La Suède sélectionne le radar à longue portée TPY-4 de Lockheed Martin

Actuellement, les capacités de détection des forces armées suédoises reposent notamment sur les radars PS-871 et PS-861, lesquels ont été conçus dans les années 1970. D’où la nécessité de les remplacer afin de tenir compte de l’évolution des menaces.
S’agissant des PS-871, l’Administration suédoise du matériel de défense [Försvarets materielverk – FMV] a annoncé, en avril, qu’elle avait retenu le radar Ground Master 200 MM/C [ou GM200 MM/C], produit par Thales Nederland, la filiale néerlandaise du groupe français Thales. Et de préciser qu’une commande d’une valeur d’un milliard de couronnes suédoises [environ 90 millions d’euros] allait être prochainement notifiée.
« Le radar de moyenne portée GM200 MM/C contribuera à renforcer la reconnaissance de l’espace aérien pour les forces armées suédoises. Ce radar offre un temps de couverture augmenté sur une large gamme de menaces grâce à la dernière génération de technologie AESA 4D [à antennes actives] », avait alors commenté Thales.
Du point de vue de la FMV, l’achat de radars GM200 MM/C, au-delà de leurs performances, pouvait se justifier par la recherche d’une interopérabilité avec les partenaires les plus proches de la Suède, la Norvège, le Danemark et la Lituanie ayant également commandé ce système auprès de Thales.
Restait à faire un choix pour le successeur du PS-861, dont la durée de vie opérationnelle avait été prolongée « au moins » jusqu’en 2020, à l’issue d’une mise à jour effectuée en 2009. Cette fois, à l’instar de la Norvège, qui en a commandé onze exemplaires [huit en 2022 et trois en 2024], la Suède à sélectionné le radar à balayage électronique à longue portée TPY-4 de l’américain Lockheed Martin.
« La FMV a signé un accord avec Lockheed Martin pour des systèmes radar longue portée TPY-4, qui remplaceront le système actuel des forces armées suédoises, le PS-861, qui approche de la fin de sa durée de vie », a en effet annoncé l’agence du ministère suèdois de la Défense, ce 4 juin.
Le TPY-4 « offrira aux forces armées suédoises une capacité de détection étendue et des performances accrues par rapport au système actuel. Il peut notamment détecter de petites cibles à longue distance », a fait valoir Anna Stolpe, une responsable de la FMV. « C’est un avantage pour la coopération au sein de l’Otan que davantage de pays alliés utilisent le même système », a-t-elle ajouté.
Le nombre de radars TPY-4 devant être livrés n’a pas été précisé. Cela étant, le montant de cette commande s’élève « à environ un milliard de couronnes ». Le premier système devrait être remis aux forces suédoises en 2027.
Par ailleurs, la FMV n’a rien dit au sujet d’éventuels transferts de technologie… Alors que le contrat notifié par le ministère norvégien de la Défense à Lockheed Martin prévoyait une implication de Kongsberg Defence Aerospace [KDA] dans le développement du TPY-4.
« Nous sommes honorés de soutenir la défense et la sécurité de nos alliés », s’est réjoui Rick Cordaro, le responsable de la division « Systèmes radar et capteurs » de Lockheed Martin.
« Le TPY-4 représente une avancée significative en matière de dissuasion intégrée, améliorant l’interopérabilité avec les alliés de l’Otan. En tant que partenaire de confiance de l’US Air Force, de la Norvège et désormais de la Suède, nous nous engageons à fournir cette capacité radar avancée pour contribuer à faire face aux menaces complexes et évolutives auxquelles sont confrontés les États-Unis et leurs alliés », a-t-il conclu.





Pour info, en stationnaire, le radar a une portée de 1000 km, et le GM400α annonce une portée de 515 km pour des bombardiers.
Le TPY-4 est Bande L: bien pour détecter du rapide à longue distance. En Bande L Thales propose le SMART-L: https://www.thalesgroup.com/en/markets/defence-and-security/naval-forces/above-water-warfare/smart-l-multi-mission
Le TPY-4 a comme avantage sur le SMART-L qu’il est plus facilement transportable par avion, camion, train et qu’il s’installe et se désinstalle beaucoup plus facilement.
Le SMART-L en service pour le moment n’a pas de version mobile opérationnelle il me semble.
A terre, il a une mobilité opérationnelle niveau gros chantier BTP, pas niveau opérationnelle militaire.
La principale différence est que le TPY-4 est au GaN alors que le Smart-L est au GaS/GaaS. L’écart de puissance entre deux AESA GaN vs GaS et énorme.
Le TPY-4 est également conçu dès le départ avec des filtres pour les petits objets basses vitesses (UAV)
Il convient de rappeler que la Terre a le bon goût d’être courbé, et que les ondes radars vont (en simplifiant) tout droit. Aussi avoir une porté de 1000km, c’est partir détecter les satellites en orbites basses, ce qui est rarement utile.
Pour autant : grande portée = beaucoup d’énergie utilisée = meilleure détection des petits avions à distance équivalente, mais c’est aussi un radar qui consomme énormément plus, avec plus de demande de calcul, et donc qui chauffe et coûte beaucoup plus. En bref, avoir une longue portée ce n’est pas beaucoup plus difficile à faire, mais ce n’est pas toujours utile. Ça ne sert à rien de produire une Ferrari si ton client veut une Twingo.
La Terre a le bon goût d’être courbée (ou d’être courbe).
Comme les ondes radios qui peuvent porter plus loin en rebondissant sur la ionosphere (je crois). Il y a peut-être bien une possibilité avec les radars?
Toutes les ondes radioélectriques ne vont pas forcément en ligne droite. Certaines bandes de fréquences vont se propager en suivant la courbure du sol (ou de l’eau), tandis que d’autres vont être réfléchies par certaines couches de l’atmosphère et se propager en faisant des « rebonds » dessus. C’est comme ça qu’on obtient des radars qu’on dit « transhorizon », c’est à dire qui peuvent détecter des aéronefs plus loin que ce que la portée optique habituelle permet.
« Aussi avoir une porté de 1000km, c’est partir détecter les satellites en orbites basses, ce qui est rarement utile. »
Détection des missiles balistiques.
@Vinz
Absolument.
Altitude Portée max théorique (sol plat, sans masquage)
1 km ~130 km
5 km ~260 km
10 km ~370 km
20 km ~470 km
30 km ~540 km
100 km ~700 km
Chez Thales le radar longue portée haut de trame n’est pas le GM400α, mais le SMART-L MM/F, 2000 Km de portée.
Le Ground Master 400α (GM400α) -est un radar de surveillance et de protection aérienne 3D à longue portée et il possède un avantage sur la mobilité et le redéploiement en moins d’une heure « thalesgroup.com/fr/marches/defense-et-securite/forces-aeriennes/protection-lespace-aerien/surface-radars/ground-master »;
Vous comparez un radar mobile à un radar fixe?
La Suède utilise déjà le SMART-L MM/F en radar fixe. https://thedefensepost.com/2023/07/10/sweden-thales-special-radar/
Pour le TPY-4 en comparaison au GM400α, la mobilité du choix dépendra de ce que la Suède a commandé. Il existe, en plus de la variante de base sur plateforme déposée, une variante sur remorque, et une variante sur camion.
Dans le Système international d’unités, K (majuscule) est le symbole du kelvin et k (minuscule) est le symbole du préfixe kilo.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kelvin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kilo
En conséquence, le symbole du kilomètre est km et non « Km ».
2 000 km de portée.
Le radar SMART-L n’est pas un radar mobile. Il est uniquement prévu pour un usage sur position terrestre fixe ou depuis un navire. En solution mobile (terrestre), Thales ne propose pas mieux que le GM400α.
Le TPY-4 st un radar AESA ,GaN en bande L.C’est d’abord un radar de surveillance aerienne en particulier dans la haute atmosphere et au delà (defense anti missile B) Pour voir une bonne resolution il faut une tres grande dalle, et beaucoup de modules TRM,donc de la « sauce ». (Ga N..)Sa mobilité et ses capacites de camouflage sont modestes (taille,groupe electrogène.).Les Suèdois veulent couvrir les menaces de missiles venant de l’Arctique probablement
Le GM 400 alpha est un radarAESA , module Ga N, en Bande S, destiné au champ de bataille élargi , beaucoup plus mobile , dalle réduite,et avec moins de besoin énergetique capable de faire une « bulle » ,integré au systeme de « battle management  » beaucoup plus facile à priori car bien meilleures résolutions;Pas le même coût
La comparaison avec le smart L naval (EWC,missile , 2000 km annoncé sur les nouvelles fregates NL) est assez pertinente .On peu comparer un radar naval sur un bateau , mobile par définition,avec un gros radar pas tres mobile à terre pour beaucoup de pays ayant des façades maritimes (Grèce , Norvège, Canada,Indonesie , Australie, UK..)
Des systemes assez differents dans leurs usages et assez complémentaires
1000km pour quelle ser ?
La portée de 1000 km du TPY-4 doit probablement correspondre à une cible à haute altitude, non furtive, avec une surface équivalente radar (SER) d’environ 0,1 à 1 m² — typiquement une ogive de missile balistique en phase intermédiaire. Ce n’est donc pas une grosse cible, mais elle n’est pas furtive, et comme elle vole très haut (au-delà de 50 km), le radar peut probablement la détecter très loin. Contre une cible furtive ou basse, la portée chute fortement.
Si l’on connait les excellentes performances des radars Ground Master 200 MM/C, Ground Master 400, SMART-L MM/F, le TPY-4 américain est plus discret quant à ses qualités dont la principale semble être l’utilisation dans des environnements électromagnétiques complexes. Chaque radar ayant ses propres spécificités (capacités de détection ; selon ce que l’on veut détecter et prioriser), ce qui explique le mix actuel [Le radar “universel“ n’existe pas encore] ; mais le choix sera également guidé par le budget alloué à l’acquisition de ces systèmes et les SAV proposés… Il n’en demeure pas moins qu’actuellement les radars de Thales dominent le marché mondial.
SMART-L MM/F, jusqu’à 2 000 km pour la détection de missiles balistiques, MAIS 400 km POUR LA SURVEILLANCE AERIENNE, en bande L, long à déployer (très souvent installé en version navale fixe), également efficace pour des cibles furtives (400km), architecture modulaire similaire au Sea Fire.
TPY-4, jusqu’à 1 000 km, radar multi-missions en bande L, utilisant une technologie à base de nitrure de gallium (GaN) assurant une couverture efficace pour détecter nombre de menaces (du drone au missile hypersoniques), serait déployable en 60 mn, performances exactes confidentielles.
GM400 (GM403, GM406 et GM400α), jusqu’à 500km, en bande S, présentant la particularité d’être moins mobile que les 200, déployable en 60 mn, capacité de détection de cibles à très haute et très basse altitude (avions tactiques, drones, missiles de croisière, missiles balistiques).
GM200 MM/C et GM200 MM/A, jusqu’à 400 km, radar multi-missions et multirôles, aussi capable de guider des tirs de contre-batterie, c’est le plus rapide à être déployé (2 minutes pour le A et 15 mn pour le B).
Mais il ne faut pas oublier les radars russes et chinois, comme le Voronej (8 000 km), le Konteiner (32 000 km), le Rezonans-NE (350 km), les JY-26 et 27A (300 à 400 km), les KJ-2000 et KJ-200 (300 à 400 km), qui sont des systèmes hautement performants [Comme d’ailleurs on a pu le constater lors de l’opération indienne « Sindoor »…]. ). Certains de ces radars semblant capables de contre-furtivité et de travailler en réseau, remettant ainsi fortement en question la supériorité aérienne actuelle des États-Unis…
Tout cela en attendant le développement des futurs radars encore aujourd’hui expérimentaux (Radar quantique, laser-radar, …).
@Roland Despartes. « Il n’en demeure pas moins qu’actuellement les radars de Thales dominent le marché mondial. ». Lorsqu’il y a un peu plus d’une année , XT a affirmé cela devant le responsable Thales des radars basées à terre ou en mer, ledit responsable l’a corrigé en pointant du doigt la concurrence outre atlantique… Il s’est contenté de la position de leader européen…
Le symbole de la minute est min et non « mn » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Minute_(temps)
Déployable en 60 min.
Et 15Â min pour le B.
Coquille : le Konteiner (3 000 km)