Le sous-marin nucléaire d’attaque Tourville a été admis au service actif

Ce 4 juillet, en se rendant à la base navale de Toulon, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a fait d’une pierre deux coups. En effet, il a d’abord inauguré le bassin Missiessy n°2 [ou MY02], lequel a fait l’objet d’un vaste chantier de modernisation mené sous l’égide du Service d’infrastructure de la défense [SID] afin de lui permettre d’accueillir les sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] de classe Suffren.
Ainsi, livré au printemps dernier, soit cinq ans après le bassin Missiessy n°1, qui a connu un traitement identique, le MY02 a été notamment mis aux normes parasismiques les plus récentes. Son mécanisme d’obturation, ses stations de pompage et ses installations électriques ont été entièrement rénovées. En outre, il est désormais doté de structures mobiles afin d’empêcher les satellites d’observation de s’intéresser de trop près aux activités qui s’y dérouleront.
C’est « l’un des plus grands chantiers hors norme du ministère des Armées de ces six dernières années, avec des vitesses d’exécution remarquables », a souligné M. Lecornu. « On parle de 29 000 m³ de béton, 55 kilomètres de câble électrique, de 450 millions d’euros d’investissement », a-t-il ajouté.
Le troisième bassin, Missiessy n°3, fait actuellement l’objet de travaux similaires. Cela étant, à la différence des deux premiers, il sera utilisé pour les arrêts techniques majeurs [ATM] des SNA de la classe Suffren. Et cela en raison de sa proximité avec les installations nucléaires de la rade, de telles opérations nécessitant de recharger les chaufferies des sous-marins et de débarquer le combustible irradié. Ce chantier devrait être achevé avant la première Indisponibilité périodique pour entretien et réparation [IPER] du Suffren, admis au service actif en 2022.
Ensuite, M. Lecornu a profité de l’occasion pour déclarer le SNA Tourville, le troisième de la classe Suffren, apte au service actif. Et cela moins d’un an après le début de ses premiers essais en mer. Actuellement, ce sous-marin se trouve justement dans le bassin Missiessy n°2, pour un arrêt technique de dix semaines, consécutif à son déploiement de longue durée [DLD], lequel a permis de vérifier ses capacités militaires.
Plus grand port militaire d’Europe, premier employeur du Var.
La base navale de Toulon en est une démonstration : les investissements dans notre défense votés en loi de programmation militaire délivrent.
Aujourd'hui, le sous-marin nucléaire d'attaque Tourville est admis au… pic.twitter.com/RZ91YpJ5md
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) July 4, 2025
Durant ce DLD, dont certaines escales ont été médiatisées, comme celles effectuées au Portugal et au Canada [avec l’appel d’offres sur les futurs sous-marins canadiens en vue], le Tourville s’est surtout concentré sur l’Atlantique et les eaux glaciales du Grand Nord. A-t-il navigué sous la banquise, comme le font régulièrement ses homologues américains, russes et britanniques ? La Marine nationale n’a rien dit à ce sujet.
La classe Suffren [six unités prévues, ndlr] « arrive au moment où le Pentagone se pose la question de débrancher un certain nombre de moyens maritimes du continent européen pour les basculer sur l’Indopacifique. Il faudra donc bien que des pays décident de mettre plus de bateaux et de sous-marins pour défendre notre continent », a déclaré M. Lecornu, en évoquant le Tourville.
Et cela d’autant plus que, a-t-il ajouté, selon Var Information, « un certain nombre de compétiteurs sur la trame sous-marin ne nous ont pas attendus » car « si la Fédération de Russie n’a pas toujours brillé par l’efficacité de sa marine et de ses bateaux de surface, il faut reconnaître que sa sous-marinade est dépositaire d’un savoir-faire qui vient de la Guerre Froide. »
Pour rappel, affichant un déplacement de 5 300 tonnes en plongée pour une longueur de 99 mètres et un diamètre de 8,8 mètres, un sous-marin de la classe Suffren dispose de capteurs dix à quinze fois plus performants qu’un SNA de la classe Rubis. Encore plus discret, il est armé de missiles antinavires Exocet SM39 modernisés, de torpilles lourdes filoguidées F-21, de mines et de missiles de croisière navals [MdCN]. Il peut être équipé d’un hangar de pont [Dry Dock Shelter] afin de mettre en Å“uvre le propulseur sous-marin de troisième génération [PSM3G] utilisé par les commandos marine.





Bravo !!
L’excellence française à comparer avec les déboires des homologues américaine et britannique sans parler des marines russe et chinoise…..
La « publicité  » apportée à ce fleuron industriel sera-t-elle suffisante pour inciter d’autres à s’offrir ce bijou ? Le Canada en tête mais qui encore pour imaginer avoir une sous-marinade de premier ordre ? Les australiens peuvent nourrir quelques regrets mais pourquoi pas quelques unités (2 ou 3 ) en attendant le graal US ?
Et bien voilà une très bonne nouvelle. Décidément, monsieur Lecornu est investi de sa mission, cela fait plaisir à voir. Qu’il continue ainsi, c’est bon pour la défense de notre pays ainsi que pour son impact géopolitique.
Et c’est malheureusement bien le seul !
Sauf que nos moyens maritimes sont de loin insuffisants, nous manquons de frégates de 1er rang et 2 SNA supplémentaires serait un minimum…
Bienvenu au Tourville, et félicitations à ses concepteurs, fabricants et équipages.
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On notera ici que le bassin Missiessy de Toulon sera clairement suffisamment capacitaire pour la mise en oeuvre de sa flotille de 6 SNA.
Le nouveau bassin MY03 à venir (pour 2030, pour le 1er ATM du Suffren, 10 ans après le démarrage de sa chaudière nucléaire) verra les 6 SNA défiler les uns après les autres, pour des ATM de 18 mois maximum (soit 9 ans d’ATM en continu pour 6 SNA qui peuvent attendre 10 ans chacun … il y a donc là un peu de marge).
Pour les Arrêts tecniques annuels, d’environ 10 semaines, de chaque sous-marin (hormis celui qui est en ATM), ce sont les 2 tous nouveaux bassins MY01 et MY02 qui seront donc utilisés.
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Un calcul rapide tend à montrer qu’il y a là de la marge avec ces 3 cales sèches complémentaires, soit pour de gros imprévus, …
… soit pour permettre de gérer …. un 7ème SNA .!!!. 🙂
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Nous savons qu’il ne sera pas possible d’en construire un dans la foulée du 6ème, la nef de Cherbourg devant passer au SNLE-3G à l’issue de la construction du 6ème SNA Suffren (et aucune des pièces majeures pour ce SNA 7 n’a été commandée de toutes façons, notamment la chaudière nucléaire qu’il faut commander très longtemps à l’avance, pas loin de 10 ans plus tôt).
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Mais nous savons aussi que pour construire les 4 sous-marins néerlandais, calasse Orka, Naval Group va bâtir à Cherbourg une 2nde nef de construction, capable d’assurer leur assemblage ….
… Peut-être qu’un SNA français 7 serait réalisable ensuite dans cette nouvelle nef, à la suite des Orka 1, 2, 3 et 4 (sachant que le classe Orka est dérivé du Barracuda/Suffren, et à peine un peu plus court que ce dernier) ???…
Si c’est le cas, alors nous aurons peut-être une souplesse pour étoffer potentiellement un peu la flotille de SNA … sans devoir nécessairement attendre la fin de la construction du SNLE-3G n°4 (vers 2045/2050) …!
… Ok c’est un juste un voeux, … pas vraiment une probablité solide.
Mais percevoir que nous avons des infrastructures et arsenaux capables de faire un peu plus si besoin, c’est rassurant (surtout lorsque l’on compare avec les terribles soucis du UK pour entrtenir ses propres SNA et SNLE … un drame passé sous silence).
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En tous les cas, ravi de voir la flotille de Suffren monter en puissance de manière aussi ponctuelle et maitrisée … ce qui est tout sauf un cas général quand on compare avec « tous » les autres pays armés de SNA.
7e SNA , idée stratégique intéressante pour les déploiements lointains. Si c’est envisageable, ça résoudrait beaucoup de choses.
Ce sont les 2 tout nouveaux bassins.
L’accord de « tout » quand il est adverbe (ce qui est le cas ici) suit une règle assez particulière (à commencer par le fait qu’un adverbe puisse s’accorder) :
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/22907/la-grammaire/ladverbe/tout-employe-comme-adverbe
Je pense que la décision a déjà été prise. Lecornu attend seulement le bon moment pour l’annoncer. Lorsqu’on écoute son discours il dit en substance que la flotte sous-marine russe est l’une des rares choses qui fonctionne bien chez les russes, que les US se désengagent et consacrent moins de moyens pour sécuriser l’Europe et que par conséquent il faudra bien que « certains pays » mettent plus de moyens. Comme juste avant il parlait de l’étendue de la ZEE française, il est assez transparent que dans les « certains pays » il y aura la France.
A coté de cela il y a les trois bassins rénovés, soit-disant pour entretenir six sous-marins.
Par ailleurs il y a un curieux décalage de deux ans entre le Rubis et le Casabianca alors que pour les précédents on était plutôt sur 14 ou 15 mois. Je ne serais donc pas étonné que le Casabianca et le ou les sous-marins en bonus soient légèrement différents et comportent des nouvelles capacités.
Voir en 8:45
https://www.youtube.com/watch?v=jIyxe0LIy7Q
@Aymard
Merci pour lien.
Excellent discours de notre Mindef. A écouter en intégralité.
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« soient légèrement différents et comportent des nouvelles capacités. »
… certains ont déjà annoncé ici que les SNA Suffren #5 et 6 devraient en effet mettre en œuvre de nouveaux systèmes, devant aussi équiper nos futurs SNLE-3G, comme par exemple un nouveau système de combat… sauf erreur.
Et en tous les cas, dès le SNA De Grasse, il y aura aussi un système de mise en œuvre autonome d’antenne linéaire remorquée (qui sera sans doute ajouté aux 3 premiers après chantier retrofit), avec une ALR de tte nouvelle techno.
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Pour la décision rapide de commander un SNA #7, je suis un peu moins optimiste que vous, mais je croise tt de même les doigts, naturellement 😉
@Aymard
En voilà qui ont la même compréhension que vous du discours de M. Lecornu 🙂
https://lemarin.ouest-france.fr/defense/plus-de-fregates-et-de-sous-marins-le-ministre-des-armees-dessine-le-renforcement-de-la-flotte-3357d42a-58d6-11f0-a250-ccec68869d1d
… 2 SNA de plus ???… Ouahou !
(dommage de ne pouvoir lire l’article en intégralité).
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En parallèle, en parlant de « certains pays » qui devaient mettre plus de moyens, je pense aussi au Danemark, qui avait des sous-marins mais n’en a plus et qui pourrait être volontaire pour retrouver cette capacité militaire … pourquoi pas via qques classe Orka déjà retenu par les Néerlandais ?!?…
Merci. Oui l’article doit être intéressant
Quelques Classe Orka déjà retenus.
Soi-disant.
Sans « t » à « soi » (c’est le pronom personnel).
Littéralement : disant de soi-même. S’attribuant telle ou telle qualité.
Il y a les trois bassins rénovés, soi-disant pour entretenir six sous-marins.
Toutefois, en toute rigueur, « soi-disant » ne devrait être employé que pour un sujet doué de la parole, ce qui n’est pas le cas d’un bassin. À défaut, on emploiera « prétendu » ou « prétendument ».
Il y a les trois bassins rénovés, prétendument pour entretenir six sous-marins.
Magnifique bâtiment, voilà une affaire qui roule, ou plutôt qui glisse…en silence.
Magnifique navire, 2 de plus ne seraient pas un luxe.
Ces bâtiments sont des merveilles de technologie, et le savoir-faire Français est tout simplement le meilleur, c’est comme ça. Moi j’en construirait davantage, financés par l’abandon du PAN trop vulnérable aux hypersoniques.
J’en construirais davantage.
la vulnérabilité des porte-avions est théorique.
d’abord parce qu’un tel bâtiment est grand, solide, et résilient. durant la.deuxième GM, plusieurs porte avion ont été durement touché mais ont été achevés par leur propre camp. car abandonnés, mais toujours à flots.
le Franklin est un exemple frappant alors qu’avec son plein d’essence et de munitions, il se transformait en brasier géant…
avec des équipes de contrôle des dommages bien formés un Pa de 60.000 tonnes ne peut être détruit que par un impact de torpille sous la.coque ou un tir nucléaire.
c’est une capacité qui est rare et qui désigne naturellement des pays à considérer… différemment.
dans tous les cas, rien n’est indestructible, et rien n’est totalement nul avec une tactique adapté.
Allez, 3 de plus ne seraient pas un luxe.
Financièrement ça n’a pas de sens, il en faut quatre de plus
7/8 SNA et 5 SNLE, ne serait pas de trop
Mais Bravo aux industriels, Ã la DGA, et a ce bon Lecornu …
Hourra !
serait il possible à l’avenir d’avoir comme l’ont les américains des sna capables d »envoyer plusieurs dizaines de missiles de croisières ?
24 armes au total torpilles comprises pour notre sous marin.
@Jeanot
Pas de projet de silos verticaux pour nos SNA pour l’instant.
Et côté salle des torpilles, s’il y a un projet en cours d’en augmenter la capacité de stockage d’armes, à mon avis ce serait plutôt pour emporter des drones en plus (en plus des armes déjà prévues), comme le drone D-19, dérivé de la torpille F21.
Avec les drones qui arrivent, faudrait avoir un peu plus de capacité d’emport au total … pas seulement pour des MDCN en plus …
Mais naturellement, tout dépend ensuite de la mission à laquelle le SNA se prépare.
Le retour au format pré 1990 pour les sous-marins est un impératif avec 6 SNLE et 8 SNA, en lieu et place des SNA de 1ère génération et des 4 Agosta.
Pour ce qui est de l’infra (très mauvais souvenir d’« oubli » et de « bourrage » en pleine programmation budgétaire pour 844M€), c’était indispensable pour protéger enfin la ville.
La question est désormais sa vulnérabilité et son unicité, pour que Toulon ne soit pas notre Sébastopol.