Le général Bellanger justifie l’éviction du Falcon 10X pour le remplacement des E-3F AWACS

Telle qu’elle a été promulguée, le 1er août 2023, la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 ne prévoit pas le remplacement des quatre E-3F SDCA [Système de Détection et de Commandement Aéroporté, encore appelés AWACS] de l’armée de l’Air & de l’Espace avant 2035… alors que, à cette échéance, l’âge moyen de ces appareils, qui contribuent aussi à la dissuasion nucléaire, sera de quarante-cinq ans.

Pour une raison qu’il n’a pas dite explicitement, le ministère des Armées a cependant décidé d’accélérer le renouvellement de cette capacité. Et, à l’occasion de l’édition 2025 du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, il a annoncé la signature d’une déclaration d’intention portant sur l’achat, auprès du groupe suédois Saab, de deux avions Bombardier Global 6000/6500 dotés du système GlobalEye. Une option pour deux exemplaires de plus pourrait être levée ultérieurement.

Pour rappel, le système GlobalEye repose sur une suite de capteurs résilients au brouillage électronique, un radar à longue portée Erieye ER, un radar à antenne active SeaSpray [fourni par Leonardo] et une boule optronique. Il peut collecter des données dans un rayon de 400 km avant de les fusionner au sein d’un système de commandement et de contrôle [C2] multi-domaines.

Cela étant, l’hypothèse d’un achat du système GlobalEye était dans l’air depuis quelque temps, le choix de l’E-7A Wedgetail de Boeing étant exclu, car trop coûteux. Mais il était aussi avancé qu’il pourrait être installé à bord d’un Falcon 10X, le nouvel avion d’affaires en cours de développement chez Dassault Aviation.

D’ailleurs, en avril, le PDG de l’avionneur français, Éric Trappier, avait plaidé en faveur d’une telle solution, lors d’une audition à l’Assemblée nationale. « Ça m’embêterait que Saab, qui n’est pas une société particulièrement française mais que j’apprécie, vienne faire du travail sur un Bombardier. Je pense qu’il serait beaucoup plus intelligent de faire travailler les gens qui travaillent déjà sur les Falcon en région Aquitaine et ailleurs plutôt que de travailler sur un avion canadien », avait-il dit.

Visiblement, cet argument n’a pas porté… Et, ce 9 juillet, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, s’en est expliqué devant les députés de la commission de la Défense.

« J’aurais bien voulu avoir un Falcon 10X pour remplacer l’AWACS. La seule difficulté, c’est que les AWACS arrivent en fin de vie en 2029/30. Et là, je n’ai rien. L’AWACS contribue quand même au raid nucléaire. Donc, j’ai besoin de quelque chose sur étagère. Et la seule chose qui existe, à un prix raisonnable, parce que, effectivement, on peut aller voir le E-7 de l’autre côté de l’Atlantique, c’est le GlobalEye », a expliqué le général Bellanger.

« D’où l’achat de ces deux GlobalEye au cours de la LPM, plus deux autres ensuite, avec la possibilité de pouvoir les mettre à niveau dans la durée, et donc de les ‘franciser’ comme on le souhaite. Ça, c’était également important. […] Le Falcon 10X aurait été bien, j’en ai parlé par le PDG de Dassault Aviation. Mais il arrive un moment où il me faut quelque chose pour que je puisse mener un raid nucléaire », a conclu le CEMAAE sur ce sujet.

Le 25 juin, le Délégué général pour l’armement [DGA], Emmanuel Chiva, avait aussi évoqué l’achat du système GlobalEye lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« On est aussi obligé de faire des choix, en considérant le coût et l’efficacité de nos matériels. […] S’agissant du GlobalEye, on pouvait se dire qu’on allait mettre des capacités, notamment les nouveaux radars de Saab, sur un autre avion. Mais ça, ça coûte beaucoup plus cher que de prendre une solution sur étagère qui répond à nos besoins », avait développé M. Chiva

Et d’insister : « Je peux assurer que le coût de la ‘francisation’ est très, très, très inférieur au coût d’un développement spécifique qui intégrerait ces capacités-là. J’aurais aimé pouvoir le faire mais compte tenu du délai et du coût/efficacité que nous recherchons, ce n’est juste pas soutenable ».

Photo : Falcon 10X – Dassault Aviation

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96 contributions

  1. Jacob dit :

    Le Général a raison.
    La Défense ne peut se permettre de faire du national quand ça ne correspond pas au besoin.
    Les industriels font leurs job, ils conçoivent et produisent des machines, le Général fait le sien, il pense à ses missions.

  2. Kamelot dit :

    CQFD… et certains programmes doivent s’envisager bien en amont pour faire un développement souverain.

  3. MAS 36 dit :

    L’AAE fait un choix réfléchit et financier en respectant le contribuable. Exemple à suivre par beaucoup.

    • Délai de réflexion dit :

      Quand on réfléchit à son choix, on fait un choix réfléchi.

  4. Czar dit :

    « pendant ce temps-là, à Vera-cruz…  » https://www.twz.com/air/kc-46-tankers-boom-just-broke-off-during-f-22-refueling-mission

  5. Lado dit :

    Pour ceux qui auraient manqué un épisode (récent) l’option E7 est en train de disparaître des écrans radar(facile!)
    Programmé orphelin car sans les commandes US désormais .les uk, Australie et japonais ont commandé…grosse concertation avec les clents!

    • NORAD dit :

      @Lado. Rien n’est encore joué. Les budgets ne sont pas arrêtés ni approuvés…les discussions ne font que commencer. https://www.airandspaceforces.com/retired-4-stars-congress-e-7-more-f-35s/

      • Lado dit :

        Pour le moment il n’est plus au budget 2026 du Pentagone et vote par le Congres ….Les retraites toussent !
        Avec l’explication et les arguments en sa défaveur et le choix d’un système spatial (assez flou en fait)

        • NORAD dit :

          @Lado. Le Congrès n’a pas encore voté le budget du Pentagone… La NDAA finale ne sera pas votée avant la fin de l’année, et encore… Le Congrès peut modifier ce qu’il veut…

  6. piem dit :

    Un général peut en chasser un autre.
    J’espère de tout mon cÅ“ur que Dassault saura répondre en capacité de production. A condition que commande il y ait !

    • Carin dit :

      @piem……
      Le problème n’est pas la capacité de production de Dassault.
      Il est que le X10 awacs n’existe pas, et qu’il faudrait plusieurs années pour lui donner vie….
      Ce temps le général ne l’a pas, ses awacs sont en bout de course, et il les lui faut à temps plein pour cause de dissuasion nucléaire.
      Les suédois ont ce produit sur étagère, et ce sont des partenaires sérieux. C’est donc vers eux que le général se tourne, avec l’aval de son CEMA, de son ministre, et de son président.
      Et je suis sûr qu’Eric Trappier a bien compris le problème.
      Si vous croyez que le prochain CEMAAe va revenir sur cette décision vous vous leurrez.

  7. azorlavahceàressort dit :

    Et oui gouverner c’est prevoir et choisir. Hors visiblement pour un materiel connu, entretenu avec une date butoir d’utilisation connue, la France ne prevoit rien puis subie. La financiarisation est passée par là, le gain immediat prevaut, la communication fera le tuilage jusqu’à la prochaine election.

  8. Lothringer dit :

    Je ne suis pas convaincu par les arguments financiers du CEMAAE.
    Cela me rappelle , il y a longtemps, la CPAM avait acheté auprès de SSII indiennes du développement logiciel gravitant autour de la carte Vitale. L’argument avancé était que c’était 2 fois moins cher.
    Or après analyse fouillée, il apparaissait que compte-tenu du niveau de protection sociale en France, une SSII française reversait des impôts et cotisation sociales en France (et donc in-fine dans les caisses de cette même CPAM) qui, si on en faisait abstraction la rendait compétitive, car cet argent…rentrait dans les caisses de l’Etat des de l’URSAFF. L’argument du « moins disant » était totalement biaisé. Sauf que les lois encadrant les marchés publics ne tiennent pas compte de cette réalité.
    Dans cette affaire, à l’aune du raisonnement ci-dessus, l’argument du « disponible sur étagère » et « moins cher » et parfaitement douteux. Il ne comprend pas qu’en achetant l’avion chez Dassault, c’est de l’argent qui reste en France, et va supporter des impôts qui vont partiellement remplir le budget du Ministère des Finances.
    Ce CEMAAE est myope, il ne voit pas plus loin que le petit bout de son nez. Il lui faudrait une bonne paire de lunettes et un stage de macro-économie.

    • Vlado dit :

      Le système suédois est en production et en service, donc faire une telle comparaison avec un système qui a dû être adapté à la France est un peu simpliste.

    • Aymard de Ledonner dit :

      Ce ne sont pas des arguments financiers. Le CEMAAE veut un avion 100% opérationnel pour la dissuasion nucléaire de la France. Manifestement il n’est pas certain que Dassault pourra être prêt dans les temps alors même que la certification de la version civile du Falcon 10X est simplement « prévue » en 2027. Ensuite il faut du temps pour installer le matériel Saab et tout valider. Pour un autre programme le risque aurait peut-être été pris mais pas pour quelque chose qui touche à la dissuasion. Je pense que Dassault a perdu le contrat quand ils ont reporté la certification. Et Trappier devait craindre une telle issue car il s’était exprimé sur le sujet, ce qui n’est pas courant.

    • Czar dit :

      même si je défends généralement cette approche, il a bien précisé qu’il y a un besoin opérationnel et que l’avion dassault n’existe que sur le papier

      et puis si l’on élargit la focale, je pense que ce geste vers la suède n’est pas fortuit et ne sera pas sans réciprocité.

      • E-Faystos dit :

        et idem pour le Canada.
        on rêve de leur proposer des Rafales et des soum, quand eux de tournent vers leurs les fournisseurs anglo-saxons.
        retenons la leçon du « on sait ce que ça coûte et y’a pas de surprises »

      • lym dit :

        La Suède n’était dans tous les cas pas perdante vu que c’est le Canada qui fournit l’avion. Adapter le système suédois au 10X était pour eux plutôt bénéfique à mon sens, ouvrant le choix de plateformes/avionneurs pour les clients de leur système…
        Le 10X était plutôt à placer en face du G7500 et, niveau autonomie, pourrait in-fine arriver (au delà des annonces toujours prudentes à ce stade ou il importe avant tout de ne pas décevoir, cad qu’on est certain de faire mieux!) au chiffre magique de 8000NM de rayon d’action: Cela lui permettrait juste de faire un Paris-Papeete sans escale qui restera totalement hors de portée d’un G6500.

      • RGO dit :

        Vous êtes d’un commerce agréable quand vous n’êtes ni insultant ni méprisant. Qui plus est, vous dites alors des choses sensées. Sans omettre que vous êtes beaucoup plus lisible quand vous ne déformez pas le français.
        Ne manquent plus que les majuscules et la ponctuation.

    • bonnechancemonpapa dit :

      @Lothringer : ce que voit le CEMAAE c’est que la dépense d’investissement dans le Falcon X c’est maintenant et très visible et que retour sur investissement par cotisations sociales, impôt sur le revenu, TVA, salaires et dépenses en France c’est plus tard et noyé dans la masse, donc invisible.

    • Jojo dit :

      ce n’est pas un argument financier.. c’est un argument de temps : le temps que le Falcon 10X soit prêt et le temps ensuite que le « FalconEye » soit réalisé et livré, il y aura un trou capacitaire.. et ca, le CEMAAE ne peut se le permettre… donc il commande 2 global Eye et peut -être 2 autres… ou bien peut-être qu’après 2 il lancera le programme FalconEye ? on verra… ou pas..

      • Fabien Tremm dit :

        Financier également. Refaire toute l’ingénierie pour l’adapter sur un autre avion a un coût qui n’est pas récupérable. Ici, il n’y a plus que la production à faire, éventuellement des changements aux systèmes de communication et de commandement. Mais pour la partie physique, l’avion existe dans son ensemble.
        Faire un FalconEye pour 2 avions serait le choix le plus ridicule au monde.

    • Huon dit :

      L’argument du CEMAAE est en premier lieu celui du calendrier.

    • Trap dit :

      Vous occultez totalement la partie « J’aurais bien voulu avoir un Falcon 10X pour remplacer l’AWACS. La seule difficulté, c’est que les AWACS arrivent en fin de vie en 2029/30. Et là, je n’ai rien. L’AWACS contribue quand même au raid nucléaire. Donc, j’ai besoin de quelque chose sur étagère. »
      A moins que vous ne souhaitiez guider un raid nucléaire au doigt mouillé ?

      • Lungos dit :

        c’est justement la pire partie de son excuse. Ils n’ont pas de planification ni de prospective dans l’Armée de l’Air?

        • Trap dit :

          Planification ou pas, le Falcon X n’existe que sur papier.
          C’est un fait pas une excuse.
          Blâmer l’armée pour ne pas avoir anticipé et prévu relève d’un débat différent.

          De même

        • Tonton Marcel dit :

          Sur ce coup-là, c’est plutôt la planification & prospective de chez Dassault qui est déficiente : le Falcon 10X sera opérationnel trop tard pour pouvoir prendre la relève des E-3F SDCA.

        • Aymard de Ledonner dit :

          Dans l’ancien monde, l’armée de l’air aurait peut-être acheté le Boeing et basta. Il suffit de regarder quel avion est utilisé actuellement.

    • Carin dit :

      @Lothringer……
      Si vous pensez qu’avec une commande de 4 avions, (pas constructibles avant plusieurs années de recherche/développement, qui vont coûter un bras), l’achat va être rentable, c’est que c’est vous qui allait avoir besoin de cours de macro-économie.
      L’awacs suédois existe, quelques pays l’opèrent déjà, et son prix est très très très inférieur a celui du E7 Wedgetail de Boeing, que même les USA veulent bouder tant son prix est élevé.

      • Czar dit :

        « c’est que c’est vous qui allait(sic) avoir besoin de cours de macro-économie. »

        vu que tu te colles déjà à ceux de macron-économie, carlin, je suppose que tu pourras te coller à la chose, toutes affaires cessassionnantes.

      • Robert Collins dit :

        Quelques pays n’opèrent pas le GlobalEye, c’est le GlobalEye qui opère pour et dans quelques pays.
        Ce GlobalEye, quelques pays l’exploitent, le mettent en Å“uvre, l’emploient, l’utilisent, s’en servent et y ont recours.

      • Allez Louya dit :

        C’est vous qui allez avoir besoin.

  9. FriteBelge1 dit :

    « E-7A Wedgetail de Boeing étant exclu, car trop coûteux », mais meilleur ?

  10. Rafale2702 dit :

    C’est étonnant que le chef d’état-major de l’armée de l’air et de l ‘espace puissent être obligé de justifier sa décision . Et que le chef de la DGA, s’y mettent aussi. C’est qu’il doit y avoir une grosse pression de la part de Dassault.
    En même temps , ce dernier n’a rien proposé de concret, ni Airbus d’ailleurs. Étonnant car les besoins étant pourtant criant, pour ce type d’appareil. D’ailleurs Boeing l’a bien compris en développant sa version AWACS du 737.
    Le fait de commander maintenant évite une perte de compétence du personnel, de prendre le temps de former correctement le personnels .
    Qu’aurait on dit si toute la flotte, du E-3F SDA, avait été cloué au sol faute de pièces de rechange (vieillesse).
    Voilà une bonne décision politique qui anticipe sur le long terme . Et en plus, c’est Européen .
    PS: Il faudrait quand même un A330 AWACS ravi taillable pour certaines missions.

    • Charles III dit :

      @Rafale2072. Le développement de l’E-7 n’est pas une initiative de Boeing, mais du gouvernement australien avec des fonds gouvernementaux….

    • HAL dit :

      Rien d’étonnant, les CEM sont régulièrement auditionnés par les députés de la commission de défense.
      Même pas besoin de pressions (même si il y en a peut-être eu), il suffit juste qu’un député ait trouvé les propos du patron de Dassault suffisamment pertinents pour rédiger une question parlementaire à l’attention du CEMAAE et du DGA. Ces derniers ont alors obligation de répondre.

    • HAL dit :

      Complément :
      Si Dassault/Airbus n’ont rien proposé c’est peut-être parce que rien ne leur a été demandé. Il n’est pas impossible que le remplacement ait été prévu plus loin dans le temps pour étaler les dépenses.
      A mon avis, c’est juste un nouveau contrecoup de l’urgence de réarmement actuelle.

      • Czar dit :

        si dassault connaît son métier,il devait connaître l’échéance de remplacement des avions actuels, de guet aérien, c’était au groupe de prévoir quelque chose en amont.

        • HAL dit :

          Je peux me tromper, mais pour moi ils l’ont fait avec le Falcon 10X puisque la mise en service est prévue pour fin 2025. Avec un remplacement des E3-F prévu à partir de 2035 cela laissait largement le temps pour les travaux d’intégration du système Global Eye.
          C’est l’accélération du calendrier de remplacement qui prend Dassault au dépourvu.

    • Marine dit :

      « C’est étonnant que le chef d’état-major de l’armée de l’air et de l ‘espace puissent être obligé de justifier sa décision . » … Non, c’est le principe d’une démocratie, que l’on aime ou pas. Même les plus hauts responsables militaires doivent rendre des comptes à la Nation, et ça implique de justifier leurs choix devant l’Assemblée Nationale en termes d’acquisitions de matériels.

    • Bricolo dit :

      Si toute la flotte avait été clouée.

  11. Soad dit :

    Dassault Aviation fait partie du patrimoine. OK. Mais nous sommes aussi trop dépendant de cette société privée (avis bien sûr strictement personnel). Le choix du Saab est parfaitement expliqué et justifié, cqfd.

  12. benoit dit :

    l’avion est connu et éprouvé.
    d’ici 20 ans le Falcon pourra être le successeur.

    c’est un bon choix.
    d’ailleurs un falcon x ravitaillable

  13. David Cauchon dit :

    Pas convaincu non plus par les explications du général. ça commence à se voir maintenant : l’argument des caisses vides est LE moyen rhétorique des politiques pour vous couper le sifflet et éteindre les critiques quand bien même elles seraient justifiée et documentées.

    • Pierro dit :

      L’argument est que le Falcon 10 ne sera pas prêt à temps et que le GlobalEye est moins cher que le Wedgetail US.

    • UnKnown dit :

      Le Global Eye existe et est disponible sur étagère, avec un cout maitrisé. Le Falcon 10X dans sa version civile n’existe pas et ne volera pas avant 2027. Le cout de la R&D pour l’adapter sont une inconnue supplémentaire, ajouté au délais d’adaptation tout aussi inconnu. A la guerre il vaut mieux un tiens que deux tu l’auras.

      • FNSEA dit :

        Dans nos belles campagnes françaises, le débat entre Bombardier et Falcon nous dépasse largement mais nous pouvons toutefois affirmer sans le moindre doute que le mot délai s’écrit sans s au singulier.
        Ajouté au délai inconnu. Livré hors délai. Transféré sans délai. Un délai de paiement accordé.

    • Marine dit :

      L’argument du général n’a rien à voir avec le coût. Le Falcon 10X n’est pas encore certifié (il ne le sera pas avant 2027), et une éventuelle version AWACS (ou « FalconEye ») prendrait ensuite trop de temps à être développée. Il suffit de lire ce paragraphe de l’article (que vous avez lu en entier ?) : « J’aurais bien voulu avoir un Falcon 10X pour remplacer l’AWACS. La seule difficulté, c’est que les AWACS arrivent en fin de vie en 2029/30. Et là, je n’ai rien. L’AWACS contribue quand même au raid nucléaire. Donc, j’ai besoin de quelque chose sur étagère. Et la seule chose qui existe, à un prix raisonnable, (…) c’est le GlobalEye »

  14. Fredy dit :

    quand on voit ce genre de raisonnement débile sur le moins disant il convient de s’interroger sur d’éventuels conflit d’intérêts ou de rétro commission….

  15. Fralipolipi dit :

    Un peu dommage pour le Falcon 10X, mais s’il y a urgence, c logique.
    Espérons que nous pourrons qd même franciser un peu ces Awacs GlobalEye en remplaçant le radar Aesa Seaspray de Leonardo par celui Searchmaster de Thales (qui équipe déjà nos ATL2 rénovés), et la boule optronique par une boule Safran.
    .
    Et côté Dassault, il ne reste plus qu’à bétonner le projet Patmar autour du Falcon 10X, pour lequel il y a un peu plus de temps pour le développement, mais pas tant qd même.

    • Pierrot dit :

      Le PATMAR va probablement être une solution à base d’A32X…

    • R2D2 dit :

      « Et côté Dassault, il ne reste plus qu’à bétonner le projet Patmar autour du Falcon 10X »
      euuh non ca c’est parti pour de bon chez Airbus, l’arbistrage a déjà été fait.

    • Louis XVI dit :

      @Fralipolipi. La Patmar a été attribué à Airbus, sur base A321 me semble-t-il..

    • Huon dit :

      « Et côté Dassault, il ne reste plus qu’à bétonner le projet Patmar autour du Falcon 10X »

      Ce serait étonnant que D’assaut se lance là-dedans sans le soutien de l’état français, alors que la DGA a choisi Airbus poir remplacer les Atlantique 2.

      • Fralipolipi dit :

        @Huon-Pierrot-R2D2-LouisXIV
        Une « préférence » pour l’A321XLR a certes été évoquée « par certains », mais rien n’est acté définitivement à date … Donc les jeux ne sont pas faits 😉

  16. R2D2 dit :

    « La seule difficulté, c’est que les AWACS arrivent en fin de vie en 2029/30. Et là, je n’ai rien.  »
    « J’aurais aimé pouvoir le faire mais compte tenu du délai et du coût/efficacité que nous recherchons, ce n’est juste pas soutenable »

    Ah la la mais qui aurait pu prédire que les AWACS allaient être périmés et qu’il faudrait les remplacer. Qui aurait pu le prédire?

    La France n’a pas un budget infini, il y a des batailles a mener, d’autres à éviter. De faire un achat sur étagère d’un appareil européen qui a déjà vécu plusieurs itérations et qui est déjà en service ce n’est pas un problème. De faire pourrir la situation pour ensuite forcer l’achat sur étagère ca c’est le vrai problème.

    Quant à Dassault l’entreprise ne peut pas être partout et tout faire. Entre le développement d’un avion spatial et celui d’un mini AWACS le choix n’a pas du être compliqué à faire. Le premier représente une capacité rare et un bon en avant dans un domaine avec peu d’acteurs, le deuxième est ne capacité somme toute assez classique à développer. Mais bon il faut râler pour le principe 🙂

    • Outsi dit :

      Une solution Dassault aurait été bien, mais il faut être réaliste, au delà du prix et du délai, on ne peut demander une europe de la defense en achetant que Franco-français, il faut savoir faire des concessions pour faire patte blanche et que nos voisins achètent eux aussi européens

  17. Genabum dit :

    Bonjour,

    Étant donné que la DGA et le ministère de la défense semblent avoir choisi une base d’airbus A321 neo pour le futur avion de patrouille maritime, notamment grâce à sa capacité à offrir plus de volume en soute que le falcon 10x de Dassault, j’aurais bien vu ce même airbus A321 neo servir également de base à notre prochain awacs, que ce soit avec un système de détection suédois ou un équipement de conception nationale.

    Et ce pour plusieurs raisons: ce modèle est déjà certifié ou en bonne voie pour l’être, il sera largement diffusé et les pièces de rechange seront disponibles en nombre pour un coût raisonnable (réacteurs notamment), la transformation des équipages et mécanos de la version awacs/patmar serait plus facile et rapide, la cellule serait suffisamment grande non seulement pour intégrer plus de capteurs, voir même des effecteurs déportés, mais aussi pour accueillir 2 (ou 3) équipages permettant une rotation pour des missions longues, cette cellule européenne trouverai plus facilement des financements mais aussi des débouchés sur le vieux continent et au delà, etc…

    • Géo Trouvetou dit :

      Cette cellule européenne trouverait.

    • Avekoucenzeh dit :

      L’adverbe « voire » signifie « et même », mais pas le verbe « voir ».

      Pour intégrer plus de capteurs, voire même des effecteurs déportés.

      De plus, la tournure « voire même » est fréquemment considérée comme un pléonasme (« et même même »).

      Pour intégrer plus de capteurs, voire des effecteurs déportés.

  18. Olivier C dit :

    Dassault attend toujours des commandes de la part de la France pour concevoir un avion. S’il avait fait l’effort de créer sur fond propre leur propre avion de surveillance, basé sur le Falcon 10X, la France en aurait probablement acheté. Mais Dassault veut être une entreprise privée mais sans les inconvénients.

    • Zodiac dit :

      Quand le fond est propre, c’est que c’est celui de la piscine. Mais dès qu’il s’agit d’argent, le fonds s’écrit avec un S.
      Et quoi qu’il en soit, l’expression financière « fonds propres » est toujours employée au pluriel :
      Créer sur fonds propres.
      Le capital social fait partie des fonds propres.
      Un produit développé sur fonds propres.

  19. Vins dit :

    Je comprends le raisonnement mais un peu perplexe.
    Le général cite le raid nucléaire en illustration du choix.
    Vu l’importance de la mission, prendre un équipement de seconde division me semble douteux.
    Comme mettre un M51 sur un sous marin construit à l’étranger et de niveau inférieur aux meilleurs.
    Bref, de la gestion française quoi…

  20. Roland DESPARTE dit :

    Bonjour,
    Pour répondre à @FriteBelge : « E-7A Wedgetail de Boeing étant exclu, car trop coûteux », mais meilleur ?
    Ce n’est pas évident. J’ai comparé les deux avions et au final je préfère l’avion suédois (Un choix tout personnel bien entendu, comme pour les frites…).
    Pour quelles raisons ?
    1. Il est ITAR Free, et ne pas dépendre des US est pour moi rassurant.
    2. Il est moins cher. Un E-7A Wedgetail c’est une fourchette entre 500 millions $ et 1,25 milliard $, selon équipements. Un GlobalEye c’est 100 à 200 millions $, selon équipements. (Estimations basées sur des ventes à l’export et analyses sur “X“ et divers sites Internet).
    3. Son “SAV“ est assuré et théoriquement plus rapide. Le 737-700 de Boeing ne serait plus en production (depuis 2018) et cela peut être gênant pour la maintenance (MCO). Le Global 6000/6500 est toujours en production, ce qui garantit une disponibilité des pièces et une maintenance simplifiée intra-européenne.
    4. Sa modernité. Plus récent, le GlobalEye peut être géré par un équipage réduit, grâce à l’automatisation avec une IA plus développée [6 à 8 opérateurs pour le GlobalEye, 12 à 14 pour le Wedgetail].
    5. Côté endurance c’est similaire. 10 à 12 heures pour le Wedgetail en totale autonomie, plus de 11 heures pour le GlobalEye. Selon les constructeurs, ces données sont évolutives en fonction des ravitaillements et des équipements à bord, mais il faut noter que l’avion suédois ne serait actuellement pas ravitaillable en vol ! [Grosse lacune ? Evolution à venir ?]
    6. Coût de la maintenance. L’avion américain étant plus gros et plus vieux, il coûterait plus cher à entretenir… [Moi aussi]
    7. En ce qui concerne les capacités opérationnelles annoncées l’avantage est théoriquement au Wedgetail par sa couverture radar de base complète (360°) alors que le GlobalEye annonce une couverture de seulement 300° (150 de chaque côté) ; cependant Saab propose une option dite “Watcheye“ qui permettrait une couverture complète grâce à une antenne AESA supplémentaire déployée à l’arrière de l’avion [Les avions français en seront-ils dotés ?]
    Par ailleurs, le radar aérien US (Northrop Grumman MESA = Multi-Role Electronically Scanned Array), est aujourd’hui jugé “ancien“ (Air-air, air-sol et maritime, en bande L, avec des semiconducteurs à base chimique d’arséniure de gallium ou GaAs) pour une portée globale de 400 km, alors que le radar Saab (“Erieye ER“) est plus moderne (Air-air, air-sol et maritime, en bande S avec des modules à base de nitrure de gallium ou GaN assurant plus de finesse et une meilleure résilience au brouillage, pour une portée aérienne annoncée de 600 km, 400 km pour les cibles de surfaces maritimes grâce au radar complémentaire maritime de Leonardo (Seaspray 7500e / AESA), pouvant même détecter les drones marins et les périscopes à 185 km [Cette spécificité multi-domaines du radar Saab AESA ne semble pas offerte par le radar US MESA].
    Au final JE préfère donc la solution suédoise, de surcroît rapidement disponible, et la solution proposée par le CEMAAE me parait cohérente.

    • Vinz dit :

      ITAR est un dispositif pour contrôler l’export de technos US, pas leur utilisation.

      • Roland DESPARTE dit :

        @Vinz,
        On est d’accord. Ma phrase se rapporte aux éventuelles difficultés en MCO et à la souveraineté.

  21. Totor dit :

    J’entends les arguments mais ça ne va pas arranger le déficit commercial mais l’Etat Français n’en a cure d’une façon générale. Voir le parc auto et matériel, logiciels achetés par l’Etat.

  22. lym dit :

    La solution sur étagère se comprendrait si le 10X n’amenait pas avec lui de l’emploi local et une autonomie supérieure (même si celle de ces bombardiers est déjà bonne, le jour ou il manque 800 NM eh bien on ne les inventera pas)… sans compter une maintenance Falcon présente plus aisée à faire évoluer que devoir se disperser.
    La structure des avions d’affaire Dassault, avec une bonne réputation de solidité dans le secteur y compris en cas de crash (les issues de secours s’ouvrent toujours, tandis que les autres auront tellement travaillé qu’on crame dedans portes/issues coincées au moindre crash survivable), s’est par ailleurs toujours très bien pétées aux modifications.
    Niveau timing, avec de la volonté cela devait pouvoir se faire. C’est je pense une mauvaise décision à courte vue pour n’avoir pas anticipé mieux un problème qui se voyait venir de loin.

    • Roland DESPARTE dit :

      @lym,
      La version civile du Falcon 10X ne volera pas avant fin 2027 (Cf. Journal de l’Aviation), et ce suite à des retards avec Rolls-Royce avec le nouveau Pearl 10X (Source Dassault). A partir de 2027 il faudra encore attendre quelques années avant de voir voler un proto Falcon 10X “militarisé“ sorti des bureaux d’études, puis encore attendre la certification et la production effective… Des incertitudes, alors que les AWACS arriveront en fin de vie en 2029/30.
      Concernant l’emploi en France, pour deux protos la production et l’assemblage de diverses pièces a déjà commencé (ailes, fuselage, trains,…), et la non-commande étatique n’a aucune répercussion. Dassault a une charge de production assurée sur 10 ans… (Et peine toujours à recruter). L’entreprise souhaite atteindre un rythme de cinq Rafale produits par mois (trois actuellement) mais cela implique des recrutements et un suivi attentif de la chaîne logistique qui reste sous tension. Aux dernières nouvelles, Dassault prévoit un demi-point de cadence supplémentaire chaque année (Source : ENDERI, 2025). Donc pas de souci pour l’emploi. C’est juste dommage pour nos couleurs… mais encourageant pour une saine coopération avec les suédois (possible contrat des FDI).
      Défaut d’anticipation (de la DGA ? de l’AAE ? de Dassault ?) ; peut-être, mais il y a encore peu de temps on appuyait plutôt sur la pédale de frein pour les investissements, et produire un nouvel avion nécessite du temps.

  23. Olivier Fournier dit :

    Effet vertueux de la concurrence. Ca poussera Dassault à faire mieux la prochaine fois.

  24. Jean Le Bon dit :

    Ces vecteurs (Global Eye et/ou Falcon) ne sont pas ravitaillables en vol… Par ailleurs, deux vecteurs « dans un premier temps »… C’est à dire, un format a minima pour garantir un seul raid nucléaire… Mais, effectivement, il y a urgence… A force de coups de rabots sur notre outil de défense, même la « clé de voute » – la dissusion nucléaire – est menacée… Notre pays est en league 2, en passe d’être relégué en division d’honneur…

    • Robert Collins dit :

      Pourquoi être en « league » quand on peut être en ligue ?

    • Navion dit :

      C’est justement pour que ne soit pas menacée la dissuasion nucléaire que le choix du GlobalEye, livrable rapidement, a été fait.
      Quant à en n’en avoir commandé que deux dans un premier temps, ça doit vouloir dire que tous les E-3F ne seront pas retirés du service en même temps.

  25. lecoq dit :

    Ca sent un peu a mot couvert le basardage de l’entreprise Dassault … au suivant ?

    • Fralipolipi dit :

      @Coquelet
      Des trucs à bazarder, on en voir pas mal sur ce fil … mais il ne s’agit certainement pas de la société Dassault 😀
      … Merci qd même d’être passé nous voir … 😉

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « Ca sent un peu a mot couvert le basardage de l’entreprise Dassault » Sans dec?

    • Balthazar dit :

      Bazar, bazarder, bazardage.
      Hasard, hasarder.

  26. vno dit :

    La dissuasion qui urge, sur un avion canadien pas ITAR free ? étrange ?

    • Fabien Tremm dit :

      Et le Dassault n’est pas plus ITAR Free. Dassault se fournit MASSIVEMENT chez les fournisseurs américains !

  27. CHRISTIAN DANTON dit :

    Comme disait Coluche « le Général s’exécute et parle sous étroite surveillance de son Ministre de tutelle qui a déjà pris la décision au détriment du made in France.

  28. Comao leader dit :

    Une chose est sûre : notre capacité de C2 aéroportée va être reléguée en troisième division : avion pas ravitaillable, des capacités radar et radio qui ne seront pas présents sur les Saab, alors qu’elles l’étaient sur Awacs et E7 (ESM, etc.).
    Finalement les grands gagnants seront les marins avec les E2 !

    • Fabien Tremm dit :

      Quelles capacités radar / radio pas présentes?
      Oui, pour le ravitaillement, c’est vrai. Mais si le coût d’achat est largement inférieur, ce qui est le cas, ne pas être ravitaillable peut être compensé par le volume.

  29. Gallifet dit :

    Et le Hawkeye de la Marine (qui vient de reprendre la dernière version) ? déjà dans les années 80 il était en compétitions avec l’AWACS, je m’en souviens très bien…