Des unités des forces spéciales rejoignent la Communauté cyber des armées

Le « cyberespace » ayant été reconnu comme étant un domaine opérationnel à part entière, au même titre que la terre, la mer et les airs, la question de créer une branche armée dédiée fut posée il y a un peu plus de dix ans. Alors ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait en effet parlé de « quatrième armée » au regard des enjeux à venir.
Chef de la cyberdéfense française à l’époque, le contre-amiral Arnaud Coustillière se montra réticent. « Je doute que ce soit une bonne solution à court terme parce que nous risquons alors de perdre en cohérence en sortant les spécialistes des différentes armées, en provoquant une telle cassure », avait-il dit.
D’où la création, en 2017, du Commandement de la cyberdéfense [COMCYBER], dans une logique interarmées.
Placé sous l’autorité du chef d’état-major des armées [CEMA], ce commandement opérationnel réunit l’ensemble des unités dédiées à la protection des systèmes d’information mis en Å“uvre par le ministère des Armées. Il est notamment chargé de planifier et de conduire les opérations dans le cyberespace au travers d’actions relevant de la Lutte informatique offensive [LIO] et de la Lutte informatique d’influence [L2I] et d’assurer la préparation opérationnelle des forces dans le domaine cyber.
Pour cela, le COMCYBER s’appuie sur un état-major et sur un groupement de la cyberdéfense des armées [GCA], lequel réunit le centre d’analyse en lutte informatique défensive [CALID], le centre d’audits de la sécurité des systèmes d’information [CASSI], le centre des homologations principales interarmées [CHPI] et le centre cyber de préparation opérationnelle [C2PO].
En novembre 2023, le CEMA, le général Thierry Burkhard, a officialisé la création de la « Communauté cyber des armées », censée réunir plusieurs unités spécialisées des différentes armées autour du COMCYBER.
« L’appartenance à une même communauté, la communauté cyber des armées, vous donne une raison supplémentaire de vous rassembler. Militaires comme civils, au nom de la France, vous portez le glaive et le bouclier dans le cyberespace », avait expliqué le CEMA, lors d’une cérémonie organisée à l’occasion de la création de cette « communauté ».
Cette dernière réunissait alors les 44e et 54e Régiments de Transmissions [RT], l’École des transmissions [ETRS], la 807e Compagnie de Transmissions [CET], la 785e Compagnie de guerre électronique [CGE], le Centre interarmées des actions sur l’environnement [CIAE], le commando de marine Kieffer [doté de sections d’appui spécialisés dans la guerre électronique et les actions cyber], le Centre Support Cyberdéfense [CSC] de la Marine nationale, l’Escadron des Systèmes d’Informations Opérationnels et de Cyberdéfense [ESIOC] et l’Escadron Électronique Sol [EES] de l’armée de l’Air & de l’Espace. Soit onze unités au total, en comptant le COMCYBER.
Or, cette « Communauté cyber des armées » vient quasiment de doubler de taille. En effet, le 26 juin, le ministère des Armées a fait savoir qu’elle allait accueillir onze unités supplémentaires, dont certaines sont, à l’instar du commando Kieffer, mises à la disposition du Commandement des opérations spéciales [COS].
C’est en effet le cas du 6e escadron du 13e Régiment de Dragons Parachutistes [RDP] et de la Compagnie d’appui au commandement du 1er Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa] ainsi que celui du Commando parachutiste 30.566 [CPA30], lequel possède des capacités d’appui spécialisé au profit des opérations spéciales.
De création récente, le Régiment de cyberdéfense de l’armée de Terre a naturellement rejoint cette communauté cyber, dont font aussi désormais partie le Centre de renseignement Terre, la 712e Compagnie de Transmissions, le Centre de renseignement de la Marine [CRMAR], le Centre des opérations cyber-électroniques Air, le Centre de renseignement Air et le Centre opérationnel de la sécurité [SOC] de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information.
Mais la présence d’une autre unité de l’AAE peut sembler surprenante. Actuellement équipé de deux Avions légers de surveillance et de renseignement [ALSR] « Vador », l’Escadron de reconnaissance 4/33 Périgord a en effet rejoint la Communauté cyber des armées, alors qu’il est spécialisé dans le renseignement aéroporté. Pourquoi ce seul escadron et pas la totalité de la 33e Escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque [ESRA], dont les drones MQ-9 Reaper peuvent emporter une nacelle pour le renseignement électromagnétique ?
Quoi qu’il en soit, avance le ministère des Armées, depuis qu’elle a été créée, la Communauté cyber des armée a « produit des effets opérationnels, capacitaires et RH [ressources humaines], grâce à un « engagement opérationnel coordonné du niveau stratégique au niveau tactique, en passant par le niveau opératif », une « cohérence capacitaire » garantie par le COMCYBER, des « synergies entre unités pour renforcer leur efficacité d’action » et une « mise en visibilité des parcours de carrière cyber au sein des armées ».





En parlant de « visibilité » ……. si le CEMA arrive à s’y reconnaître…c’est le principal. Je vais relire à tête reposée. Sinon pour noyer le « poisson » il n’y a pas mieux. Mention spéciale au rédacteur de l’article qui a dû prendre des sueurs froides pour être précis.
Je vous rejoint ! Cette accumulation de sigles barbares et d’organismes aux noms à coucher dehors est sidérante ! Quel foutoir ! Mais quel foutoir !
J’espère que le fameux Régiment de cyberdéfense (créé début 2025) recevra le drapeau d’un régiment de transmissions. Et pourquoi ne pas rebaptiser aussi plusieurs de ces organismes sous le nom de X…e compagnie de guerre électronique (CGE) ? Cela ferait un peu plus mili et un peu plus pêchu quand même…
Parce que la guerre électronique et le cyber, c’est différent, même s’il va y avoir de plus en plus de convergences . En gros, la guerre électronique, c’est l’art de localiser, classifier et perturber les signaux électromagnétiques. Le cyber, c’est l’art de perturber ou prendre le contrôle d’un ordinateur ou calculateur. Et la convergences c’est quand on utilise le signal pour prendre contrôle d’un calculateur – encore très rare de nos jours.
Je rejoins.
Bein le but est atteint, perturber l’ENI et faire en sorte qu’il s’y perde et n’y comprenne plus rien à notre organigramme.
Si au final il croit que l’on a un doublement des forces et des moyens, tant mieux lol.
Bien vu !
Ce sont trois (3) VADOR (et non deux, la différence est « notable »…) qui équipent la 33…
En effet, +50% d’équipements, c’est mieux que les 5% du PIB demandés par Trump 😉
On repète tous ensemble l’europe de la défiance…..
Je n’y connais pas grand chose, mais d’habitude je crois qu’on intègre des experts « sécurité de l’information » avec des équipes infiltration, pas l’inverse.