Utilisé par l’artillerie, le radar MURIN équipera aussi les sections de renseignement des régiments d’infanterie

En 2019, l’armée de Terre a commencé à remplacer le radar d’acquisition et de surveillance des intervalles [RASIT] ainsi que le radar de tir de l’artillerie de campagne [RATAC] par un système beaucoup plus performant : le MURIN [Moyen de surveillance Utilisant un Radar d’observation des INtervalles].

Développé par Thales, ce radar de seulement 40 kg permet de repérer, d’identifier et de surveiller tout ce qui bouge dans un rayon de 24 km et à 500 m d’altitude. Pouvant être associé au système d’information et de commandement ATLAS [Automatisation des tirs et liaisons de l’artillerie sol/sol], il est principalement utilisé par les sections radars des batteries d’acquisition et de surveillance [BAS] des unités d’artillerie pour localiser des cibles et les impacts d’obus, ce qui permet de corriger le tir si nécessaire. Trente exemplaires ont été livrés à l’armée de Terre. Mais d’autres pourraient suivre afin de renforcer les sections spécialisées des régiments d’infanterie.

Depuis deux ans, ces derniers créent en leur sein des Sections de robotique et de renseignement [SRRI], celles-ci devant être aptes à « fournir d’emblée un échelon de découverte au chef interarmes » et à « agir dans les champs immatériels » grâce à des systèmes automatisés [SA], comme les drones aériens.

Cela étant, ces SRRI vont progressivement s’effacer au profit des Sections de renseignement et de guerre électronique [SRGE]. C’est ainsi le cas de celle du 35e Régiment d’Infanterie [RI] de Belfort.

« La SRGE se pose […] en unité pilote des unités robotisées de l’infanterie. Par sa maîtrise tactique des systèmes automatisés [drones, robots, capteurs abandonnés, munitions téléopérées, etc.] , voire par la robotisation partielle de l’unité, elle révolutionnera certaines missions traditionnelles en préfigurateur des futurs sous-groupements tactiques interarmes Scorpion de nouvelle génération [SGTIA-S NG] robotisés », avait expliqué Fantassins, la revue officielle de l’Infanterie, en 2024.

Cela passe par des évolutions capacitaires, comme l’a suggéré le 35e RI, via le réseau social Facebook, la semaine passée.

« Dans le cadre de sa transformation en section de reconnaissance et de guerre électronique, la SRRI découvre le radar MURIN », a-t-il en effet indiqué. « Véritable atout pour la reconnaissance, les militaires de la SRRI ont pu bénéficier d’un échange avec l’industriel afin de se former à l’utilisation de ce nouveau matériel », a-t-il ajouté, sans livrer plus de précisions.

Le recours au MURIN pourrait permettre aux régiments d’infanterie de mieux discerner la réalité du champ de bataille, d’exploiter la « transparence » de ce dernier et de s’en préserver. C’est d’ailleurs l’un des enjeux du projet « Extra Ball » [Extracteur pour Radar Discret Distribué] qui vise à trouver des « solutions innovantes en traitement du signal radar au bénéfice de la localisation et la caractérisation de menaces sans compromettre la discrétion des véhicules ».

Quoi qu’il en soit, selon Fantassins, la SRGE devra être capable d’utiliser des systèmes automatisés [drones, munitions téléopérées, robots terrestres] « soit de manière centralisée, notamment durant la phase de manÅ“uvre et d’infiltration embarquée, soit décentralisée au niveau de chaque patrouille ».

Cette SRGE aura aussi la capacité de mener des « actions de déception » et/ou de guerre électronique grâce à des moyens développés notamment dans le cadre du programme ISIS, lequel vise à équiper les « unités non spécialistes de la ligne de contact [en clair : l’infanterie] avec un dispositif d’identification des sources d’interférences pour une représentation en temps réel de la situation tactique ».

Photo : 35e RI

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27 contributions

  1. MAS 36 dit :

    Qui maîtrisera un système de brouillage du champ de bataille aura un sacré avantage. Dans ce domaine là les russes ont un certain avantage.

    • ADC dit :

      Cela se voit depuis 3 ans, 5 mois et 4 jours. MDR

      • Stoltenberg dit :

        La Russie mise beaucoup sur le brouillage et là dessus, on devrait rattraper le retard. Il vaut mieux se concentrer sur ce que l’on ne voit pas. On voit les actions des drones ukrainiens dans des zones où le dispositif de brouillage russe est faible. Mais on les voit peu dans d’autres zones. Cela concerne un grand nombre de modèles de drones guidés par radio, d’autres ayant intégré des contre-mesures nécessitant souvent un suivi en continu dans le contexte d’une course entre les drones et brouilleurs. La doctrine de l’OTAN prévoit de détruire tout simplement les brouilleurs et leur logistique d’approvisionnement en énergie.

        • dolgan dit :

          Il y a surtout pas ou peu de zones ou les russes maintiennent un brouillage efficace. Les drones Ukrainiens volent partout . Les logiciels de FPV ukr sont mis a jour toutes les 6 semaines avec l aide occidentale (mais on reste loin de systemes de qualité mili occidentale, cela reste du low cost/low tech ). Coté russe, tous les x mois, le temps de franchir toutes les étapes administratives.

          Il arrive ponctuellement que les russes créent une zone blanche, soit quand ils déploient une nouvelle mise a jour (souvent logiquement associée a une offensive comme a Sudzna) , soit simplement en bourrinant avec des systemes tres puissants qui sont juste des aspirateurs a missiles et genent tout autant les coms russes. C est l age de pierre du brouillage.

          La France n a pas de retard sur le brouillage, bien au contraire. Nous sommes technologiquement a la pointe et tres fortement équipés. Et les JO ont encore fortement amélioré la chose.

        • HMX dit :

          @Stoltenberg
          La doctrine OTAN semble tout à fait adaptée : il faut spécifiquement viser et détruire les brouilleurs adverses. C’est donc là dessus qu’il faut investir. Il nous faut des munitions téléopérées, type drone Harop/Harpy israélien, spécialement conçues pour détecter les brouilleurs et les détruire.

          A l’image des programmes Colibri/LARINAE, un programme dédié pourrait être lancé par la DGA, en vue d’équiper les forces dès que possible avec des munitions autonomes antiradars/antibrouilleurs. C’est indispensable pour opérer dans un contexte de haute intensité.

    • dolgan dit :

      Les russes utilisent principalement des brouilleurs civils chinois.

      C est une des superarmes magiques russes qui ont fait pschitt face a la réalité.

    • HMX dit :

      @MAS 36
      Oui et non… les russes auront certes l’expérience des opérations avec déploiement massif de systèmes de brouillage. Mais le problème, c’est qu’avec la guerre en Ukraine, leurs brouilleurs, y compris les derniers modèles, sont désormais parfaitement connus par les occidentaux. Leur puissance d’émission, et les fréquences sur lesquelles ils opèrent, n’ont plus aucun secret. Certains exemplaires ont même été capturés pratiquement intacts par les ukrainiens, pour être démontés et examinés par des experts occidentaux. Et toute nouveauté, nouveaux matériels ou nouveaux modes opératoires, fait immédiatement l’objet de RETEX, pour permettre une adaptation rapide.

      On peut donc supposer que des parades ont été développées pour contrer les brouilleurs russes, et/ou pour les détruire (Ex : munitions téléopérées spécialement conçues pour reconnaître et se verrouiller sur les gammes de fréquences employées par ces brouilleurs…).

    • GotoRaptor dit :

      « un certain avantage »

      Source: vide sideral de connaissance sur le sujet.

      Les russes n’ont pas d’avantage technologique, ils ont un avantage quantitatif. Pour brouiller du civil et des techs militaires qui datent du 20ème siècle ça suffit.

      Le drone par cable optique rend le brouilleur inutile sur la basse altitude par contre.

      La russie n’utilise rien de formidable, de nouveau que NATO ne peut gérer.

      ???

  2. Lado dit :

    Si vous le dites !

  3. Naoned46 dit :

    ok mais les effectifs des srri et autres proviennent d ou ?

    • Felipe dit :

      la création d’une 5e unité de combat dans l’ABC/INF à partir de 2016 a vécu. depuis trois ans environ. les effectifs ont été redéployés en interne en renforçant les appuis, ou vers d’autres foncitons ops (la log, la GE, le RENS). tout cela bien sur indépendamment de la bataille des effectifs et du recrutement en général, problème commun à toutes les armées occidentales.

  4. Rogger dit :

    bonjour. bon ils semblerait que dans les guerre du future les appuis serons d’une grande importance…
    Donc le développement de systèmes efficaces et rapide de calcule et des désignation des cibles des cibles me semblent des plus importantes…
    mais encore faut ils que l’artillerie soit capable de repobdre au demande d’appuis feux ..
    Personnellement, je crois que le plus efficaces reste de laisser les différents armées de mêlées être capable de fournir des appuis immédiat
    et directs…
    ( canon d’artillerie d’infanterie et savoir faire de l’arme blindée) .
    Car l’artillerie sera tres vite débordé et dans l’incapacité de soutenir efficacement… ( nombre de pièces d’artillerie reduite )
    important de le dire…

    • Howk dit :

      Hello Captain!

      Could you, if possible, write in Your language ? We would translate it with our own databanks. Your points of views would be better received, because your positions are underminded by bad automatic translations. (All your last messages involved…)

      Now, if you think my english language is awfull, please consider the last sentence (up), to compare quietly what we read when you write 😉

      You are welcome to debate with us. I wish you a good watch and a nice trip o/

    • O'Ftalmo dit :

      « important de le dire », sans doute, mais important de bien l’écrire aussi, sans être trop urticant pour les yeux.

    • Relisez-vous, SVP dit :

      IL semblerait.
      Les guerreS du futuR.
      Les appuis seronT.
      Systèmes efficaces et rapideS de calcuL et dE désignation.
      Le développement […] me semblE.
      Des plus importantS.
      Encore faut-IL.
      De rÉpoNdre auX demandeS d’appuis feU.
      Le plus efficacE.
      Les différentEs armées de mêléE être capableS.
      Des appuis immédiatS.
      L’artillerie sera trÈs vite débordéE.
      Nombre de pièces d’artillerie reduiT.

  5. Autre dit :

    A ce rythme là, les CAESAR seront affectés aux RI dans les 5 prochaines années, juste après leur avoir donné des MISTRAL.

    • Felipe dit :

      sans exagérer , c’est un peu l’idée générale, ou en tout cas, un des enseignements majeurs du conflit UKR : dispersion, déception et surtout intégration interarmes aux plus petits échelons. on tend vers des groupements IA plus petits, intégrant d’emblée des appuis organiques. le point clef devient la GE pour brouiller l’adversaire, neutraliser ses drones (à partir du niveau du groupe) et préserver nos moyens d’informations et de partage des données

    • Toujours derrière, toujours vivant dit :

      À ce rythme-lÃ¥, tous les soldats quelque soit leur Arme vont finir derrière un écran avant même l’arrivée des SALA, car la promesse est que la guerre de demain sera une guerre robotisée.
      Seules les cibles seront toujours humaines, mais grâce à l’écran, ce ne seront plus que des cibles…

      La gamification de la guerre, on le voit déjà en Ukraine avec des bonus comme pour un jeu vidéo :
      https://www.gamereactor.fr/la-gamification-de-la-guerre-lukraine-met-en-place-un-systeme-de-points-et-de-recompenses-pour-ses-soldats-pour-chaque-victime-ennemie-confirmee-1881343/

      Sera-t-il encore utile de leur faire faire du sport, même dans les régiments d’infanterie si tout se règle par le biais d’un écran interposé ?
      Le soldat augmenté sera un bipède planqué, pas particulièrement adepte du goût de l’effort, ce qui correspond aux valeurs sociétales.
      https://theconversation.com/armes-autonomes-et-soldats-augmentes-quel-impact-sur-les-valeurs-des-armees-168295

      Sans exigence sur la condition physique d’un soldat, cela permettrait ainsi de pouvoir recruter n’importe qui aimant les jeux vidéos.
      « Pour de vrai, charcle des gens comme sur Fortnite, sans courir de risques. Tu peux le faire ! ». C’est vendeur avec des spots publicitaires sur Tik Tok.

      Si Ã¥ terme, on peut faire la guerre en télétravaillant en slip sur le canapé du salon, il n’y aura plus de problème de recrutement.

      • Qui qu'ils fussent dit :

        Tous les soldats, quelle que soit leur Arme, vont finir derrière un écran. Pas « quelque soit leur Arme ».

  6. JILI dit :

    Ce radar est une petite merveille et est le bienvenu dans l’armée. Cependant lorsqu’on constate le développement technologique et d’armes nouvelles comme les drones, les robots, les missiles, les obus, l’IA etc., je défie quiconque de me dire qu’elles seront les armes dans 30 ans, comment seront organisés les différents corps d’armée, et bien sûr à l’exception du nucléaire. En effet, c’est invraisemblable de constater incessamment une telle modernisation dans l’armée, et ceci avec autant de nouveaux matériels et de nouvelles technologies.

  7. Jacob dit :

    Ça rappel le radar OLIFANT dans les unités d’infanterie il y a ……30 ans.
    Bon, depuis la technologie a bien changée ainsi que les performances.
    Mais je trouve l’idée intéressante

  8. pak dit :

    Ce radar est, me semble t’il doppler, c.a.d. qu’il ne détecte que ce qui bouge (ex véhicules ou troupes en mouvement)

    • Le "T apostrophe" prolifère insidieusement dit :

      Me semble-t-il.

      Le « t » euphonique s’emploie avec deux traits d’union.

    • Mic dit :

      Il existe le GO20MM de Thales depuis 2021, qui detecte tout se qu’il y a de présent sur la zone à « observer », il fonctionne en Bande X.

  9. Expression libre dit :

    J’espère qu’on ne va pas se limiter à une seule section pour les MTO. Il faudra revoir la composition du groupe de combat. Une équipe choc et une équipe appui largement doté en MTO. Fini le mortier de 60 ou le LGI.