L’US Air Force a relancé un appel d’offres pour de nouveaux sièges éjectables destinés à ses F-16

En 2019, dans le cadre du programme NGES [Next Generation Ejection Seat], l’US Air Force fit savoir qu’elle avait retenu Collins Aerospace afin d’équiper ses avions F-15 « Strike Eagle », F-16 « Falcon », F-22A « Raptor », A-10 « Warthog » et B-1 « Lancer » avec le nouveau siège éjectable ACES 5.

L’année suivante, un premier contrat, d’une valeur de 700 millions de dollars, fut notifié à Collins Aerospace pour fournir des ACES 5 aux seuls F-15. Seulement, les travaux prirent du retard… Et l’US Air Force a exprimé de nouvelles exigences opérationnelles. D’où sa décision de rouvrir un appel d’offres au titre du programme NGES pour doter, d’abord, ses F-16 avec de nouveaux sièges éjectables.

« L’US Air Force met à jour son approche du programme NGES afin d’accroître la concurrence pour certaines de ses plateformes. […] Cette décision fait suite à l’analyse des données fournies par l’industrie suite à une demande d’informations émise en août 2024 », a-t-elle fait savoir, via un communiqué diffusé le 20 décembre.

« La décision de rouvrir la compétition souligne notre engagement à évaluer continuellement nos stratégies pour nous assurer de répondre aux besoins de nos forces », a commenté Andrew Hunter, le secrétaire adjoint de l’Air Force pour l’acquisition, la technologie et la logistique. « En réévaluant les conditions du marché et en favorisant la concurrence, nous nous assurons que l’industrie offre les meilleures solutions possibles pour les besoins actuels et futurs de l’Air Force », a-t-il ajouté.

À noter que le contrat attribué à Collins Aerospace pour le F-15E n’est pas remis en cause. Par ailleurs, l’ACES 5 a déjà été retenu pour équiper le futur avion d’entraînement T-7 Red Hawk.

Le principal concurrent de Collins Aerospace pour cet appel d’offres « relancé » est évidemment Martin Baker, qui fournit le siège éjectable US18E pour les F-16 Block 70 « Viper » construits par Lockheed-Martin pour les clients étrangers.

Cela étant, en 2022, l’industriel avait été confronté à un problème avec les Dispositifs actionnés par cartouche [CAD, Cartridge Actuated Devices] des sièges éjectables installés à bord des F-35, ce qui avait conduit l’US Air Force à immobiliser temporairement tous les appareils qui en étaient équipés, comme le T-38 Talon et le T-6 Texan II.

Si la compétition s’annonce rude, Collins Aerospace semble serein. « Avec 713 vies sauvées, l’ACES est le siège éjectable le plus sûr du marché. Nous sommes impatients de travailler avec l’US Air Force pour qualifier et installer la dernière génération de nos sièges éjectables, l’ACES 5, sur la flotte de F-16 », a-t-il affirmé.

Pour l’anecdote, les pilotes et navigateurs ayant été contraints de s’éjecter appartiennent à deux clubs différents selon le modèle du siège qui leur a sauvé la vie, à savoir l’ « Ejection Tie Club », créé en 1957 par Martin Baker, ou le « Grasshopper Club », fondé par Collins Aerospace en 1979.

Photo : Collins Aerospace

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11 contributions

  1. PK dit :

    « Avec 713 vies sauvées, l’ACES est le siège éjectable le plus sûr du marché. »

    Si on ajoute les autres, cela veut dire qu’en 70 ans d’expérience de la tuyère militaire, on a plus d’une dizaine d’éjections par an…

    Ça fait quand même un peu peur 🙂

  2. Rakam dit :

    @ pk…effectivement, il serai curieux d’avoir des statistiques annuels pour ces incidents…

    • Dupont & Dupond dit :

      Nous dirions même plus : il serait curieux des incidents annuels pour ces statistiques.

    • lym dit :

      Quand je faisais du vol à voile, de mémoire le parachute obligatoire (une bizarrerie quand on vient de l’avion, exception faite de la voltige) sauvait ~10 vies par an rien que pour la France… Alors une dizaine d’éjections/an niveau mondial pour les pointus c’est pas déconnant.
      Et en planeur faut s’éjecter seul et avec le plus souvent pour seule expérience (c’est pas naturel, voir fou, quand on pilote de sortir d’un appareil en état de voler!) du parachute le fait de se le sangler sur le dos en partant, mais généralement l’avantage d’avoir de l’eau sous la quille au moment de devoir se résoudre à l’utiliser, la cause principale étant l’abordage: Dans une pompe, il y en a toujours quelques originaux tournant à l’inverse des autres…

      • Avekoucenzeh dit :

        Le verbe « voir » ne signifie pas « et même ». C’est l’adverbe « voire » qui a cette signification.

        Ce n’est pas naturel, voire fou.

    • Des chiffres annuels, des statistiques annuelles.

  3. Bazdriver dit :

    @PK. Peur? Mais de quoi au juste?? Du nombre d’appareils perdus?? Par définition, la vie de pilote militaire est un peu plus risqué que d’autres métiers. Il y a eu plus de 4600 F-16 produits, plus de 1500 F-15, plus de 700 A-10, un peu plus de 180 F-22, auquel il faut rajouter les B-1 et B-2… Tous équipés du siège ACES II qui est en service depuis la deuxième partie des années 70. sans compter bien entendu le fait qu’un bon nombre de ces appareils ont 2 sièges, voir plus (B-1). Pour l’US Air Force seulement, elle a perdu plus de 570 F-16,F-15, A-10…Au niveau mondial plus de 620 F-16 ont été perdus (US Air Force 343). Et bien entendu, toutes les éjections, si elles ont eu lieu…, ne se finissent pas toujours par la survie de l’équipage.
    Pour revenir à l’US Air Force et pour les 3 avions cités, cela fait 576 avions détruits, et plus de 200 membres d’équipage tués, tout ceci sur 25 000 000 d’heures de vol (2,3 pertes/100000 heures de vol). Donc pas de raison d’avoir vraiment peur, mais un petit rappel que ce métier a ses propres risques et que les sièges éjectables ne sont pas une assurance vie…

    • Avekoucenzeh dit :

      Plutôt que le verbe « voir » (qui n’a pas ce sens), c’est l’adverbe « voire » qui convient pour dire « et même ».

      Sans compter bien entendu le fait qu’un bon nombre de ces appareils ont 2 sièges, voire plus.

    • Qui qu'ils fussent dit :

      Un peu plus de 180 F-22, auxquels il faut ajouter les B-1 et B-2… Pas « auquel il faut rajouter ».

    • La vie de pilote militaire est un peu plus risquée.