LPM 2024-30 : La Marine nationale renonce finalement à un futur Bâtiment de transport léger pour l’outre-mer

Comme l’avait souligné un rapport du Sénat publié en 2022, le retrait des Bâtiments de transport léger [BATRAL, classe Champlain] utilisés par la Marine nationale dans les outre-mer a constitué, dans les faits, une « rupture capacitaire qui ne dit pas son nom » étant donné que leurs successeurs, à savoir les Bâtiments de soutien et d’assistance outre-mer [BSAOM], ont une capacité de transport deux fois moindre et qu’ils n’ont pas été conçus pour des opérations amphibies basiques.

Pour rappel, mis en Å“uvre par une quarantaine de marins, le BATRAL disposait d’une plateforme hélicoptère et de 2 chalands de débarquement type « engin de débarquement pour véhicule et personnel ». Son font plat lui permettait de s’échouer sur une plage [plageage], et donc de s’affranchir de toute installation portuaire.

« La disparition d’une capacité amphibie basique et immédiatement disponible intra-théâtre outre-mer posant de nombreux problèmes logistiques, le rétablissement de ces capacités amphibies est aujourd’hui primordial », avait estimé le rapport du Sénat.

Si, en 2019, le ministère des Armées fit savoir que six des quatorze Engins de débarquement amphibie standard [EDA-S] commandés auprès des Constructions industrielles de la Méditerranée [CNIM] seraient déployés outre-Mer [dont 2 unités à Djibouti, les autres devant rejoindre Mayotte, les Antilles, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie], la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 précise qu’un « programme de navires de projection de force, de type BATRAL […] doit être envisagé pour disposer, lors de la prochaine décennie, de quatre unités stationnées dans nos outre-mer ».

Cette disposition avait été introduite par un amendement soutenu par les députés Jean-Louis Thiériot, Yannick Chenevard, Jean-Charles Larsonneur et Fabien Lainé.

« Nous proposons le lancement d’un programme qui nous permettrait de disposer à terme d’un Batral par aire d’outre-mer : un aux Antilles, un dans l’océan Indien – qui pourra intervenir à Mayotte […] – et deux dans le Pacifique, en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie », avait plaidé M. Thiériot, à l’époque.

Et d’expliquer que de tels navire pourraient aussi avoir une « fonction militaire dissuasive » en permettant de déployer une compagnie de combat dans le cas où un « problème survenait demain aux îles Éparses, sur les îlots Matthew et Hunter ou dans d’autres territoires qui pourraient être contestés ». En outre, avait-il ajouté, ils seraient aussi utiles pour des « missions civilo-militaires » car « parfaitement adaptés » pour répondre à des « crises naturelles et climatiques ».

Ayant de la suite dans les idées, M. Thiériot a profité de l’audition du chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], l’amiral Nicolas Vaujour, pour lui demander où en était la réflexion à ce sujet.

Visiblement, le remplacement des BATRAL n’est pas d’actualité, alors qu’il avait été soutenu par Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, lors des débats sur la LPM 2024-30. Il s’agira de mener « des études de faisabilité » car la « décision de mise en production ou d’acquisition, le cas échéant, se prendra ultérieurement », avait-il cependant prévenu.

« Dans la LPM, il nous a été demandé de travailler sur le sujet. D’abord, les EDA-S arrivent. Ce ne sont pas des BATRAL mais ils ont de vraies capacités pour faire du transport par la mer », a en effet répondu l’amiral Vaujour, le 21 mai.

« Quatorze EDA-S ont été commandés : huit pour la métropole et six pour l’outre-mer. Le premier arrivera à Nouméa en 2025 », a poursuivi le CEMM. « On a fait en sorte qu’ils soient plus rustiques que les EDA-R [Engins de débarquement amphibie rapides], qui vont un peu plus loin mais qui, étant en alu, résistent un peu moins aux échouages ou au ‘gratte-cailloux' », a-t-il expliqué.

Quoi qu’il en soit, a fait valoir l’amiral Vaujour, chaque « plot » d’outre-mer disposera, demain, d’un patrouilleur outre-mer [POM] doté d’un drone, d’une frégate de surveillance ou d’une corvette européenne de patrouille [EPC], d’avions de surveillance maritime Albatros, d’un EDA-S, d’un BSAOM et d’une trame satellitaire de surveillance maritime.

« On aura des plots outre-mer qui seront relativement performants ou qui, en tout cas, auront démultiplié leurs capacités. […] Les EDA-S vont trouver leur place, même s’ils sont un peu plus petits que les BATRAL », a-t-il conclu.

Dotés de deux moteurs Diesel, de deux hélices propulsives et d’un pump-jet à l’avant, les EDA-S sont des monocoques en acier, construits selon une architecture dite « Roll On – Roll Off » avec une rampe à l’avant et une autre, pliable, à l’arrière. Ayant une autonomie de 350 nautiques [650 km], ils ont une capacité de chargement de 80 tonnes.

Photo : BATRAL Dumont d’Urville retiré du service en 2017 – Marine natinale

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60 contributions

  1. Clavier dit :

    Où sont passés les doublements du budget des armées tellement chantés par nos ministres…?
    Il semble bien que les milliards vantés par les autorités nationales et européennes soient essentiellement de la communication à usage électoral !

    • fusilier dit :

      Ce n’est pas une question de budget (lequel a réellement augmenté sur ces deux mandats) Mais, peut-être, de priorités de l’EM de Marine. La Marine veut renforcer l’armement des frégates, FDI entre autres. Elle veut aussi que les « corvettes » destinés à l’OM (et éventuellement métro) soient plus armées que les actuelles frégates de surveillance (niveau Gowind 3000 par exemple) Dans ce cadre, les navires genre Batral ne sont pas prioritaires. Personnellement, je ne trouve pas que les « Batral » soient une si bonne idée, sauf pour faire plaisir à l’Armée de Terre, faire des jolies manoeuvres et occuper les « pioupious ». Un navire multi missions, du genre MSV 90 (dans le catalogue Kership), avec des vraies capacités océaniques, de ténue à la mer, d’intervention / transport, mais aussi de patrouille, serait probablement plus pertinent, 1 par zone: 1 Pacifique (éventuellement 2) 1 Indien, 1 Antilles, 1 en Métro pour les rotations et déploiement ponctuels. Mais, ce n’est sans doute pas la priorité de l’EM, pour l’instant. En tout cas, de mon point de vue, ils ont raison de botter en touche à propos des Batral; ça ne correspond plus ni au contexte, ni au rapport de forces (pas plus que parachuter 100 paras en Afrique…) La Marine, se prépare à la haute intensité et les amiraux sont des gens sérieux.

      • LaMeuse dit :

        « sauf pour faire plaisir à l’Armée de Terre, faire des jolies manoeuvres et occuper les « pioupious ». Quel mépris condescendant ! Il illustre parfaitement l’esprit interarmées perverti qui régit les arbitrages depuis Sarkozy au détriment de l’adT. Mais bon quand ça sent le roussi, même modérément comme en NC en 2024, il n’y a plus personne et on appelle le REP pour garder l’aéroport. Les soldats sont des professionnels qui ont une mission et leur entraînement est tout aussi important que celui des « bleus », même si les deux autres armées ont progressivement transformé équipage et aviateurs en officiers mariniers et sous officiers avec un discours « nous, ce sont des pros ».

        « Tout commence et tout finit à terre ». En remettant le sujet dans le bon ordre, on conclut que si on ne peut pas projeter un élément de combat décisif, les moyens de projections sont inutiles ou relèvent du civil, ce qui devrait justifier la conversion des moyens correspondants de la Marine nationale actuelle vers des Gardes cotes civils professionnels, au statut, à la formation et à l’équipement bien moins coûteux et plus efficaces. Mais bizarrement, vous proposez un bâtiment de 4.500t, qui siérait bien à la Marine (avec deux équipages ?), plutôt qu’un nouveau Batral.

        La haute intensité c’est ponctuel, même si ça peut durer, et local. Et depuis des décennies, l’adT est la seule qui supporte le choc, et les pertes. La priorité de la défense de la France est en Europe, continentale, Atlantique Nord et Méditerranée. Nous devons y concentrer nos moyens et réviser les postures sur les confettis, dont l’indépendance n’aurait rien d’une catastrophe nationale, et la magnifique « 2ème ZEE » dont nous ne faisons rien.

        • fusilier dit :

          Cher LaMeuse, rien de condescendant dans l’expression, juste une figure de style. Le fond, était de savoir si un « Batral » a une utilité, aujourd’hui. Mon point de vue, est que c’est aussi dépassé que la projection de 100 paras en Afrique. On n’est plus dans les années 60/ 70 / 80, où quelques dizaines de gars suffisaient à ramener « l’ordre » (quel ordre? je vous laisse juge) Alors, j’avançais une alternative, qui me semblait plus opérante, puisqu’il était question des moyens de la Marine. Mais, comme pour le Batral, je ne crois pas que ce soit dans les priorités de l’EM de la Marine. Laquelle, axe son effort justement sur l’horizon que vous soulignez et qui comporte un besoin de renforcement du niveau d’armement des navires (d’où des choix). Vous noterez d’ailleurs que les moyens affectés en OM (BSAOM, patrouilleurs) sont conçus dans une logique AEM (« garde-côtes » pour utiliser vôtre vocabulaire) Les futures corvettes OM étant un peu hors de ce cadre. Par ailleurs, je doute que des équipages garde-côtes « civils » seraient moins formés et/ou plus économiques, on peut même parier le contraire (on a des exemples dans l’actualité…). Quand à savoir l’avenir des « confettis », non pas que leur indépendance me fasse perdre le sommeil. Mais, c’est le politique qui fixe des missions, même si cela peut faire l’objet d’un débat national. pour l’instant ce sont des territoires français, qui doivent donc être défendus. Par conséquent des moyens afférant. Quand au choc supporté, en gros Stan et le Sahel, un tonneau des Danaïdes en pure perte, et on pouvait le voir depuis longtemps.

          • Cantatrice dit :

            S’il vous plaît. Quant à, quant au. Avec un t. Pas un d.
            Quant à = En ce qui concerne. Quand à = Lorsque à.
            Quant à savoir l’avenir.
            Quant au choc supporté.

          • LaMeuse dit :

            Votre belle assurance est symptomatique. Elle voile les causes des erreurs, dont nous subissons aujourd’hui les conséquences.

            Si certaines de ces erreurs relèvent du seul politique dans le choix des missions et la définition de leur contexte (ce qui nous concerne néanmoins comme citoyens), votre énoncé souriant « des jolies manoeuvres et occuper les « pioupious » est symptomatique de ce que certains amènent à sa réflexion, en chemise blanche, après les réunions. Et comme le mentionnait justement un de mes pairs: « Quiconque a enfilé un jour une tenue de combat, se sent apte à se prononcer sur les sujets de l’adT. Quiconque a marché 10km avec un sac et une arme ne peut se retenir de se prononcer sur le combat de l’Infanterie».

            Depuis 2022 au moins, le concept d’armée bonzaï mondialisée, acceptant ses trous capacitaires ou les masquant en affichant qu’un autre assurera la mission, ne devrait plus avoir cours. Et c’est à chacun, dans son couloir, d’indiquer ce qui est prioritaire pour exécuter la mission.

      • VinceToto dit :

        Un genre de MSV 90? Un gros(niveau Frégate) navire patrouilleur polyvalent pour les Garde-Côtes/Administrations. Si les administrations des « DOM-TOM » ont les budgets et besoins des garde-côtes US ou chinois, si ils veulent en acheter: pourquoi pas?
        Après, je ne suis pas fan du Batral en 2025. Je suis plutôt pour que ce soit les administrations locales qui voient leurs besoins et moyens en civil/police pour leurs régions et s’accordent avec les militaires/marine français au niveaux régional et national, etc. .

      • dolgan dit :

        Le besoin de RoRo est couvert depuis la métropole et en outremer par des contrats civils. Et bien mieux que ne le ferait un MSV90.

        Le MS90 dans cette configuration n est donc pas non plus adapté . Une version avec la capacité de mettre en oeuvre un EDA me paraitrait plus pertinente. sans etre prioritaire. Avec capacité de mettre en oeuvre 3 ou 4 hélicos.

        Aucun besoin aux antilles qui sont aux portes de la métropole.

      • Marsillach dit :

        tu est complètement à la ramasse les battrai en outre mer sont les bâtiments les plus rentable au point de vue transport pour les troupes pour le matériel pour les accès à des endroits dificile pour les interventions pour catastrophes naturelles il est adapté à toutes les missions possibles ok ça n est pas un lievre des mers et océans il peu se projeter dans le monde antier et surtout il est très fiable avec quelque rénovations et perfectionnement il est loin d être ringard un helicopeut être embarqué il peu être armé il y a la place et ça conception est connue et peu chère il peut embarquer une compagnie de fusilliers ou de troupes armee de terre pour intrevenir ou le besoin s en faut genre cyclone Ugo dans l arc caraibe en 89 up évacuation de français en detraise ça ou la je sais de quoi je parle j y ai été embarqué

        • Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? dit :

          `
          Et Sa conception est connue.

          https://jeretiens.net/ca-ou-sa-ce-ou-se-ces-ou-ses-cest-ou-ses

        • Ceci cela dit :

          Une fois n’est pas coutume, mettons un accent au mot « çà » !
          En effet, « çà ou là » est l’un des rares usages de l’adverbe de lieu « çà », qui s’écrit avec un accent grave.
          Il ne doit pas être confondu avec le pronom démonstratif « ça » (forme familière de « cela »), qui s’écrit sans accent.

    • Carin dit :

      @Clavier……
      Ça t’arrangerait bien si c’était le cas…
      Mais non, ce qui se profile, sera bien plus dur… bien plus complet, bien plus résilient, et surtout, bien plus dangereux.

    • pirlouis ou mieuxlouis choisissez. dit :

      Toutes les augmentations compensent l’inflation.point.

  2. Fralipolipi dit :

    « chaque « plot » d’outre-mer disposera, demain d’un patrouilleur outre-mer [POM] doté d’un drone, d’une frégate de surveillance ou d’une corvette euopéenne de patrouille [EPC], d’avions de surveillance maritime Albatros, d’un EDA-S, d’un BSAOM et d’une trame satellitaire de surveillance maritime.  »
    … et bien non en fait.
    Car il semble que l’EDA-S dans le Pacifique ne soit destiné qu’à la Nouvelle Calédonie, alors que dans la LPM24-30 il était bien prévu 1 Batral NG pour la NC mais un autre aussi pour la Polynésie (car il y avait bien un BATRAL en Polynésie auparavant).
    .
    Je n’imagine pas que le CEMM considère que le seul « plot » militaire français dans le Pacifique soit la NC … Papeete est beaucoup trop loin et le Pacifique bcp trop grand pour un unique EDA-S stationné à un bout Ouest de cet océan.
    Il manque clairement un 7ème EDA-S pour l’outre-mer … celui de la Polynésie (1ère ZEE de France et de tellement loin) !!!
    Quel oubli !… C’est un brin pathétique.
    .
    Déjà qu’abandonner les BATRAL sont clairement une perte capacitaire, s’il faut en plus empapaouter les gens pour retirer encore un peu plus … bravo pour l’enfumage !!!
    Mais désolé, on arrive encore à suivre … Et là, clairement … Il en manque un !!!
    .
    PS : par ailleurs, encore une autre erreur dans la remarque du CEMM. Il ne doit pas y avoir 1 POM par plot outre-mer, … mais deux !

  3. Aymard de Ledonner dit :

    Ajouter quelques A400M serait un vrai plus en apportant une capacité de réaction très rapide par parachutage, largage de drones, voir poser sur une piste de fortune.
    En outre si l’Albatros ou un drone détecte quelque chose qui nécessite une intervention en pleine mer assez loin de la position des frégate, corvette, patrouilleurs, l’A400M pourra alors parachuter un ETRACO avec une équipe d’intervention et du matériel spécifique.

    • Avekoucenzeh dit :

      Pour dire « et même », employons l’adverbe « voire », jamais le verbe « voir ».

      Une capacité de réaction très rapide par parachutage, largage de drones, voire poser sur une piste de fortune.

  4. HMX dit :

    Les EDA-S ne peuvent en aucun cas remplacer les BATRAL… autant comparer une Clio à un utilitaire !

    les BATRAL sont des couteaux-suisses, capables de transporter une compagnie de 140 hommes, de plager des véhicules et du matériel, et d’accueillir ponctuellement un hélicoptère si besoin. Ces navires, construits à 13 exemplaires, avaient et ont donc toujours une véritable utilité militaire. Leurs capacités sont également très appréciables dans le cadre de missions humanitaires, pour livrer du fret, des véhicules et des moyens de secours après une catastrophe climatique notamment.

    On note également que ces navires, même s’ils n’ont pas été conçus pour cela, présentaient des caractéristiques idéales pour mettre en oeuvre des drones de tous types. Cela aurait encore augmenté leur polyvalence naturelle.

    Il est important de remplacer nos BATRAL par de nouveaux BATRAL NG, avec un gabarit supérieur ou équivalent, une capacité à plager, une rusticité au moins équivalente, mais conçus dès le départ pour embarquer des drones aériens (hangar ou espace dédié sous la plateforme hélico) et de surface (rampe arrière ?). Ces nouveaux BATRAL gagneraient également un armement défensif pour assurer leur autodéfense (RapidFire 40mm, ou Lanceur Modulaire Polyvalent ?). De tels navires seraient rustiques et peu coûteux, car dénués d’équipements électronique (radar, sonar, brouilleurs…) et dénués d’armements coûteux, en dehors du système d’autodéfense. On pourrait viser approximativement 30 à 40 M€ l’unité, soit une dépense globale d’environ 150M€, répartie sur 4 ans, pour livrer 4 unités. Une goutte d’eau, au regard des augmentations de crédits qui arrivent.

    Il faut espérer que la révision de la Revue Stratégique, qui sera suivie d’une révision de la LPM2024-2030 (ou d’une nouvelle LPM ?), va venir rebattre les cartes. On ne peut pas affirmer que l’Indo-Pacifique est une priorité, et remplacer dans le même temps des navires de 80 mètres et 1 330 tonnes, par de simples chalands de 28 mètres et 200 tonnes… Quel est le message envoyé par une telle mesure ? il faut au contraire monter en puissance et muscler nos capacités, pas les réduire !

    • anthonyl dit :

      Le problème de BATRAL, c’est que plager abime la coque. En outre la tenue de mer de ce type de batiment à fond plat, n’est pas idéale pour le Pacifique ou l’océan indien. Beaucoup d’iles où il était nécessaire de plager dans les années 70, sont dotées d’un wharf aujourrd’hui et e BSOM peut venir à quai. Par ailleurs on ne plage pas partout, pas la peine d’essayer là où il y a des barrières de récifs par exemple. Bien souvent, dans le Pacifique ou aux Eparses le Batral mouillait au large et déchargeait son fret par barge d’aluminium ou baleinières de récif. Bref… le BATRAL était assez inutile pour le temps de paix, et trop léger pour le temps de guerre.

      • dolgan dit :

        Merci d avoir pris le temps de rappeler ces choses .

      • Là ! C'est là que ce situe la bonne réponse. dit :

        Merci d’avoir apporté le pragmatisme et l’expérience nécessaire pour comprendre cette décision.
        Le niveau de râlage est toujours aussi impressionnant ici… oui je sais, Français, une réputation à tenir, et tout ça… mais c’est gonflant au final.

    • Khay dit :

      Ça fait un sacré paquet de features à empiler sur un navire dont le boulot principal, historiquement, est de se trainer du point A au point B pour déverser des fusiliers marins 🙂 Il faut aussi décider si ils sont peu couteux et dénués d’électronique, ou capable d’embarquer des drones et autodéfense performante, c’est l’un ou l’autre. Et je vous laisse imaginer le moral des gars a bord d’une unité dont le boulot et en théorie de plager sur une plage potentiellement tenue par une adversaire, sans radar ni sonar, parce qu’il fallait pas que la coque coute cher.

      Faut se poser la question d’un coté, du réalisme, pour un Batral NG unique, a fortiori un Batral NG sous équipé électroniquement et sous armé comme vous le souhaitez, de plager sur une côte étrangère tenue par un ennemi a parité technologique en 2025, (je pense sincèrement que ce n’est plus possible de nos jour sans une escorte terriblement puissante), et de l’autre coté du besoin de le faire dans le cadre de l’AEM, le soutien au population, l’intervention sur nos propres territoires, l’assistance post-désastre, etc…
      Je pense (du haut de ma très modeste expérience d’amiral de salon) que le cas A demande aujourd’hui a minima un groupe amphibie entier, avec des navires plus petit et agiles type EDA-R et EDA-S pour faire la connexion navire-mère vers la côte, ainsi que des hélico, et le cas B serait plus efficacement et plus économiquement servi par un engin qui peut aller du Fast Supply Vessel acheté sur étagère jusqu’au MSV 90 que Kership (ou soyons fou, un mini-Mistral le jour où la marine gagne le pactole à la loterie ^^)a présenté dernièrement. Équipés d’une grue pour la manutention dans les ports non équipés, et d’un chaland embarqué, c’est certes moins pratique pour plager et vider d’un coup sa cargaison, mais marcherait mieux, pour, eh bien, a peu prêt tout le reste, j’ai l’impression. A commencer par la navigation longue distance dans les étendues du Pacifique.

      • Au aulx aux eau eaux haut hauts ho ô O oh os dit :

        Le soutien à la population.
        Le soutien aux populations.

      • Prestataire dit :

        À peu près.
        À peu de chose près.
        À un cheveu près.
        Le coup passa si près…

        Près : proche.
        Prêt : préparé.

      • VinceToto dit :

        « soyons fou, un mini-Mistral le jour où la marine gagne le pactole à la loterie »
        Le problème c’est qu’ils l’ont déjà dépensé sans l’avoir gagné.
        -L’amphibie/aéro. Il y a quand même dans les cinq classe Mistral dans la Marine Nationale et un porte-avions nucléaire(et GAN). Mais effectivement en 2025, une dizaine de 1/2..2/3 Mistral pourrait sembler plus adapté que cinq gros Mistral (quant au PA… bientôt le PANG! Jackpot!)
        -La patrouille. Ils n’ont qu’à prendre leurs Corvettes et Frégates pour aller faire garde-côtes/etc. là où il y en à besoin. Ils serviront à quelque chose.
        Regardez donc ce qu’ils font pendant qu’ils pleurent pour plus de budget, se plaignent de manquer de moyens: cf. le commentaire de @Simlabeng

      • Robert Collins dit :

        Plutôt que d’empiler les « features » en anglais, il doit bien être possible de le faire avec des caractéristiques en français ?

  5. Jerry TAHITI dit :

    Que faire avec un Eda s avec 80 tonne de transport quand il faut partir aux iles Eparses, à Clipperton et autres iles éparpillées de l’empire républicain.!!! C’est vraiment dommage

    • anthonyl dit :

      Une tournée de ravitaillement aux Eparses c’est 50t de fret, 0 pour Clipperton où iln’y a personne.

  6. Frede6 dit :

    Le parlement dit il nous faut des Batral, un fonctionnaire répond non. Je vous laisse en tirer vos conclusions.

  7. Momo dit :

    Bravo!
    Comme dépense inutile cela se posait là.
    Il y a vraiment beaucoup mieux à faire avec l’argent des contribuables au profit de la défense.
    Qui peut imaginer sérieusement une seule seconde qu’un pays (même la Chine bla bla) veuillent nous enlever nos excessivement chers et pénibles dom-tom? (S’il y en a qui croient que le bilan économique est positif ils se trompent monstrueusement.)
    Même les Comores ne feront jamais rien pour enlever Mayotte par la force.
    Regrettablement.

  8. MAS 36 dit :

    Vu la datation il est souhaitable de la mettre en veilleuse quand on affirme avoir le 2° espace maritime.

    • FUSCO dit :

      Comme je l’ai souvent dit on a soit les moyens de sa politique, soit la politique de ses moyens. Nos politiques et leurs tartufferies respectives n’ont toujours pas compris ça.
      Pathétique.

    • Dodo dit :

      Cela a déjà été dit des tas de fois, ce n’est pas la taille d’un espace maritime qui va définir les moyens navals, mais les menaces.
      Quand vous avez un immense espace maritime situé au milieu de rien (Polynésie) qui n’est convoité par personne, loin de tout, vous n’avez pas de menaces et vous n’allez pas mettre plein de navires pour rien.

      Le prétexte du 2e espace maritime mondial afin de justifier une hausse des capacités maritimes n’est pas entendable, car tout simplement la réalité derrière cela, c’est que ces espaces maritimes sont souvent loin de tout. Nos eaux ne sont pas pillés aujourd’hui alors même que nous avons peu de moyens, dire qu’il faut plus de moyens pour défendre cet espace maritime est ridicule. Il faut un minimum, mais ce minimum n’est pas proportionnel à la taille de la ZEE mais par rapport aux menaces.
      Si demain on a par exemple la Grande Bretagne qui devient hostile à la France, qui va amener une grosse présence maritime dans la Manche, exerçant une pression militaire et franchissant des limites, alors on aura le prétexte pour augmenter les moyens, peu importe que la zone maritime de la Manche soit beaucoup plus petite que celle du Pacifique par exemple.
      On place des patrouilleurs ou des frégates aux endroits qu’il faut et non pas dans des zones vides pour faire plaisir à des types derrière une carte du monde sur leur écran et qui s’imaginent qu’il se passe(ra) je ne sais quoi

  9. JILI dit :

    Ce n’est pas la Marine nationale qui renonce mais les politiciens. Hé oui, parce qu’une tel bâtiment est véritablement nécessaire en Polynésie et ailleurs. Qu’il nettoie dans la Bureaucratie inutile qui ruine le pays, et place l’argent où il doit obligatoirement se trouver!

  10. anthonyl dit :

    J’ai noté aussi le dialogue avec les TAAF pour l’armement par la marine du successeur du Marion Dufresne lors de l’intervention de l’amiral Vaujour devant la commission défense. Plus interessant que cette affaire d’EDA-S.

    • Fralipolipi dit :

      @anthonyl
      N’etait il pas question aussi d’un 2nd bâtiment polaire brise-glaces ?
      … cela avait été évoqué par le Pdt Macron lui même.

  11. benoit dit :

    souvenirs du Dumont d’Urville en Polynésie…

    ce bateau a rendu tant de services.

    je ne comprends même pas qu’on ait pu oublier de remplacer les BATRALs

  12. Simlabeng dit :

    HS: Une partie de la mission Jeanne D’arc avec le navire « Mistral » et la Fregate legere Surcouf vient de se passer dans le Golfe et le Fleuve St-Laurent cette semaine. Pour des entrainements conjoints avec l’armee canadienne. Des mission de debarquement a Gaspe:
    https://magaspesie.ca/150-soldats-canadiens-envahissent-gaspe-dans-le-cadre-dun-exercice-militaire/
    A Sept-Iles (avec photos):
    https://macotenord.com/exercice-lion-mistral-sept-iles-accueille-un-rare-partenariat-militaire-canada-france/
    Et a Quebec meme (ils sont alles a la base de Royal 22eme Regiment a Valcartier):
    https://www.lesoleil.com/actualites/actualites-locales/la-capitale/2025/05/19/la-marine-francaise-amarree-a-quebec-BECDFFRGOZDY3HC2DJ7PMKKQ6I/
    Notez qu’a Quebec, la marine francaise etait amarre aux quais 21 et 22, quais qui sont ouverts au publique devant le Vieux-Quebec, quais qui sont plutot utilises par les navires de croisieres. Donc, faire debarquer des VBMR Griffon et certains camions et les faire rouler dans ces chemins etroit, tortueux et fortement pietonnier ne devait pas etre une sinecure.
    https://www.youtube.com/watch?v=cBSS-R2dNL4
    https://www.youtube.com/watch?v=QfpiNfIamg8

    P.S. Desole d’avoir vole votre job M. Lagneau

    • Agora dit :

      La place est publique, le quai est public et tous deux sont ouverts au public.

    • Ontyl d'Egeambh dit :

      Merci Simlabeng pour les infos.

    • Les brunes ne comptent pas pour des prunes dit :

      La Marine française était amarrée.

    • aleksandar dit :

      Vu que des semi-remorques viennent parfois pour l’avitaillement sur les quais 21 et 22, aucune difficulté.

  13. Parabellum dit :

    Sous capacité des moyens pour desservir notre espace maritime sans même parler de le défendre…la France devrait mieux prendre la mesure de son potentiel Tom dom et zones maritimes avec une marine plus équipée notamment en aéronaval helico voire hydravion …mais qui s ensoucie ,?

  14. Robmac dit :

    La France conserve ses DOM – TOM pour des raisons de souveraineté et de prestige, mais en fait cela l’encombre …

  15. Oluviet dit :

    pourtant ça aurait pu être nécessaire quand il faudra partir en catastrophe de certains de nos outre mer ça serait bien pratique…….

  16. Lassithi dit :

    Quelle honte. plutôt que de donner du pognon au monde entier et à l’UE, ceux qui nous administrent devraient changer leur logiciel ou on de devrait changer et passer d’administrateurs à de véritables dirigeants avec une vision de leur pays.

  17. Lalanne Berdouticq dit :

    au 17ème siècle on disait « quiconque est mestre de la mer a un grand pouvoir sur la terre « .
    c’est encore vrai aujourd’hui…
    veux t on rester une grande nation ?