TKMS va entretenir et moderniser les sous-marins de type U212A de la marine allemande pour 800 millions d’euros

En décembre dernier, la chambre basse du Parlement allemand [Bundestag] autorisa la Deutsche Marine à acquérir, pour cinq milliards d’euros, quatre sous-marins à propulsion diesel-électrique de type U212CD en plus des deux exemplaires précédemment commandés auprès de TKMS [ThyssenKrupp Marine Systems] dans le cadre d’une coopération avec la Norvège.

« Le contexte sécuritaire dans la mer Baltique et dans la mer du Nord rend impérative la mise en place rapide d’une capacité de défense. Cette acquisition est d’une importance cruciale pour sécuriser le flanc nord de l’Otan », avait justifié le ministère allemand de la Défense.

A priori, il est question d’aller plus loin encore. En tout cas, c’est ce que suggère que le document « Objectif de la flotte à partir de 2035 » [« Zielbild der Marine ab 2035 »] qui, publié par la Deutsche Marine en mars 2023, évoque la possibilité de porter à neuf le nombre de sous-marins de type U212CD après 2035.

« Les sous-marins et autres véhicules sous-marins modernes peuvent causer d’énormes dégâts, même en temps de paix, car les attaques sous-marines contre des cibles civiles et militaires sont difficiles à attribuer à un seul auteur. Pour y parvenir, la Marine a besoin de capteurs sous-marins modernes, d’analyses assistées par l’intelligence artificielle [IA] pour avoir une meilleure connaissance tactique de la situation sous-marine, ainsi que de systèmes d’armes défensifs et offensifs, de sous-marins et de drones », explique ce document.

Plus récemment, la marine allemande a fait savoir, via son plan stratégique « Der Kurs Marine », qu’elle avait l’intention de doter ses futurs sous-marins de type U212CD d’une capacité de frappe dans la profondeur, grâce, sans doute, au missile NSM-SL, produit par Kongsberg Defence & Aerospace.

En attendant, la Deutsche Marine doit se contenter de six sous-marins de type U212A, admis au service actif entre 2005 [le U31] et 2016 [le U36].

Ces dernières années, la flotte sous-marine allemande n’a pas été épargnée par les problèmes. En 2017, aucun d’entre eux n’était en mesure de prendre la mer, notamment à cause d’un manque de pièces détachées nécessaires à leur Maintien en condition opérationnelle [MCO]. La situation s’est progressivement améliorée par la suite, grâce à la hausse des crédits budgétaires et un meilleur approvisionnement.

Quoi qu’il en soit, afin de garantir la disponibilité de ces sous-marins, l’Office fédéral de l’équipement, des technologies de l’information et de l’utilisation de la Bundeswehr [BAAINBw] vient de notifier un contrat de plus de 800 millions d’euros à TKMS pour assurer leur maintenance pendant dix ans et la modernisation de quatre d’entre eux.

L’accent sera mis sur les systèmes d’armes, de navigation et de commandement des « quatre sous-marins du premier lot, l’objectif étant de pérenniser la supériorité technologique de la flotte sous-marine allemande afin de relever les défis futurs de la défense nationale et de l’Alliance [Otan] », a précisé TKMS.

Les sous-marins en question ont été admis au service entre 2005 et 2007, les deux derniers de la série, les U-35 et U-36 ayant rejoint la flotte allemande entre 2015 et 2016.

« Ce contrat de service d’envergure renforce notre collaboration établie et de confiance avec la Marine allemande, également dans le domaine de la maintenance », s’est félicité Oliver Burkhard, le PDG de TKMS, sans s’attarder sur la modernisation des quatre U212A les plus anciens.

Affichant un déplacement de 1 830 tonnes en plongée pour une longueur de 56 mètres et équipés d’un système de propulsion anaérobie [AIP], les sous-marins de type 212A peuvent naviguer à la vitesse de 20 nÅ“uds [12 nÅ“uds en surface]. Dotés de 6 tubes lance-torpilles pour torpille lourde DM2A4, d’une portée supérieure à 50 kilomètres, et d’un système de défense anti-torpilles C303/S, ils disposent d’un sonar d’étrave DSQS-21G, d’un sonar latéral FAS 3-1, d’un sonar télémétrique passif PRS 3-15 et d’un sonar remorqué TAS 83/DTA 50 ainsi que de deux périscopes [SERO 14 pour l’observation, SERO 15 pour l’attaque].

« Relativement petits » et mis en œuvre par un équipage réduit à vingt-huit marins, les U212A sont « parfaitement adaptés à une utilisation en eaux peu profondes, par exemple en mer du Nord et en mer Baltique, mais aussi au large de toutes les côtes du monde », résume la Deutsche Marine.

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7 contributions

  1. Carin dit :

    C’est pas avec des U212, qui lorsqu’ils peuvent sortir, ne s’occupent que des eaux exclusives allemandes, qui l’Allemagne va prendre la tête des armées européennes…
    Ils se rendent compte de l’inutilité de ces soums en océans?
    Ils se rendent compte que la grosse guerre à venir se fera autour de la Chine?
    Eh bien oui, ils le savent, c’est la raison pour laquelle ils cirent les pompes américaines, et sont même prêts à toutes les bassesses, pour que justement ce soit les américains qui aillent combattre à leur place, y compris dans le cadre OTAN… puisque hors de leurs frontières.
    Tout ce que l’Allemagne veut, ce sont les postes de commandements, pas envoyer des troupes, même pas si les USA étaient attaqués!
    Et ils ne sont pas les seuls au sein de l’OTAN à penser pareil.

    • Ouf ouf dit :

      Ils n’ont qu’à rejoindre le programme AUKUS…

    • toufik dit :

      @Carin : si déjà un nombre suffisant peut patrouiller dans la Baltique, en Antlantique Nord et en Méditerranée, ce serait déjà bien. A chaque décennie suffit sa peine.
      Et perso, je suis pas pressé que la sous-marinade allemande retrouve sa « splendeur » passée.

      • rainbowknight dit :

        La sous-marinade allemande sa « splendeur » passée ? Cool ……

      • Motoscafo dit :

        @ Carin la bête noire d’@ Le chouan, celui qui prospère sur une rade de bêtises « cake part » dans ce pays. Ici comme « l’ôtre », le « Pôvre » il rame aussi….. Donc balle au centre pour la suite.

      • PHILIPPE dit :

        Pour information les allemands sont tout de même à l’origine des tuiles anéchoïques :

        « L’U-1105 est l’un d’une dizaine de sous-marins allemands dont la coque est revêtue de caoutchouc de 4 mm d’épaisseur. La technologie des tuiles anéchoïques est développée par l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, sous le nom de code Alberich (un sorcier invisible de la mythologie allemande). Ce revêtement atténue les sons dans la plage de fréquences de 10 à 18 kHz à 15 % de leur puissance initiale. Cette dernière correspond à celles des premiers sonars ASDIC utilisés par les Alliés. Grâce à ce revêtement, la portée opérationnelle des ASDIC était réduite de 2 000 mètres à 300 mètres. Ce processus d’enrobage très secret a finalement contribué à la sauvegarde du bateau dans des conditions de combat extrêmes, lui valant le nom de « Black Panther ». C’est notamment pour cette raison qu’est peint un emblème sur son kiosque, représentant une panthère noire couchée sur un globe. »
        Ce revêtement équipe les sous-marins suivants : Type IIB — U-11 ; Type VIIC — U-480, U-485 et U-486 ; Type VIIC/41 — U-1105, U-1106, U-1107, U-1304, U-1306 et U-1308 ; Type XXIII — U-4704 (en), U-4708 et U-4709
        extrait de
        https://www.bing.com/search?pglt=297&q=wikip%C3%A9dia+unterseeboot+1105&cvid=bb7027266fb741d0bf4279ac9e85c10b&gs_lcrp=EgRlZGdlKgYIABBFGDkyBggAEEUYOdIBCTMxODY1ajBqMagCALACAA&FORM=ANNTA1&PC=ACTS

    • Lex dit :

      Les U212 sont adaptés aux mers allemandes, c’est à dire Baltique et Mer du Nord.
      Ce sont des sous-marins pour les eaux peu profondes, et peu éloignées de leur bases.
      Par contre, pour les immensités Atlantique, Pacifique et Arctique, il vaut mieux un Barracuda ou un Virginia (ou un Iassen mais je ne suis pas sûr qu’il soit encore produit)