L’armée de Terre mise sur l’enseignement théorique à distance pour former ses futurs officiers de réserve

Encore récemment, il y avait au moins deux filières possibles pour devenir officier de la réserve opérationnelle de l’armée de Terre par recrutement direct.
Ainsi, celle dite « commandement » concernait les volontaires ayant un niveau scolaire équivalent à Bac + 2. Ces derniers devaient effectuer une Préparation militaire supérieure [PMS], avant de rejoindre le 4e Bataillon de l’École spéciale militaire [ESM] de Saint-Cyr Coëtquidan pour suivre une formation militaire initiale [FIOR D1] pendant 19 jours. Puis, ils terminaient leur cursus par un stage « chef de section PROTERRE, d’une durée de deux semaines.
La filière « état-major » s’adressait aux volontaires justifiant un niveau Bac + 5. Après avoir été sélectionnés, ils devaient passer 14 jours au sein du 4e Bataillon pour leur formation militaire initiale d’officier de réserve [FIOR D2], sanctionnée par un stage initial de technique d’état-major [SITEM] à l’École supérieure des officiers de réserve spécialistes d’état-major [ESORSEM]
En 2021, le 4e Bataillon s’est fondu au sein de l’École militaire des aspirants de Coëtquidan [EMAC] qui, actuellement, forme environ 200 élèves-officiers de réserve [EOR] chaque année.
Seulement, la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 ayant fixé l’objectif d’arriver à un ration d’un réserviste pour deux militaires d’active, l’armée de Terre doit revoir le cursus de ses EOR. D’où la refonte de leur formation afin de la rendre plus « flexible » et plus « exigeante ».
L’objectif est de « répondre aux besoins opérationnels tout en s’adaptant à la disponibilité des réservistes », explique ainsi la Direction des ressources humaines de l’armée de Terre [DRHAT].
Ainsi, précise-t-elle, la « formation des officiers [de réserve] repose désormais davantage sur une logique d’adéquation entre les parcours, la fonction et le grade avec un système garantissant une meilleure reconnaissance mutuelle pour renforcer la fidélisation des réservistes ». Ce qui passera par une « réduction de la durée de formation », une « augmentation de l’enseignement à distance pour les modules théoriques » et des « mises en situation pratiques systématiques ».
« Ces ajustements visent à offrir des formations exigeantes mais adaptées à la réalité opérationnelle et aux disponibilités des réservistes », soutient la DRHAT.
Pour devenir chef de section, les EOR de la filière « commandement » [encore appelée « corps des officiers des armes », ou COA] suivront un module d’enseignement à distance pendant une semaine. Puis ils enchaîneront avec deux modules pratiques [12 et 7 jours] à l’EMAC. Enfin, ils termineront leur cursus par une « période de 7 jours en binôme avec un chef de section d’active ». Une formation de moniteur en instruction sur le tir de combat [ISTC] sera aussi à leur programme.
Quant aux futurs officiers réservistes du corps technique et administratif [CTA, filière « état-major »], leur formation comprendra deux modules de 12 jours chacun, l’un à EMAC, pour les fondamentaux militaires, l’autre à l’ESORSEM.
Enfin, une troisième filière, dite « spécialiste », est une voie pour devenir officier de réserve de l’armée de Terre. À la différence des deux autres, elle n’exige pas de formation initiale spécifique.
Elle est « ouverte à toutes les personnes disposant d’une qualification issue du milieu civil dans les spécialités dont l’emploi trouve une utilité au sein des unités » et « le grade d’un réserviste spécialiste est lié à son niveau d’expertise et de responsabilité », explique la DRHAT.





19 jours pour former un chef de section de combat en division de première intervention et pourquoi pas un mois pour former un général ? C’est ahurissant. en 1981, il fallait un mois de pelotons et 4 mois d’école pour que les meilleurs EOR puissent commander une section.
Tout à fait d’accord. Il faut plus de 19 jours, ou même plus de 4 mois pour former un EOR, même si la personne est très motivée et sportive.
Je pense ne pas avoir acquis ce qui est nécessaire pour se former à devenir chef de section, et pourtant je suis sorti sous-lieutenant en juin 1969. Les 4 mois de Peloton Préparatoire à Verdun (164° R I )étaient trop longs et ressemblaient trop à une formation de base pour un militaire du rang. A Coëtquidan les 4 mois étaient trop courts : qu’ai-je appris ?
Monter une embuscade antichars, me servir d’un poste de radio, c’est tout. Je savais déjà bien tirer fusil, je savais me servir d’une boussole, courir sur une longue distance, faire des pompes et des tractions, me servir de ma voix pour me faire entendre.
J’ai demandé le 26° R I de Nancy et j’ai été affecté à la 2° Compagnie de combat, alors que je pensais aller en compagnie d’instruction alors que je venais de terminer mes études de Professeur d’Education Physique.
Il y a eu heureusement une sortie des lieutenants de 4 à 5 jours dans les Vosges (active et réserve) un séjour en camp à Bitche, trois semaines à Givet , avec bain dans la Meuse un 8 décembre ! un raid de 4 jours sous la neige avec traversée de la Meuse de nuit . Là a Givet, j’ai vécu : escalade, navigation, évasion, piste du risque . Et tout cela avec mes hommes .
Salut camarade , pas prof d’EPS ,j’ai connu tout cela et donc un certain nombre de camps français, Bitche, Sisonne ,le Ruchard Fontevraud, Canjuers , Mourmelon, Suippes et allemand Setten en décembre c’est super, tout blanc , plus un CEC ( Trèves) en janvier février , des sports d’hiver en quelque sorte ainsi que de longues très longues balades dans la Sarre dans un rayon de 30 à 40 kms autour de notre garnison (Saarburg 16 GC) tout cela avec un peloton de jeunes de mon âge (et pour certains universitaires comme moi ) voir 2 car regroupés en section selon les festivités .J’ai tellement aimé que j’ai continué OR en y retournant faire des périodes volontaires, en pratiquant le rallye raid commando une fois rentré en France et j’ai eu la chance de visiter Margival .Bref j’ai aimé et ça va surement leur manquer aux télétravailleurs .
Ce n’est là qu’un témoignage parmi d’autres de ce que les nantis actuels faisaient pendant leur jeunesse et leur études supérieures , il n’y a aucune volonté de gloire ou de reconnaissance de mon pays qui avait accueilli mes grands parents réfugiés d’Europe de l’est un demi siècle auparavant .Joyeux Noël à tous
Pour dire « et même », l’adverbe « voire » convient parfaitement, mais pas le verbe « voir ».
Un peloton de jeunes de mon âge, voire deux car regroupés en section selon les festivités.
Sur la photo qui illustre cet article : est-ce que la SMB (que je connais mal) n’est pas un peu basse ? Les parties vitales ne me paraissent pas idéalement protégées.
Si mais il me semble qu’il n’a pas de plaques non plus donc sans objet pour la protection
Bien vu !
C’un plus un gilet de combat pour porter quelques chargeurs, en mode tacticool…
Si, c’est un problème récurrent dans l’armée. Les soldats ne sont pas réellement formé à ce genre de détail, pourtant vitaux. « S’équiper » est un savoir de base du combattant. Mais bon, comme la régulière ne combat plus depuis un moment…
J’ai plusieurs fois fait la remarque à des soldats, en général il y a 3 réponses (pire l’une que l’autre) :
– je me sens bien comme ça ;
– on a toujours fait comme ça ;
– y a pas la bonne taille.
Quand le mur de la réalité va rattraper tout le monde ça va faire mal…
Il est plus confortable de porter un porte-plaques plus bas que ce qui serait optimal pour protéger efficacement les organes vitaux. En l’absence de matraquage régulier (comme ça peut être le cas sur les règles de sécurité en ISTC pendant la formation initiale où le moindre écart est repris par les cadres, en général), le personnel prend l’habitude de le porter un peu plus bas.
Vous faîtes un commentaire sur… une image d’illustration ?! L’habit ne fait pas le Moine. La personne en photo est peut être un mannequin professionnel qui bosse pour une banque d’images (genre Getty Images) ?
Il y a longtemps pendant la guerre froide, il fallait pour être OR : PMS de 5 semaines en 2 sessions : vacances de Pâques 1 semaine sélective , été 4 semaines sélectives dans un camp (Bitche) puis après appel sous les drapeaux : 4 mois EOR très sélectifs en école d’appli selon l’arme choisie en amphi PMS car certains repartaient margi ou sergent seulement et enfin 8 mois en régiment comme chef de peloton de chars ou de section …enfin si on voulait persévérer , un stage de capitaine en école d’appli 4 semaines à prendre sur ses congés payés …etc
Evidemment impossible aujourd’hui. Comment voulez-vous dire à votre employeur ou à vos clients : « à dans 4 mois » ? Le sujet de la RO est hyper difficile à gérer. On tâtonne encore, mais c’est inévitable.
Vous avez tout à fait raison car j’avoue qu’en 1975 j’ai simplement résilié mon sursis ,quitté mon emploi de pion dans l’EN qui me permettait de suivre des études supérieures pour prendre une année sabbatique et remplir ainsi mes obligations militaires au bout d’un an j’ai tout repris . Ensuite dans la réserve j’ai tout gérés sur mes congés mais les périodes de convocation ou de stages dépassaient rarement 4 semaines .Résultat viré au bout de 20 ans , limite d’âge du grade et en guise de consolation , honorariat du grade …
« De mon temps » à l’époque du service militaire obligatoire (en 1968/69),les volontaires EOR,nous passions 4 mois en régiment d’instruction avec un examen pour le grade de sergent et pour ceux qui étaient admis, nous passions 4 mois dans le bataillon EOR de l’ESM Coetquidan.A l’examen les mieux classés sortaient sous-lieutenants, les autres sortaient aspirants.Les recalés restaient sergents.A la sortie nous étions versés en régiment.
Après nos 8 mois de formation nous n’étions pas forcément des officiers d’élite mais nous faisions le job de chef de section.
Alors,je m’interroge sur les compétences acquises dans des formations aussi courtes.
Quelqu’un pourrait m’éclairer ?
Bernard Hamon (promotion Alain Fournier)
Bonjour,
Pour en sortir, compétences acquises peu nombreuses (2 pauvres jours de combat C3T à faire boum boum avec la bouche, où l’encadrement fait des prouesses pour faire passer le maximum des 35 EOR en situation de commandement), et impossible de suivre si on n’arrive pas déjà avec un solide bagage. Ce qui certes est souvent le cas car les officiers directs sont moins nombreux qu’à votre époque, il s’agit essentiellement d’anciens PGE/VADAT (sortes de services militaires pour étudiants de grandes écoles) qui basculent dans la réserve à l’issue de leur contrat. La plupart des nouveaux officiers de réserve sont maintenant issus du rang ou du corps des sous-officiers.
C’est bien évidemment un problème de budget. L’excuse de « s’adapter à la disponibilité des réservistes » a bon dos. Les réservistes ne demandent qu’à suivre des formations dignes de ce nom. Dans l’état actuel des choses, un jeune officier qui arrive en régiment n’a pas d’autre choix que d’apprendre sur le tas et de s’appuyer sur les plus anciens (SOA, hiérarchie, etc.). Pas facile pour eux de se sentir légitimes, crédibles ou même compétents.
Peu de chance que la tendance s’inverse dans la situation politique actuelle. Mais on fait avec ce qu’on peut, avec ce qu’on nous donne.
Je crains qu’on confonde tout, et en particulier niveau et diplôme scolaire avec aptitude. Ça me rappelle les cours theoriques de combat qui existaient fin des années 70 dans une école de l’Est de la France. Il y a des choses qui s’apprennent 100 fois mieux en « travaux pratiques », ne serait-ce que pour ne pas reproduire ses erreurs. Cela etant, ce n’est qu’une opinion. Mais, Ça serait dommage d’envoyer ces jeunes talents à la boucherie de « haute intensité ».
La formation est INSUFFISANTE, mais contrainte budgétaire et capacité du candidat à se libérer, font qu’on leur passe un vernis d’instruction, et arrivé en unité ils savent pratiquement rien faire. Donc on va faire à distance, ça sera encore plus misérable, mais bon macron à dit, » double les effectifs  » alors le  » quoi qu’il en coûte  » se met en place, et tant pis pour l’efficacité!
Quand j’étais jeune… À mon époque… De mon temps…
Des temps révolus qui n’étaient pas mieux, ils étaient différents : il y a 40 ans il y avaient des FSA, des AMX13, des Marmons, des Hotchkiss et des treillis satins…
Une formation de 19 jours sera-t-elle suffisante ? Non, évidemment…
Il y a aussi le problème des sous-officiers que ces officiers peu formés prétendront commander et qui pour certains seront d’authentiques professionnels formés à Saint Maixent puis en école d’armes pendant un an minimum. Pour l’avoir vécu à l’époque du service militaire, ce n’est facile ni pour les uns ni pour les autres…
Quelqu’un a t il pensé aux missions de combat en télétravail ?
Les américains le pratique déjà depuis des conteneurs au nouveau-mexique. Faut juste une bonne connexion.
Mais ça existe déjà ! Vous n’avez jamais entendu parler des drones télé-pilotés ? Sur le front Ukrainien, ce sont eux, plus que les fantassins ou les chars, qui font le gros du travail.
Et oui le télétravail ça fait aussi des dégâts… la preuve ,plus personne ne veut bosser au bureau car tout le monde exige d’être chez soi en pantoufles devant la machine a café ….et la téléfac chez les milis n’y coupera pas !! par exemple ,pour ce qui est de la marine ,allez donc faire un cours magistral d’astro navigation en videoconference a des bleus bites qui n’ont jamais posé leur cul sur une passerelle ,je leur souhaite bien du plaisir de piger a distance ,le trace d’un cercle de hauteur d’un astre à mouvement circumpolaire et le calcul de son azimut, sur une carte stéréo polaire pour checker et recaler un gyrocompas qui ne fonctionne plus qu’en simple mode directionnel dans les hautes latitudes…
Dérisoire sachant qu’il faut au moins 6 mois après la sortie d’appli pour devenir un chef de section convenable, en bouffant au passage du terrain régulièrement.
Preuve que la hiérarchie n’ toujours pas compris la nécessité de la réserve.
Je suppose que tous les râleurs chroniques trouvant que c’est trop peu exercent un métier de cadre à Bac+5. Non parce que les jours de réserve il faut les trouver et que l’employeur ne fasse pas de freinage hein. La formation théorique reste toujours mieux que rien d’autant que par définition ces cadres sont en métropoles alors que les régiments sont en pleine cambrousse ajoutant ainsi une couche de contraintes supplémentaire.
Vous abordez ce qui me semble être la raison principale de cette formation à distance.
Si on cumule le nombre de jours de formation sur site, je crois qu’on dépasse déjà les 10 jours d’absence annuelle accordés par la loi. Les apprentis réservistes doivent donc prendre sur leurs jours de congés pour terminer cette formation in situ dans l’année.
Ont s’ améliore…bientôt le combat virtuel, non là le mieux,c est la sous-traitance à de véritables entreprises de mercenaires, genre les Grande Compagnies qui pullulaient au sortir du Moyen âge…rien de nouveau…ça nous coûteraient peu être moins chère…
Ça ne nous coûterait pas moins « chère », mais ça nous coûterait peut-être moins cher.
on est bien ….sacré merdier aussi !
Mort de rire !…Faire un chef de section en 19 jours …quand o, ne sait ni conduire ni tirer au fusil…Je ne parle pas du reste !
J’ose espérer qu’aucun de vos enfants garçons ou filles ne tombe sous leur coupe , n’aie « çà  » pour les amener au combat !…
Le pronom démonstratif « ça » s’écrit sans accent, tout comme « cela » dont il est la forme familière.
… n’ait « ça » pour les amener au combat !…
Rassurez vous. On va y arriver grace à l’IA, aux drones, et aux robots. Les operateurs joueront du joystick dans leur shelter, le chef dirigera les operations en pianotant sur son clavier depuis le salon de son domicile, les etats majors coordonneront tout ça depuis leur bunker et enverront les statistiques au grand chef qui enverra la synthese au chef suprême qui fera son allocution quotidienne aux telespecteurs entre le fromage et la poire. Un monde merveilleux et apaisé, dans lequel les guerres ne feront plus de victimes, sauf peut-être suelques dommages collateraux
Si les « dommages collatéraux » trouvent comment arracher la « prise électrique », vu la masse dans une combat au couteau, ce sera vite réglé.
« A la main et au torchon » des civilisations entières se sont écoulées, cela se finit toujours au sol et c’est souvent le plus violent qui gagne, la chute des empires romains d’Occident et d’Orient version XXIème siècle.
Malheureux inconscient. Savez vous ce que vous risquez aujourd’hui en vous promenant avec un opinel dans votre poche? (D’ailleurs la célèbre maxime  » avec la ….et le couteau » va bientôt être interdite dans les armées. C’est dire..)
L’Opinel sert encore le plus souvent à couper le saucisson et nos prisons sont archi-pleines, alors que l’on relâche pourtant à tout va de vraies bombes humaines prêtes à récidiver.
Depuis quelques années, outre de nombre exponentiel des règlements de compte à la Karachi et au 9 mm, cela surine pourtant de plus en plus, souvent au couteau de cuisine en France.
Le meurtre à l’arme blanche demande certains codes culturels dans la facilité à déployer de la violence et fort peu d’empathie, des traits propres à l’espèce humaine que nous avons choisi d’oublier.
Cependant la violence, qu’elle soit gratuite ou par prosélytisme religieux endogène, est un langage que tout le monde comprend: on s’y oppose par la manière forte ou l’on se soumet.
Les effets des « faits divers » quotidiens ont des résultats très efficients sur notre société: les assassins de professeurs et de quidams en France ne sont visiblement pas le souci pointilleux de « l’Etat de droit »pour la sécurité publique. Ils ont soit un « jugement altéré » qui les exonérent de toute peine pénale, soient ils sortent de prison pour bonne conduite.
La trouille habite nos « décideurs », alors qu’ils sont protégés par des gardes du corps en permanence et même des années après avoir quitté leurs fonctions.
Leviathan se mue en carpette
et recule mêmesur le mémorial des victimes du terrorisme.
Dire que cela fera 10 ans que ce sont déroulés les attentats de Charlie hebdo et de l’hyper casher, (avec des armes à feu) cela montre un sens certain du timing alors que les flux en provenance du Moyen-Orient permettant de nous envoyer d’autres terroristes exogènes dans nos rues n’ont jamais été aussi ouverts.
Ce baissage de froc n’est pas seulement symbolique.