Le ministère des Armées met fin à trois opérations extérieures et en crée une nouvelle, appelée Thazard

Lors de ses vœux aux armées, en janvier 2020, le président Macron évoqua la « task force Jaguar », déployée en un « temps record » afin de « contribuer à la réassurance du royaume saoudien », après l’attaque contre les sites pétroliers d’Abqaiq et de Khurai, quelques semaines plus tôt. Or, impliquant un radar Giraffe AMB de l’armée de l’Air & de l’Espace, cette mission n’avait jusqu’alors jamais été explicitement mentionnée par l’État-major des armées [EMA]. Seule Florence Parly, ministre des Armées à l’époque, avait parlé [en anglais] de l’envoi de « robustes moyens d’alerte avancée, dont un radar sophistiqué » au Moyen-Orient, lors d’un déplacement à Bahreïn.
Étant donné qu’il n’avait pas été classé parmi les opérations extérieures [OPEX] car considéré comme relevant d’une mission opérationnelle [MISOPS], ce déploiement français en Arabie saoudite ne fit pas l’objet d’un débat au Parlement, comme le prévoit, le cas échéant, l’article 35 de la Constitution.
Seulement, pour les militaires concernés, les droits auxquels ils peuvent prétendre ne sont pas les mêmes selon qu’ils sont engagés dans une OPEX ou une MISOPS. Lors des auditions parlementaires de l’automne dernier, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, avait assuré qu’il y mettrait de l’ordre.
« Même si leur principe est consacré, j’ai décidé de rouvrir la classification des OPEX. Depuis deux ans, je perçois un décalage entre diverses opérations. […] L’article 35 de la Constitution accorde à certaines opérations un statut constitutionnel, celui d’être examinées par le Parlement. Cela permet de distinguer les OPEX de combat de celles qui ne relèvent pas du combat : la caractérisation militaire et opérationnelle de toutes les OPEX n’est pas la même. Enfin, le cas échéant, cela détermine son imputation budgétaire », avait en effet affirmé le ministre, au Sénat.
« Pour le dire autrement, nous redécouvrons les missions ‘otaniennes’. L’opération Chammal [au Levant, ndlr] est évidemment une OPEX de combat […]. Elle n’est pas comparable avec les missions de réassurance, telles que celle que nous menons en Roumanie, dans lesquelles il n’y a pas de combat. Et pourtant, être présent en Roumanie n’est pas la même chose qu’être présent sur le territoire national », avait-il ensuite ajouté.
Et de conclure : « Je travaille donc à ce réajustement de la classification des OPEX, parce que la question fait l’objet d’incompréhensions à l’Assemblée nationale. […] Il est pourtant important que nous nous comprenions bien : derrière, c’est la légitimité démocratique et institutionnelle de l’emploi des forces qui est interrogée, et je veux que les choses soient claires ».
L’arrêté du 11 décembre 2024, signé par M. Lecornu ainsi que par Laurent Saint-Martin, le ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, concrétise-t-il cet effort de clarification ?
En effet, ce texte met un terme à trois OPEX [Atalante, Heracles Mer et Agenor] et en crée une nouvelle, appelée Thazard [du nom d’un poisson apparenté au maquereau].
Cet arrêté « permet d’accorder aux militaires, ainsi qu’à leurs ayants cause, servant dans le cadre de l’opération extérieure ‘THAZARD’, du 1er décembre 2024 au 30 novembre 2026, le bénéfice de la couverture majorée des risques invalidité et décès prévue par l’article L. 4123-4 du code de la Défense. Il vient également abroger trois opérations qui n’ont pas vocation à perdurer jusqu’à leur date de fin initialement prévue », explique la notice qui l’accompagne.
La zone où doit se déployer « Thazard » n’a pas été précisée… alors que, comme le rappelle le site gouvernemental Vie Publique, la « qualification d’OPEX résulte d’un arrêté du ministre des armées, qui porte ouverture du théâtre d’engagement en précisant la zone géographique et la période concernées ».
Probablement que les trois OPEX auxquelles il a été mis un terme seront fusionnées au sein de l’opération Thazard. Pour rappel, Atalante vise à lutter contre la piraterie au large de la Corne de l’Afrique et dans le golfe d’Aden sous la bannière de l’Union européenne tandis que Heracles Mer concerne la participation de la Marine nationale aux différentes forces opérationnelles navales combinées mises en place après les attentats du 11 septembre 2001. Enfin, dédiée à la surveillance maritime aux abords du détroit d’Ormuz, Agenor a été mise en sommeil en juin dernier.






Que le Roumanie compte pour la pension (demi pension par ex.) ne serait pas illogique. Comme dit le ministre ce n’est pas le TN non plus !
surtout quand on voit les conditions dans lesquelles ont été accueillis les soldats français … même en manœuvres en Hongrie c’était le luxe …
« quand on voit les conditions dans lesquelles ont été accueillis les soldats français » Oui mais il faut bien mettre en exergue le principe de rusticité si cher à nos chefs et décideurs (logements Vigipirate/Sentinelle par ex!) Il faut vous rendre à l’évidence, l’Armée française n’est pas celle des U.S. Eux quand ils se déploient quelque part dans le vaste monde ils « exportent » un morceau d’Amérique!
Coca et chessburgeurs à volonté…
Pour Noël, peut-être que nos soldats auront du foie gras
Je suis très inquiet par le fait que le ministère mentionne » l’incompréhension de l’assemblée, la légitimité démocratique et institutionnelle de l’emploi des forces pour ce qui concernent les opérations de l’armée, et ce qui concernent aussi bien celles intérieures et extérieures. En effet et déjà que depuis des lustres, ils ne comprennent plus grand chose, tout comme ils appartiennent tous à des partis minoritaires qui agissent comme s’ils étaient chacun le parti majoritaire, j’ai peur pour notre armée, ses forces, sa puissance réelle qui doit être absolument renforcée car à défaut, sa débâcle est assurée pour le futur, tout comme sa remise obligatoire à un niveau décent afin de défendre notres pays, ses territoires, ses biens et son image. Triste de voir qu’encore des opérations disparaissent, donc l’entraînement de nos troupes, l’efficacité de notre armée alors que toute cette clique a été incapable durant des années de maîtriser des pertes, tout comme ils en sont toujours incapables aujourd’hui. Bref, ils usent toujours de la même recette, à savoir on attaque les budgets vitaux car là
ils ne se révolteront pas et bien sûr, on laisse filer où ça ne va pas depuis des lustres !
Contrairement à ceux que vous dites aucune opération n’a disparue mais elles ont fusionnés. Et les pertes de l’armée française en opération sont maîtrisées, la majorité étant des accidents. Cependant tout comme vous je suis inquiet au sujet de l’instabilité politique qui pourrait nuire aux armées. Wait and see comme disent les angophones.
Contrairement à CE que vous dites.
Et oui pas de solde OPEX, moins de volontaire . Quant à la fidélisation des jeunes générations de « croyant non pratiquants » ça va piquer les yeux à la DRH-AT. En plus s’il faut aller jusqu’au sacrifice suprême alors là….
Où comment faire des économies sur le dos des soldats ! On a déjà connu ça au Liban il y a quelques années avec les primes onusiennes en dollars !
Les Armées seront tjrs une variable d’ajustement (hormis pour la dissuation NUKE)
Ils sont aux ordres, vont là où il leur ai dit d’aller, …….
Pour la fidélisation, ……
mal barré
Allons, allons. Nous sommes z’en guerre a dit je suis votre chef. Donc, plus question de primes. Tout le monde au regime sec. Et si ça râle TPFA et forteresse, comme au bon vieux temps. C’est ça l’economie de guerre.
Nous vous remercions pour ce commentaire de très haute volée, qui à n’en pas douter élèvera le niveau du débat.
Oui, le 13 juillet 2017 au soir, dans la cour de l’Hotel de Brienne. Personne n’a oublié, ni pardonné…..
Ben si, y’en a qu’ont oublié. De quoi parlez-vous ?
@Altitude. Un peu d’humour n’a jamais fait de mal. Et puis ça permet de prendre de la hauteur par rapport au sujet, comme vous le savez