L’armée de Terre veut un drone leurre capable de simuler la surface équivalente radar d’un hélicoptère

Estimant que l’efficacité de l’hélicoptère de reconnaissance et d’attaque allait être « extrêmement limitée » sur le champ de bataille compte tenu de la prédominance des drones et de la densité des moyens de défense sol-air, comme c’est le cas en Ukraine, l’US Army a mis un terme à son programme FARA [Future Attack Reconnaissance Aircraft] et décidé de retirer du service ses AH-64D, et donc de dissoudre onze escadrons répartis entre le 6th Cavalry Regiment et le 17th Cavalry Regiment.
« Combattre un adversaire qui déploie des capacités valant 1 000 dollars avec des capacités qui coûtent un million de dollars ne peut pas être une stratégie gagnante », a récemment fait valoir le général Joseph Ryan, le chef d’état-major adjoint de l’US Army pour les opérations, les plans et la formation. Ce dernier a aussi exprimé des doutes sur l’apport de l’AH-64E Apache/Guardian, alors que cet appareil a la capacité de mettre en œuvre des drones.
L’US Army commet-elle une erreur ? L’avenir le dira. En tout cas, la British Army et l’armée de Terre pensent, au contraire, que l’hélicoptère de reconnaissance et d’attaque a encore un avenir et qu’il suffit de développer des concepts opérationnels innovants pour adapter leur emploi aux nouvelles réalités du terrain.
Ainsi, l’Aviation légère de l’armée de Terre parie sur la « dronisation de l’aérocombat », l’hélicoptère et le drone aérien pouvant être complémentaires.
D’où ses travaux sur la notion d’Engins Lancés par Aéronefs [ELA] ainsi que sur le développement d’un Drone Tactique d’Aérocombat [DTA] capable d’agir en ailier d’un hélicoptère « habité ». Un tel appareil permettrait de « préserver l’effet de masse et d’augmenter la liberté d’action du chef en fonction du niveau de risque ou de complexité de l’enjeu opérationnel », avait expliqué la revue « Combats futurs », publiée par le Commandement du combat futur [CCF] de l’armée de Terre.
S’agissant des ELA, le 3e Régiment d’hélicoptères de combat [RHC] a déjà exploré la possibilité de mettre en œuvre un drone de type FPV [pilotage immersif] depuis un hélicoptère Gazelle. Un tel appareil peut être utilisé comme une munition téléopérée [MTO] et/ou comme capteur déporté pour reconnaître une zone d’opérations sans s’exposer à des risques inutiles.
Le dernier numéro d’Aérocombat, la revue de l’ALAT, est revenu sur cette expérimentation. Celle-ci a donc consisté à « évaluer la capacité d’opérer un drone FPV simulant une MTO depuis une Gazelle en stationnaire jusqu’à une distance de 5,5 km [supérieure à la portée d’un missile HOT] pour atteindre un carré de 1,2 mètre de côté, afin d’estimer les difficultés de mise en œuvre et de caractériser la plus-value opérationnelle. L’idée, à terme, est de dépasser les 10 km de portée », a-t-elle détaillé.
Cette expérimentation ayant tenu ses promesses, il s’agit maintenant de passer à la seconde étape, c’est-à-dire de déployer ce drone FPV depuis l’hélicoptère afin de « gagner en rapidité d’exécution ».
Outre les ELA et le DTA, l’armée de Terre a un troisième projet dans ses cartons : celui de développer un drone à voilure fixe, capable de simuler la surface équivalente radar d’un hélicoptère de reconnaissance et d’attaque pour leurrer les systèmes de détection de l’ennemi et lui imposer des « dilemmes tactiques » en cachant les « réelles intentions d’une unité de l’ALAT déployée ». En clair, alors qu’on ne cesse de parler de « transparence du champ de bataille », l’idée est, au contraire, d’épaissir le « brouillard de la guerre ».
Selon Aérocombat, le développement de cette nouvelle capacité au sein du 3e RHC va bon train. « Ce concept a été expérimenté au préalable par de multiples exercices sur simulateur, reproduisant un scénario intégrant une menace sol-air complète directement inspirée du retour d’expérience de pilotes ukrainiens. Un premier prototype a rapidement vu le jour, construit pour l’occasion par du personnel civil régimentaire, passionné d’aéromodélisme et pleinement intégré à l’expérimentation ».
Les premiers essais en vol ont été prometteurs. « Le domaine de vol de ce drone leurre, conçu sur le papier, est désormais presque validé », après des tests effectués sur le polygone de guerre électronique pour mesurer la signature électromagnétique et/ou thermique du prototype », avance la revue de l’ALAT.
Le 3e RHC travaille avec le Direction générale de l’armement [DGA] pour « greffer sur ce drone un module permettant de reproduire une surface équivalente radar du même ordre qu’une patrouille d’hélicoptères », explique Aérocombat. Cet appareil pourrait avoir une seconde fonction, l’ajout d’une caméra permettant de « conjuguer la déception avec du renseignement ».
Cette dronisation de l’aérocombat va avoir des conséquences sur l’organisation des régiments d’hélicoptères de combat, avec la création d’escadrilles mixtes [c’est-à-dire composées d’hélicoptères et de drones, de pilotes et de télépilotes]. La première unité de ce type pourrait voir le jour en 2026, au sein du 3e RHC.





Donc les américains dissolvent le célèbre 7th de cavalerie, le régiment de Custer.
Les américains ont compris que l’hélicoptère de combat était désormais une voie sans issue, car devenu trop vulnérable et trop coûteux, condamné à opérer de plus en plus loin du front, et désormais en concurrence frontale avec d’autres moyens de frappe et d’appui. La solution passe par la dronisation de l’aérocombat : tout le monde semble être d’accord… mais pas sur le « tempo » de cette dronisation.
L’ALAT s’accroche encore à ses Tigre, en cherchant dans un premier temps à leur adjoindre des drones et MTO de petite taille et de quelques km de portée, qui seront tirés depuis l’hélico pour que celui-ci puisse rester à l’abri. L’étape suivante sera de concevoir un drone ailier (sur la base du VSR700 qui équipe la Marine ?), qui permettra au Tigre de rester encore plus loin du front. L’étape ultime sera de supprimer le Tigre, quand on s’apercevra que les drones ailiers font très bien le boulot seuls (grâce à leur IA), en étant contrôlés depuis le sol sur le front, ou depuis un shelter climatisé quelque part dans le sud de la France… sauf que dans la vision française, cette étape ultime n’interviendra probablement pas avant 20 ou 30 ans, l’ALAT ayant visiblement la ferme intention de conserver ses Tigre (et leurs pilotes) jusqu’au bout de leur potentiel.
C’est donc ce scénario « par étapes » qui a été choisi sans vraiment le dire par l’ALAT. Sauf que ce scénario est le plus lent, donc potentiellement le plus inadapté aux dures réalités opérationnelles, et aussi le plus coûteux puisqu’il suppose de maintenir et de moderniser une flotte de Tigre (certes peu fournie avec 68 machines…), en se contentant des miettes du budget pour tenter en parallèle de développer et d’acquérir en nombre des drones d’aérocombat performants, qui ont aussi un coût. Est-ce la meilleure solution, en termes de coût/efficacité ? Il est permis d’en douter.
Les USA, pour leur part, et malgré leurs moyens colossaux qui leur auraient pourtant permis de moderniser leurs hélicos ET de développer des drones d’aérocombat, ont fait un choix radical, mais beaucoup plus raisonnable qu’il n’y paraît, en choisissant de sauter les étapes intermédiaires, et « d’éteindre » dans un calendrier resserré leurs flottes d’hélicos de combat, pour concentrer leurs moyens sur les drones. C’est une rupture conceptuelle majeure, inspirée par l’expérience des conflits récents, qui leur paraît indispensable pour répondre aux exigences de l’aérocombat moderne.
Ou alors tout le monde va se rendre compte qu’avoir des hélicoptères avec pilote sont indispensables et les pays qui ont abandonné cette compétence l’auront dans le baba
indispensables… pour le combat, ça parait compromis
Si vous le dites… dans ce cas, il faudra « juste » trouver le moyen de redonner à l’hélico de combat les moyens d’assurer son autoprotection contre les drones et MTO qui vont pulluler sur les champs de bataille, sans parler des missiles MANPAD. A l’heure actuelle, l’équation est insoluble sur un plan technique et financier, ce qui condamne ces hélicos à ne plus être utilisés au contact (alors que c’est leur vocation initiale) et à devoir être engagés toujours plus loin du front.
Les hélicos de combat modernes sont de formidables machines, mais ils sont désormais condamnés à devoir opérer sur des théâtre permissifs (faible ou moyenne intensité). Trop coûteux et trop vulnérables, ils n’auront vraisemblablement pas de successeurs.
Tout le monde va se rendre compte qu’avoir des hélicoptères avec pilote EST indispensable.
Tout le monde va se rendre compte QUE des hélicoptères avec pilote sont indispensables.
Je souscris tout à fait a votre point de vue. En france on fait du rafistolage alors que le tigre n’a jamais ete une hélicoptère d’attaque performant avec un taux de dispo faible et qui coute une blinde a entretenir. Donc si on parle budget, l’idée du drone ailier ou leurre n’est pas en soit mauvaise mais garder les tigres et leurs coûts mérite d’être discutée
Je comprends qu’on veuille garder nos excellents pilotes mais pourquoi ne pas les reconvertir sur des hélio de transport d’homme ou de materiel. Jusqu’à preuve du contraire on a pas trouve un drone pour remplacer les hélicoptères de transport donc augmentons nos capacités de projection. En outre je ne comprends toujours pas pourquoi nous n’avons pas d’hélicoptères de transport lourd genre surper stallion? Toutes les grandes armées européennes en ont sauf nous? Est ce du a un lobbying d’Airbus qui ne veut pas qu’on achète un hélico lourd”sur étagère”? Nos généraux qui ne voient pas l’utilité mais du coup font appel aux ricains pour leur chinook ou autres nations européennes? Donc à quand une vrai discussion sur les hélico d’attaque, ceux de transport léger et des helico lourds? On pourrait aussi rajouter une discussion sur ceux de la marine, essentiels pour la lutte anti-sous-marine ( le NH 90 est il un helico fiable sur lequel on veut investir?)
Et sinon… on en fait quoi, on les enterres dans les sables landais…
On enterre.
On les enterre.
L’idée du drone ailier ou leurre n’est pas en soi mauvaise, mais celle d’écrire « en soi » avec un « t » l’est.
Donc en résumé Caius si j’ai bien compris votre message. on supprime les hélicoptères de combat car trop vulnérable et inefficace (surtout ceux des français) mais nous investissions dans des hélicoptères de transport qui eux bien sûr ne sont pas vulnérable du tout (et surtout ne sont pas français). C’est d’une logique indiscutable.
Quand à votre discours sur la valeur du tigre et du caïman il me fait gentiment sourire. Sur votre lancée vous pourriez y ajouter le Guépard. En résumé tous ce que nous faisons est mauvais et tout ce que font les autre est excellent. Rien de bien nouveau en somme.
En ce qui concerne le sujet de l’article. Cela me semble une piste intéressante et novatrice. Il faut persévérer dans ce sens, nous pourrions être surpris du résultat.
Attendez, on ne parle ici que des 160 AH-64 Delta jugés obsolètes et coûteux. Il reste encore 600 AH-64 Echo en inventaire (série toujours en cours de livraison), pour une cible à 800 appareils qui vient de recevoir une mise à jour (V6.5).
« The AH-64D’s average operating cost is $10,228 per flight hour for fiscal year 2025, the highest among all U.S. Army helicopters. In contrast, the AH-64E costs $5,494 per hour. »
On parle aussi de retirer du service 154 Black Hawk parmi les anciennes versions A et L, sur les 2135 en service…
C’est loin de signer la fin des Combat Aviation Brigades dans l’US Army !!
Non, ici, c’est le 6e.
Comme d’habitude, les américains trouvent toujours les meilleures solutions… après avoir essayé tout le reste (Churchill). On retrouve le même genre d’idée géniale qui avait conduit l’USAF et l’USN a enlever les canons de bord de leurs avions jusqu’à la guerre du Vietnam, la ou le monde réel leur a fait comprendre que c’était une erreur. Je salue le sens de l’adaptation et de la nuance de nos opérationnels et de ceux qui les entourent, qui manifestement, ont trouvé une voie médiane dans l’évolution des équipements et des tactiques pour intégrer la dronisation de nos armées avec intelligence.
Pensée partagée, comment peuvent ils être aussi catégoriques quand on voit l’échec du tout missile des années 60-70 ?
@Eurafale et Tannenberg. Bien au contraire, l’histoire a donné raison aux promoteurs du missile air-air. Et ceci dès la fin de la guerre du Viet-Nam. Ce sont les tactiques utilisées tant par l’US Navy que par l’US Air Force qui constituaient le principal problème. Dans les dernières années du conflit, les changements de formations tactiques et d’entraînement l’ont démontré. Le canon est devenu anecdotique. Idem en 1973 au Proche-Orient. Depuis ce conflit, les missiles règnent en maître. Les victoires accumulées par les F-14, F-15, F-16 et F-18 le démontrent… Idem dans le conflit actuel en Ukraine. Les destructions au canon de drones Shaed se sont avérées meurtrières pour les pilotes et avions ukrainiens à plusieurs reprises..
Je suis certains qu’il y a un concept avec des MTO emmenées dans les paniers à roquette. Et si en plus ces engins rapides et maneuvrable pouvaient être utilisés en antidrone, voir soyons fou seraient capable de leurrer ou intercepter un (petit) missile air-sol l’hélicoptère retrouverait un peu de souffle.
Le verbe « voir » et l’adverbe « voire » sont homophones mais n’ont ni le même sens ni la même étymologie.
Pour dire « et même » c’est l’adverbe « voire » (avec son e final) qui convient.
Être utilisés en antidrone, voire, soyons fou, seraient capables de leurrer ou intercepter.
Soyons fouS.
Les commentaires sont pollués continuellement par le redresseur de fautes de syntaxe, de grammaire, ou d’orthographe. Je ne sais pas si c’est un projet universitaire visant à étudier la possibilité d’améliorer le français d’un échantillon d’utilisateurs (ce forum), ou juste un professeur de français à la retraite, mais c’est usant.
» Je ne sais pas si c’est un projet universitaire visant à étudier la possibilité d’améliorer le français d’un échantillon d’utilisateurs »
Ne lui donnez pas des idées comme ça, il serait capable de le faire !
Je suis certain, nous sommes certains.
Manœuvrables.
« Et si en plus ces engins […] pouvaient être utilisés en antidrone, voir […] seraient capable de leurrer ou intercepter un (petit) missile air-sol l’hélicoptère retrouverait un peu de souffle. »
Dans cette phrase, la subordonnée introduite par « si » comporte deux verbes (pouvoir et être). Les deux devraient être conjugués au même temps, en l’occurrence l’indicatif imparfait.
« Et si en plus ces engins […] pouvaient être utilisés en antidrone, voire […] étaient capables de leurrer ou intercepter un (petit) missile air-sol, l’hélicoptère retrouverait un peu de souffle. »
bien avant toute chose , nous pouvons imaginer beaucoup de possibilités pour l’emploie des drones sur le champs de bataille…
maintenant la question est de savoir quel sont effectivement nos priorités…
Dans nos belles campagnes françaises, les travaux des champs sont notre spécialiste.
C’est pourquoi nous pouvons affirmer que le mot champ s’écrit sans s au singulier.
Le champ de bataille, le champ de mines, le champ de tir, le champ d’honneur, un champ de blé.
Quand on emploie des drones, on fait de l’emploi de drones.
Quelles sont nos priorités.
« conjuguer la déception avec du renseignement »
Pour le coup « déception » est un anglicisme crasse. Il ne s’agit pas de décevoir l’ennemi (« oh ce n’est pas un vrai hélico, je suis déçudéçudéçudéçu »), mais de le duper.
J’ai eu la même réaction, avant de me souvenir du sens classique que l’anglais a emprunté et maintenu jusqu’à aujourd’hui.
« Ne cherchons donc point d’assurance et de fermeté ; notre raison est toujours déçue par l’inconstance des apparences : rien ne peut fixer le fini entre les deux infinis qui l’enferment et le fuient. »
Pascal, Pensées, cité par Littré
Une manoeuvre de deception n’est pas un anglicisme.
Votre ignorance est crasse.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9ception_(militaire)
Non, ça vient du latin et c’est du vieux français:https://www.etymonline.com/fr/word/deception
Ou, si vous préférez cette source:https://www.cnrtl.fr/etymologie/d%C3%A9ception
En fait, ce qui se passe,Vinz, c’est que les vieux grigous cocardiers comme vous se flattent de dénoncer les anglicismes en oubliant un peu trop rapidement que l’anglais a des origines… françaises.
Donc, avant de mettre en route la machine à dénoncer les anglicismes, vérifiez que vous n’êtes pas en face d’un vieux mot français, ce qui est le cas ici. Il nous revient sous son ancienne acception, après avoir fait un petit tour de quelques siècles outre-Manche, alors que de notre côté du Channel, il changé de sens sous sa forme moderne. C’est un retour au bercail en quelque sorte.
Donc, oui, c’est un sens importé, mais non, ce n’est pas un anglicisme. C’est tout le contraire: un « francisme ».
Toujours est-il que le mot a désormais une double acception en français:https://fr.wiktionary.org/wiki/d%C3%A9ception
Bon, évidemment, cela suppose d’être un peu progressiste et je sais que ce n’est pas votre fort.
« en oubliant un peu trop rapidement que l’anglais a des origines… françaises »
attention, capitaine truisme est de sortie…
manifestement, tout préoccupé de ta cuistrerie, tu n’as pas pris la peine de bien comprendre ce qu’est un anglicisme : ce n’est pas un mot anglais qui n’aurait aucune origine française, c’est le phénomène – souvent dispensable – d’importation en français d’un terme dont on reprend la signification anglaise, quand bien même elle diffère (par ex un agenda qui est un programme en globish, et juste un carnet en français)
donc vinz a évidemment raison rajouter une acception totalement différente sous prétexte qu' »au moyen age on disait » est un sophisme à crétins qui en plus veulent rajouter la culture-confiture qu’ils n’ont pas
jusqu’à il y a vingt ans, on n’aurait jamais employé ce terme, on aurait parlé d’art de la ruse ou de la duperie, parce que qund on le trouve aux XVIII7mesiècle on ne parle pas de Français mais de François le terme a disparu et son sens a été repris par les deux cités
si ‘déception’ réapparaît dans le jargon français c’est évidemment parce qu’il est tiré du jargon globish et rien d’autre. Donc effectivement un anglicisme (ou un NATOism pour être plus exact)
« aux XVIII7mesiècle »
Au XVIIIe siècle.
« Donc, oui, c’est un sens importé, mais non, ce n’est pas un anglicisme. »
Bah vous donnez la définition d’un anglicisme…. -> « Tournure propre à la langue anglaise » ; l’étymologie est parfaitement secondaire là dedans.
J’observe qu’avec Czar vous déplacez le sujet de la discussion sur la définition de l’anglicisme.
Je vous répond à tous les deux en un com:
A Czar: vous confondez le mot et le sens du mot. Le mot est français. Même quand il est en anglais. Je vais vous remettre mon premier lien, dans sa vraie langue, l’anglais:https://www.etymonline.com/word/deception
Je vais faire mieux, je vais le copier:
Origin and history of deception
deception(n.)
early 15c., decepcioun, « act of misleading, a lie, a falsehood, » from Old French déception (13c., decepcion) or directly from Late Latin deceptionem (nominative deceptio) « a deceiving, » noun of state or action from past-participle stem of Latin decipere « to ensnare, take in, beguile, cheat, » from de « from » or pejorative (see de-) + capere « to take, » from PIE root *kap- « to grasp. »
From mid-15c. as « state of being deceived; error, mistake; » from 1794 as « artifice, cheat, that which deceives. »
Donc, ici vous avez un texte anglais qui vous dit qu’un mot anglais (deception) est d’origine française et qu’à l’époque il avait telle acception et que c’est sous cette acception qu’il s’est imposé dans la langue anglaise, pendant que de l’autre côté de la Manche, en France, son sens évoluait dans une autre direction.
Et puis, plus tard, cette acception originelle a été reprise en France: attention, ce n’est pas le mot lui-même qui est revenu en France (il ne l’a jamais quittée car il est toujours en usage, mais sous une autre acception) c’est son acception originelle, complètement française.
Donc, je me répète: on n’est pas en face d’un anglicime, mais d’un ‘francisme »: d’un retour dans la langue française d’un ancien usage abandonné, via l’emploi d’un mot qu’on croit anglais et qu’on croit traduire en français, commettant ainsi un anglicisme (un emprunt, si l’on préfère).
C’est pas un emprunt, c’est un remboursement: les Anglais nous rembourse se que nous leur avons prêté jadis.
A Vinz: non, l’étymologie n’est pas secondaire, parce que non seulement elle vous donne le sens, mais également l’origine du mot.
Or, le procès en anglicisme se déroule précisément sur ces deux plans: le sens du mot et son origine.
Quand vous dites: « tel mot est un anglicisme crasse », vous lui reprochez de venir de l’étranger en pervertissant, en altérant la langue française. Donc vous faites le procès du mot sur le plan de l’origine et du sens, en l’espèce le « mauvais sens », celui qu’il faut proscrire parce qu’il est étranger.
Donc, non l’étymologie n’a rien de secondaire.
Mais ici, je ne parlais pas de ça: l’étymologie du mot est latine, je l’ai juste signalée en passant pour rappeler qu’il avait pour origine le latin. Ce qui m’intéressais, c’était pas tellement son origine, mais son parcours: le fait que le mot ait voyagé en traversant les frontières des espaces linguistiques, pour revenir vers son point de départ.
Donc, ici, il ne s’agit pas d’une tournure propre à la langue anglaise, mais d’une tournure propre à la langue française, du moins à l’origine. C’est en fait un retour au point de départ.
Est-ce que c’est si compliqué que ça à comprendre? Est-ce que ça vaut le coup de ratiociner sur la définition de l’anglicisme, ou pas?
La réaction de Vinz est sans doute exagérée pour un terme solidement établi dans l’usage professionnel, mais votre réaction est sans doute aussi caricaturale. D’une part wiktionary n’est pas une référence officielle même si l’article est correct et cite ses sources.
En outre, je ne suis pas convaincu par votre argument: d’où tirez-vous qu’on ne peut pas parler d’anglicisme lorsqu’un terme anglais a une origine française ou latine?
Enfin et surtout, là où vous exagérez c’est que la double acception n’est pas si nette sur le site de l’académie française, le sens de tromperie étant limité à la terminologie professionnelle.
« On se rappellera qu’aujourd’hui déception signifie « désappointement » et non « tromperie », et que le français a à sa disposition des termes comme décevant ou trompeur qui permettent d’éviter tout malentendu. »
https://www.academie-francaise.fr/deceptif
Mais en effet si l’article pour « déception » n’évoque que le sens de désappointement pour la langue française, il fournit un lien vers http://www.culture.fr/franceterme/terme/DEFE825 qui décrit l’acception de tromperie pour le langage professionnel dans le domaine de la défense.
https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9D0400
On pourra noter aussi que le sens de tromperie a été maintenu jusqu’à la 7e édition du dictionnaire de l’académie en 1878, donc le changement de sens a été officiellement entériné sous la IIIe République.
Ajoutons que les avis de la Commission d’enrichissement de la langue française (qui sont répertoriés sur le site https://www.culture.fr/franceterme/ ) font l’objet d’une validation par l’Académie française avant leur publication au Journal officiel.
L’Académie a donc officiellement approuvé l’emploi de déception pour transposer l’anglais « deception » pour parler de tromperie dans le langage militaire.
Le fait que ce mot ait conservé en français cette acception jusqu’à la fin du 19e siècle n’est sans doute pas étranger à cette validation.
En outre, les avis de la CELF, une fois publiés au JORF, sont d’usage obligatoire dans les administrations et les établissements de l’État.
Depuis le 5 décembre 2013, il ne peut donc aucunement être tenu rigueur à un militaire d’utiliser le mot déception au sens de tromperie.
https://www.culture.fr/FranceTerme/Le-dispositif-d-enrichissement-de-la-langue-francaise
https://www.culture.fr/franceterme/Qui-sommes-nous
Et pour finir sur un thème qui m’est cher, la CELF n’a jamais proposé d’utiliser « opérer » au sens de mettre en œuvre pour traduire l’anglais « to operate ». On n’opère pas Rafale.
@précision,
D’où je tiens qu’on ne peut pas parler d’anglicisme lorsqu’un terme à une origine française ou latine?
Posons les choses autrement, voulez-vous?
J’ai simplement dit que lorsqu’un mot anglais viens du français, son « retour en France », en quelque sorte n’est pas un anglicisme.
1- A la base un anglicisme est un emprunt à la fois du mot et du sens à la langue anglaise: football, buzz, bashing, best of, leader, challenge, coach, startup, marketing, mail, etc, sont des anglicismes.
2- Par extension, on parle d’anglicisme pour désigner des mots français, mais employés sous une acception issue de la langue anglaise. Mais ils sont assez rares. Là, tout de suite, je ne vois qu’agenda, rappelé par Czar, ou opérer cité par Robert Collins.
Donc, anglicisme = 1 au sens strict, et 1+2 par extension.
Déception, ou opportunité, qui est lui-aussi souvent cité comme un anglicisme, n’appartiennent pas à cette catégorie: ce sont des mots dont l’une des acceptions est passée dans la langue anglaise, alors que son usage s’est perdu dans la langue française, puis y est revenu par traduction du mot anglais.
C’est un scénario plus compliqué qu’un simple emprunt comme burn-out, come-back ou checklist, voire un emprunt par extension comme agenda, ou opérer.
Mais, dès que ça devient un poil plus compliqué que le schéma habituel, je perds pas mal de gens en route, j’ai l’impression. Pourtant, je vous assure que j’essaye d’être clair.
Bref, je disais donc que déception a désormais une double acception et – que vois-je? – vous admettez vous-même que cette acception est admise en matière militaire (ce qui n’a rien à voir avec son sens d’origine en vieux français, au passage).
Donc, finalement on est d’accord?
Reste un truc à régler: vous me dites que ma réaction est caricaturale et exagérée. Bon ben écoutez, si vous voulez. Ca me dérange pas qu’on dise ça si, en fin de compte, on est d’accord avec ce que je dis…
Comme ça on sera deux à avoir une réaction caricaturale et exagérée (andouille!)
Le mot déception est depuis 2013 la recommandation officielle de transposition en français de l’anglais « deception » au sens de tromperie dans le vocabulaire professionnel militaire.
https://www.culture.fr/franceterme/terme/DEFE825
Ok dont acte. J’enlève le « crasse » mais c’est pas joli joli tout ça.
Enfin si on peut « décevoir » sa femme sans se sentir coupable, tant mieux.
D’un point de vue personnel, j’admets que ce déception qui était sorti de l’usage me chagrine tout de même un peu et qu’il me semble que tromperie, duperie, ruse de guerre, manipulation et autres intoxications et trucages me paraissent préférables.
Votre prudence est mère de sûreté et vous évitera de déclencher par inadvertance la machine à dénoncer les anglicismes, d’autant que ceux qui la servent tirent d’abord et comprennent ensuite.
Les hommes du grand 3 ( Semper Ad Alta ) ,innovent pour faire évolué l’aérocombat .
Pour faire évoluer.
Tous mes voeux de réussite à cette approche.
J’imagine que dans le VladimirLand on y songe aussi. Il faudra donc également développer les outils de ségrégation entre leures et véritables cibles hva (haute valeur ajoutée).
Sans déc?
Bonne idée. Séduction avant déception (si prévue), pas déception directement.
Le fait de placer un drone entre l’unité à protéger et la menace peut multiplier les effets de leurrage, quand ils sont combinés. En dernier recours, un drone peut se positionner sur la route d’un vecteur assaillant pour subir à la place de la cible initiale. Avant l’ultime recours qui va détruire le drone à la place de l’aéronef à protéger, le drone va 1/ Séduire à la place de l’autre, 2/ détourner directement ou Saturer (par envoi de flares ou chaffs dans le champ de détection adverse) et 3/ Décevoir en écartant la menace de l’axe, avec grosse éventualité de perte. Je veux dire par là que la déception relève plus de l’équipage qui pilote que du drone qui séduit.
En partant du principe que le drone qui leurre part de l’aéronef en mouvement, il faudrait peut-être une mire radarisable non fixe, amovible par giration. Le court délai de réaction de l’équipage suggère aussi un emport externe, pour mise en œuvre immédiate. Cette remarque n’a pas lieu d’être si le drône est systématiquement activé par anticipation, mais une récupération parait ambitieuse. Retenons qu’il est envisageable d’avoir une voilure discrète (pour discrétion sous emport) qui active une mire précise pour devenir plus séducteur (pour être acquis par la menace).
@Vinz
Leurrage pour les gens comme moi (pas Bac +12):
Séduction, saturation, déception. Ce sont les trois étapes qui permettent entre-temps à l’avion, ou navire, ou soum, d’écarter une menace immédiate. Si le drone déçoit tout de suite, il n’aide pas. C’est l’hélico qui déçoit la détection ennemie, après que le drone se charge des deux premières étapes, ou de la première si l’hélico leurre tout seul. Si le drone déçoit, pour faire simple, c’est parce qu’il dirige la menace vers un axe complètement en dehors du champ de l’hélico à détecter.
@Howk
On peut saluer l’inventivité de l’ALAT et ce projet de drone leurre. Mais gardons à l’esprit qu’il s’agit là de se prémunir contre une menace radar : or, ce qui menace le plus les hélicos, ce sont les MANPADS à guidage IR, ou les drones/MTO qui disposent avant tout de capteurs optiques (optiques multivoies pour les plus avancés) et qui seront désormais programmés pour donner la chasse aux voilures tournantes. Ce drone-leurre ne sera que de peu d’utilité face à ces menaces…
Bonjour HMX 🙂
[Outre les ELA et le DTA, l’armée de Terre a un troisième projet dans ses cartons : celui de développer un drone à voilure fixe, capable de simuler la SURFACE EQUIVALENTE RADAR d’une hélicoptère de reconnaissance et d’attaque pour leurrer les systèmes de détection de l’ennemi et lui imposer des « dilemmes tactiques » en cachant les « réelles intentions d’une unité de l’ALAT déployée ».]
[ « Ce concept a été expérimenté au préalable par de multiples exercices sur simulateur, reproduisant un scénario intégrant une menace sol-air COMPLETE directement inspirée du retour d’expérience de pilotes ukrainiens.]
En dehors des petits détails des déclarations dans l’article, je suis d’accord avec la menace SATCP à guidage IR.
J’émets quand même l’hypothèse que le drone recherché, à faible coût, devrait être léger en optronique pour raisons financières. On peut parfaitement envisager la détection thermique, IR, par voie TV ou EM à partir du porteur piloté plutôt que du drone.
On pourrait accepter l’idée que le drone est utile pour deux raisons:
– focalisation et leurrage de la menace AVANT arrivée sur site, par voie EM passive (écho clone). Un hélico qui vole en TBA est détectable par des moyens aéroportés; c’est là que le drone peut aider l’hélico à se diluer dans des signaux identiques à lui-même. Je ne parle pas de paillettes ici.
– positionnement entre l’alerte missile et l’aéronef protégé, après détection de menace par l’hélicoptère, transmise au drone par liaison courte de données.
Une fois dans le bouillon, j’ai du mal à envisager un drone qui se positionnerait parfaitement entre son leader et l’alerte SATCP ou IR – moyenne portée. Ca voudrait dire que le drone coute cher et qu’il va être coton à prépositionner sur voilure d’hélico. Un vecteur IR n’émettant pas, il faut du sérieux pour voir arriver dans un champ de détection non restreint. L’OSF du Rafale coûte une blinde, par exemple. Les systèmes de détection en haut des matures des frégates ne sont pas gratuits.
Tout ce qui précède est hypothétique et subjectif. Merci pour vos contributions dans l’ensemble. Vous m’apprenez souvent.
Tapez Electro-optical missile plume detection, vous devriez trouver de quoi inspirer vos réflexions sur la détection d’un missile IR.
HMX, ce drone à voilure fixe a pour objet de leurrer les systèmes de détection de l’ennemi afin de lui imposer un dilemme tactique. Il ne s’agit pas d’un leurre défensif destiné à s’intercaler entre le missile et sa cible. On pense plutôt le faire évoluer vers des missions de renseignement.
Par conséquent, on n’est pas dans le domaine de la protection antimissile ou anti-MTO/FPV.
Là, on parle juste de mettre deux échos sur un écran radar pour que le mec en face se demande où se trouve la vraie attaque. Donc, on regarde la capacité offensive de l’hélico d’attaque et de reco en se demandant ce qu’on peut faire pour l’aider avec un drone (là, on attaque!).
Ensuite, on parle autoprotection de l’hélico si vous voulez, mais c’est pas le même compartiment de la réflexion (là, on se défend!).
Vous comprenez?
L’armée vous explique qu’elle essaye de valoriser les capacités offensives de ses hélicos d’attaque, et vous, vous répondez que c’est pas ça qu’il faut faire et qu’il faut surtout les protéger contre les MANPAD et autres menaces légères, ce qu’on sait depuis la guerre du Vietnam, en gros.
Vous êtes un peu contrariant, je trouve.
Voilà exactement, le drone leurre. Là où nous avons été déçu, c’est quand les tirs de MDCN ont foiré pendant l’opé Hamilton en 2018.
Quitte à inventer un terme, leurrage aurait été plus adéquat.
Entre autres nombreuses possibilités.
Au cas où certains ne comprendraient pas que l’IA fait son apparition pour analyser les informations fournies par les radars,
la surface équivalente radar d’un hélico ne signifie pas qu’elle mime aussi son comportement, cheminement et vitesse, notamment en analysant les vents, les autres échos radars. Un pilote humain aura des caractéristiques comme des micro pauses pour analyser la situation contrairement à une machine.
La reconnaissance faciale mais aussi la démarche et les caractéristiques morphologiques pour déterminer un humain lambda dans la rue, y a la même chose pour analyser une info à partir d’un radar. Ensuite, je ne sais pas si en France on est à jour ce sur point d’évidence.