satellites’ ‘dont certains ennemis’…

    • Pomme pourrie dit :

      L’UE, qui pourrit.

    • vno dit :

      Les berlines germaniques ne sont qu’une légende urbaine … Ils ne sont même pas capable de dépanner une panne électrique basique, comme les nôtres en fait ! Dommage quant on fait le choix d’imposer le tout électrique…

      • T'es pas cap' dit :

        Ils ne sont pas capables.

      • Momo dit :

        Sans vouloir vous être désagréable je vais préciser.
        Pour lahyene et le business allemand il n’y a absolument aucun doute sur ce qui est prioritaire en UE: l’exportation de leurs produits et en particulier automobiles.
        La qualité n’étant plus un argument définitif depuis longtemps il leur faut s’aider de toutes les manÅ“uvres possibles et imaginables.
        La plus récente étant de faire baisser les droits de douane pour exporter aux US, de prés de 30% à 15%, tandis que les autres trinquent en prenant 15…

        Le communiqué officiel de l’UE:
        https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/qanda_25_1930

        « The 15% ceiling applies also to cars and car parts, currently subject to a tariff rate of up to 25% tariff with an additional MFN tariff of 2.5%, providing immediate tariff relief. »

        Lahyène a préparé sont retour au pays et sa retraite, ainsi que le placement de sa famille nombreuse sur ce coup là.

        Et la France comme les autres dans l’UE ont avalé en gémissant sous la moquette.
        A pleurer.

        • Bureau des pleurs dit :

          « A pleurer. »

          Passez nous voir, le bureau reste ouvert au mois d’août.

      • Cantatrice dit :

        S’il vous plaît. Quand. Avec un d, Pas un t.
        Quand = Lorsque.
        Quand on fait le choix d’imposer.

        Il faut certes ne pas employer « quand à » (= lorsque à) au lieu de « quant à » (= en ce qui concerne), mais ce n’est certainement pas une raison pour systématiquement utiliser « quant » à la place de « quand ».

        En pratique, le mot « quant » est d’un usage extrêmement restreint : on ne le rencontre que dans l’expression « quant à » et ses variations « quant au » et « quant aux », ainsi que dans la formation du mot composé « quant-à-soi » et de sa variante « quant-à-moi » (rester sur son quant-à-soi, je reste sur mon quant-à-moi).

        https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/quand-ou-quant/

  3. benoit dit :

    ouais on commence par des nano sat et on finira avec des monstres.

    la seule chose certaine est que ces satellites ne servent à rien hormis polluer les orbites.

    les déployer et les utiliser signera la fin de l’accès libre à l’espace.

    • ji_louis dit :

      ouais on commence par des commentaires et on finira avec des slogans.
      la seule chose certaine est que ce commentaire ne sert à rien hormis polluer le blog

    • Momo dit :

      Oui.
      Et la bombe c’est pas bien, même pour tenir à distance les méchants qui tu aimes bien qui voudraient nous envahir (militairement, les autres…).
      Et l’armée, en France, c’est pas cool et pi ça sert à rien! Par contre à Moscou c’est super!
      Na?

    • Mouais dit :

      Dites-le donc aux Russes et au Chinois.

  4. Kamelot dit :

    L’espace est un champs spécifique où chacun peut exercer ses « talents ». Le rendre visible et atteignable devient une priorité face à nos compétiteurs et adversaires pour le sécuriser autant que possible. La réservation des orbites et fréquences vont très vite devenir un problématique, Chinois, russes et Américains ne vont pas demander la permission !

    • FNSEA dit :

      Dans nos belles campagnes françaises, nous savons pertinemment que le mot champ s’écrit sans s au singulier.
      Un champ spécifique, un champ magnétique, un champ électrique, un champ pétrolier, un champ gazier, un champ de blé.