Thales UK s’associe à Bharat Dynamics pour livrer des missiles sol-air « STARStreak » à l’Inde

Actuellement, les capacités des forces indiennes en matière de défense aérienne à très courte portée reposent sur le système russe de type MANPADS [MAN-Portable Air Defense System] Igla-1, doté d’un autodirecteur infrarouge.

Ce dernier ayant fait son temps, New Delhi envisagea de le remplacer par le 9K338 Igla-S [code Otan : SA-24 Grinch], aux dépens du MISTRAL de MBDA, du RBS 70 NG de Saab, du FIM-92 Stinger de Raytheon et du STATStreak de Thales Air Defence, ce dernier ayant été jugé « non conforme » au moment des évaluations. À l’époque, le besoin était évalué à 800 lanceurs et à plus de 5 000 missiles.

Seulement, le ministère indien de la Défense décida de changer son fusil d’épaule et privilégia une solution nationale en notifiant à l’Organisation de recherche et développement pour la défense [DRDO] le programme VSHORAD. Dans le même temps, il confia à une entité du secteur public le soin de mettre au point un missile antiaérien à très courte portée et à guidage laser. Le nom Bharat Dynamics Limited fut alors avancé.

L’entreprise publique indienne signa esnuite un accord de partenariat avec Thales UK en janvier 2021. Il s’agissait alors de proposer la « solution STARStreak » au gouvernement indien, dans le cadre de sa politique « Make in India ».

Quatre ans plus tard, Thales UK et Bharat Dynamics Limited ont annoncé la signature d’un « contrat pour la fourniture initiale de systèmes de défense aérienne portables LBRM [Laser Beam Riding ManPad] en réponse à une demande du gouvernement indien visant à renforcer les capacités » du pays dans ce domaine.

« Avec la fourniture cette année de missiles à haute vélocité [STARStreak] et de lanceurs, l’Inde va bénéficier pour la première fois de capacités de défense aérienne à très courte portée », a fait valoir Thales UK, qui a oublié les Igla-1 russes… « Cette avancée marque la création d’une base solide pour instaurer une collaboration et un partenariat de production à long terme […]. S’inscrivant dans la droite ligne de l’initiative Make in India, ce partenariat permettra de répondre aux besoins actuels et futurs du ministère de la Défense indien », a ajouté l’industriel.

A priori, si l’on se fie à des informations de la presse locale, il est question de fournir 200 lanceurs et 1 200 missiles aux forces indiennes, dans le cadre d’un programme doté de 580 millions de dollars.

« Il s’agit d’un événement exceptionnel pour toutes les parties concernées par le développement des capacités de défense aérienne qu’offrent les systèmes LBRM. Un nouveau chapitre s’ouvre dans notre collaboration avec BDL, contribuant à concrétiser la vision d’autonomie du programme Aatmanirbhar Bharat. Avec ce contrat, le partenariat stratégique entre le Royaume-Uni et l’Inde bénéficie d’un dynamisme nouveau qui aura un impact significatif sur la défense aérienne de l’Inde », a commenté Pascale Sourisse, PDG de Thales International.

D’une portée maximale de 7 km, le missile STARStreak se compose de trois fléchettes explosives en tungstène, larguées depuis un porteur propulsé par un moteur-fusée. Guidées par un faisceau laser, elles sont libérées à plus de Mach 3 et volent vers leur cible en formation serrée. S’il n’a pas de capacité « tire et oublie », ce système peut engager des cibles ayant une faible signature infrarouge [comme les drones] tout en étant insensible au brouillage et aux leurres.

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17 contributions

  1. Kamelor dit :

    Le Starstreak est un bon système avec les défauts et qualités de son guidage. Son coût répond bien aux menaces actuelles sans être, toutefois, la panacée… Un bon plan potentiel pour Thales UK. Mais avec l’Inde, le « make in maison » est une contrainte à bien gérer.

    • Sâr Rabinradath BESSON dit :

      Cit :[ Mais avec l’Inde, le « make in maison » est une contrainte à bien gérer.]

      Lorsque l’on lit  » il confia à *une entité du secteur public* le soin de mettre au point un missile antiaérien à très courte portée et à guidage laser.  » j’imagine sans peine la joie des promoteurs et des agents immobiliers à travers la planète et en particulier dans la banlieue de Paname ou aux Etazunis ! ;0)

      Je propose un terme pour les sites industriels Bharatiens où sont fabriqués ces produits  » Made in India  » avec 70%-80% de composants importés et le guide d’assemblage : Les  » Madeinindialoras  » , par analogie avec les  » maquiladoras  » .
      Je sais que c’est vexant pour les Mexicains et en particulier pour tous ceux qui travaillent pour le CMI Mexicain aussi je leur présente mes excuses pour ce très mauvais jeu de mots !

  2. Félix GARCIA dit :

    « S’il n’a pas de capacité « tire et oublie », ce système peut engager des cibles ayant une faible signature infrarouge [comme les drones] tout en étant insensible au brouillage et aux leurres. »
    Sur des drones aériens, pour lutter contre d’autres drones aériens/terrestres/navals, ça ferait sens.

    • Niko dit :

      Prendre en compte le poids assez élevé du système: 30kgs (affût+conduite de tir) + 17kgs/missile

    • Czar dit :

      en français, les choses ONT un sens, ou elles n’en ont pas. Il n’y que le globish pour penser que le sens se fabrique et se tisse, comme des jeans à une jambe, comme le djaindeur au choix.

      • Abbé Cherèle dit :

        Cette question n’est peut-être pas aussi tranchée qu’il y paraît.

        Certes, nombreuses sont les condamnations, à commencer par celle de l’Académie, de l’expression « faire sens », considérée par beaucoup comme un anglicisme (calque de « to make sens »), et les exhortations à employer « avoir du sens » ou « prendre du sens ».

        Mais certains objectent que « faire sens » est attesté depuis fort longtemps en français (Pascal, dans ses Pensées, écrivait « Les mots diversement rangés font divers sens. »), et que l’expression « avoir du sens », qui nous paraît aujourd’hui si naturelle, ne serait apparue que relativement récemment dans les ouvrages de référence, puisqu’on disait semble-t-il qu’une chose « était sensée » plutôt qu’elle « avait du sens » jusqu’au milieu du 20e siècle.

        Aussi, s’il apparaît clairement que l’emploi fréquent de « faire sens » au lieu d’« avoir du sens », « être de bon sens », «être sensé », « prendre tout son sens » ou « être porteur de sens » est abusif et relève dans de nombreux cas autant de l’anglicisme que de la paresse intellectuelle, il semble aussi que « faire sens » pourrait ne pas devoir être systématiquement voué aux gémonies.

        À ce sujet, la lecture de cet article québécois est intéressante : https://www.noslangues-ourlanguages.gc.ca/fr/chroniques-de-langue/mots-de-tete-faire-du-sens

        Quant à l’opinion de l’Académie française en la matière, la voici : https://www.academie-francaise.fr/faire

      • Vinz dit :

        Au delà des conventions de la syntaxe, l’enjeu est en fait métaphysique. Le sens est le produit la raison – les choses en elles-mêmes n’ont pas de sens : vous pouvez parfaitement décréter que le monde est absurde. Vous vous retrouvez, animal raisonnable et machine à produire du sens, face à un univers qui n’en a pas – en dehors d’une direction déterminée par des forces fondamentales aveugles.
        Dire que les choses ont un sens, c’est reprendre la téléologie de la physique aristotélicienne – qui n’a plus trop la cote en ce moment. Dire qu’elles « font » sens souligne le processus raisonnable en vue d’une fin déterminée par la raison elle-même, non plus la chose.
        Notons qu’en français une chose bizarrement peut prendre du sens.

    • dolgan dit :

      Ce n est pas le plus adapté.

      Sa tete est tres spécialisée anti hélicos. Les flechettes n ont pas de fusées de proximité et les drones sont souvent plus petit.

      La vitesse est aussi inutile pour ce type de cible lente sans capacité de réaction.

      Une simple roquette guidée avec une tete airburst et fusée de proximité fera le taf. Sans doute mieux et pour moins cher.

      • Félix GARCIA dit :

        « Ce n est pas le plus adapté. »
        Chez nous ! 🙂

        « Une simple roquette guidée avec une tete airburst et fusée de proximité fera le taf. »
        Voire une « simple » roquette guidée laser (ACULEUS 68mm) de notre côté.
        « Sans doute mieux et pour moins cher. »
        Très probablement.
        La capacité d’emport n’aurait rien à voir.

        J’essaye de trouver des raisons supplémentaires pour convaincre l’Inde de prendre des AAROK !
        ^^

      • Roland Desparte dit :

        Bonjour @Dolgan + Félix,
        Je pense que ce choix peut se justifier car le nord de l’Inde se caractérise par la présence de plusieurs chaînes de montagnes (dont l’Himalaya), potentiel théâtre d’opération en cas de conflit avec la Chine son voisin. De ce fait, hélicoptères et drones utilisent le relief comme une protection passive en se masquant aux visées, tout comme la majorité des blindés sont des blindés légers pour évoluer avec agilité en zone escarpée [L’armée indienne a d’ailleurs développé un nouveau char léger, le Zorawar, destiné aux régions frontalières montagneuses]. Ceci oblige l’emploi de MANPAD (MAN-Portable Air-Defense system), missile sol-air très courte portée [SATCP], pouvant engager immédiatement [«High-Velocity Missile» (HVM)] et à vue des hélicoptères, des drones, mais aussi des chasseurs en “attaque au sol sous contrainte de relief“ ainsi que des blindés légers, et ce en raison de la forte capacité de perforation des fléchettes “HVM“.
        Le Starstreak a été évalué face aux KP-SAM sud-coréen (ou “Chiron“), le RBS-70 suédois (également à guidage laser), le Stinger américain, le Mistral-2 français et le SA-24 russe, qui -sauf exception (RBS70)- mettent en œuvre un guidage par infrarouges qui nécessite un temps de visée plus long pour l’accrochage de la cible.
        Ajoutez à cela les conditions de vente et la bonne coopération franco-indienne en la matière [Car même s’il est de confection anglaise (Usine “Thales Belfast“), le Starstreak est bien français (Finalisation des études par Thomson-CSF après le l’achat intégral (100%) de sa filiale Shorts Missile Systems en Irlande du Nord, devenant alors (2001) Thales Air Defence Limited dit Thales UK ou Thales Belfast].
        Notes : Depuis 1995, sous l‘appellation d’origine “ForceSHIELD Missile“, le Starstreak équipe l’armée britannique. En 2025 Thales Belfast va quadrupler sa production de missiles (Conflit ukrainien).

      • HMX dit :

        @Dolgan
        La charge utile du Starstreak manque en effet de polyvalence, et même potentiellement d’efficacité contre des cibles de petite dimension (les 3 fléchettes libérées par le missile volent en formation avec un écart de 1.5mètres entre elles, et sont dénuées de capteur de proximité : selon l’angle de présentation, il existe donc une probabilité théorique non négligeable qu’une cible de petite taille passe « entre les mailles du filet »). Le système a clairement été conçu pour intercepter des avions de combat ou des hélicos.

        Mais le principal point faible de ce missile, c’est l’absence de capacité « tir et oublie ». Il faut une illumination laser de la cible en continu pendant tout le temps de vol du missile. Ce n’est pas un problème lorsque les conditions de tir sont optimales, mais ça le devient lorsque il existe de nombreux reliefs et masques de terrain, que la cible peut alors exploiter pour « décrocher » le missile. Dans l’Himalaya, par exemple, il existe de nombreux reliefs susceptibles de compliquer la tâche des futurs opérateurs de ce missile…

        Point faible également, le caractère émissif du système, qui repose sur un accrochage par un faisceau laser, qui sera forcément détecté instantanément par l’appareil ciblé (sauf s’il s’agit d’un appareil ancien dénué de capteurs et de système d’alerte) qui pourra par la même occasion localiser la direction de l’émetteur, offrant ainsi à la cible un préavis de quelques précieuses secondes pour se mettre à l’abri en exploitant le relief et les masques de terrain.

        Point fort en revanche, grâce au guidage exclusivement optique : le caractère difficile à leurrer ou à brouiller du missile, une fois celui-ci verrouillé sur sa cible, ainsi que sa capacité à se verrouiller sur des cibles très faiblement émissive dans le domaine EM/IR (Ex : drones à propulsion électrique, ou avions de combat furtifs).

  3. laquille dit :

    2,9 millions de dollars le lanceur et ses 6 missiles? Normal?

  4. farragut dit :

    @Laurent Lagneau
    Je pense que le « aux dépends de » devrait plutôt être « en faveur de »… 😉
    Pour une fois qu’un prospect préfère du matériel et de l’électronique pour des armes sol-air venant de chez nous, en plus d’apprécier nos avions de combat…

    • JDLF dit :

      Aux dépens de.

      Expression qui a plus à voir avec le mot dépense qu’avec le verbe dépendre.

      Aux dépens du MISTRAL de MBDA (comme l’emploie fort proprement Laurent Lagneau).
      Être condamné aux dépens.
      Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.