Feux dans la profondeur : L’armée australienne a reçu ses premiers systèmes d’artillerie M142 HIMARS

En mai 2022, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargée d’instruire les exportations d’équipements militaires américains, autorisa l’Australie à se procurer 20 systèmes d’artillerie à longue portée M142 HIMARS [High Mobility Artillery Rocket System] ainsi que des missiles balistiques tactiques MGM-140 ATACMS [Army TACtical Missile System], pour un montant alors estimé à 385 millions de dollars.
Les négociations contractuelles se concrétisèrent un peu plus de six mois après. « L’efficacité [du M142 HIMARS] dans le conflit ukrainien a assurément influencé la décision du gouvernement », commenta Pat Conroy, le ministre australien de l’Industrie de défense, après la notification de la commande à Lockheed-Martin.
Seulement, en avril 2023, Canberra annonça une évolution majeure de sa doctrine militaire, celle-ci devant mettre l’accent sur le renforcement des capacités défensives dans le nord de l’Australie [tant sur terre que sur mer] et, partant, sur l’acquisition de moyens de frappe à longue portée. D’où son intention de commander 22 M142 HIMARS supplémentaires. Ce que la DSCA a approuvé en août de la même année.
Cependant, alors que l’Australie participait financièrement à son développement, à hauteur de 70 millions de dollars australiens, il n’était pas encore question de livrer, avec les M142 HIMARS, des missiles PrSM [Precision Strike Missile] à l’armée australienne. Du moins, les deux avis publiés par la DSCA ne l’avaient pas mentionné… .
« La coopération de l’Australie pour le PrSM complète la présence américaine […] dans l’Indopacifique et ouvre la voie aux tirs de précision à longue portée de l’armée américaine dans la région », avait affirmé le ministère australien de la Défense, en août 2021.
Cela étant, le PrSM est toujours en phase de test, comme en témoigne le tir d’essai effectué par l’US Army, depuis la base de Vandenberg [Californie], le 19 mars dernier. Et il fera bel et bien partie de l’arsenal de l’armée australienne.
C’est en effet ce qu’a confirmé Canberra, à l’occasion de la réception des deux premiers M142 HIMARS, ce 24 mars.
« Dans le cadre de l’examen stratégique de défense [DSR], le gouvernement Albanese a annoncé un investissement de 1,6 milliard de dollars AUD pour augmenter et accélérer l’acquisition de M142 HIMARS. Deux ans plus tard, les deux premiers exemplaires ont été livrés à l’Australie par les États-Unis », a d’abord annoncé le ministère australien de la Défense.
Et d’ajouter : « L’acquisition du M142 HIMARS marque un changement radical pour les forces de défense australiennes [ADF] puisqu’elle offre une capacité de frappe de premier plan, ce qui contribuera à la sécurité de notre région et assurera celle de notre nation ».
Le communiqué ne cite pas l’achat de missiles ATACMS… En revanche, il insiste sur le PrSM, qui donnera aux M142 HIMARS australiens une « puissance de feu précise » pour atteindre des cibles situées « à des distances de plus de 500 km ».
Le M142 HIMARS « est une capacité de premier plan au niveau mondial, offrant une puissance de feu précise à longue portée, ce qui permet de multiplier par plus de dix la portée de frappe de l’armée [australienne] », s’est félicité M. Conroy. « Il s’agit d’équiper dès maintenant les ADF de capacités de pointe qui leur permettent d’opérer efficacement sur terre, sur mer et dans les airs pour dissuader les agressions et protéger les Australiens », a-t-il ajouté.
À noter que les roquettes de type GMLRS [Guided Multiple Launch Rocket System], également utilisées par le M142 HIMARS, seront produites en Australie, ce qui permettra de « renforcer les solides chaînes d’approvisionnement nationales que nous contrôlons et de créer des emplois locaux », a conclu M. Conroy.
Photo : US Space Force par Anthony Mendez





youpi cela sera utile contre tout pays qui a des vues sur l’Australie, en gros contre la Chine, donc les Himars peuvent lancer des missiles à 500km de distance sauf que la Chine se trouve à plus de 7500km, cela va être très utile
Pour faire de l’anti navire depuis le moindre îlot ?!? Particulièrement de l’anti porte avion ?
Cela ressemble à un strapontin dans le plan de conversion de l’USMC en littoral missile truc muche très décrié par ceux qui pensent toujours que le Corp a besoin de rester pleinement « expéditionnaire » et pas seulement littoral.
Les capacités de L’army, par exemple en antiaérien, mais plus généralement pour tout le lourd qu’elle devrait déployer pour permettre à l’USMC de jouer sur les plages sont un déplacement du problème.
Et puis avec du chatterton pour fixer le truc sur le dos d’un de leurs sous-marin maintenu à flot par de la mousse expansive… On a le Kon-Tiki qu’on mérite !
En anglais autant qu’en français, cela s’écrit « corps ».
D’opérer efficacement sur terre, les mers,les airs…..
Sous la mer….non….on en parle pas ???
je me demande si ça va suffire à bloquer l’invasion chinoise qui arrive?
a voir, je vais poser la question à mes copains du PCC voir ce qu’ils en pensent. je vous tiens au courant.
« Feux dans la profondeur »
C’est pô très sympa d’rappeler qu’ils ont l’habitude de s’faire entuber à sec.
(désolé ^^)
Moins désolé que moi.
^^
L’internationale des colons (sans ô) : de belles raclures de bidet.
Dites-moi mon cher, de quel pays venez-vous ?
Otez moi d’un doute:
des navires de surface, voire des sous marins ne seraient ils pas plus utiles ?
……ok je sors.
« en forêt de Compiègne » Celle d’Halatte ce n’est pas mieux? Balaise en géographie sinon pourquoi bombarder…………………………Bordeaux! Et on écrit « Stuttgart »
« Ha, si nous avions des €€€. » Au vu de vos si « innocents » commentaires le « nous » est franchement hypocrite!
Le lac Léman.
Le lac de Genève
A priori nos ex-alliés outre Atlantique ne devraient pas empêcher l’utilisation des Himars australiens contre un éventuel agresseur asiatique.
Question, est ce qu’un HIMARS peut être placé sur le pont d’un bateau pour lui donner une capacité de frappe supplémentaire?
C’est probablement possible, mais uniquement avec des munitions intelligentes, capables de recaler leur trajectoire (guidage GPS notamment). Avec les mouvement de la plate forme, de simples roquettes à guidage inertiel risqueraient fort de ne pas atteindre leur cible.
A noter que les allemands avaient un temps envisagé d’installer un LRM avec des roquettes GMLRS en plage avant d’une frégate. Et la France y a aussi songé, en 2006, au moment où la classe FREMM devait se décliner dans une variante AVT (action vers la terre), le canon de 76mm étant à juste titre considéré comme un peu faiblard pour cet usage. Ces travaux sont tombés dans l’oubli car jugés trop coûteux, et probablement pas prioritaires dans un contexte « dividendes de la paix ».
Le contexte stratégique et budgétaire ayant radicalement évolué, il ne serait pas si bête d’envisager à nouveau d’intégrer des LRM sur nos futurs navires de surface…