Un AC-130J Ghostrider a lancé avec succès le missile Black Arrow, destiné aux forces spéciales américaines

En octobre dernier, le groupe américain Leidos a dévoilé le « Black Arrow », un missile de croisière léger et compact, de type SCM [Small Cruise Missile] et dont le développement avait démarré en 2021, dans le cadre d’un parteneriat avec l’US Air Force [USAF] et l’US Special Operations Command [USSOCOM].
Cela étant, Leidos n’avait donné que peu de détails au sujet de ce nouveau missile, si ce n’est que sa masse était d’environ 90 kg, qu’il pouvait être lancé par un avion de type « Gunship », comme l’AC-130J Ghostrider, et qu’il avait été conçu selon une architecture ouverte de façon à « intégrer les meilleures solutions de sous-systèmes, quelle que soit la source ». En outre, il devait être peu coûteux, l’objectif étant de le produire en grande quantité.
À l’époque, le « Black Arrow » avait déjà commencé ses essais. « Des tests de vol captif […] ont validé l’intégration avec le système de gestion de combat [BMS] du Naval Surface Warfare Center, la fonction logicielle de vol opérationnel, les performances de navigation et la fonctionnalité du système de sécurité des vols », avait expliqué Leidos.
Ces essais étaient à un stade plus avancé étant donné que, à peine un mois après la communication de Leidos, un AC-130J Ghostrider a lancé un Black Arrow avec succès pour la première fois. L’annonce n’a été faite par le groupe américain que très récemment, via une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
[NEWS] Leidos completes successful test launch of a Small Cruise Missile.@Dynetics pic.twitter.com/8H9K7XqXHt
— Leidos (@LeidosInc) March 31, 2025
À en juger par le mode de lancement, Leidos a repris des concepts développé pour le projet de bombe planante GBU-69 SGM et le programme X-61 Gremlins, ce dernier ayant consisté à lancer et à récupérer des drones aériens avec un C-130 Hercules.
Ainsi, logé dans une sorte de rampe de lancement installée dans la soute de l’AC-130J, le Black Arrow est éjecté vers l’arrière avant de déployer ses ailerons, puis son aile monobloc, d’allumer son moteur et se diriger vers cible. Cependant, les images ne montrent pas si celle-ci a été atteinte.
Ce « test a été réalisé dans le cadre d’un accord de recherche et développement collaboratif [CRADA] entre Leidos, l’USSOCOM et le Commandement des opérations spéciales de l’US Air Force [AFSOC]. Il a permis de démontrer les performances du missile, la précision du guidage ainsi que son intégration avec le système de gestion de combat du Naval Surface Warfare Center », a résumé l’industriel.
« La réalisation de ce test à partir d’une plateforme AC-130 […] a donné aux équipages et aux opérateurs l’occasion de voir à quel point notre SCM fonctionnait bien », s’est félicité Mark Miller, le responsable des systèmes de missiles chez Leidos.
D’autres essais sont prévus en 2025. Il s’agira d’éprouver d’autres modes de lancement : par palette ou par des « moyens plus conventionnels ».
Quoi qu’il en soit, avec le Black Arrow, les forces spéciales américaines disposeront d’une capacité d’appui-feu supplémentaire. Capacité que réclament aussi leurs homologues françaises.
« Nous étudions des solutions d’appui feu et la possibilité de largage de charges utiles particulières pour différents modes d’action dans le cadre de la collecte du renseignement et d’actions offensives », avait ainsi confié un officier de l’escadron de transport 3/61 Poitou au magazine Air Fan, en octobre 2023.
De telles solutions existent sur le papier. Ainsi, Turgis & Gaillard a imaginé le système SSA-1101 Gerfaut, censé permettre à un C-130H de tirer des AASM [Armement Air-Sol Modulaires] à une altitude de 25 000 pieds et à plusieurs dizaines de kilomètres de la cible.





Vu la masse et l’encombrement, il pourrait être tiré par un hélicoptère ou un A10 il me semble. Par contre rien sur sa portée, guidé après programmation, Fire and Forget? A-t-on des missiles similaires pouvant donner des indications? Et l’on ne parle plus de la roquette « Genie ».
@Bastan. Quelques infos complémentaires ici..https://www.twz.com/air/ac-130j-ghostrider-gunship-launches-black-arrow-small-cruise-missile-in-new-video
qui dit FS, dit opérations discrètes… l’avion de transport armé peut voler haut, avec un transpondeur de liner…il a de l’allonge, donc rester en appui longtemps… évidemment, une fois que le missile fait mouche, fini la discrétion vous me direz…mais avant cela, l’approche d’un A10 ou d’un hélico, c’est loin d’être discret…
@Raphael……
Aucune armée occidentale, n’utilisera un numéro de vol de transpondeur de liner… (il n’y a pas de transpondeur militaire), pour la simple raison qu’on ferait courir un très gros risque aux dits liner…
De plus, les radars d’aujourd’hui font la différence entre un quadrimoteurs à hélices, et un bimoteurs de ligne, l’IA des radars est truffé de tout un tas de signatures.
Les avions de type « gunship » ne peuvent être utilisés, que si vous vous êtes assuré de tenir le ciel, et avez détruit l’ensemble des batteries antiaérienne du secteur où vous l’envoyez… plus compliqué qu’un A10 qui lui vole très près du sol, pour délivrer ses pruneaux de 30mm, et se trouve donc souvent sous la couverture radars.
Alors pourquoi avoir acheté des N90 pour les Forces Spéciales?
@Bastan
Peu d’infos, si ce n’est que ce missile est conçu pour être modulaire (l’ajout d’une liaison de données est donc a priori possible), et peu coûteux. Il serait capable d’atteindre sa cible sans l’aide d’un GPS, à une distance de « 400 milles nautiques » selon des infos en source ouverte, soit près de 800km (ce qui semble assez incroyable pour un engin de seulement 90kg…). A supposer qu’il s’agisse de milles terrestre, et non de milles nautiques, cela donne quand même une portée de 640km. Peut être un problème de traduction, ou de compréhension ?…
Dans tous les cas, sans aller jusqu’à rechercher de telles portées, nous aurions grand besoin d’une gamme de missiles légers de frappe terrestre, permettant aux aéronefs de tirer en restant à distance de sécurité, et si besoin de saturer les défenses antiaériennes adevrses. Ces missiles de croisière légers auraient notamment vocation à être embarqués par des drones MALE (Aarok, Eurodrone…) mais aussi par le futur drone UCAV qui accompagnera le Rafale F5. On pourrait par exemple imaginer :
– Un missile de 50-60kg, avec une portée de 80-100km
– Un missile de 90-100kg, avec une portée proche de 200km
@HMX,
De l’appui-feu à 100 bornes de distance, je sais pas ce que c’est. Le concept est étrange.
La portée, c’est très bien, mais dans l’appui-feu, il y a quand même le temps du trajet qui compte. L’appui-feu, c’est une forme de soutien: vous agissez au profit d’une autre unité qui, a priori, est exposée au feu de l’ennemi à un instant t et vous lui fournissez une application des feux qui lui permet de faire ce qu’elle a à faire, typiquement, progresser. Si le missile doit arriver 10 mn plus tard, votre unité, elle est déjà morte.
Et encore, quand je parle de faire 100 bornes en 10 mn, c’est déjà ultra-rapide. Un missile de 60 kg qui fait 100 bornes en 10 mn, ce qui est déjà trop long pour de l’appui-feu, je ne sais pas ce que c’est. Je ne sais pas comment ça fonctionne avec les technologies d’aujourd’hui.
Et quand on parle d’un missile de 100 kg qui tape à 200 km, tout en restant dans l’appui-feu puisque c’est de cela dont il est question, je ne sais plus du tout où on est.
Ce dont il est question dans cet article, c’est une bombe planante précisément guidée qui peut être larguée éventuellement en palette, donc en grappe, depuis un avion de transport, afin de fournir un appui-feu à des forces spéciales. On lui demande pas de faire 200 bornes avant de venir et de s’arrêter sur une aire d’autoroute pour respecter les temps de conduite: les types voient la cible, il faut que dans les secondes qui suivent le truc n’existe plus, parce qu’a priori vous êtes en situation TIC (vos troupes sont en contact).
Donc, entre l’acquisition de la cible et sa destruction, on peut supposer une kill chain de quelques minutes à tout péter. Et comme c’est très court mais pas tant que ça, pour la raccourcir encore, on peut supposer que la munition que les Américains testent aurait les caractéristiques d’une munition rôdeuse: on la largue d’abord en paquet, elle plane dans l’azur, et au fur et à mesure on lui trouve des cibles. Et on sait qu’il va y en avoir parce que les forces qui sont engagées dans l’opération au sol vont à la castagne. Donc, il y aura des cibles.
C’est ça il me semble le profil de mission de ce truc, pas d’inventer une énième munition small bomb à mettre sous les ailes d’un drone pour taper à 200 km une cible en passant sous les radars, ce qui permet à l’avion principal de rester à distance de sécurité.
Genre le profil de mission bête tel qu’on le pense aujourd’hui pour le Rafale F5.
Je comprends mal l’intérêt d’ un tel engin qui ne ferait qu’avertir de l’arrivée imminente de FS alors que beaucoup d’autres systèmes furtifs existent déjà , mais bon il y a des experts qui savent .
Un avion de transport tactique peut devenir une plateforme de lancement pour missile, RC et drone… . Le sujet est vaste. Son usage dépendra de l’absence de menace et du déni d’accès, y compris pour les FS. L’emploi peut s’avérer utile pour les attaques en masse ou esseins et en fonction de sa disponibilité.
En essaim.
À dessein.
En dessin.
A des seins.
À Sein.
Il est sain.
Il est saint.
Il est ceint.
Le sein blanc.
Le blanc-seing.
Peut être faudrait il aussi étudier l option d un largage par ballon stratosphérique. Landing zones (Canada) a conçu une sorte de missile/drone qui pourrait très bien avoir une charge explosive.
Il me semble que cela pourrait permettre d atteindre une cible fixe en très grande profondeur, en Sibérie par exemple.