La 13e Demi-Brigade de Légion étrangère teste des « ruches » pour déployer des essaims de drones

Le 4 décembre, sur le plateau du Larzac, la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère [DBLE] a fait la démonstration de plusieurs innovations technologiques soutenues par la Section technique de l’armée de Terre [STAT], dont la capacité de sa Section renseignement robotique d’infanterie [SRRI] à mettre en œuvre un essaim de drones aériens depuis un Véhicule blindé multirôle [VBMR] Griffon.

Selon les précisions données à ce sujet par Terre Mag, huit drones ont pu voler en formant un essaim, piloté par « un seul opérateur ». Ce qui lui a permis de surveiller, en temps réel, une « zone de trois kilomètres de rayon sur ses écrans ». Et donc de cartographier le secteur et d’y détecter, le cas échéant, tout mouvement d’une force adverse.

« Cet outil est une vraie plus-value opérationnelle. Grâce à l’intelligence artificielle, il se contrôle comme un seul objet tout en étant plus efficace », a commenté le chef de la SRRI de la 13e DBLE, dans les pages de Terre Mag.

Outre la cartographie en temps réel et la détection de menaces, il est possible de « marquer » une cible, de leurrer une force adverse ou encore de brouiller ses transmissions, les applications militaires d’une telle technologie sont nombreuses, d’autant plus que les drones d’un essaim peuvent emporter des charges utiles de différentes natures.

Quoi qu’il en soit, la 13e DBLE continue d’explorer les capacités offertes par les essaims de drones. D’où la présence de sa SRRI aux États-Unis, où se déroule actuellemement l’exercice Capstone 5, dans le désert californie.

Impliquant les forces terrestres américaines, britanniques, australiennes, canadiennes et néo-zélandaises, l’exercice Capstone vise à tester des technologies de rupture en matière de robotique, de lutte antiaérienne et de transmissions, à expérimenter le combat collaboratif et à renforcer l’incontournable interopérabilité.

« Véritable laboratoire de guerre grandeur nature, cet exercice stimule l’innovation pour forger la supériorité opérationnelle et préparer les forces terrestres à dominer les conflits de demain », résume l’armée de Terre.

Les essaims de drones font évidemment partie des innovations mises à l’épreuve durant Capstone.

Ainsi, selon la 6e Brigade Légère Blindée [BLB], dont elle relève, la SRRI de la 13e DBLE a testé « deux prototypes de ruches permettant l’emport et le déploiement de ses essaims de drones », depuis un Griffon et un véhicule Masstech.

Connectées à un système de commandement et de contrôle [C2], ces « ruches » sont fournies par l’industriel bordelais IcarusSwarms qui, via son site Internet, assure qu’il suffit de moins de cinq minutes à un opérateur pour déployer un essaim de 4 à 20 drones.

« La 6e BLB teste l’emploi de l’essaim de drones pour des missions de reconnaissance. Un survol rapide d’une zone, permet une modélisation en 3 dimensions en une vingtaine de minutes, apportant des informations très précises sur le terrain aux soldats », a complété le général Valentin Seiler, son commandant.

Photo : IcarusSwarm

Voir aussi...

 

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

22 contributions

  1. Stakan Vada dit :

    Le problème n’est pas les essaims de drones ni même les ruches de drones, mais l’apiculteur de drones. Va t’on faire 3 paquets de 1000 drones ou 1000 paquets de 3 pour accompagner l’infanterie ?

    • Ouf ouf dit :

      Tient… ça me rappelle l’emploi des chars en 1940…

    • Le "T apostrophe" prolifère insidieusement dit :

      Va-t-on.

      Le « t » euphonique s’emploie avec deux traits d’union et sans apostrophe.

  2. Recce dit :

    Attention à ne pas confondre vol en essaim (où chaque drone interagit de facon autonome avec les autres drones de l’essaim) et le vol coordonné où plusieurs drones volent ensemble sans interagir de façon autonome entre eux. Le vol en essaim n’est qu’à ses balbutiements actuellement.

    • vrai_chasseur dit :

      @Recce
      Oui rappel utile, beaucoup confondent.
      Le mode autonome en essaim est défriché notamment par les acteurs de l’automatisation industrielle, par ex. l’allemand Festo ( http://www.festo.com/fr/fr/e/a-propos-de-festo/recherche-et-developpement/bionic-learning-network/objets-volants-bioniques/bionicbee-id_1659889/ )
      ou l’américain Boston Dynamics et ses robots industriels ( http://bostondynamics.com/industry/academia-education/#automate )

    • HMX dit :

      @Recce
      Il est bien question de vol en essaim. L’expérience était modeste (il serait question d’un vol de « seulement » 8 drones, et uniquement avec une fonction reconnaissance), mais néanmoins très intéressante. Cela préfigure l’avenir.

      L’avenir, ce sont des véhicules qui auront été spécialement conçus dès l’origine pour emporter les essaims de drones (qui ne seront donc plus logés dans un appendice type « boîte à chaussure » montée sur un véhicule existant), et des essaims de plusieurs centaines ou milliers de drones, assurant tout à la fois les fonctions suivantes :
      – Reconnaissance dans un rayon de quelques kilomètres, y compris de façon mobile lorsque le véhicule porteur se déplacera. Comme le montre l’expérimentation évoquée dans l’article, on cartographie d’autant plus rapidement le terrain que le nombre de drones est important. On peut également imaginer que les drones puissent disposer de capteurs de différente nature, permettant de réaliser une cartographie multi spectrale en temps réel (utile notamment pour détecter des IED, des véhicules ou fantassins embusqués…).
      – Recharge automatique des drones, qui se relaieront automatiquement pour venir recharger leur batterie à la « ruche », assurant une surveillance 24/24H. Des drones supplémentaires resteraient en permanence stockés dans la « ruche » en cas de besoin, ou pour pallier à l’attrition éventuelle des drones en vol.
      – Attaque de cibles terrestre d’opportunité, y compris de possibles mines/IED. Les drones pourraient ainsi remplir une fonction offensive, ou d’appui feu de proximité.
      – Autoprotection du véhicule porteur, contre des drones et essaims de drones adverses, mais possiblement aussi contre des missiles ou roquettes adverses (les drones prépositionnés en cercles concentriques autour du véhicule porteur se plaçant alors automatiquement sur la trajectoire de la munition assaillante pour détonner au bon moment). Les drones formeraient ainsi un système de protection active élargi, capable d’assurer la défense du véhicule porteur, mais aussi d’une zone d’intérêt (groupe de véhicule ou de fantassins, bâtiment…)

      L’atteinte de telles performances opérationnelles est aujourd’hui à portée de main. A très court terme, et en attendant de qualifier des systèmes plus performant, il serait infiniment utile de songer à équiper nos véhicules existants de « ruches » proche de celle évoquée dans l’article, pour doter a minima nos blindés d’une fonction de reconnaissance.

      • dolgan dit :

        Votre ruche, c est un semi remorque. Vous avez conscience du volume qu occupent des centaines de micro drones?

        • HMX dit :

          De petits quadcopters empilés les uns sur les autres, avec leurs bras repliés, occupent un très faible volume. Nul besoin de semi remorques pour en embarquer plusieurs centaines dans un volume équivalent à 1m3. L’idéal étant bien sûr d’imaginer des blindés qui disposeront nativement d’un espace de stockage et de rechargement dans leur volume interne.

          Cela étant, pour déployer des essaims beaucoup plus important (plusieurs milliers/dizaines de milliers d’engins simultanément) dans un cadre offensif ou défensif, je vous rejoins sur le fait qu’il faudra les transporter dans des véhicules plus imposants, type semi remorque.

  3. Félix GARCIA dit :

    Excellent.

    PS HS Drones : je propose l’utilisation de drones-grappins pour le secours aux soldats ;
    —> « SKEYEHOOK »
    Le grappin volant dronisé
    https://www.drone-act.com/nos-produits/skeyehook-le-drone-grappin/
    L’idée étant de pouvoir tirer à l’abri un blessé sans s’exposer aux feux ennemis.
    En s’accrochant dans la boucle du sac (ou toute autre prise « accessible ») si le blessé ne peut pas s’agripper lui-même ?

  4. Roland Desparte dit :

    Nos startups sont désormais en pointe et grâce à celles-ci nos armées se dotent des moyens qui demain pourraient nous apporter la supériorité opérationnelle.
    La domination de DJI (Da-Jiang Innovations = Chine = plus grand fabricant de drones au monde), d’AéroEnvironnement (USA, fournisseur majeur de drones militaires dont le Switchblade), Skydio (USA, ; leader des drones autonomes), est désormais techniquement concurrencée par Icarus Swarms.
    Icarus Swarms est une startup créée en 2022 à BEGLES (Gironde), sous le contrôle de SWARM ROBOTICS GROUP (PME créée en 2016, dont la filiale DRONISOS est le leader mondial des spectacles de drones permanents), spécialisée dans l’ingénierie et les études techniques concernant les essaims de drones volants. En partenariats serrés avec PARROT (Parrot SA, fabricant français de produits sans fil, créé en 1994, basé à Paris, PARROT est le premier groupe de drones européens), THALES (Leader mondial des hautes technologies et de la « Deep Tech » = innovations de rupture), et CERBAIR (Leader français des contremesures pour la lutte anti-drone), leurs drones résistants au brouillage peuvent indifféremment être équipés de photocapteurs optiques HD jour/nuit, capteurs de radioactivité, émetteurs audio ou haut-parleurs, brouilleurs de signaux et de radio, systèmes pyrotechniques (possiblement kamikazes), relais radio, détecteur de mines aérien,…
    Voir la vidéo sur : https://www.icarusswarms.ai/
    Spectacle aérien Dronisos : https://youtu.be/YjM8NaMFZ00
    Principaux clients : CFST (Commandement des forces spéciales terre), Armée de terre, Armée de l’Air et de l’Espace, Marine Nationale, RAID (Police Nationale), Australian Army Research Centre, NavalGroup, …

  5. Nicolas SAMBART dit :

    manque plus qu’une charge à chaque drone et voilà un ajout de munitions au combat rapproché

  6. hdo dit :

    Bon… ça avance « doucement » mais ça avance. l’usage reste à de l’observation avec yeux multiples (en essaim donc) le tout sous IA qui est de la reconnaissance de formes avec une logique .
    j’espère que quelqu’un a pensé à un essaim d’ATTAQUE de tous les « objets » observés , tanks, blindés personnels en tranchée ou pas et plus loin tout ce qui peut ressembler à du matériel de brouillage, plus loin radars hélicoptères avions d’attaque sol.

    Autrement dit : le ciel rempli de drones en mode kill sous IA, sans doute contrés par des essaims de défense eux mêmes attaqués par d’autres essaims tueurs.
    on y va très vite sans être le scénario Skynet

  7. La 13eDBL a choisi. C’est boudin sucré. Donc à juste raison : Merci les essaims d'(abeilles).

  8. Serge Van Dyck dit :

    il y a la solution intermédiaire de 60 paquet de 50 drones

  9. JILI dit :

    C’est impressionnant et avec l’arrivée de l’IA, il est certain que l’armée de demain sera méconnaissable et hyper puissante par sa technologie et l’intensité de son armement. De même qu’il est très agréable de constater que nous avons rattrapé notre retard anormal dans la conception des drones, lorsque l’Aarok sera commandé par des forces étrangères, tout comme notre mini sous-marin sera opérationnel dans notre marine, il est certain que nous ferons partie du groupe de tête pour la conception des drones, robots et tous autres matériels technologiques.

  10. Félix GARCIA dit :

    HS Drones : « Norwegian soldiers drop tennis balls on tanks to test drone tactics »
    […]
    “To simulate attacks on participating forces, tennis balls were dropped and FPVs were flown in dive attack patterns to simulate modern-day drone threats — the purpose was to provide insights to the participants of their own aerial signature, experience the threat from top-attack drones, and evaluate their standard operating procedures,” he told Defense News in an email.

    Over 30 tennis balls were dropped during the ten sorties the FPVs carried out, he added. This represented the first time that the Norwegian Army conducted such testing with attack drones at that scale.
    […]
    https://www.defensenews.com/global/europe/2025/03/17/norwegian-soldiers-drop-tennis-balls-on-tanks-to-test-drone-tactics/

    En v’là une de bonne idée !

  11. Pascal, (l'autre) dit :

    « Quitte a perdre des bataillons ou des régiments entiers par le passé. L’anonymat garanti pour une croûte de pain. Encore aujourd’hui le salaire est une misère, hors opérations. » C’était la « crotte » du jour de @Mahmoud, on n’applaudit pas mais on……………………..aère!

  12. Le gros bourdon BESSON dit :

    Cit : [ https://www.opex360.com/wp-content/uploads/ruche-20250316.jpg%5D

    Cela ressemble fortement au concept de  » drone in the box  » développé par un  » célèbre constructeur de drones mondialement reconnu « : Un LDS , Landing Drone Shelter , transportable .

    C’est de plus en plus utilisé un peu de partout dans le monde depuis quelques années par les forces de police , de sécurité civile ,des aménageurs , des scientifiques …
    L’idée c’est un caisson IP55 , qui peut être à ouverture automatique , qui sert de transport au drone et où il vient se ravitailler de manière automatisée en énergie et le cas échéant déposer les datas qu’il a « butiné « au cours de son vol s’il ne les a pas déjà échangés .
    C’est en effet une  » ruche  » pour un drone mais le concept peut ici être appliqué à plusieurs  » abeilles  »
    Ce caisson peut se ranger de partout : Dans un coffre d’une bagnole ou de petit camion , sur une petite remorque , sur le toit d’un blindé comme on peut le voir mais aussi d’un buggy de FS ou d’une drone fardier ou même sur des vedettes de patrouille fluviale ou maritime .
    Il doit y avoir peut-être dans la version  » mili  » une connectique énergie et une connectique signal normalisée pour tous les supports ?
    L’avantage de ce concept c’est justement que cette  » ruche  » on peut l’utiliser presque sur tous supports lorsque on l’amène en transhumance et passer d’un support à l’autre .

    Après la nature de la mission , essaim ou pas , c’est configurable et c’est presque accessoire .Cela peut dépendre certainement du nombre de « ruches  » et de leur collaboration ?

    https://www.youtube.com/watch?v=l5igWxSPDaI

    @Ion5

    Je soulignais juste l’historicité de l’affrontement des armements URSSIens et Occidentaliens .
    Vous prêchez un converti .

    • Correction de la bourde du gros bourdon BESSON dit :

      Cit : [ Cela ressemble fortement au concept de » drone in the box « ]

       » Drone In-a-Box « ™

      La critique est facile mais je note sur une photo que l’  » apiculteur  » manipule ses  » abeilles  » sur la  » planche d’envol  » de sa  » ruche  » alors que le concept de  » Drone In-a-Box « ™ cherche à éliminer justement cette intervention humaine au travers de la gestion automatisée du décollage et de l’atterrissage .
      C’est  » Plug and Fly  » .

  13. speedbird101A dit :

    Les ruches c’est pour le miel mille fleurs…sinon c’est pour quand la récolte ? je sais c’est pas drone !