Les Philippines soufflent le chaud et le froid sur l’éventuel achat d’avions de combat F-16 Viper

En 2021, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargée des exportations d’équipements militaires américains, autorisa la vente potentielle aux Philippines de douze chasseurs-bombardiers F-16 « Viper » pour un montant évalué à 2,4 milliards de dollars, sans compter le prix des munitions…
N’étant pas en mesure de financer une telle acquisition, l’intérêt de Manille se porta sur le JAS-39 Gripen du constructeur suédois Saab, en raison, notamment, de sa capacité à tirer des missiles air-air longue portée « Meteor » ainsi que des missiles antinavires RBS-15 Mk.III.
Deux ans plus tard, en marge du forum « Shangri-La Dialogue », organisé à Singapour, le ministre suédois de la Défense, PÃ¥l Jonson, et son homologue philippin, Carlito Galvez Jr., signèrent un protocole d’accord ouvrant la voie à l’achat de Gripen. Mais aucune annonce ne fut faite par la suite.
Or, en avril, alors que le chef du Pentagone, Pete Hegseth, venait de rappeler l’engagement de Washington à fournir l’assistance nécessaire aux forces philippines pour qu’elles soient en mesure de contrer « toutes les menaces », en particulier les « agressions chinoises » en mer de Chine méridionale, la DSCA a publié un nouvel avis autorisant Manille à se procurer vingt F-16C/D « Viper » pour 5,58 milliards de dollars.
Si l’achat de douze F-16 « Viper » n’avait pas été jugé possible il y a quatre ans, comment pourrait-il en aller autrement pour vingt appareils ? Une aide financière américaine est-elle prévue ? Et la DSCA avait-elle préalablement été sollicitée par Manille avant de publier son avis ?
« Nous devons étudier comment financer un projet aussi important. Il appartient au ministre de la Défense, Gilbert Teodoro, et, en dernier ressort, au président [Ferdinand Marcos Jr], de déterminer comment nous pourrons acquérir ces F-16 », a commenté José Manuel Romualdez, l’ambassadeur des Philippines aux États-Unis, la semaine passée.
Or, selon M. Teodoro, aucune offre n’aurait encore été officiellement faite par le gouvernement américain au sujet de l’achat potentiel de ces vingt F-16 « Viper ». C’est en effet ce qu’il a affirmé lors de la dernière édition du Shangri-La Dialogue. « En ce qui me concerne, il n’y a rien sur la table que je puisse prendre en considération », a-t-il dit, selon des propos rapportés par Defense News.
En outre, il semblerait que les Philippines n’aient adressé aucune demande aux États-Unis pour se procurer des F-16 Viper. En effet, M. Teodoro a laissé entendre qu’il ne pouvait pas expliquer pourquoi la DSCA avait approuvé une telle vente, sauf à faire du « battage médiatique ». Et pour cause : « Nous n’avons même pas encore décidé quand nous allons acquérir un avion de combat multirôle », a-t-il dit.
Cela étant, via un communiqué publié le 25 avril, Lockheed Martin a suggéré que le contrat était quasiment acquis.
« Lockheed Martin est fier de soutenir les efforts des Philippines pour moderniser leurs capacités aériennes grâce au F-16 Block 70, qui offrira des capacités et des performances avancées pour répondre aux besoins de défense des Philippines et constituera un atout stratégique pour soutenir la posture de défense autonome du pays », avait en effet déclaré Aimee Burnett, responsable du développement commercial du F-16.





Les Philippines cherchent des partenaires défensifs face à la Chine. Les USA sont forcément favoris en ce sens, même si l’avion est moins bon. A voir à quel point ils voient le taco comme un partenaire fiable.
Et ils ne devraient pas le prendre au sérieux. Il a trop peur des Xi et Poutine.
« Or, en avril, alors que le chef du Pentagone, Pete Hegseth, venait de rappeler l’engagement de Washington à fournir l’assistance nécessaire aux forces philippines pour qu’elles soient en mesure de contrer « toutes les menaces » » En termes élégants et choisis cela veut dire si vous achetez nos « navions » soyez convaincu de notre soutien plein et entier (enfin…… en fonction de « l’humeur » du jour de Donald!)
« Or, selon M. Teodoro, aucune offre n’aurait encore été officiellement faite par le gouvernement américain au sujet de l’achat potentiel de ces vingt F-16 « Viper ». Le ministre doit avoir la mauvaise impression qu’on lui passe par dessus!
« Cela étant, via un communiqué publié le 25 avril, Lockheed Martin a suggéré que le contrat était quasiment acquis. » De l’art de forcer la main!
« Lockheed Martin est fier de soutenir les efforts des Philippines pour moderniser leurs capacités aériennes grâce au F-16 Block 70, qui offrira des capacités et des performances avancées pour répondre aux besoins de défense des Philippines » Tu m’étonnes!
@Pascal. Ça ressemble « aux aventures du petit Nicolas »…
Je ne vois pas trop le rapport mais si vous le dites! Ça ressemble plus à « tordre le bras »….. »amicalement »!
Si ce choix se concrétise, je suis triste pour nos amis suédois de chez SAAB, et cela démontre une nouvelle fois que l’achat d’un avion de guerre est principalement dépendant de considérations purement politiques. Tu achètes chez moi, je t’apporte mon soutien ; tu choisis la concurrence, tu m’oublies en cas de problème, et gare à tes fesses si ton gouvernement est un jour accusé de malversations…
Difficile de lutter contre de telles pressions, Dassault en sait quelques chose… D’autant plus que face à la Chine, 20 avions c’est pour faire de la police du ciel, même avec des Meteor… [L’armée des Philippines c’est 370 000 soldats dont 170 000 réservistes et une trentaine d’avions de chasse, alors que la Chine aligne plus de 2 millions de militaires avec plus de 3 500 avions (2024)].
Il est indéniable que le sentiment de sécurité est accru par une alliance philippino-américaine, et le récent exercice de grande ampleur «Balikatan» («épaule contre épaule», avril/mai 2024) mené conjointement par les forces philippines et les forces américaines ne peut que démontrer que seule la puissance américaine est capable de dissuader ce voisin si vindicatif. Par ailleurs, Philippines et États-Unis étant liés par un traité de défense mutuel depuis 1951, traité prévoyant que chacun des deux États vienne en aide à l’autre État signataire en cas d’attaque armée, il est donc clair que les dés sont pipés.
@Roland Despartes : le ministre Teodoro est un peu nunuche (ou simplement indélicat) sur les bords. Tout au plus devrait-il suggérer que pour 279 millions de dollars l’unité (oui, je sais c’est pas aussi simple, mais bon…), on lui refourgue un peu mieux que des F-16 Viper…
La défense de son pays ne serait pas une partie de plaisir pour les US si ça s’envenime vraiment. On ne va pas se bousculer pour les aider, la France certes peut-être un plus que les autres (participation à l’exercice Balikatan en 2024). Alors tant pis pour les manières de caïds de l’administration Trump, c’est déjà bien qu’ils poursuivent les exercices Balikatan.
https://en.m.wikipedia.org/wiki/Balikatan
les mirages 2000 du katar et des emirats arabes unis d occase seraient aussi de bonnes options
Ainsi qu’une tartine de Qiri. Désolé
Ah la vache !
Vous la mangez avec du Qartare ?
Du Qatar.
Des Émirats arabes unis.
Quelle confusion! Résultat de l’indiscriminé dynamitage administratif en cours? Va falloir songer à remettre quelques courroies de transmission en fonction après que le DOGE ait rendu sa cape, car pour ce type d’emplette il est assez peu tentant d’aller chez Bozo le clown…
« Va falloir songer à remettre quelques courroies de transmission en fonction après que le DOGE ait rendu sa cape »
Le subjonctif est presque systématiquement précédé de « que », mais « que » n’est pas toujours suivi du subjonctif.
Ainsi, alors qu’« avant que » est employé avec le subjonctif, « après que » nécessite l’usage de l’indicatif :
Va falloir songer à remettre quelques courroies de transmission en fonction après que le DOGE a rendu sa cape.
https://www.academie-francaise.fr/apres-que
∼ ¤ ∽
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
                                     (L’Âme des poètes,1951)
Affaire d’influence et de gros sous avec une politique discordante et volatile. Seul LM a de la suite dans ses idées. Faut-il s’en étonner?
L’annonce de L.M. est assez présomptueuse…
Car depuis octobre dernier, Manille a complètement relancé son programme d’acquisition de chasseurs MRF.
Ainsi, en plus du F-16V et du Gripen E/F, on trouve désormais le Rafale F4, le EF2000 T4 (présenté par Leonardo), le F-15EX et…le KAI KF-21 Boramae sud-coréen et le TAI TF Kaan turc !
Et pour acquérir peut-être des appareils plus onéreux que le F-16 ou le Gripen initialement en course, la Philippine Air Force a porté son budget d’acquisition de 5 à 7 milliards de dollars US, permettant d’acheter plus d’appareils que prévus au départ. On parle d’une cible de 40 appareils.
https://www.armyrecognition.com/news/aerospace-news/2024/international-competition-for-7-billion-contract-for-40-fighter-jets-in-philippines
Merci Alpha !
Revenez plus souvent.