Coulé en 1916, le croiseur léger britannique HMS Nottingham a été retrouvé

Admis au service actif en 1913 au sein de la Royal Navy, le HMS Nottingham était l’un des quatre croiseurs légers appartenant à la classe « Birmingham », conçus pour des déploiements de longue durée et servir d’éclaireurs.
Affichant un déplacement de 5 440 tonnes pour une longueur de 131 mètres, le Nottingham était armé de neuf canons de 152 mm, de quatre canons antiaériens, de deux tubes lance-torpilles de 533 mm et de quatre mitrailleuses Maxim. Sa coque était ceinte d’un blindage de 51 mm d’épaisseur et, mis en Å“uvre par 433 marins, il pouvait naviguer à une vitesse de 25,5 nÅ“uds grâce à un système de propulsion reposant sur douze chaudières Yarow ainsi que sur deux turbines Brown-Curtis.
Affecté à la 1ère escadre de croiseurs légers [LCS], le HMS Nottingham prit part aux batailles de Heligoland [août 1914] et de Dogger Bank, au cours desquelles il contribua à la perte des croiseurs SMS Mainz et SMS Blücher de la Kaiserliche Marine [Marine impériale allemande].
Après avoir échappé à plusieurs attaques de sous-marins allemands lors de patrouilles en mer du Nord durant l’été 1915, le HMS Nottingham rejoignit la 2ème LCS pour participer à la bataille du Jutland [31 mai / 1er juin 1916]. Là , il aida à repousser une attaque de torpilleurs allemands contre le gros de la flotte britannique. Il en ressortit sans dommage, après avoir tiré 136 obus et une torpille.
Mais le destin du HMS Nottingham se joua le 19 août 1916, quand la flottille à laquelle il appartenait fut attirée dans un traquenard monté par la Kaiserliche Marine, qui se préparait alors à lancer une attaque contre les côtes anglaises, à la hauteur de Sunderland. Peu après l’aube, il fut touché par deux torpilles lancées par le sous-marin U-52. Ironie de l’histoire, ce dernier avait été pourtant repéré par le croiseur léger britannique… mais, dans la brume, celui-ci l’avait pris pour un petit bateau de pêche.
L’une des torpilles s’étant logée dans la salle des machines, le HMS Nottingham ne put éviter la troisième, celle qui provoqua sa perte. Son équipage fut secouru par le croiseur léger HMS Dublin ainsi que par d’autres navires arrivés sur place. Cependant, 38 marins y laissèrent la vie.
Puis, l’endroit exact où le HMS Nottingham sombra fut oublié, toutes les tentatives pour le retrouver ayant échoué. Du moins était-ce vrai jusqu’aux recherches menées par une équipe de plongeurs de la structure ProjectXplore.

Durant huit mois, cette dernière a épluché toutes les archives disponibles, tant au Royaume-Uni qu’en Allemagne, afin de déterminer les coordonnées du lieu où l’épave était susceptible de reposer, l’idée étant de réduire le périmètre des recherches.
Un travail fastidieux – beaucoup d’informations trouvées dans les archives s’étant avérées inexactes – qui s’est révélé payant. En avril, grâce à un sonar C-MAX CM2 remorqué par le navire MV Jacob George, la coque d’un navire de guerre a été repérée à environ 60 nautiques des côtes anglaises. Il ne restait alors plus qu’à l’identifier. Ce qui vient d’être fait.
Gisant à 45 degrés sur bâbord, à 85 mètres de profondeur, l’épave du HMS Nottingham est « en remarquablement bon état malgré les stigmates de la bataille », a indiqué ProjectXplore. Les neuf canons de 152 mm sont toujours en place [deux sur le gaillard d’avant, deux entre le mât de misaine et la première cheminée, deux entre les troisième et quatrième cheminée, deux à l’arrière du grand mât et une sur l’axe central de la poupe].
Désormais, il revient à la Royal Navy d’examiner les données fournies par ProjectXplore pour officiellement identifier les restes du HMS Nottingham. En attendant, elle a lancé un avertissement aux pilleurs d’épaves, l’endroit où repose celle du croiseur léger étant protégé par le “principe de l’immunité souveraine ».
Photos : 1- Royal Navy / 2-ProjectXplore





Le plus terrible dans la guerre navale c’est qu’il n’y a pas de système gagnant-perdant comme dans la guerre terrestre ou (parfois) aérienne ou tu peux t’en sortir avec un peu de chance.
Dans la guerre navale, ou tu remportes la bataille…ou t’es mort (les rescapés se comptant sur les doigts d’une main).
38 marins morts au combat sur un total de 433,ça commence à faire une sacré grande main,non?
???
Ici 38 malheureux sur un équipage de 433, soit moins de 10% de pertes.
Le Breton ne sait pas compter ?
C’est certain qu’en sous-marin c’est plus compliqué. 😉
Pour Info; Si vous faites une analyse plus générale, il n’a pas tout a fait tort, ex: Hood, Bismarck, Yamato,.. ect
Lebreton était sur une statistique moyenne. Selon certaines sources pour la 2eGM, le taux de perte moyen constaté par rapport au nombre de soldat sur l’ensemble des participants:
Marine : 50% a 70% de pertes humaines moyennes.
Aérien: 30 a 40% de pertes humaines moyennes.
Terre: 15% a 30% de pertes moyennes
Conclusion : oui Lebreton a donc raison, la marine est souvent pourvoyeuse ee plus de morts que les autres armes
@ rampouille et Hyle:
Si les moyennes lui donnent raison,ce n’est pas pour autant « l’hécatombe » qu’il annonce,et le sera encore moins avec les technologies actuelles permettant (comme sur les véhicules routiers,dans une moindre mesure,il est vrai) de limiter les effets (blessures,décès) d’une attaque sur les marins….
D’autant que les « moyennes » de la deuxième guerre mondiale ont LARGEMENT été gonflées par des actes peu glorieux commis par les ennemis (abattre directement les survivants,par exemple,ou les « finir » dans les camps)
L’occasion m’est donné, non pas de rendre hommage aux 38 marins anglais du HMS Nottingham (Qu’ils reposent en paix), mais à 648 de nos marins de « La Royale » …
Quel rapport avec le HMS Nottingham ?
Le croiseur de la Royal Navy a été coulé par l’un des 128 sous-marins [Chiffre 1917] de la Kaiserliche Marine (marine impériale allemande), l’Unterseeboot U-52, commandé par un officier allemand de 33 ans, le Kapitänleutnant Hans Walther [Qui, à bord d’U-Boote, totalise plus de 39 navires coulés… Pour toutes ses victoires il reçut la “Croix de Chevalier de l’Ordre de la Maison Royale de Hohenzollern avec Épées“ ainsi que deux “Croix de Fer“].
Le 26 novembre 1916, trois mois après avoir envoyé par le fond le HMS Nottingham, le journal de bord du commandant du U-52, retrace que -vers 8 h 30 du matin- croisant en surface au large du Portugal (à 50 milles nautiques au nord-ouest de Lisbonne), par grosse houle, et temps couvert, ils aperçoivent les mâts d’un navire ; Hans Walther rapporte qu’il donne alors l’ordre de plonger immédiatement, pour observer « un cuirassé ancien, sans escorte », qu’il pense être un navire de la Royal Navy… L’officier commande alors à ses hommes « un premier lancer de torpille, puis un second ». A 8h56 (heure allemande) il entend les détonations, mais n’observe rien. La torpille aurait provoqué l’explosion interne du bâtiment qui a coulé presque instantanément.
Extrait traduit du journal de bord du sous marin U-52 :
“ A 3 quarts sur bâbord avant apparaissent les mats élevés d’un navire de guerre qui fait route au nord. Plongée rapide. C’est un grand navire à 2 cheminées que je prends pour un cuirassé ancien du type Formidable. Pas d’escorte, route droite. ManÅ“uvré pour attaquer par l’avant. Après être en position d’attaque, mis à petite vitesse. Mais à cette vitesse, la grosse houle ne permet pas de tenir l’immersion. Je mets alors à demi vitesse ce qui me fait courir le risque de venir trop près. Je change donc de route pour attaquer sous un grand angle d’incidence tout en me réservant la possibilité de lancer en gyro-déviation par les tubes arrière. Les tubes arrière étant prêts, ils sont remplis. Cette manÅ“uvre rend le sous-marin lourd de l’arrière et le kiosque sort de l’eau à environ 500 m du but. En envoyant tous les hommes à l’avant, nous parvenons à ramener le bateau à son immersion de combat.
Lancé par le tube d’étrave N°2. Comme j’ai probablement été aperçu et que je me trouve très en avant du but, je redoute d’être abordé par lui et je fais prendre l’immersion de 20 mètres en mettant la barre toute à droite. Entre temps, au bout de 18 secondes, se font entendre une première détonation assez sèche, puis une second plus sourde qui secoue violemment le bateau. Afin de voir ce qui se passe, je remonte à 11 m. Avant même que notre évolution soit terminée, tandis que nous remontons, nous devenons très lourd de l’arrière. Peu de temps après un choc se produit à l’extérieur et on entend un raclement contre la coque. Il est impossible de manÅ“uvrer le périscope qui est bloqué à moitié sorti. Je fais reprendre un moment l’immersion de 20 mètres. Aucun bruit n’étant plus perceptible, je fais un tour d’horizon. Sur l’arrière, je vois une grosse tache claire et calme sur la surface de la mer qui est couverte de suie. On ne peut voir rien d’autre. Fait surface, vidangé les ballasts et ouvert le panneau du kiosque. Sept minutes après le lancement on ne voit plus qu’un nuage d’explosion que le vent emporte. Je m’explique l’évènement ainsi : l’explosion de la torpille a provoqué une explosion intérieure sur le bâtiment qui a coulé presque instantanément et le sous-marin l’a frôlé pendant qu’il coulait. Les traces de cette rencontre sont un enfoncement sur le pont et de profondes rayures sur le périscope arrière. De plus, sur l’un des supports des pare-mines se trouve un morceau de vêtement en toile et sur le mât avant (il doit s’agir du mât radio), un morceau de bonnet bleu avec une bordure rouge. Ces deux pièces d’étoffe sentent le roussi. Sur le pont, on retrouve également un morceau métallique provenant d’un projectile de gros calibre.
Cherché pendant 30 minutes encore des épaves ou des survivants, mais n’avons rien trouvé. Poursuivi la route. “
Le U-52 venait de couler le cuirassé français Suffren, commandé alors par le capitaine de vaisseau Rodolphe Guépin, qui -après une collision avec un vapeur et des dommages de l’artillerie turco-allemande dans la zone des combats des Dardanelles- naviguait à petite vitesse vers Lorient pour y subir un grand carénage (Sa machine ne lui permettait plus qu’une vitesse maximale de 12 nÅ“uds…). L’une des torpilles du U-52 atteignit probablement la sainte barbe (soute aux munitions) et le Suffren explosa, coulant en quelques secondes, emportant par le fond ses 648 membres d’équipage… Le Suffren n’a pas eu le temps d’émettre le moindre signal de détresse, et ce n’est que le 8 décembre 1916 que le Ministère de la Marine signalera le cuirassé « Suffren » comme étant “perdu corps et biens“.
Les coordonnées du torpillage enregistrées par U52 étaient 39° 10 de latitude Nord, 10° 48 de longitude ouest.
Tous les marins du « Suffren seront honorés à titre posthume de la croix de guerre avec une étoile de bronze et les actions de guerre du cuirassé Suffren lui valurent deux citations, dont une collective, à l’ordre de l’Armée. Il a légué à ses successeurs la fourragère verte.
Source principale : “Kaiserliche Marine U-Boote 1914-1918“ [Par Yves Dufeil]
L’occasion m’est donnée.
Et autrement ? Alors que l’occasion vous est également donnée, votre participation s’arrête donc là ? C’est “petit“… mais néanmoins je vous remercie.
Merci Roland DESPARTE pour le rappel à la mémoire des marins du Suffren.
Voici, en lien, une autre victime française de l’ U52, le cargo Estérel, le 9 avril 1917, tous les passagers et membres d’équipage furent saufs.
https://www.plongee-infos.com/chaque-jour-une-epave-9-avril-1917-lesterel-et-le-sang-froid-dun-capitaine/
Merci pour cet EXCELLENT commentaire
Naval Group victime d ‘une cyberattaque
https://cybernews.com/security/naval-group-france-defense-data-breach/
L’époque où un navire ressemblait à un navire et pas à une boîte à chaussures…
Mouais, ça ressemble plus à une boîte de conserve qu’à un navire… Les navires de guerre ont arrêté de ressembler à des navires dans la deuxième moitié du XIXe siècle, avec l’avènement de la propulsion vapeur et pire encore avec l’arrivée du blindage métallique. Qu’on me ramène les galions, les frégates, les bricks, les grands navires de ligne, et tous ces fameux trois-mâts fins comme des oiseaux, hissez haut !
C’est méchant pour les ingénieurs français du génie maritime oeuvrant actuellement à Lorient …..