L’US Navy a fait voler le drone solaire Skydweller MAPS pendant 73 heures

Entre 2015 et 2016, l’aéronaute Bertrand Piccard et l’aviateur André Borschberg effectuèrent un tour du monde en se relayant aux commandes de l’avion solaire Solar Impulse 2. Si leur périple prit autant de temps, c’est parce qu’il fut interrompu pendant huit mois à Hawaï, à cause d’une panne au niveau de ses batteries. Et cela après un vol de près de 118 heures, à partir de Nagoya [Japon].
Si le projet de faire un tour de monde sans escale a ensuite été évoqué avec un nouvel appareil ayant le même mode de fonctionnement, Solar Impulse 2 a été acheté par l’entreprise hispano-américaine Skydweller Aero, avec l’intention d’en faire un drone dédié aux applications militaires.
D’ailleurs, lors de la dernière édition du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, Skydeweller Aero et Thales ont fait part de leur intention de « renforcer leur collaboration », le groupe français d’électronique devant équiper cet avion solaire de type MAPS [pour pseudo-satellite de moyenne altitude] avec son radar AirMaster S, doté d’algorithme d’intelligence artificielle « permettant une adaptation optimale et autonome aux conditions de vol spécifiques de drones ».
À cette occasion, les deux industriels ont expliqué que cette solution allait établir une « nouvelle norme en matière de surveillance maritime autonome et ultra-persistante ».
Le Skydweller MAPS est en mesure d’effectuer des « vols de très longue durée, sans limite de distance et sans émission carbone », à 14 000 mètres d’altitude, ce qui permet ainsi d’avoir une « couverture maritime quasi continue » et « d’étendre le champ des missions de surveillance qui nécessitent à la fois durabilité et performance opérationnelle ».
Cela étant, l’US Navy n’a pas attendu ce partenariat entre Thales et Skydeweller Aero pour prendre la mesure des capacités offertes par ce drone solaire, celle-ci ayant effectué ses premières évaluations de cet appareil, par l’entremise de la division aéronautique du Naval Air Warfare Center [NAWCAD] dès 2020. Et cela afin de « relever les défis opérationnels du Commandement Sud des États-Unis [US SOUTHCOM] », notamment ceux ayant trait au trafic de drogue et à la sécurité des frontières.
« Cette technologie assure une surveillance continue de vastes zones, permettant aux États-Unis et à leurs alliés de renforcer la sécurité maritime et de perturber les activités illicites », a ainsi fait valoir la marine américaine, via un communiqué publié le 29 juillet pour se féliciter du succès de la campagne d’essais réalisée quelques semaines plus tôt avec un Skydweller MAPS.
Ainsi, durant cette campagne, effectuée depuis la base de Stennis [Mississippi], ce drone a volé pendant 73 heures d’affilée [soit un peu plus de trois jours], démontrant ainsi sa capacité « à maintenir un fonctionnement continu », sans perdre d’altitude, grâce à l’énergie solaire ». Selon l’US Navy, cette démonstration a permis de valider « les systèmes de communication » ainsi que « sa capacité à s’adapter aux turbulences météorologiques ».
« L’intégration du Skydweller à l’architecture ISR [renseignement, surveillance, reconnaissance] de la marine [américaine] permettra de créer un réseau multicouche et résilient qui maximisera les capacités de tous nos moyens », a expliqué Bill Macchione, le responsable des drones à « usage spécial » au sein de la NAWCAD. « Cette approche collaborative nous garantit de disposer de la plateforme adaptée à la mission, optimisant ainsi nos ressources et améliorant notre connaissance globale du domaine maritime », a-t-il ajouté.
Selon lui, et comme d’ailleurs Solar Impulse 2 l’a montré lors de son tour du monde, le Skydweller aurait pu rester en vol « bien plus longtemps ». Mais cela fera l’objet d’une autre campagne de tests. « Il s’agira de le faire voler au-dessus d’une zone opérationnelle plus vaste, puis d’évaluer ses capteurs en suivant des navires pendant plusieurs jours », a précisé M. Macchione.
Pour rappel, le record du vol le plus long [près de 65 jours, établi par un Cessna 172 Skyhawk piloté par Robert Timm et John Cook, ndlr] a failli être battu par le pseudo-satellite de haute altitude [HAPS] Zephyr d’Airbus, ce dernier étant resté en l’air pendant 64 jours, dans le cadre d’une évaluation réalisée par l’US Army Future Command, en 2022.





« Si leur périple prit autant de temps, c’est parce qu’il fut interrompu pendant huit mois à Hawaï, à cause d’une panne au niveau de ses batteries. »
Il y a pire, comme endroit pour tomber en panne pendant six mois !
On est sûr que le prénom de M. Macchione est bien William et pas Aldo ?
Je profite de cet article qui concerne la reconnaissance aérienne disccrète pour répondre à @Crisetus, concernant le repérage des subsonique : ( je n’avais pa pu lui répondre, car le sujet était fermé)
Il a raison quand il dit que la vitesse ne permet pas de repérer plus facilement les supersoniques, seulement , pour propulser un avion comme le SR71 à de telles vitesses, il faut des réacteurs très puissants, qui dégagent beaucoup plus de chaleur que pour un subsonique, ce qui le rend plus facilement repérable par un radar moderne.
Il n’est donc compréhensible que les dernières recheches en la matière soient orientées vers des subsoniques avec une ergonomie inspirée par les ….oiseaux (!!) comme on le voit sur les B2 et B21, qui sont actuellement indétectables, comme on a pu le constater lors de leurs opérations sur l’Iran.
Et depuis quand un radar détecte-t-il les rayonnements infrarouges ?
Oui, capteurs de veille ou de sécurité infrarouges, et non pas des radars, parce que pas d’émission d’ondes.
Mais le radar infrarouge est nommé, pour flasher les autos. C’est le flash qui opère dans l’infrarouge et est donc invisible pour l’œil humain. Le flash n’est pas un radar, mais l’ensemble…..
Les nuits doivent sembler bien longues dans un avion solaire !
Pertinente remarque.