Thales dévoile TRAC SIGMA, son nouveau radar primaire pour la surveillance aérienne

Avec un radar dit « secondaire », un contrôleur aérien est en mesure de connaître l’identité, la position et l’altitude d’un avion grâce aux données transmises par son transpondeur. On parle alors d’aéronef « coopératif ». Mais un autre type de radar, dit « primaire », demeure indispensable pour détecter et localiser des appareils potentiellement « non coopératifs », désignés ainsi parce qu’ils ne disposent pas de transpondeur [ou parce qu’ils l’ont éteint].

Ainsi, en avril 2023, Thales avait été retenu par la Direction générale de l’armement [DGA] pour fournir au ministère des Armées les radars d’approche primaire et secondaire de nouvelle génération STAR NG et RSM NG, dans le cadre de l’étape 5 du programme SCCOA [Système de commandement et de conduite des opérations aérospatiales].

« Les radars STAR NG [radar primaire de surveillance d’approche] et TRAC NG [radar primaire de surveillance En-Route] permettent de détecter et d’identifier les aéronefs non coopératifs […]. Ces radars primaires sont en mesure de détecter des cibles de toutes dimensions, avec une réduction des effets parasites induits par les parcs éoliens, et offrent une portée opérationnelle étendue », avait expliqué Thales, à l’époque.

Depuis, l’industriel a fait progresser les capacités des radars primaires de sa gamme TRAC.

En effet, ce 13 mai, Thales a dévoilé le TRAC SIGMA, un nouveau radar « capable de mener simultanément des missions d’approche et de surveillance aérienne à longue portée pour le contrôle du trafic aérien civil et militaire ».

Fonctionnant en bande L, TRAC SIGMA est, selon Thales, le seul de sa catégorie « à pouvoir distinguer de petits aéronefs à longue distance [300 km], contribuant ainsi à garantir la séparation de 3 nautiques [NM] sur l’ensemble de l’espace aérien, et pas uniquement lors de l’approche finale ».

Ce qui est un atout alors que l’espace aérien est de plus en plus encombré… et que, fait valoir l’industriel, « la distance minimale entre les avions deviendra encore plus cruciale », la séparation horizontale minimale entre les aéronefs ayant été fixée à 3 ou 5 NM par l’Organisation de l’aviation civile internationale [OACI]. Et cela n’est pas non plus sans conséquence sur le trafic des avions militaires car ceux-ci devront « voler à des altitudes de plus en plus basses », poursuit-il.

Affichant une fiabilité accrue « grâce à la redondance complète et au remplacement à chaud des composants » et censé être plus résistant au brouillage ainsi qu’aux interférences radar, le TRAC SIGMA offre une « couverture étendue » ainsi qu’une « meilleure discrimination et précision », notamment pour la détection de « petits aéronefs », quelle que soit leur altitude.

Ce nouveau radar primaire « permet ainsi d’obtenir une « image aérienne 3D complète, permettant une coordination plus fluide des missions civiles et militaires », explique Thales. En outre, étant donné qu’il peut être utilisé à la fois pour des missions d’approche et de surveillance aérienne, il est économique dans la mesure où il donne la possibilité « d’optimiser les coûts du cycle de vie grâce à une gestion plus performante de l’infrastructure et des ressources ».

Grâce à « plus de 50 ans d’expérience dans ce domaine », le TRAC SIGMA « garantit un capteur unique pour la surveillance simultanée de l’approche et longue portée pour toutes les missions de contrôle du trafic aérien, permettant aux contrôleurs aériens de relever les défis liés à l’optimisation d’un espace aérienne de plus en plus congestionné », a résumé Eric Huber, le responsable de la division « Radars de surface » de Thales.

Photo : TRAC SIGMA © Julien Lutt / CAPA Pictures, via Thales

Voir aussi...

 

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

40 contributions

  1. alb atroce dit :

    Une image 3D ….
    Cela donne quoi sur un écran ?

  2. Bastan dit :

    Le terme Radar utilisé pour désigner « le radar dit secondaire (transpondeur ») induit beaucoup de néophytes en erreur. Beaucoup par exemple pensent qu’en France un contrôleur civil peut voir un avion ayant éteint son transporteur et éviter ainsi une collision. En fait il ne voit QUE les avions qui lui sont attribués. Contrairement aux militaires qui utilisent les deux systèmes. C’est pour cela qu’un contrôleur civil peut avoir en charge beaucoup plus d’avions simultanément qu’un contrôleur militaire.

    • olivier dit :

      Pas tout à fait, on ne voit qu’effectivement les avions qui ont un transpondeurs allumés mais le terme radar est adapté car la position est calculée par le radar, l’avion envoie son code (mode A), son altitude baro (mode C), encore d’autres informations si mode S. D’où la différence de vocabulaire primaire/secondaire.

      Dans les autres systèmes coopératifs (ADS-B, etc.), le système sol ne calcule pas la position, elle est reçu à partir des informations émises par l’avion (bien qu’avec de la multi-latération on peut définir une position approximative de l’aéronef). Ce ne sont donc pas des radars.

      L’article est orienté militaire, mais il faut garder à l’esprit que certains ANSPs utilisent encore du primaire. Je dis “encore” car ce sont des systèmes couteux (en acquisition et en fonctionnement), qui ont donc largement laissé leur place à du secondaire chez les civils.

    • olivier dit :

      Je complète:
      – Non le controleur aérien voit tous les avions qui ont un transpondeur, mais son écran est centré sur son secteur… bref il dezoome et il voit les avions des autres secteurs (encore heureux).
      – Ce n’est pas le radar qui définit la mission, mais la mission qui définit le type de radar nécessaire. Certaines bases aériennes n’ont que du secondaire. Cependant nombre de bases sont équipés en primaire+secondaire car nombres d’aéronefs mili n’ont simplement pas de transpondeurs (les chasseurs, les drones, etc.).
      – Il ne faut pas confondre la fonction de contrôle du traffic aérien et la fonction de surveillance du traffic aérien, ce sont deux choses différentes.
      – les controleurs militaires ont simplement beaucoup moins de traffic à traiter (et ils sont bien moins nombreux), en plus, en France notamment, d’avoir certains concepts opérationnels particuliers (guider un chasseur dans le traffic civil) qui impose dans ce cas une attention très particulière et empêche de traiter un nombre important d’aéronefs.

      • Traffic jam ne signifie pas trafic de confitures dit :

        Un seul f suffit à trafic.

      • Ah ? dit :

        -Certaines bases aériennes n’ont que du secondaire.

        Lesquelles ?

        -Cependant nombre de bases sont équipés en primaire+secondaire car nombres d’aéronefs mili n’ont simplement pas de transpondeurs (les chasseurs, les drones, etc.).

        Les chasseurs et les drones ont un transpondeur, ce n’est pas l’explication.

  3. Bastan dit :

    STAR NG radar d’approche sur chaque base aérienne. TRAC NG dans des Centres de Contrôle pour la surveillance de l’espace aérien. Les AWACS ne peuvent rester en vol 24H/24, 7 jours/ 7, et sont surtout déployés pour surveiller hors de l’espace aérien métropolitain. Mais tous ces radars au sol ou en vol sont connectés entre eux.

  4. Pascal, (l'autre) dit :

    « Nous saurons très vite à quel(s) endroits ces radars seront installés. » Quelle………..évidence!
    « Rien sur le coût unitaire de ce radar, » Vous voulez aussi ses caractéristiques techniques, tant qu’à faire nessspas?
    « alors que l’armée de l’air possède des Awacs performants, dépassant les capacités de ce matériel. » l’Armée de l’Air! Pour comparer les caractéristiques vous devez ètre l’ingé principal qui a mené ce programme! Avec vous nul doute que nous sommes renseignés, mal, très mal mais……………renseigné!

  5. Rakam dit :

    P****n Mahmoud, pas de dénigrement..
    juste une petite allusion sur le coût..
    appréciable…

  6. Chimou dit :

    Encore une réponse à côté pour changer.

  7. Marine dit :

    Merci l’expert ! C’est vrai qu’un AWACS peut rester 24h/24 en l’air avec son radar allumé, comme un radar basé au sol.

  8. Franz dit :

    Pauvre Mahmoud… votre salaire d’un an ne suffirait pas à payer une heure de vol d’un AWACS. Alors qu’un système au sol est opérationnel 24h/24.

  9. Raphaël dit :

    c’est sûr qu’un awacs ça reste en l’air H24/365j, vraiment quelle idée de merde ce radar au sol !

  10. Un civil dit :

    modernisé nos capacités de détection radar c’est très bien ,beaucoup des radar de l ‘ AAE dataient des années 70 et 80
    par contre il nous manque toujours des radars transhorizon pour la détection à longue portée et on utilité dans la détection anti balistique il ya eu le démonstrateur  » nostradamus » et après ?
    en comparaison l ‘ Algérie dispose de 2 radar transhorizon ce qui lui permet de détecter des avions jusqu’à Lyon
    Non les AWACSne replacent
    pas des radar au sol : il les complètent se sont outils indispensables oui mais pas seul

  11. Vinz dit :

    A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto.

  12. Carin dit :

    @Un civil……
    Ça fait 40 ans que la France exploite un radar trans-horizon…
    Jacques Chirac disait à l’époque de depuis Lyon, et grâce à ce radar, on pouvais voir décoller une ariane5 de Courou…
    Il a refait une allusion à ce système qui entre parenthèse est étendu sur l’ensemble du territoire métropolitain français, (l’Algérie ne peut donc pas en avoir 2), lorsqu’il a menacé l’Iran de détruire tous ses missiles balistiques et ce dès leur envol.

  13. Goose dit :

    Pffff….. Toujours avec ses commentaires en mode neuneu….

  14. bluesmartini dit :

    Pour avoir une résolution pareille en bande L, j’aimerais bien connaître la taille de ce radar. Sur la photo il semble énorme, mais pas réussi à avoir un ordre de grandeur.

  15. VinceToto dit :

    SIGMA est un terme de masculinité toxique et de patriarchie de la propagande de pourrissage de cerveau russe d’après: https://euvsdisinfo.eu/report/european-statements-about-sigma-boy-song-show-their-madness-and-pathological-russophobia/
    (En fait l’archétype homme Sigma nous vient des USA et d’Internet, pas de Russie.)
    En défense de Thales face à l’inquisition anti-russe, mais qui n’est pas russophobique car dire cela c’est de la propagande russe, je tiens à rappeler que sigma a un autre sens, depuis longtemps, pour les radars, σ = RCS, SER, surface équivalente radar.

  16. GotoRaptor dit :

    Ohlala si vous ne savez même pas les pros et cons d’un AWACS… Ayez la modestie de vous taire sur les sujets que vous ne maîtrisez pas foutre diable. Surtout que c’est toujours pour épandre votre amertume qui à mon avis relève plus de votre vie privée que de la France.

  17. Un civil dit :

    @ carin
    une station à bousfer près d’ Oran, l’ autre la frontière Tunisienne

  18. Marti dit :

    @Mahmoud l’ingénieur. Bienvenue! Des rigolos de ce forum d’origine helvète, belge et casque pointu sont partis, fatigué d’être humilié. Accrochez-vous et continuer à nous faire rire. Couscous un jour, couscous toujours. 🙂 😉 🙂

  19. JDM dit :

    S’il s’agit d’autre chose que d’un Thales Hengelo SMART-L MM/F avec un nouveau nom, cela devrait être considéré comme une insulte par les Pays-Bas, compte tenu de la récente commande de sous-marins. Quid pro quo.