La Suède se prépare à vendre jusqu’à quatre avions d’alerte avancée GlobalEye au Danemark

Le Danemark ne dispose pas d’avion d’alerte avancée de type AWACS [Airborne Warning & Control System] pour assurer la surveillance de son espace aérien, qui comprend évidemment celui du Groenland avec ses 2,166 millions de km².

Or, au-delà des ressources qu’il est susceptible de receler, ce territoire est stratégique sur le plan sécuritaire dans la mesure où il fait partie du passage GIUK [Groenland – Islande – Royaume-Uni], pour les liaisons maritimes entre l’Amérique du Nord et l’Europe. D’où l’intérêt que lui portent les États-Unis, singulièrement depuis le retour du président Trump à la Maison Blanche.

« L’accès à l’espace aérien et maritime du Groenland est absolument vital pour la sécurité des États-Unis », a récemment insisté le général Christopher Cavoli, le commandant suprême des forces alliées en Europe [SACEUR]. Il s’agit d’être en mesure d’avoir un Å“il sur les sous-marins russes qui transitent par le passage GIUK mais aussi d’être en mesre de détecter les menaces aériennes le plus précocement possible.

A priori, le Danemark entend remédier à ce déficit capacitaire, jusqu’ici comblé par les moyens de l’Otan. Du moins, c’est ce qu’a laissé entendre le gouvernement suédois, à la faveur de la publication d’une liasse de documents budgétaires, le 10 avril.

En effet, ce dernier a demandé l’autorisation du Parlement [Riksdag] pour « conclure un accord avec le Danemark sur la vente d’un maximum de quatre [avions d’alerte avancée] S106 GlobalEye ».

Selon cette requête, « la Suède a une coopération de défense à long terme avec le Danemark », lequel est susceptible de se doter de capacités de surveillance aéroportée basées sur « le système d’alerte et de contrôle S106 GlobalEye », développé par Saab.

« Pour satisfaire la demande du Danemark en faveur d’un accord intergouvernemental, il est proposé au Riksdag d’autoriser le gouvernement à conclure un accord sur la vente d’un maximum de
4 S106 GlobalEye » avec leurs « équipements de soutien associés », précise ainsi le texte [.pdf]. Et d’ajouter : « L’État suédois s’engage à commander et à livrer le système d’alerte et de contrôle S106 GlobalEye ».

Il n’a pas été précisé si cette demande entrait dans le cadre d’un protocole d’accord qui, signé en 2023, prévoyait de mettre en place une « défense aérienne unifiée » impliquant la Suède, le Danemark, la Norvège et la Finlande.

Pour rappel, le S106 GlobalEye repose sur un avion de type Bombardier Global 6000, équipé de capteurs résilients au brouillage électronique, d’un radar à longue portée Erieye ER, d’un radar à antenne active SeaSpray et d’une boule optronique. Il collecte des données dans un rayon de 400 km, puis les « fusionne » au sein d’un système de commandement et de contrôle [C2] multi-domaines. Cinq exemplaires ont été livrés aux Émirats arabes unis et les forces aériennes suédoises en ont commandé trois unités. Ce système est fortement pressenti pour remplacer les E-3F de l’armée de l’Air & de l’Espace.

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51 contributions

  1. Fralipolipi dit :

    Y-aurait pas moyen de grouper les besoins France et Danemark, et chercher un autre client dans l’UE, histoire de pouvoir bénéficier d’aides européennes, comme prévu par Bruxelles dans un tel cadre (sauf erreur) ?

    • HMX dit :

      @Fralipolipi
      Ce serait en effet une excellente initiative.

      Bientôt un « club GlobalEye » en Europe ?

    • Aymard de Ledonner dit :

      Avec la France, la Suède et le Danemark, cela fait déjà trois pays et il me semble que c’est suffisant pour pouvoir bénéficier d’aides européennes.
      Le projet français avance sous la surface et aucune information ne filtre. On voit mal la France acheter aujourd’hui des E-7 Wedgetail donc à priori ce sera des GlobalEye mais ce contrat est probablement une partie de quelque chose de plus gros non encore finalisé.

      • Fralipolipi dit :

        @Aymard
        La Suède a prévu d’en commander en plus de ce qui l’a déjà été ?
        Si oui, alors effectivement, on a nos 3 larrons 😉
        … Et avec le gain de l’effet de série + les subventions UE, il doit y avoir moyen de commander plus d’appareils … sachant que 4 serait clairement trop peu.
        (il en faudrait un en permanence à Djibouti ou Abu-Dhabi, et un autre en permanence en Roumanie, … en plus de (4?) autres basés à Avord).

    • Qui ça ? dit :

      Je suppose que le Danemark achète des GlobalEye tel qu’ils sont, sans transiger sur l’avion porteur ou l’électronique embarquée.
      Donc si la France voulait éventuellement s’associer à la commande danoise, exit la volonté de franciser le GlobalEye avec Dassault et Thales …

  2. Jeanot dit :

    si quelqu’un connaît le fonctionnement du radar je prends.
    il émet des 2 côtés ?
    1 côté ?
    comme il tourne pas l’avion est il obligé de faire des boucles pour avoir une vision radar à 360°

    • dolgan dit :

      Il émet des deux cotés. Avec une bonne perception sur 2 x 150 degrés.

      Opérationnellement, cela fait que tu dois présenter le flanc a la zone observée et que tu perds en détection quand inévitablement tu tournes.

      • HMX dit :

        C’est en effet un point faible potentiel. On pourrait imaginer qu’un adversaire cherche à exploiter les angles morts de l’AWACS pour s’approcher sans être repéré, ce qui serait effectivement possible si l’AWACS volait longtemps en ligne droite et de façon prévisible. Pour éviter ce scénario, il faut justement adopter des trajectoires variées, en « dents de scie », en cercle, ou en réalisant des « 8 ».

    • Math dit :

      On peut émettre des hypothèses: peut être que les cellules du radar bougent et non le plateau. Sur l’Awacs, quand la coupole a 3 antennes arrosait le fuselage, ça devait aussi créer un angle mort. Sur le 737, l’antenne est un plan fixe. Finalement, ce ne sera peut-être pas un hypoderme mais un 8 qu’il faudra faire.

      • PMU dit :

        Je préfère un hippodrome à un hypoderme.

        • Brigade des jeux dit :

          Les histoires d’hippodrome, c’est notre rayon.
          Pour les questions d’injections hypodermiques, ça regarde les stups.

    • jl dit :

      Voici un lien qui vous sera , je l espere , utile : https://www.radartutorial.eu/01.basics/!rb02.en.html

    • wikipedia dit :

      The radar operates as a medium- to high-PRF pulse-Doppler, solid-state radar, in E/F-band (3 GHz), incorporating 192 two-way transmit/receive modules that combine to produce a pencil beam, steered as required within the operating 150° sector each side of the aircraft, one side at a time. It is understood that Erieye has some ability to detect aircraft in the 30° sectors fore and aft of the aircraft heading, but has no track capability in this sector.

    • NRJ dit :

      @Jeanot
      J’ai lu qu’il émettait des 2 côtés. Donc pas de vision à 360°. Mais s’il est là pour rester en arrière et regarder à 400 km, ca devrait marcher quand même.

    • Mic dit :

      Faites un effort, allez chercher sur le net, vous obtiendrez beaucoup d’informations techniques !
      Sinon pour beaucoup d’entre nous cela va remplir 20 pages minimum.

      • dolgan dit :

        Il fait un effort, il demande quand il ne sait pas. Le probleme, c est ceux qui inventent et refusent d apprendre.

    • Alpha (α) dit :

      La vision du radar se fait à 150° sur chaque face du radar EriEye-ER, soit une couverture à 300° sur 400 km, avec des angles morts à l’avant et à l’arrière de l’appareil .
      Mais, le GlobalEye dispose aussi en position ventrale, d’un radar à antenne active AESA SeaSpray de Leonardo (G-B), aussi performant en air/air qu’en air/surface, et qui lui, voit sur 360° avec portée maximale de 600 km.
      Toutes les données récoltées par les différents capteurs de l’avion fusionnant dans un système de commandement et de contrôle [C2] multi-domaines, le GlobalEye voit donc à 360°.

  3. Clavier dit :

    Bravo …les Danois pourront mieux surveiller l’arrivée des avions de Trump venus s’emparer de leurs terres vertes…..

    • THEVENON dit :

      Tu veux dire en réalité des avions de « POUTINE » !
      Faut vraiment que tu arrêtes la vodka frelatée CLAVIER.

    • alors dit :

      Quand ces avions arriveront, Trump ne sera déjà plus au pouvoir

      • Czar dit :

        et t’en tires quelles conclusions ? faut vraiment être bouché à l’émeri, et regarder El-Séhi en intraveineuse pour répéter ce genre de conneries tu crois quoi que trump est un accident improbable et qu’ensuite tu vas retrouver ta petite candidate démocrate »amour-pour touzétoutt qui va rassurer ta petite médiocrité franchouillarde-centriste ?

        trump a opéré une bascule définitive,il n’y aura aucun « retour en arrière », et les démocrates eux aussi vont s’adapter àl’air du temps, parce qu’ils ont compris, contrairement à toi, qu’on a changé d’époque

        « zeitenwende » ça se dit sur la mauvaise rive du Rhin.

        • f'rugineuse dit :

          Je remarque que Czar, plus il poste tard, plus il est agressif.
          Serait-ce lié à son taux d’alcool dans le sang ?

  4. Zaratoustra dit :

    Super, comme ça ils pourront bien voir arriver les vagues d’avions US au dessus du Groenland.
    Après, c’est difficile de rater un B 52… alors en formation, je vous dis pas.

  5. GHOST dit :

    « Incompatible » avec le système F-35 disaient les experts militaires aux USA pour faire obstacle á l´exportation de ce système de Saab au Canada ):
    Après le Danemark, la France, la Pologne et la Finlande seraient sur la liste?

  6. Rafale2702 dit :

    Ces appareils ne sont pas ravitaillable en vol et non pas la même endurance que des E-3F de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Mis à part compléter un dispositif par du matériel européen plutôt qu’américain, je veux bien. Sinon, je ne vois pas l’intérêt .

    • dolgan dit :

      Les délais de livraison US jouent apparement.

    • Non, n'ont, nom dit :

      C’est appareils n’ont pas.

    • Aymard de Ledonner dit :

      Le ravitaillement est une question. Peut-être peut-on customiser ces avions pour leur apporter cette capacité?
      Sachant que l’avion porteur ne serait pas forcément un Bombardier.

      • HMX dit :

        L’ajout d’une perche de ravitaillement, rétractable ou non, ne constitue un challenge particulièrement complexe à relever sur un appareil de ce gabarit…

  7. benoit dit :

    pas moyen de mutualiser sur une base falcon pour faire plaisir à saint cloud?

    • dolgan dit :

      Dassault refuse d y collaborer. Ils veulent la maitrise globale du projet. Alors qu ils ne serait que l avionneur. Toute la partie radar détection serait SAAB / Thales. Et en terme d intégration de ce systeme , SAAB est sans aucun doute possible l expert mondial avec intégration réussie sur plusieurs plateformes.

      Dassault préfere perdre des marchés militaire plutot que de laisser une autre entreprise adapter une de ses cellules. C est une position commerciale qui peut se comprendre.

      Par contre, ensuite jouer les pleureuses a l assemblée en feignant de pas savoir pourquoi le Falcon est hors jeu …

      • L'Insoutenable légèreté de l'être dit :

        Alors qu’ils ne seraient.

      • Ah ! Qu'en termes galants ces choses-là sont mises. dit :

        En termes d’intégration.

        En matière d’intégration.

      • Alpha (α) dit :

        « Dassault refuse d y collaborer. Ils veulent la maitrise globale du projet. »
        Faux.
        Dassault ne demandait rien jusqu’à récemment. Ce sont les politiques français et DGA qui ont avancé l’idée de voir le radar Erieye ER adapté au Falcon 10X.
        Saab a dit qu’il était ouvert à la discussion concernant le porteur, mais qu’il n’y aurait aucune concession concernant le radar et les autres équipements électroniques.
        Des responsables de Saab ont rencontrés ceux de Dassault pour évoquer le sujet l’été dernier. Je ne sais pas ce qui en est sorti.
        Mais de ce que je sais, nos militaires veulent remplacer les E-3F bien avant 2035. Les délais vont être durs à tenir s’il faut adapter le Falcon 10X à l’emport du radar Erieye. Et se sera aussi plus cher qu’un achat sur étagère.

    • joe dit :

      « En janvier (2024), le quotidien Les Échos avait indiqué que le Falcon 10X de Dassault Aviation, déjà en lice pour remplacer l’avion de patrouille maritime Atlantique 2, pourrait éventuellement être modifié pour mettre en œuvre le système GlobalEye. Ce serait un « projet à long terme pour européaniser un équipement majeur de défense aérienne », avait-il souligné » lu ici: https://www.opex360.com/2024/07/10/le-globaleye-de-saab-tiendrait-la-corde-pour-etre-le-prochain-avion-dalerte-avancee-de-larmee-lair/

    • Carin dit :

      @Benoit……
      Ce serait un bonne façon de créer un produit entièrement européen… sauf si dans la « barre » et dans la boule optronique (remplaçable également), se trouve de l’électronique américaine???
      Après pour l’avion de Bombardier, je ne sais pas si Airbus n’est pas partie prenante de cette entreprise canadienne du fait du rachat des série 100, pour faire la nique a Boeing?

      • SimLabeng dit :

        C’est CSeries (dit en anglais), pas série 100. Les noms des modèles étaient CS100 et CS300. Maintenant, c’est les A220-100 et A220-300.

  8. lxm dit :

    Grâce aux menaces de Trump, on aura jamais autant parlé du Danemark en 50 ans.
    Celui-ci commence à faire du stockpile d’armement militaire en urgence.
    Là le Danemark envoie aussi des opérateurs en Ukraine pour apprendre à utiliser les drones, contre les ricains.

    • Robert Collins dit :

      Plutôt que faire du « stockpile », il devrait faire des réserves.

  9. Trent dit :

    Dommage que Giscard ne soit plus de ce monde, on aurait pu refourguer des avions renifleurs de pétrole à Trump.
    Ca l’aurait motivé davantage à envahir le Groenland où il fait froid (dixit JD Vance)

  10. Roland DESPARTE dit :

    Le Saab « GlobalEye » embarque la technologie radar de Leonardo, et en particulier le radar AESA Leonardo « Seaspray ». Leonardo, que certains qualifient de “Thales italien“, apparait en pointe car sa tech équipe désormais les drones MQ-9A Block 5 et MQ-9B SeaGuardian, les avions Challenger, les hélicoptères Sikorsky S-92, les avions de patrouille C-130 des garde-côtes américains…
    Cela pose le duel principalement technologique en cours entre Leonardo et Thales. Leonardo emploie plus de 60 000 salariés dans le monde (2024) avec un CA de 17 milliards d’euros (2024) VS Thales dont le CA > 21 milliards d’euros (2024) pour 83 000 salariés (2024).
    Comparaison n’est pas raison, mais les italiens montent régulièrement en puissance dans le secteur de la Défense, ainsi que le démontre le contrat obtenu en 2020 par Fincantieri pour les futures frégates polyvalentes US « Constellation » inspirées des “FREMM“ (Contrat US Navy avec « Fincantieri marinette marine », filiale locale du groupe italien installée dans l’État US du Wisconsin) ou encore l’accord de coopération industrielle stratégique signé avec l’allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) pour vendre des sous-marins NFS U212 aux Philippines, ou encore sa coopération avec les US pour proposer la frégate Constellation à la Norvège [Alors que NavalGroup espère vendre 5 à 6 frégates FDI à la marine norvégienne…].
    Face à Leonardo, Thales propose le radar Marine « Sea Fire » (qui équipe les FDI françaises) dont les performances apparaissent proches du Seaspray [Le Sea Fire équipera le PA Charles de Gaulle à partir de 2027]. Qu’en sera-t-il d’une version aéroportée car le développement en cours dans le Var à Saint-Mandrier sur le site Thales “d’expérimentation des systèmes“ (SESDA) devrait permettre au Sea Fire multifonctions de gagner en performances et en possibilités opérationnelles.
    Je rêve un peu, mais Dassault, avec son Falcon 10X, grand perdant au profit de SAAB du remplacement des quatre Boeing E-3F AWACS de l’armée de l’AAE, actionnaire important de Thales (26,5%), ne pourrait-il proposer une surprise en équipant ses Falcon 10X d’un Sea Fire aéroporté ?

    • vrai_chasseur dit :

      @RD
      Le Globaleye embarque surtout l’Erieye, le (performant) radar maison de Saab, ainsi que le système EGIS (liaison de données haut débit sol-avion). Le Seaspray de Leonardo lui apporte des capacités complémentaires dans des domaines complexes (zones littorales).
      L’Erieye est logé dans la partie longitudinale visible au-dessus de la cellule de l’avion.
      EGIS est novateur car il permet à des opérateurs au sol de participer en temps réel à la mission de l’avion, en plus des opérateurs embarqués : pour simplifier, une sorte de « dronisation » partielle intelligente de la capacité d’un AWACS, qui lui apporte des fonctions supplémentaires.

      • Roland DESPARTE dit :

        Merci vrai_chasseur pour ce complément d’information intérressant. Je connaissais l’Erieye mais je n’étais pas documenté sur le couplage avec le système EGIS. Merci

  11. Kamelot dit :

    Cela peut servir de référence pour la France avec une quantité nécessaire à nos besoins (?) et quelques adaptations techniques comme une perche de ravitaillement en vol et autres spécificités de l’AAE.
    Quid de l’ensemble des fonctions
    inhérentes aux AWACS du type E-3C en matière de conduite des opérations aériennes, du support/recueil EM et les communications stratégiques ? Intégrer l’ensemble du système sur un Falcon demanderait « quelques » études avec des développements longs et coûteux. C’est un choix, dont nous n’avons pas forcément les moyens libres, aujourd’hui…

  12. Trent dit :

    Ils ne reprennent pas la nomenclature IKEA pour les noms d’avion.
    Grâce à cet avion, ils arrivent à protéger leurs concitoyens :
    Baisse notable des règlements de comptes aux explosifs entre bandes en Suède : https://www.courrierinternational.com/article/baisse-notable-des-reglements-de-comptes-aux-explosifs-entre-bandes-en-suede_229992

  13. penandreff dit :

    Thales doit installer sur le nouvel avion de patrouille maritime de chez airbus un nouveau radar asea, ce radar pourra t il faire de la surveillance aérienne?
    surement

  14. HMX dit :

    On devrait sérieusement réfléchir avant de partir bille en tête sur l’acquisition de nouveaux AWACS pilotés pour remplacer nos E3F.

    On sait que la portée des missiles sol-air et air-air adevsres est en croissance exponetioelle. Le R37 russe atteint déjà 400km de portée, Les chinois travaillent déjà sur un engin dont la portée serait doublée (800km). Et on verra prochainement arriver des missiles (probablement chinois, et probablement hypersoniques) dont la portée atteindra 1000/1500km, avec une « kill chain » dédiée pour l’acquisition des cibles. Il ne s’agit pas de science fiction ou d’un lointain futur dans 20 ou 30 ans, mais bien de projets qui vont voir le jour dans le courant de la prochaine décennie.

    Nos AWACS, ravitailleurs et avions de transport seront naturellement des cibles privilégiées pour ces futurs missiles.

    Pour rester sur le thème des appareils AWACS, il serait donc urgent de travailler sur des drones AWACS, rapides, manœuvrants, et surtout infiniment moins coûteux que les AWACS actuels, donc disponibles en plus grand nombre, pour pouvoir supporter une inévitable attrition.

    Peut être même devrions nous aller plus loin, et envisager de ne pas donner de successeurs aux E3F. Cette fonction de détection serait alors remplacée par une constellation de satellites dotés de capteurs dédiés à cette fonction. C’est notamment là dessus que travaillent la Chine et les USA…

    • Mic dit :

      Les performances annoncées des missiles russes et chinois font l’objet de ma part de beaucoup de réserve !
      C’est comme les missiles hypersoniques soi-disant impossibles à abattre, qui devraient taper les PA des GAN, on connait leur (in) efficacité en Ukraine !

    • Roland DESPARTE dit :

      Bonjour HMX,
      Avant 2030 il faut renforcer nos capacités de renseignement et de localisation de l’adversaire et de ses tirs. Le GlobalEye s’impose donc (ou autre système novateur), même s’il présente une certaine vulnérabilité.
      Vous évoquez justement la mise en Å“uvre de satellites, mais le spatial coûte cher et c’est du temps long… Or, à ce jour, en orbite, nos armées n’ont pas une pleine souveraineté et dépendent d’acteurs américains ; seul le système CERES est opérationnel (constellation de 3 satellites CSO) auquel il faut adjoindre les moyens aériens du dispositif ATLAS (Automatisation des tirs et liaisons de l’artillerie sol/sol, un système Thales permettant “la coordination et l’emploi des moyens au niveau interarmes, interarmées et interalliés“).
      Fonction des investissements nécessaires pour réaliser une constellation dotée des capteurs nécessaires, Thales, Airbus et Leonardo envisage de créer pour fin 2026 une co-entreprise dans le domaine spatial (avant-projet déposé à la Commission européenne). Qui dit Airbus dit Arianespace (Airbus 50 % et Safran 50 %), mais aussi peut-être la participation de l’allemand OHB System, le constructeur des 14 premiers satellites Galileo. Un rapprochement qui devrait donc permettre de créer LE champion européen dans le spatial, capable de rivaliser avec SpaceX et Blue Origin, et enfin permettre une pleine souveraineté de nos armées, c’est vital.
      Dassault de son côté plaide pour une navette spatiale (ou avion spatial) qui devrait permettre de mettre en œuvre des capteurs et effecteurs, comme de porter des nano satellites “patrouilleurs“ capables d’une défense si besoin active (Cf. le système YODA du CNES : les “Yeux en Orbite pour un Démonstrateur Agile“). En complément d’Ariane, pourquoi pas.
      Enfin, pour notre souveraineté, pour le développement de ces projets et la révolution numérique en cours, il est impératif de maîtriser le domaine de l’IA de Défense. Ainsi, Sébastien Lecornu a annoncé un rapprochement de l’agence ministérielle pour l’IA de défense (Amiad) avec la prometteuse startup française Mistral AI spécialisée en intelligence artificielle [Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (SAIA) des 10 et 11 février 2025 à Paris, 109 milliards d’euros d’investissement, une premère !].
      C’est donc sur un tout qu’il va falloir maîtriser sans dépendre d’acteurs non européen. Des AWACS, des drones, des satellites, l’IA.
      Affaire à suivre… Croisons les doigts.