Selon la force spatiale américaine, la Chine a effectué des manœuvres de « combat aérien » en orbite

Que ce soit au moyen d’une arme à énergie dirigée, d’une cyberattaque ou d’un missile ASAT [c’est-à -dire à ascension directe], la capacité de détruire un satellite [ou de perturber son fonctionnement] existe déjà depuis longtemps. Mais quand le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, dit et répéte que « nous sommes la génération d’êtres humains qui allons connaître ce qui pourrait être une forme de guerre des étoiles », il n’est pas question de cela… mais de « l’arsenalisation » de l’espace [et non de sa militarisation, qui a commencé en même temps que la conquête spatiale].
Ainsi, en mai 2024, chargée des questions liées à la maîtrise des armements au sein de la diplomatie américaine, Mallory Stewart, avait avancé que, sur la base d’informations « jugées crédibles », la Russie comptait « intégrer des armes nucléaires dans ses programmes de lutte dans l’espace ». Et d’ajouter que « quelque chose » avait été mis en orbite à cette fin.
Ce « quelque chose » est le satellite Cosmos-2553, placé sur une orbite « inhabituelle », car fréquentée par aucun autre objet, en février 2022. S’il ne porte pas, a priori, de charge nucléaire, cet engin est soupçonné par les États-Unis de faire partie d’un programme d’arme nucléaire antisatellite, Moscou ayant le projet de se doter d’une capacité censée lui permettre de « détruire des centaines de satellites en orbite terrestre basse avec une explosion nucléaire ».
Toutefois, cette affirmation fut jugée « fantaisiste » par certains experts. « L’histoire nous apprend que placer une arme nucléaire dans l’espace, ça ne sert à rien. Des tests nucléaires menés dans les années 1960 n’ont pas indiqué une efficacité importante de ce type d’armes, en particulier quand il y a un grand nombre de satellites à atteindre », estima en effet Paul Wohrer, chercheur spécialisé dans les questions spatiales à l’Institut français des relations internationales [IFRI]. Une position partagée par le général [2S] Michel Friedling, ancien « patron » du Commandement de l’Espace.
Cela étant, la menace la plus immédiate est celle d’objets [engins butineurs, drones spatiaux] capables de manÅ“uvrer autour de certains satellites, notamment de télécommunications.
En 2019, Florence Parly, alors ministre des Armées, avait dénoncé le comportement de l’engin russe Luch-Olymp K autour du satellite de communication militaire franco-italien Athena-Fidus. Puis, son successeur, Luch-Olymp K2, a multiplié les approches de satellites commerciaux depuis qu’il a été lancé, en mars 2023. Dernièrement, après une manÅ“uvre jugée « inhabituelle », il s’est positionné à moins de 50 km [ce qui est peu dans l’espace] d’Intelsat 39, après être resté pendant plusieurs mois dans les environs d’Intelsat 1002.
« Capable d’écouter le spectre électromagnétique dans les bandes de fréquence utilisées par les satellites de télécommunication et d’analyser les signaux perçus, Luch-Olymp contribuerait à l’élaboration de la base de données du système russe de brouillage Tobol, qui cible les satellites de télécommunication en orbite GEO », avait expliqué le général Friedling, dans son livre « Commandant de l’espace« , sorti en octobre 2023.
Mais ces manœuvres semblent simples par rapport à celle que vient de réaliser la Chine.
Ainsi, selon le général Michael A. Guetlein, le chef adjoint des opérations spatiales américaines [soit le numéro deux de l’US Space Force], cinq satellites et objets spatiaux expérimentaux ont effectué des « manÅ“uvres coordonnées » en orbite basse, l’an passé.
« Grâce à nos moyens commerciaux, nous avons observé cinq objets spatiaux différents manÅ“uvrer les uns autour des autres, de manière synchronisée et contrôlée. C’est ce que nous appelons des combats aériens. Ils s’entraînent à des tactiques, des techniques et des procédures pour effectuer des opérations spatiales en orbite, d’un satellite à un autre », a en effet expliqué le général Guetlein, lors d’une conférence annuelle sur les programmes de défense organisée par McAleese & Associates.
Plus tard, un porte-parole de l’US Space Force a précisé que la manÅ“uvre évoquée par le général Guetlein était chinoise.
« La Chine a mené une série d’opérations de proximité en 2024 impliquant trois satellites expérimentaux Shiyan-24C et deux objets spatiaux expérimentaux Shijian-6 05A/B. Ces manÅ“uvres ont été observées en orbite terrestre basse », a-t-il dit.
Dans l’espace, la notion de « combat aérien » est à relativiser : il n’est nullement question d’engins spatiaux qui enchaîneraient les manÅ“uvres de type « immelmann » afin de se mettre dans la meilleure position possible pour abattre l’autre. Les lois de la physique étant ce qu’elles sont, tout déplacement d’un satellite d’un point A à un point B peut prendre plusieurs jours. En clair, la « guerre spatiale » est lente.
Quoi qu’il en soit, pour le numéro deux de l’US Space Force, cette manÅ“uvre chinoise change la donne. « Il existait autrefois un écart capacitaire entre nous et nos proches concurrents, lié principalement à notre avance technologique. Cet écart se réduit considérablement et nous devons changer notre approche de l’espace, sinon cet écart pourrait s’inverser et ne plus jouer en notre faveur », a-t-il estimé.
Photo : LSAS Tec Co.,Ltd – via Youtube





Passionnant.
Merci pour cet article.
Heureusement, nous pouvons compter sur AsterX 🙂
https://www.defense.gouv.fr/cde_1/actualites/asterx-2025-ensemble-defendre-lespace
Merci pour le post
Emeute à Washington, sur un rond point français une B.Y.D. a percuté une Tesla, la Gendarmerie……………………….enquête!
Toute guerre spatiale doit définir des stratégies susceptibles d’éviter le syndrome de Kessler.
1> Cette explosion exponentielle du nombre d’objets sur une gamme d’orbites provoquée par des collisions en chaîne. Une petite idée de ce à quoi cela pourrait ressembler, étant suggéré dans le film Gravity.
2> Même s’il faut relativiser le Kessler vu l’immensité de l’Espace circumterrestre, il pourrait se constituer des « orbites interdites » sur 20 à 30 km d’épaisseur vu la dispersion des débris, bourrées de projectiles erratiques orbitant à 10 km/s. Ceci serait la conséquence d’une telle guerre spatiale ciblant l’anéantissement de la supériorité US de surveillance et menant à la destruction massive de dizaines de satellites militaires et civils. Vu les quasi-impossibilités de redescendre rapidement les débris par freinage pour brûler dans la haute atmosphère dès que l’on dépasse 400-500 km, il y aurait là une « couche de barrage éternelle » interdisant presque à jamais toute utilisation des orbites intermédiaires pour des générations et des générations…..Compromettant même la sortie de l’orbite terrestre pour des siècles…..Un héritage épouvantable…..
3> Sachant aussi par exemple que l’orbite géostationnaire se situe précisément à 35.786 km du « plancher des vaches », on imagine les dégâts gigantesques que provoqueraient des satellites tueurs sur TOUS les satellites de communication utilisant cette orbite si précieuse. ceci d’autant plus que l’orbite équatoriale est la meilleure en capacité de couverture.
4> On se retrouve donc à nouveau face à un dilemme de départ de guerre, si, s’il n’est pas freiné par un minimum de « sens commun » ….verra quelques tyrans aveuglés par leur Hubris hypertrophiés ruiner quelques éléments décisifs du sort de l’Humanité sur plusieurs siècles. VERTIGINEUX !
Bonjour Oneresque, vous qui avez l’air de vous y connaître, si on venait à se retrouver dans une situation telle que le syndrome de Kessler, n’y aurait il aucune solution pour nettoyer une orbite ? Des lasers extrêmement puissants capables de désintégrer les plus petits objets et faire changer l’orbite des plus gros ?
Les lasers ne « désintègrent » pas les objets, ils leur fournissent ponctuellement de l’énergie (thermique, cinétique) sous forme de photons de +/- haute énergie, et ces corps réagissent selon leur composition, leur structure et leur environnement immédiat. Dans l’espace, cela conduit à les faire rayonner (ex: chauffer « à blanc »), fondre (passer de l’état solide à l’état liquide) ou sublimer (passer de l’état solide à l’état gazeux) localement, et à modifier la trajectoire des corps les plus légers (ex: éclat de peinture).
Pour une explosion, il faudrait un comburant (l’oxygène de l’atmosphère, absent en orbite), un carburant (la matière à brûler), une réaction chimique (qui n’a pas lieu) à propagation explosive, ce qui n’est pas le cas.
Plusieurs sociétés du new space sont sur les rangs pour apporter des solutions aux débris spatiaux. Pour le moment elle tournent essentiellement sur fonds propres mais si cette menace devient une priorité il est a parier que l’argent public commencera à affluer pour développer des systèmes fiables (du moins aux US).
N’exagérons pas. Ce n’est pas un embouteillage de débris dans l’espace qui va ruiner à ce point le sort de l’humanité.
Ce sera (très) gênant, mais le soleil va continuer à briller pendant encore longtemps.
« mais le soleil va continuer à briller pendant encore longtemps. » Environ 4 milliards d’années, on a le temps de voir venir!
Oui, 3,9 milliards d’années avant de se transformer en géante rouge et d’avaler Mercure, Vénus et la Terre…..
je pense qu’en situation de guerre les russes et/ou les chinois n’en auront simplement rien à faire de polluer les orbites. au contraire . le but immédiat sera de gagner la querre et donc oter l’avantage espace aux americains. de plus celui qui prévoit une bataille spatiale prévoit aussi la pollution spatiale: les liaisons au sol et la radio existent aussi
Ben ouais, exactement le commentaire le plus débile de la semaine. Non mais speedyblabla, ça t’arrive de réfléchir avant de poster tes âneries?
Quelqu’un se dévoue pour lui expliquer pourquoi ses jeux de mots ne sont pas drôles ?
Il y avait des jeux de mots ?
@M’énerve, lui : peine perdue, speedyblabla est persuadé d’être irrésistiblement drôle. Lui faire remarquer le contraire revient à pisser dans un violon car il est imperméable à tout raisonnement intelligent.
Peine perdue aussi concernant l’autre ignoble radoteur que vous citiez l’autre jour, celui qui se réjouissait du malheur à venir, selon lui, de populations qu’il déteste, allez savoir pourquoi.
Bref, ce mec besson est une ordure nauséabonde qui, non content de baver sur son blog moisi, s’est trouvé ici une tribune complaisante où il peut vomir ses insanités en toute impunité. Insanités qu’il tente de faire passer pour du second degré, histoire de tenter également de se faire passer pour l’intelligent qu’il n’est pas.
Rendu à ce stade de connerie, je me dis que ces médiocres aboyeurs clavier qui passent leur temps à encenser des régimes où ils n’auraient pas cette liberté d’expression ont encore, hélas, de beaux jours devant eux.
On y est ! Celui qui contrôlera l’espace en étant capable de neutraliser les satellites de communication et de renseignements aura alors un sacré avantage sur l’issue de la guerre.
Des chaines infos vont elles nous dire que tout cela est réalisé grâce à des composants provenant de machines à laver, car la Russie est dans l’incapacité dans produire? Même un ancien marin membre d’équipage d’un « Atlantique », devenu le Grand spécialiste autoproclamé des affaires militaires, aéronautiques, stratégiques, politiques l’affirmait, c’est dire.
L’incapacité d’en produire.
Lockheed change son approche de la R&D https://www.telegraph.co.uk/us/news/2025/03/19/lockheed-martin-us-defence-companies-need-learn-fail/
Merc Ji_louis et la sublimation dont vous parlez pourrait être une solution ou finalement ça conduirait à créer d’autres déchets plus petits ?
« Putting Missile Interceptors In Space Critical To Defending U.S. Citizens: Space Force Boss »
The large-scale weaponization of space appears to be imminent as competition in orbit heats up between the U.S. and its adversaries.
https://www.twz.com/space/putting-missile-interceptors-in-space-critical-to-defending-u-s-citizens-space-force-boss