L’US Navy est en quête d’un robot sous-marin équipé de chenilles pour des opérations de déminage

Un robot autonome pouvant rouler sur les fonds marins grâce à des chenilles pour des opérations de déminage : telle est la capacité dont souhaite se doter l’US Navy, selon un appel à propositions qu’elle a récemment émis. De tels engins, appelés « crawlers », existent déjà pour des applications civiles. Mais leurs caractéristiques ne répondent pas aux besoins qu’elle a exprimés. « Il n’existe aucune capacité commerciale disponible » pour une solution prête à l’emploi, a-t-elle en effet souligné.

Cela étant, l’idée de doter un engin sous-marin « chenillé » n’est pas nouvelle. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le « Seeteufel » était un sous-marin de poche allemand à chenilles avec deux hommes d’équipage, affichant un déplacement de 35 tonnes. Entre 1969 et 2008, les États-Unis exploitèrent le sous-marin espion NR-1, équipé de roues pour se déplacer sur les fonds marins.

Quoi qu’il en soit, l’US Navy veut développer un robot sous-marin de type crawler capable de détecter et, surtout, de neutraliser des mines de fond, pouvant être immergées à une centaine de mètres de profondeur et contenir une importante quantité d’explosif.

Dans le détail, ce robot devra être relativement léger [moins de 70 kg], évoluer en surface de manière autonome sur une distance de deux nautiques et pouvoir opérer jusqu’à 600 mètres de profondeur tout en transportant des charges utiles d’une masse totale de 45 kg. D’une autonomie d’au moins six heures, il devra être en mesure d’approcher à moins d’un mètre d’une mine activée par influence magnétique.

Cet engin « intégrera des caméras et un sonar haute fréquence ainsi qu’un sous-système de bouée captive avec gestion active du câble pour les communications radiofréquences [RF] », indique l’avis de l’US Navy.

« Une fois immergé, il devra libérer une bouée captive afin de permettre aux opérateurs de le commander et de le contrôler à une distance de sécurité », ajoute-t-il.

Enfin, une « autonomie de supervision est souhaitée pour réduire la charge cognitive de l’opérateur » et le « câble du système devra offrir une très faible latence ainsi que des communications fiables à différentes profondeurs et distances de sécurité pour permettre des opérations de précision », précise le document.

Selon l’US Navy, ce programme est susceptible d’être classé « secret défense » et seules les entreprises américaines sont autorisées à répondre à son appel à propositions… Ce qui peut sembler curieux pour un robot sous-marin censé n’effectuer que des opérations de déminage.

Photo : Fonds marins – archive

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18 contributions

  1. dolgan dit :

    Il ferait quoi de plus que des solutions non chemillées adoptées en europe?

    • Fralipolipi dit :

      @dolgan
      Un peu de labourage sans doute … 😉

    • Roland Desparte dit :

      Bonjour dolgan,
      Sans être un spécialiste, je crois que le fait de pouvoir se poser et évoluer en liaison avec le plancher océanique permet de se soustraire en grande partie aux mouvements des écoulements marins, donc une plus grande stabilité pour effectuer les travaux de déminage.
      Maintenant, un tel engin sera intégré à la guerre des grands fonds (« seabed warefare »), d’où sa classification secret défense, car on peut également très bien imaginer que cet engin soit doté de capteurs et de torpilles tout en restant statique et caché en embuscade…

    • Bastan dit :

      Rentrer au garage tout seul par la route.

    • Frédéric dit :

      La, qui dit chenilles fera qu’il pourra fouiller le terrain et faire des prélèvements des fonds marins en continue.

    • vrai_chasseur dit :

      Plus prosaïquement le télé-pilotage d’un engin sous-marin roulant sur le fond requiert moins d’expertise humaine et de formation spécialisée pour les opérateurs.
      La phase 3 de l’appel d’offres spécifie en effet l’usage dual possible, par des opérateurs non militaires : forces de police, FBI, opérateurs de nettoyage des eaux littorales des plages, etc.
      La compacité de l’engin suggère également la possibilité d’inspection de milieux confinés immergés (intérieur de pipelines, structures sous-marines) – avec la contrainte de gestion du câble de liaison (le CdC stipule explicitement « gestion active du câble »).

  2. Félix GARCIA dit :

    « L’exploration des grands fonds marins : pour quoi et comment ? »
    Mardi de la mer – 14/01/2025 – Jean-Marc Sornin, président d’Abyssa et Carla Frier, responsable développement commercial et relations publiques d’Abyssa
    https://www.youtube.com/watch?v=Z8SPanGw9Mk
    —> « ABYSSA »
    https://www.abyssa.com/fr/
    « ABYSSA ÇA VOUS PARLE »
    https://www.youtube.com/watch?v=qWmd3OTRfbY

  3. Félix GARCIA dit :

    Des navires pour déployer des drones/robots/ROV, mais aussi des hydravions : EENUEE et Frégate-F100.
    Ou encore, des hélicoptères et dirigeables.
    On peut même imaginer en parachuter certains depuis des avions de transport …

    • Félix GARCIA dit :

      Bah voilà ! Eurêka ! Pour nos hydravions, il nous faudra des porte-ravitailleurs !
      Les ravitailleurs en questions : des drones/navires de surface, éventuellement semi-submersibles, pour ravitailler en carburant les hydravions.

      Quels hydravions ? Ceux de l’aéronavale pardi !
      Les hydravions ravitailleurs (Frégate-F100 : >10t d’emport + carburant « en propre » = 1/2 Rafale), ceux de guet aérien, ceux de transport, ceux pour la lutte ASM, ceux faisant office de porte-drones navals, etc …

      On pourrait même envisager de mettre les dirigeables dans la boucle …

      Voilà, ça fera « la jonction » avec les PHA, les côtes, SLAM-F, les PRAO/VELA …

    • Félix GARCIA dit :

      Ouais, nan … « le mieux », ça resterait « des gros SMX-25 » conçus pour le ravitaillement d’hydravions, se ravitaillement eux-mêmes auprès d’un BRF ou d’un autre ravitailleur …
      Un seul « SMX-25 » pouvant ravitailler des dizaines d’hydravions, ou quelques hydravions plusieurs fois, ce serait beaucoup plus intéressant.
      « L’idéal », pour minimiser les interactions néfastes entre un hydravion et le bâtiment ravitailleur tout en préservant un certaine discrétion, serait que des tuyaux soient remontés depuis les SMX-25 par des bouées à la surface.
      —> « Projet SMX-25 »
      https://modern-submarines.com/?page_id=8367

      On a toujours le projet du sous-marin/porte-drones SMX-31 aussi …
      —> « Le français Naval Group continue de faire la promotion du SMX-31, un concept de sous-marin révolutionnaire »
      https://www.opex360.com/2024/05/20/le-francais-naval-group-continue-de-faire-la-promotion-du-smx-31-un-concept-de-sous-marin-revolutionnaire/
      —> « Naval Group dévoile le SMX 31 E, son concept ship 2020 »
      https://www.youtube.com/watch?v=JEZy9AAurfs&t=46s

    • Félix GARCIA dit :

      PPS : Du coup, avec des hydravions ravitailleurs, il sera possible de donner de l’allonge à des Rafale, des nEUROn, à d’autres hydravions, ou encore, à des hélicos dotés de perches de ravitaillement.

  4. Félix GARCIA dit :

    De notre côté : une flotte de VELA et de PRAO pour connaître les océans ;
    VELA
    https://vela-transport.com/bateaux/
    PRAO
    https://www.solid-sail.com/concept/prao/
    https://www.solid-sail.com/app/uploads/2024/01/Prao-maquette2.webp
    https://www.solid-sail.com/app/uploads/2024/01/Prao-1.webp
    https://www.solid-sail.com/app/uploads/2024/01/Prao-2.webp

    Des TARA Polar Station au Nord, et des Polar Pod (4 si possible) au Sud
    https://fondationtaraocean.org/goelette/tara-polar-station/
    https://www.polarpod.fr/fr
    https://www.polarpod.fr/fr/expedition
    https://www.polarpod.fr/fr/polar-pod

    Le retour de la voile et des hydravions, couplés aux drones/robots en essaims (+ROV) devraient nous permettre de mieux connaître les océans.

    Ayons cette vue des océans à l’esprit :
    https://www.seattleaquarium.org/wp-content/uploads/2023/07/Spilhaus-map.jpg
    https://blog.map-projections.net/blogimg/large/spilhaus-demo-prepare-erase.jpg
    En sachant que c’est ainsi que » les poissons vivent les océans » :
    —> « [Bill François] Confidences du peuple des rivières »
    https://www.youtube.com/watch?v=ELHVm3iRb0s
    (25:40/1:32:50)

    « Vers l’infini et au-delà ! »

  5. Bastan dit :

    Quel intérêt, alors qu’il peut flotter ou se poser sur les fonds et ainsi passer des obstacles sans encombres? C’est comme si l’on remplaçait un hélicoptère par un camion alors que là il n’a pas de contraintes météo. Mais je ne doute pas que des éléments m’échappent.

  6. olivier 15 dit :

    Contactez Navantia: Le fond, ils connaissent ! 😉

  7. Rakam dit :

    Et coupé du câble il saura faire…ou un pipeline…

  8. Vladimir VOLBESSON dit :

    Cit : [ Donc les ennemis potentiels déposeront leurs bouées et mines acoustiques sur un fond rocheux. ]

    Un fond sédimentaire cela permettrait de cacher une mine-torpille en l’enfouissant . Il faut toutefois tenir compte des courants de fond qui peuvent la découvrir ou au contraire l’enfouir totalement ( dunes marines )

    Un fond rocheux cela permet d’utiliser un mimétisme rocheux …

    Vous citez de nombreux exemples .
    Chépa ? Par exemple à la sortie du Goulet de Brest ? Une idée comac ! ;0)

    3…2…1…

    • Bench dit :

      @rigolobesson : « Vous citez de nombreux exemples. » où as tu vu que ton compère en radotage Mahmoud donnait de nombreux exemples? On ne sait plus lire le français chez Ivan?
      Quant à ton fantasme récurrent de « la sortie du Goulet de Brest », oublie. Eaux intérieures, mer territoriale et zone contiguë jusqu’à 24 milles, peu de chance qu’un poseur de mines passe inaperçu.
      Pour le reste de ta prose, blabla charabia comme d’hab!