La DGA étudie les effets de l’explosion d’un propulseur de missile à bord d’un navire

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, les forces françaises, américaines et britanniques lancèrent des frappes contre l’arsenal syrien d’armes chimiques, dans le cadre de l’opération Hamilton. Exigeant un haut degré de coordination entre les différents moyens engagés [aériens et navals], celle-ci fut un succès, les cibles désignées ayant toutes été touchées… même si elle donna lieu à quelques ratés.
En effet, la frégate multimissions [FREMM] « Aquitaine » ne fut pas en mesure de tirer une salve de trois missiles de croisière navals [MdCN] comme cela avait été prévu. Même chose pour la FREMM « Auvergne ». Finalement, ce fut la FREMM « Languedoc », placée en réserve, qui lança la sienne.
Comment expliquer cet enchaînement de circonstances ? Fenêtre de tir trop courte ? Incident(s) technique(s) ? Difficultés à opérer dans une bulle de déni et d’interdiction d’accès, comme celle mise en place par les forces russes en Syrie ? Préparation opérationnelle insuffisante ?
Alors ministre des Armées, Florence Parly, condamna les « fuites » sur l’opération Hamilton, qu’elle qualifia de « malveillantes » car pouvant « nuire à nos armées et à nos industries ». Et d’ajouter : « Après toute opération, il faut tirer des leçons. Les militaires ont un processus bien établi pour cela : les RETEX, ou retours d’expérience, dont nous sommes en train d’exploiter les analyses ».
Sans entrer dans les détails, un rapport parlementaire publié quelques mois plus tard souligna la nécessité pour la Marine nationale de tirer plusieurs leçons après cette opération. L’une d’elles était d’ordre technique. Les « dispositifs matériels de mise en Å“uvre des MDCN peuvent être améliorés », avait-il en effet estimé, avant de noter que des travaux étaient déjà en cours pour y remédier. Quant aux autres, elles devaient mettre l’accent sur le renforcement de la préparation opérationnelle des équipages ainsi que sur les « enjeux doctrinaux ».
Quoi qu’il en soit, même si elle n’a pas eu de conséquences graves, cette affaire rappelle que, pour un navire, tirer un missile, qu’il soit de croisière, surface-air ou antinavire, n’a rien d’anodin… Tout comme le stockage de telles munitions dites « complexes ».
En effet, comme le souligne la Direction générale de l’armement [DGA], stocker des missiles à bord d’un navire comporte des risques, à commencer par celui d’une explosion accidentelle. D’où la campagne d’essais « explosion de propulseur » qu’elle vient de mener avec ses centres d’expertises DGA Techniques navales et DGA Techniques aérospatiales.
« Si le propulseur d’un missile explose, les dommages causés peuvent être dévastateurs. Et si cet accident survient dans la soute à munitions d’un navire de la Marine nationale, il peut le mettre hors d’usage, voire le couler », explique la DGA.
Cette campagne d’essais a consisté à reproduire les effets d’une explosion accidentelle d’un propulseur de missile embarqué pour un lancement vertical. Celui-ci est logé dans « un caisson fermé afin de vérifier les dimensionnements des parois des soutes à munitions en milieu confiné et celui des systèmes de déconfinement des gaz de combustion sur les navires », détaille la DGA.
Deux tirs expérimentaux ont ainsi été effectués. Les données qu’ils ont permis de collecter serviront non seulement à améliorer la sécurité des navires actuels… mais aussi à alimenter les « outils de prédiction numériques nécessaires aux futurs programmes d’armement navals ».





Impressionnant !
Les dégagement de flammes observés pourraient-ils provoquer un incendie à bord ?
Ils paraissent situés à des endroits précis, ce qui laisse supposer un dessin structurel pour qu’il en soit ainsi, mais sur quoi déboucheraient ces flammes dans un navire ?
Merci d’avance à ceux qui savent pour leurs réponses (dans les limites de ce qui est publiable ici, bien entendu).
@Gamberge
Oui, ce genre de cas est prévu dès la conception. Les gaz de combustion, ou le cas échéant la surpression liée à l’explosion d’un propulseur, sont dirigés vers des évents prévus et dimensionnés à cet effet, et la structure du VLS joue également un rôle d’amortisseur (un peu comme la déformation programmée d’une voiture en cas d’accident). Un système d’extinction est également installé pour parer à un éventuel début d’incendie. On cherche autant que possible à limiter les dégâts d’une éventuelle explosion, et surtout à éviter qu’une explosion puisse engendrer une réaction en cascade catastrophique avec les autres munitions présentes à proximité (les charges militaires de ces munitions étant elles-mêmes muratisées, ce qui limite les risques). Cela étant, il y a bien sûr des limites physiques, et il est toujours sage de vérifier en pratique, ce qui fonctionne en théorie…
Merci HMX.
Les *dégagements.
Si je me souviens bien, c’est l’abondance de missiles sur un croiseur russe qui facilita sa destruction par les Ukrainiens. Il était difficile de frapper à coté d’un conteneur de munition.
Bonne démarche donc de la par de la DGA.
Je pensais cependant, naïvement, que cela avait déjà été fait.
C est surtout le fait qu ils sont en superstructure. Défaut commun a presque tous les navires russes.
@dolgan
En effet. Enormément de munitions, non muratisées, employant des combustibles parfois instables et très réactifs, et situées pour bon nombre en superstructures… la combinaison gagnante pour un magnifique feu d’artifice. Les navires de conception soviétiques n’ont pas usurpé leur réputation…
De la part de.
Et donc connait-on les défaillances des Fremm pour cette opération ? non parceque un missile qui détonne dans la soute forcément il y a du dégât , et comme elles sont toujours sur l’eau ces Fremm c’est donc un autre problème…lequel ou lesquels..
La cause exacte n a pas été révélée il me semble.
Le rapport parlementaire avait toutefois indiqué que c était du a un défaut de formation (le missile était nouveau) .
L équipage aurait du etre capable de tirer dans la fenetre de tir, et il aurait été capable de tirer un peu plus tard (mais hors de la stricte et courte fenetre de tir)
On peut faire l hypothese qu un parametre extérieur (tres probablement brouillage gps) a ralenti le paramétrage des missiles (le missile a besoin de connaitre sa position de départ et l équipage aurait pu mal maitriser les solutions alternatives au gps). Cette hypothese colle assez bien avec le fait que la frégate qui a tiré était la plus éloignée.
Ne disposez-vous vraiment que du seul accent aigu (que vous maniez d’ailleurs fort bien) ?
Si tel est le cas, vous pourriez employer « causé par » au lieu de « du a » (dû à ) et « était censé pouvoir » au lieu de « aurait du etre capable de » (dû être).
Vous vous rendez compte que votre vie est tellement vide que vous en etes a compter les accents sur internet?
Sortez, rencontrez des gens, socialisez.
Je ne les compte pas, ce serait trop fastidieux…
Et pourquoi pas « vous en arrivez au recensement des » au lieu de « vous en etes a compter les » (êtes à ) ?
Et c’est maintenant qu’on se pose la question ?…
Quand on répond aux spécif des STANAG, on a réglé le sujet dès la conception et la Qualif, non ?
Ben vous n étiez pas a la réunion? Donc comment imaginer que quelqu un d autre que vous ait un jour eu l idée que des munitions stockées pouvaient exploser.
A votre avis, les munitions terrestre devrait elles aussi faire l objet de mesure de sécurité?
« Donc comment imaginer que quelqu un d autre que vous ait un jour eu l idée que des munitions stockées pouvaient exploser. » C’est pour cela que sur un P.A. (ou est stocké munitions et carburéacteur en grande quantité) les munitions sont dites « muratisées »(Munitions à Risques aatténuées)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_d%27information_et_d%27analyse_sur_la_s%C3%A9curit%C3%A9_des_munitions_de_l%27OTAN
Pourquoi, elles ne sont pas muratisées pour diminuer les coûts ?
Les munitions terrestres devraient-elles aussi faire l’objet de mesures de sécurité ?
« Les munitions terrestres devraient-elles aussi faire l’objet de mesures de sécurité ? » Sur terre la superficie permet une dispersion, sur un navire vous êtes dans un espace contraint d’ou un plus grand risque de propagation du feu!
Impressionnant, ça serait ballot de se couler soi-même ! 🙂
le problème de l’ explosion de soute munitions c’est aussi vieux que la marine de guerre et les exemples connu sont nombreux au combat ou pas
les risques d’ explosion de missile ne date pas d’hier et auraient dû être étudié depuis bien longtemps
« e problème de l’ explosion de soute munitions c’est aussi vieux que la marine de guerre et les exemples connu sont nombreux au combat ou pas » C’est ainsi que disparut en quelque minutes le H.M.S. Hood après une « volée » d’obus du Bismarck dont l’un a frappé la soute à munitions! Soute connue comme étant insuffisamment protégée. LeHood littéralement coupé en deux coula en quelques minutes et sur les 1419 hommes de m’équipage il n’y eut que trois survivants! (Il est à noter que le H.M.S. Hood était déjà endommagé suite à des échanges de tir avec le croiseur allemand Prinz Eugen et que le Bismarck a du rentrer à Brest en raison de dégats sur ces réservoirs à carburant!)
Cette catastrophe traumatisa la Royal Navy ce qui fit dire à Winston Churchill « Sink the Bismarck » Coulez le Bismarck!
Â
Le Bismarck a dû rentrer à Brest en raison de dégâts sur Ses réservoirs à carburant.
https://jeretiens.net/ca-ou-sa-ce-ou-se-ces-ou-ses-cest-ou-ses
Médaille, médaille!
Les exemples connus.
@Un civil,
Ici, il ne s’agit pas exactement de cela.
Dans une munition quelconque, vous avez trois parties qui sont susceptibles de vous exploser à la figure:
– 1) La charge militaire
– 2) La charge propulsive
– 3) Les détonateurs
Et dans une munition complexe, il y en a une quatrième: tout ce qui a trait à la fourniture d’énergie électrique, qui peut être explosive ou incendiaire. Sans compter tout ce qui est corrosif ou simplement toxique, mais c’est un autre sujet.
Vous observerez qu’on parle ici spécifiquement de la partie 2, d’une part, et d’autre part, non pas en soute mais en silo, qui est un mode particulier à la fois de stockage et de mise en Å“uvre de l’arme.
Donc, oui, l’explosion des munitions en soute est un sujet aussi ancien que la marine de guerre elle-même. Mais là , on étudie spécifiquement la mise à feu accidentelle ou par une agression extérieure de la partie propulsive de l’arme en silo.
Et ça, ce n’est pas aussi vieux que la marine de guerre elle-même.
J’ajoute, pour répondre cette fois à Perplexe, plus bas, qui s’étonne qu’un système normatif ne soit pas mis au point une bonne fois pour toutes, que vous devez redéfinir les normes chaque fois que vous changez de propulseur. Or, on change souvent de propulseur.
Par exemple, un Exocet ancienne génération (moteur à propergol = carburant solide) ce n’est pas la même chose qu’un Exocet nouvelle génération (turbopropulseur = carburant liquide). Ou: un Mica ancienne génération et un Mica NG, ce n’est pas le même propergol. Un Aster 15 n’est pas un Aster 30, etc.
Donc en réalité, vous avez un effort normatif permanent. Pour élaborer ces normes, vous devez faire des expériences, pour chaque partie de l’arme, et c’est précisément ce que fait la DGA, sur la partie propulsive de l’arme en l’occurrence. Et, ici, l’arme en silo (qui est une étape particulière de sa vie opérationnelle).
Évidemment, cet effort normatif tient compte des retex et de l’évolution des menaces.
Donc, ne vous attendez pas à quelque chose qui sera statique une bonne fois pour toutes ( le genre de trucs que les esprits paresseusement conservateurs adorent). Raisonnez en termes « d’état de l’art » et d’actualisations permanentes. C’est un « work in progress, si vous préférez.
Et c’est bien que la DGA s’y mette, au plan expérimental*. Ca veut dire que nos munitions évoluent et que l’évolution de la menace qui se trouve autour du navire est prise en compte de façon systémique et méthodique.
* Dans la démarche scientifique, il y a plusieurs plans, je vous en décris quelques uns, un peu de façon sommaire:
– 1) Le plan conceptuel abstrait: par exemple, vous êtes un penseur de la Grèce antique et vous vous demandez jusqu’où vous pouvez couper la matière en deux. Et vous aboutissez à un concept d’atome. Imparfait, mais vous tenez le concept.
– 2) L’empirisme: tel Darwin, vous observez les tortues des Galápagos, et vous en déduisez les lois de l’évolution.
– 3) Le stade expérimental de l’empirisme: tel Mendel, vous cultivez des petits pois et vous élaborez, par un mélange d’observations et d’expériences (hypothèses-tests) les lois de base de la génétique.
– 4) La simulation: vous ne pouvez pas faire d’expérience, parce que c’est physiquement pas possible ou c’est moralement prohibé. Ou ça coûte trop cher, ou c’est trop long, etc. Donc, vous simulez le phénomène étudié, mais pour ça il faut de la donnée.
La DGA, elle a fait comme l’ensemble de l’humanité: du 1 et du 2. Et là , elle vous dit très précisément qu’elle fait du 3 et du 4. C’est dit dans l’article:
« Deux tirs expérimentaux ont ainsi été effectués. Les données qu’ils ont permis de collecter serviront non seulement à améliorer la sécurité des navires actuels… mais aussi à alimenter les « outils de prédiction numériques nécessaires aux futurs programmes d’armement navals » ».
Quand on passe du couple 1-2 au couple 3-4, il y a un saut. Ce saut est en train de se faire.
Faut juste savoir lire et décrypter le bordel sémantique, plutôt que de faire son malin et de croire qu’on a tout compris mieux que les autres, qui sont des cons.
Il serait temps de se poser la question…
Effectivement, PERSONNE aux Ministères des Armées, à la DGA, chez les industriels et dans la marine ne s’était posé la question… Contrairement à vous, visiblement 😉
Si cela avait déjà été BIEN fait, alors expliquez moi cette dépense publique dans cette étude sans intérêt selon vous !!!
Avant de vouloir faire votre intéressant, réfléchissez un peu à ce que vous dites. Parce qu’au final, c’est vous qui passez pour un imbécile !!!
Si la DGA fait des tests sur un produit en service depuis 25 ans (sur le CdG) c’est qu’il y a un problème et que vous prenez les ingénieurs de la DGA pour des crétins à refaire ce qui a déjà été fait selon vous !
D’autant que si vous connaissiez un peu le sujet vous seriez que la RN c’était plein de la qualité des silo de fabrication française pour ses T45 de qualité inférieure à ce qui avait été fait en étude.
Vous « seriez » que la RN c’était plein de la qualité : le verbe être n’a rien à faire ici.
Vous sauriez que la RN s’était plainte de la qualité : le verbe savoir a toute sa place dans cette phrase.
Elle se plaint qu’on n’ait pas fait le plein du silo.
Elle s’était plainte qu’on n’eût pas fait le plein du silo.
La RN s’était plainte.
Â
La RN S’était plainte de la qualité des silos.
https://jeretiens.net/ca-ou-sa-ce-ou-se-ces-ou-ses-cest-ou-ses
Il me semble quelle a été posée lors de l’étude de sureté du porte-avion CDG. Mais c’est sur que pour une frégate, c’est moins étudié et plus théorique, faute de budget.
Il me semble qu’elle a été posée. Pas « Il me semble quelle a été posée ».
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/22601/la-grammaire/les-homophones-grammaticaux/les-homophones-quelle-et-quelle
L »art d’enfoncer les portes ouvertes….Et de mettre en évidence ses lacunes. On se préoccupe des dimensionnements dès la conception et on les vérifient lors de la recette.
Il, elle, on vérifie.
On les vérifie.
Merci. Je pensais « ils » dde la DGA…
Au fait, j’ai oublié de vous dire: ce que vous vérifiez lors de la recette, c’est la conformité de ce qui est livré à un cahier des charges.
Mais si vous voulez vérifier la pertinence du cahier des charges au moment de la réception, il est simplement trop tard.
Comme vous ne faites pas la distinction conformité/adéquation, je me permets de l’ajouter aux objections que je vous ai opposées.
C’est-à -dire que votre perplexité s’explique peut-être davantage par une absence de méthode de votre part que par une surdose de bêtise de la part des autres. Surtout les gens qui bossent à plein temps sur le sujet comme, typiquement, un ingé de la DGA.
Le mec est immergé à plein temps dans les problèmes. Vous, c’est occasionnel.
C’est pas le même état d’esprit.
Peut-être l’opportunité de réviser les silos de nos frégates et éventuellement étendre leur possibilité comme l’usage de deux missiles cours dans un seul slot ou un plus grand encore que nos missiles actuels en prenant en compte le besoin de plus longues portées ?
Ce que vous évoquez, c’est la création d’un nouveau VLS Sylver plus polyvalent. C’est hautement souhaitable, et apparemment Naval Group y travaille, hélas davantage pour l’export que pour répondre à une demande de la Marine Nationale. A l’heure actuelle, le Sylver est handicapé, comparé au Mk41 américain, qui permet d’ensiloter des missiles de différente longueur, et permet également l’emport de missiles en configuration « quadpack » (4 missiles dans une cellule).
Dans l’idéal, lorsque ce « Sylver NG » sera disponible, il faudra l’installer en rétrofit sur l’ensemble des frégates en dotation.
Oui, peut-être, mais en tout cas les marins n’aiment pas transformer leur navire en camion à bombes, genre salaire de la peur.
Moins un navire transporte de trucs explosifs, plus sa survivabilité est grande. Et comme nos navires sont conçus pour agir en réseau, c’est une carte qui est jouable.
Jadis, elle ne l’était pas, aujourd’hui, elle l’est.
La vox populi regarde nos navires comme sous-armés. Ce n’est pas faux, mais l’antidote ne consiste pas à rajouter des tonnes d’explosifs en pensant bien faire. Le sujet est plus compliqué.
Je ne dis pas que vous allez vers la solution simpliste qui consiste à rajouter de la tonne d’explosif, hein? Mais je me permets d’attirer votre attention vers la compréhension du système d’armes que représente le navire. Parce que tout part de là .
L’usage de deux missiles courts.
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/22057/lorthographe/homophones-lexicaux/les-homophones-cour-cours-court-et-courre
@ dolgan…ça se tient…merci pour l’hypothèse…
bonjour, bon ils est claire que les systèmes incendie et anti explosion doivent être des plus performant dans un navire de guerres…