Le ministère allemand de la Défense finance la conception d’un « véhicule hypersonique réutilisable »

En 2021, dans le cadre de son programme RDRS [Rapid Deployable Reconnaissance System], la Bundeswehr notifia un contrat de 250 000 euros à l’entreprise Polaris Raumflugzeuge afin d’évaluer les applications et le potentiel d’un « avion spatial » en matière de renseignement.

Issue du Centre pour l’aéronautique et l’astronautique [Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt, ou DLR], Polaris Raumflugzeuge travaillait alors sur le concept d’un avion spatial à propulseur Aerospike, susceptible d’offrir un accès régulier et à faible coût à l’espace.

« Aurora est conçu pour le décollage et l’atterrissage sur des pistes conventionnelles partout dans le monde […]. Sa mission principale est le lancement de satellites de 800 à 1 000 kg, ce qui permettra ainsi une réduction importante des coûts de lancement par rapport aux lanceurs conventionnels, tout en augmentant fondamentalement la flexibilité, la disponibilité et la sécurité », avait en effet expliqué l’entreprise allemande.

Et d’ajouter que, grâce à ses quatre moteurs « conventionnels » et au moteur-fusée Aerospike linéaire AS-1 LOX, Aurora allait offrir « des capacités uniques pour répondre à divers scénarios de missions suborbitales / hypersoniques, que ce soit pour des activités commerciale ou la défense ». D’où l’intérêt de la Bundeswehr.

En mars 2024, l’essai d’un premier démonstrateur – appelé « Mira I » – s’est soldé par un échec, l’appareil ayant fait une sortie de piste peu avant de prendre son envol.

Cet échec a permis de réaliser quelques ajustements pour le démonstrateur suivant, le « Mira II » ayant une surface alaire plus grande de 30 % par rapport à son prédécesseur. Résultat : la campagne d’essais menée à partir d’octobre dernier donna satisfaction, avec le premier allumage en vol du moteur-fusée Aerospike. Ce dernier a fonctionné pendant trois secondes, au-dessus de la Baltique.

Ce succès a donc incité le ministère allemand de la Défense, via le BAAINBw [Office fédéral des équipements, des technologies de l’information et du soutien en service de la Bundeswehr], à confier le soin à Polaris Raumflugzeuge de concevoir un « véhicule de recherche hypersonique à deux étages réutilisable ». C’est en effet ce qu’a indiqué l’entreprise, via le réseau social LinkedIn, le 27 février. Le montant du contrat qu’elle obtenu n’a pas été précisé.

« En plus de la conception, le contrat comprend aussi des options pour la fabrication et les essais en vol du véhicule grandeur nature », a indiqué Polaris Raumflugzeuge.

L’objectif du BAAINBw est de disposer d’abord d’un « banc d’essai hypersonique » et d’une « plateforme expérimentale pour la recherche ». Ensuite, il est question que cet « avion spatial » soit utilisé pour mettre de petits satellites en orbite.

« Nous sommes fiers de la confiance continue de la Bundeswehr dans nos compétences et nous nous réjouissons de ce projet passionnant et très ambitieux », s’est félicitée Polaris Raumflugzeuge.

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50 contributions

  1. Lecoq dit :

    Top

  2. Airtattoo dit :

    Les Mira I, Mira II et Mira III s’apparentent davantage à des drones spatiaux. La réutilisation des fusées est déjà une réalité. Le choix des États-Unis d’utiliser un véhicule spatial lancé depuis une fusée est il me semble une meilleur approche. Ainsi, plutôt que de consacrer du poids à un système de décollage autonome, cette masse est avantageusement allouée à la charge utile. Je ne crois pas une seconde à ce projet. Wait&See

  3. SSTO dit :

    Bof, TOUS les pays qui ont étudié le concept SSTO (single stage to orbit) réutilisable par nature, ont échoué. Dernier cas en date Reaction Engines Ltd. Après « quelques » 30 ans de R&D (!). Je ne vois pas comment il peut en être autrement pour Polaris Raumflugzeuge.
    Après ils ont absolument raison d’essayer, ils apprennent beaucoup en essayant. Ils ont l’ambition l’audace et les moyens financiers pour le faire, ce que nous n’avons pas…

    • Momo dit :

      « Ils ont l’ambition l’audace et les moyens financiers pour le faire, ce que nous n’avons pas… »

      Vous pourriez illustrer concrètement de part et d’autre que l’on mesure bien tout l’écart entre votre pays et l’Allemagne?
      En particulier dans le domaine spatial.

      D’avance merci

    • ONERESQUE dit :

      Les SSTO obligés d’emporter leur comburant butent toujours sur le Diktat de l’équation de Tsiolkovski avec une petite fraction de la masse take-off emmenée en orbite.

      1 > Le X-33 VentureStar aurait presque pu réussir s’il n’avait buté contre un examinateur de commission retors qui brisa son élan en refusant la solution des réservoirs en Aluminium-Lithium au lieu des composites initiaux. Il faut dire que la première version des réservoirs cryogéniques avait fait la bêtise de mettre des nids d’abeille de sandwichs carbone dans les parois et les -185°C et -260°C avaient fait pas mal de dégâts aux collages car l’air des cellules s’était liquéfié. L’ Aerospike avait aussi hélas une rampe réfractaire TROP LOURDE qui reculait le CG. Mais, SI ON AVAIT voulu, le X-33 était FAISABLE…Des réservoirs cryogéniques à mousse résistante comme sandwich avaient été validés par la suite et des carbures de Hafnium-Tantale légers étaient envisagés pour la rampe-tuyère Aerospike.

      2 > Le SKYLON de Reaction Engines, très vieux projet venant d’HOTOL 1980, CONTOURNAIT Tsiolkovski en COLLECTANT son comburant, liquéfiant l’oxygène de l’air dans un échangeur ultra-ultra-rapide avec extraction de l’Azote inutile. Là aussi, les angliches avaient réussi à prouver la faisabilité du refroidissement éclair, mais manquaient cruellement de fonds et on soupçonne des investissements faussement amicaux d’avoir fait tout capoter en asséchant les fonds avant l’aboutissement…MÊME si la réinjection de l’Oxygène liquéfiée avec du Méthane dans des étages à tuyères distribuées n’avait pas été totalement validée. Un projet très complexe, mais révolutionnaire. Il aurait fallu Arianespace en background.

      3 > Qui dominera l’hypersonique, dominera le combat atmosphérique. Difficultés considérables d’interception, délais de frappes court-circuitant les préavis d’alerte classiques. Voila pourquoi se concentrer sur ce type d’armement est CRUCIAL !!!!

  4. Félix GARCIA dit :

    -_-‘
    Donc, ils veulent faire leur propre lanceur réutilisable et leur propre véhicule hypersonique.
    Comme nous quoi …

    Bah faut qu’on soit les premiers au monde (si tant est que ce n’est pas déjà fait par d’autres).
    —> Rafale + nEUROn + « ESPADON »
    – Rafale : avion qui avionne
    – nEUROn : drone furtif de combat
    – « ESPADON » : avion/drone hypersonique mis en l’air par lanceur réutilisable

    Avec les lanceurs réutilisables, depuis le sol national :
    – VMaX : antiaériens de très longue portée, et de frappe (sol/mer)
    – ESPADON.

  5. NRJ dit :

    Les allemands semblent partir sur de mauvais choix. La propulsion Aerospike n’a jamais démontré une durabilité suffisante pour une utilisation même unique. Alors de là à l’imaginer avec de la réutilisation, il y a un monde.
    J’espère que de notre côté on pourra utiliser la propulsion hybride d’hyprspace pour envoyer nos petits satellites à un faible prix.

    • phil135 dit :

      c’est une question de tenue des matériaux, il y a des progrès tous les ans. de plus un projet de ce genre donne des objectifs précis et c’est très bon pour avancer-du-cran-qu’il-faut

      • NRJ dit :

        @phil135
        Il y a bien des progrès. Mais surement pas tous les ans. Et pas encore pour faire réussir des concepts qui sont en échec depuis toujours. En tout cas, avant d’imaginer d’avoir une propulsion Aerospike réutilisable, il faudrait d’abord réussir le concept sur les 10 minutes d’un lancement spatial.

  6. mike dit :

    Super, il voudrai pas plutôt accéléré le programme SCAF et celui du MGCS…histoire de montrer qu’ils sont des partenaires fiables.

    • Infini'Tifs Coiffure, 25 Bd de la Libération - 32100 Condom dit :

      Ils ne voudraient pas plutôt accélérer le programme.

  7. Félix GARCIA dit :

    HS Aéronautique : Des dirigeables de chez Flying Whales en Guyane !!! 😀
    « FLYING WHALES UNE SOLUTION AU DÉSENCLAVEMENT DE LA GUYANE »
    Une réponse innovante au défi du désenclavement en Guyane

    L’utilisation des dirigeables comme solution au désenclavement de la Guyane constitue une avancée majeure. L’entreprise française Flying Whales développe actuellement des dirigeables cargos capables de transporter des charges lourdes sur de longues distances, sans nécessiter d’infrastructures au sol complexes.

    Grâce à cette technologie, il sera possible d’atteindre des zones aujourd’hui difficiles d’accès, notamment l’intérieur des terres et les villages isolés. Cette innovation représente une opportunité sans précédent pour le développement économique et social du territoire.

    L’implantation de Flying Whales à Macouria marque ainsi une étape déterminante pour repenser la logistique et la connectivité en Guyane. Ce projet ouvre la voie à un transport plus efficace, plus écologique et mieux adapté aux réalités locales.
    https://www.youtube.com/watch?v=A4lFVvgfOnE

    « FLYING WHALES »
    FLYING WHALES signe un accord pour l’implantation d’une base à Macouria en Guyane
    Le jeudi 13 février dernier, nous avons présenté notre projet d’implantation d’une base opérationnelle au Conseil Municipal de Macouria, en Guyane. Une étape décisive, qui s’est concrétisée par un vote favorable du conseil pour le projet !
    Grâce au soutien de la ville, nous pourrons lancer dès cette année les études techniques et administratives pour préparer l’instruction du permis de construire de la future base opérationnelle guyanaise.
    Avec son dynamisme et sa position stratégique, Macouria est un site et un partenaire clé pour le déploiement de notre projet en Guyane, ainsi que pour sa future expansion à travers l’Amérique du Sud.
    Le LCA60T apportera à la Guyane un nouvel outil de désenclavement en connectant toutes les populations du territoire, tout en répondant aux défis de la décarbonation du transport, un enjeu clé pour cette région amazonienne.
    Un immense merci à l’ensemble des membres du Conseil Municipal de la Ville de Macouria, M. le Maire Gilles Adelson, les services de la ville, et tout particulièrement M. le DGS Farouk Amri pour leur soutien.
    https://www.facebook.com/people/FLYING-WHALES/100065031812734/?ref=embed_post

    😀 😀 😀

    Plus les lanceurs réutilisables qui partiront bientôt de Kourou !
    Les voiliers qui feront de aller-retours, les EENUEE volant gracieusement aux côtés des oiseaux …
    « Ne restera qu’à » développer le fluvial et le maritime/portuaire (notamment le port de pêche).
    Au taupe du taupe pour la Guyane.

  8. Momo dit :

    Encore un acte de la déconfiture de l’ESA.
    Après l’Italie.
    La réalité et le pragmatisme font progressivement leur retour en UE, qui a fortement influencée l’ESA ne serait-ce que par ses dirigeants. Les derniers sont parfaitement responsables de la situation dramatique de l’Agence Spatiale Européenne dont les couts explosifs et les résultats médiocres condamnent l’existence à terme, quand deux ou trois contributeurs importants lassés tireront leurs rideaux et porte-feuilles.
    Le CNES et Ariane Group gagneront au final à être débarrassés des boulets qui entravent leur progression et celle de l’Europe dans ce domaine.

  9. Rider dit :

    Beau programme. Au fait est-ce que le projet d’avion militaire hypersonique « Espadon » décollera bientôt ?

    • Bloodasp dit :

      @C’est quoi cette histoire d’espadon? Soit vous avez trop lu Blake&Mortimer, soit j’ai loupé un truc.
      Pourriez vous développer si c’est du sérieux?

  10. phil135 dit :

    intéressant. s’ils parviennent en haut de l’atmosphère sans consacrer trop de masse à cette première étape, ensuite le moteur fusée pour un bon sub-orbital et lancer un petit satellite en sommet de trajectoire … évidement il faudra un satellite beaucoup plus propulsé que les habitudes actuelles. avec des matériaux structurel très légers et quelques progrès de propulsion, je pense que c’est actuellement « limite »: ils vont réussir ou échouer de peu. ce genre d’essai exploratoire est la raison d’être d’organismes comme le DLR.

  11. phil135 dit :

    créer une petite société externalisée est une bonne idée du DLR pour détacher une équipe « commando technique » des lourdeurs bureaucratiques. on devrait considérer cette méthode en France aussi. rien n’empêche de re-embaucher les gens à la fin du projet, ça peut même être clairement promis dès le début

  12. Nexterience dit :

    La France est aussi sur le coup:
    https://www.opex360.com/2023/05/21/le-ministere-des-armees-a-lintention-deffectuer-une-analyse-technico-operationnelle-sur-un-avion-spatial/
    Il faut se concentrer sur nos points forts et ne pas saupoudrer les investissements publics, étant donné nos finances. Dans le domaine seulement de l’air et espace, nous prétendons à être leaders en UE sur les icbm, leur moyens de contrôle ( Monge, snle, etc), la bombe, les satellites ir, fusées diverses, le missile hypersonique, l’anti-missile balistique, le chasseur ng navalisable, l’avion spatial, le laser antisat, la surveillance spatiale. Ça fait beaucoup de projet non autoporteurs financièrement.

  13. Raphaël dit :

    les teutons sont pas foutus de faire avancer le projet scaf, et ils crament des ronds dans un truc improbable. 250000€… l’aumône.

  14. speedbird101A dit :

    A leur place ,je demanderais ce genre de truc à Elon Musk….

  15. Zaratoustra dit :

    L’Allemagne a de la suite dans les idées, elle continue de travailler sur le projet du bon Dr Eugen Sänger et son Silbervogel…
    Ou alors c’est le début d’Ironsky.
    Question: comment va réagir le Lémurien Suprême (gloire à lui) ?

    • Lémurien officiel dit :

      Le Lémurien suprême (gloire à lui), je ne sais pas, mais moi, je me marre. Wuïrrrkiah-wuïrrrkiah-wuïrrrkiah !

  16. Pascal, (l'autre) dit :

    Et c’était la pensée du jour de Mahmoud, on applaudit bien fort devant cet étalage de poncifs et qui apparemment suit les infos pour nous délivrer une « expertise » aussi impressionnante!

  17. Ced dit :

    Et toi Mahmoud que produit de notable ton pays en matière d’armement de pointe?
    Avant de baver sur les autres regarde chez toi.

    • Un pseudo peut en cacher un autre dit :

      Méfiez-vous : Mahmoud est un provocateur, dont il est probable que le pseudo ne corresponde pas à sa véritable origine.

  18. vno dit :

    Pas souvenir que les allemands aient battu un record d’altitude avec un biréacteur à moteur fusée dés les années cinquante ? La facture était en ancien francs et les chiottes au fond du jardin. Exactement comme elles sont resté depuis dans nos anciens départements ou colonies.

  19. ji_louis dit :

    – Blutch, sors de ce corps !
    – Oui sergent Chesterfield !

  20. MERCATOR dit :

    @Mahmoud il y a eu aussi quelques batailles La bataille d’Iéna est combinée à celle d’Auerstaedt, qui se déroule le même jour, et voit le triomphe de Davout, qui avec seulement 27 000 hommes, vainc les 61000 Englos prussiens
    Dès le lendemain de la bataille, Napoléon fait mander les officiers saxons prisonniers et leur fait jurer de ne plus prendre les armes contre lui. Les chevaux des cavaliers saxons permettront la remonte des dragons à pied français
    Le même jour, à 4 lieues d’Iéna, le maréchal Davout écrasait à Auerstaedt l’armée du duc de Brunswick.
    Les résultats de cette double victoire furent immenses. L’armée prussienne était anéantie, ses débris fuyaient dans un désordre inexprimable. Toutes les places fortes de la Prusse se rendent. L’armée française entre à Berlin, qu’elle devait occuper pendant trois années consécutives. En un mois la monarchie prussienne avait cessé d’exister, un préfet français commande à Berlin.
    Napoléon entre à Berlin à la tête de ses troupes. Le 27 octobre 1806, soit moins d’un mois après être entré en campagne, Napoléon entre à Berlin. Le 28, la cavalerie de Murat soutenue par l’infanterie de Lannes capture le prince de Hohenlohe et toute son armée (16 000 hommes, six régiments de cavalerie, 60 canons et autant de drapeaux)10. Le 7 novembre, Blücher capitule à Lübeck. Enfin, Ney met fin à la chasse à courre, selon l’expression d’un général prussien, s’empare de Magdebourg, et capture 15 000 hommes et un parc d’artillerie de plusieurs centaines de canons, fraîchement livrés par les Britanniques.
    L’armistice est signé le 30 novembre. Le sort de la Prusse est décidé après la défaite de son allié russe à Friedland, le 9 juillet 1807 par le second traité de Tilsit. Elle est amputée de la moitié de son territoire et de la majorité de ses places fortes (Magdebourg, Erfurt, Stettin, Graudenz, Dantzig), la plupart à l’ouest de l’Elbe. Elle perd 5 millions d’habitants et doit payer une indemnité de guerre d’un montant considérable de 120 millions de francs de l’époque.(4000.000.0000.0000 euros.)

    En 1871 si les Prussiens semblent avoir gagné, victoire à la Pyrrhus au prix de pertes effroyables, 150000 hommes pour 100.000 français.
    Puis, nous avons novembre 1918, mai 1945, bref l’Allemagne a toujours s perdu contre la France et ses alliés .

    • Faut pas pousser dit :

      Autant l’intervention de Mahmoud était lamentable, autant votre affirmation selon laquelle la guerre de 70 est une victoire à la Pyrrhus pour la Prusse manque de sérieux.

  21. Goose dit :

    Ce MaaaaRRRhmoud, quel expert ! Bravo ! Bis ! Encore !

  22. Agence de l'innovation dit :

    Innovant, avec deux n.