La DGA évalue la compatibilité du radar Seafire avec les aéronefs du porte-avions Charles de Gaulle

L’un des chantiers du troisième arrêt technique majeur [ATM] du porte-avions Charles de Gaulle, prévu en 2027, consistera à intégrer le nouveau système de direction de combat SETIS 3.0, à la place de l’actuel SENIT 8, et de renouveler ses moyens de détection, les radars DRBV-26D et Arabel devant être remplacés par le SeaFire, développé par Thales.

Seulement, même si le SETIS 3.0 et le SeaFire ont déjà été qualifiés par la Direction générale de l’armement [DGA] dans le cadre du programme des Frégates de défense et d’intervention [FDI], une telle opération ne s’improvise pas. En effet, il ne suffit pas de remplacer un radar par un autre… Encore faut-il s’assurer que le nouvel équipement n’engendre pas des perturbations électromagnétiques susceptibles d’altérer le fonctionnement d’autres systèmes présents à bord du porte-avions, notamment ceux des aéronefs.

D’où les essais menés actuellement par DGA Techniques aérospatiales [DGA TA], DGA Essais en vol [DGA EV], Airbus Helicopters et la Marine nationale.

« Lorsqu’un aéronef […] opère sur un bâtiment de surface, il subit des champs électromagnétiques forts, émis par les équipements du navire tels que les radars de bord. Cet environnement peut perturber le fonctionnement des systèmes électriques et électroniques de type écrans, commandes de vol, régulation moteur, génération électrique » voire « mettre à feu une munition », a expliqué la DGA, cette semaine, via LinkedIn.

Aussi, dans le cadre des travaux préparatoires à l’intégration du Sea Fire à bord du porte-avions Charles de Gaulle, la DGA a conduit une campagne d’essais visant à évaluer la « robustesse des hélicoptères » de la Marine nationale « face aux formes d’onde générées par cet émetteur de nouvelle génération ». Et de souligner qu’une telle étape est « essentielle » pour valider l’installation du nouveau radar.

Pour cela, la DGA a eu recours à une chambre anéchoïque afin d’exposer un NH-90 à de « forts champs électromagnétiques, représentatifs de ceux émis à bord du porte-avions ». Ainsi, a-t-elle indiqué, les « résultats permettront de mesurer l’impact du rayonnement sur les systèmes de l’aéronef et ainsi d’augmenter leur résilience pour qu’ils restent opérationnels lors du fonctionnement du radar SeaFire ».

Théoriquement, le SeaFire pourrait également remplacer les radar DRBV-15 et le SMART-S, lequel a pris la place du DRBJ-11B lors du précédent ATM. Mais leur sort ne serait pas encore scellé, l’un et l’autre étant susceptibles d’être conservés par souci de redondance.

Quoi qu’il en soit, l’intégration du SeaFire ne sera pas une mince affaire puisqu’il s’agira d’installer quatre antennes actives [AESA] affichant chacune une masse de 2 tonnes [soit 8 tonnes au total].

Pour rappel, fonctionnant en bande S [partie du spectre électromagnétique allant de 2 à 4 GHz, ndlr], le SeaFire est en mesure de suivre plus de 800 pistes simultanément et repérer tout engin volant à 500 km de distance ainsi que des navires de surface à 80 km. Il peut être aussi utilisé comme radar de conduite de tir pour les missiles surface-air Aster 30, voire comme radar météo.

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20 contributions

  1. TO MOI dit :

    Un peu d’imagination. Voulez vous Chercher un peu, car cela a à voir avec le fonctionnement d’un Radar : « Sail away away, rippels never go back »…….. Bon dimanche

  2. phil135 dit :

    dommage que cette grosse merveille ne fasse pas la lutte anti-drones en même temps

    • dolgan dit :

      Vous avez lu l article?

      A votre avis, vos drones sont mieux blindés que les aéronefs du CDG?

      A votre avis, il se passe quoi quand on tourne tous les boutons en mode émission max? Un indice, cela a été testé.

      • Félix GARCIA dit :

        « il se passe quoi quand on tourne tous les boutons en mode émission max? »
        —> « Et paf ! Ça fait des Chocapic ! »
        ^^

        • Frédéric dit :

          Dans les années 80, j’ai lu qu’un Tornado s’était crashé en Allemagne de l’Ouest car trop prés d’un radar à plein puissance qui avait grillé son électronique.

          • Diacritique dit :

            Ne confondons pas « les prés » (où paissent les vaches) et « près de » (à proximité).

            Trop près d’un radar.

          • Robert Collins dit :

            Et si au lieu de s’être « crashé » en un regrettable anglicisme, cet avion avait connu une fin francophone après s’être écrasé ?

    • KL42 dit :

      Par contre vu les émissions d’onde électromagnétique il fait surement le café !!!!

      • Ouf ouf dit :

        À forte puissance… c’est comme un micro-ondes… qui est d’ailleurs aussi dans la bande S
        donc oui, ça peut maintenir le café chaud… mais pas que…

  3. KOUDLANSKI Romain dit :

    C’est vrai qu’il vaut mieux testé le radar , avant de l’installé sur le CDG .

    • apprenti correcteur bis qui se sent une vocation lui aussi dit :

      Quand il vaut mieux tester le radar, vous testez le radar, et après il est testé.

      • Dans compulsif il y a... dit :

        C’est bon, hein ?
        Mais on voit que vous débutez, vous avez laissé passer « installé ».

    • Infini'Tifs Coiffure, 25 Bd de la Libération - 32100 Condom dit :

      C’est comme ce qu’on écrit, il vaut mieux le tester avant de l’installer dans les commentaires.

  4. Bloodasp dit :

    je sais plus ou j’avais lu que les radars AESA avait en plus la particularité de pouvoir griller les composants électroniques des systèmes visés en concentrant le faisceau d’onde, c’est possible?

  5. Pascal, (l'autre) dit :

    Les interférences électromagnétiques ne sont pas si rares que cela, sur le Mir 2000 C un module (une simple plaque imprimée qui faisait office de « filtre ») faisait partie de l’électronique « d’acquisition du radar afin d’éviter que ce dernier soit brouillée par le dispositif de C.M.E. de l’appareil!