Les Pays-Bas vont pouvoir acquérir 226 missiles air-air AIM-120D3 AMRAAM pour 807 millions de dollars

Depuis septembre, la force aérienne royale néerlandaise [KLu – Koninklijke Luchtmacht] ne met plus en œuvre que des chasseurs-bombardiers F-35A, ses derniers F-16 ayant été officiellement retirés du service.

Depuis le 1er décembre, quatre de ces appareils sont déployés en Estonie, dans le cadre de la mission Baltic Air Policing, menée sous l’égide de l’Otan. Et, déjà, ils ont intercepté trois avions russes [un AN-72 Coaler, un Su-24 MR Fencer E de guerre électronique et un Il-20 Coot A dédié au renseignement] qui s’approchaient de l’espace aérien des pays baltes sans s’être identifiés.

Mais la montée en puissance des F-35A de la KLu s’accompagne d’un effort significatif en matière de munitions. Cette années, les Pays-Bas ont adressé pas moins de huit demandes auprès des autorités américaines pour se procurer plusieurs types de missiles, dont quatre au profit de leur aviation de combat.

En février, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargé des exportations d’équipements militaires américains, a autorisé le ministère néerlandais de la Défense à se procurer 120 missiles de croisière AGM-158B/B-2 JASSM-ER [Joint air-to-surface standoff missile – Extended Range] auprès de Lockheed-Martin pour 908 millions de dollars.

Même chose, en avril, pour 265 missiles AGM-88G AARGM-ER [Advanced Anti-Radiation Guided Missiles – Extended Range], utilisés pour les missions dites SEAD [suppression des défenses aériennes adverses], à un prix estimé à 700 millions de dollars. Puis, en septembre, la DSCA a donné son feu vert à la vente potentielle de 246 missiles air-air AIM-9X Block II, pour 691 millions de dollars.

Cette liste vient d’être complétée par un nouvel avis [le dernier de l’année ?] de la DSCA, En effet, le 6 décembre, celle-ci a recommandé au Congrès d’accepter la vente potentielle aux Pays-Bas de 226 missiles air-air AIM-120D3 AMRAAM [Advanced Medium-Range Air-to-Air Missile]. La facture s’élèverait à 807 millions de dollars.

Au total, les Pays-Bays pourraient donc débourser, en 2024 / 25, plus de 2,9 milliards d’euros [3,1 milliards de dollars] pour l’armement de leurs F-35A.

« La vente proposée améliorera la capacité des Pays-Bas à faire face aux menaces actuelles et futures en fournissant une capacité air-air avancée par tous les temps, au-delà de la portée visuelle, pour protéger les forces néerlandaises et alliées […]. Elle améliorera considérablement la contribution néerlandaise aux besoins de l’Otan. Les Pays-Bas ont déjà des AMRAAM dans leur inventaire et n’auront aucune difficulté à intégrer ces articles dans leurs forces armées », a fait valoir la DSCA dans son dernier avis.

Si la KLu dispose déjà d’AMRAAM, ceux qu’elle envisage d’acquérir ne sont sur le marché que depuis 2023. L’AIM-120D3 a été développé dans le cadre du programme F3R [Form, Fit, Function Refresh] par Raytheon et, par rapport à ses prédécesseurs, il dispose d’une portée plus importante [160 km] et d’un système de guidage amélioré.

Photo : F-35A de la KLu accompagnant un Su-24MR Fencer E / Ministère néerlandais de la Défense

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14 contributions

  1. Deres dit :

    Cela sous-entend-t-il que les munitions ne faisaient pas du tout partie du contrat initial du F35 pour les Pays-Bas ?
    Le re-utilisation temporaires des vieilles munitions des F16 bientôt obsolescentes serait donc un moyen astucieux de diminuer le prix d’acquisition en apparence. Il est aussi a noter qu’aucun offset ou production locale n’est meme évoque pour ces contrats.

    • Deres dit :

      Cela fait aussi relativiser les offsets et retour de production declares parfois pour certains contrats F35. Si ils excluent du contrat l’armement, des pieces detaches, le support, de la formation, etc aussi coûteux que le contrat mais ne donnant jamais lieu a aucun offset.

  2. PHILIPPE dit :

    Tout le monde s’équipe compte tenu du contexte européen et des menaces de désengagement évoquées par Trump.
    Force est de constater qu’alors que les économies s’essoufflent le secteur le secteur militaro-industriel, lui, se porte bien.

  3. VonBulot dit :

    Les prix de ces contrats sont très durs à cerner. Ils doivent contenir du support, peut être du traitement d’obso mie vie, de l’assistance technique, des équipements spécifiques de manutention, de la formation, des simulateurs missile… le recyclage des missiles en fin de vie et des tubes de colle ou autres machins estampillés Raytheon à 1000dollars pièces.
    Surtout quand on voit le prix des AIM-9x :246 missiles pour 100 millions de moins. ce qui coute bcp la dedans, ce sont les à côtés mis ceux ci s’étalent souvent sur 20ans… donc à relativiser avant de lâcher les chevaux

    • Marine dit :

      « Surtout quand on voit le prix des AIM-9x :246 missiles pour 100 millions de moins. » … Ce ne sont pas les mêmes missiles non plus… L’AIM-9X est un missile courte portée infrarouge, alors que l’AIM-120 est un missile moyenne portée à guidage radar actif. Pas la même technologie et donc pas le même prix.

  4. Johaho dit :

    y’en a des qui arrivent à s’équiper pour faire face à toute éventualité

  5. Roland Desparte dit :

    Petite visite touristique au pays des missiles dits de longue portée…
    Difficile de comparer techniquement des missiles longue ou moyenne portée “BVR“ (pour Beyond Visual Range, on dit aussi “APV“ pour Au-delà de la Portée Visuelle), si ce n’est de dire que ces missiles caractérisent la domination aérienne des pays détenteurs, et qu’en face, l’adversaire ciblé a du souci à se faire… Et ils ne sont pas nombreux les pays maitrisant réellement cette technologie.
    Au premier chef est le missile européen “METEOR“ de chez MBDA. Et l’on peut affirmer qu’avec l’ “AIM-120D3“ américain (de chez RTX Corporation, anciennement Raytheon) le METEOR a enfin un concurrent sérieux, mais surtout beaucoup moins cher ! L’AIM-120 “de base“ coûtait 386 000 $ en 1991 (En 2023, pour la version 120D3 je ne sais), alors qu’actuellement un METEOR couterait 1 million d’euros…
    Par définition, Cf. les sites spécialisés, le METEOR est un missile BVRAAM (Beyond Visual Range Air-to-Air Missile = Missile air-air au-delà de la portée visuelle) alors que l’AIM-120D-3 est un missile AMRAAM (Advanced Medium Range Air-Air Missile = Missile air-air avancé à moyenne portée), c’est-à-dire en gros la même chose…
    Sans entrer plus en avant dans la technologie complexes de ces deux missiles, les deux ont une vitesse similaire (Mach 4 et Mach 4+), un guidage à radar actif GPS et IMU (Inertial Measurement Unit = unité de mesure inertielle) et sont dotés d’une liaison de données bidirectionnelle qui permet un réajustement ou une mise à jour en temps réel de la destination du missile, mais aussi de contrer les dispositifs de brouillage (Capacité ECM : Electronic CounterMeasure = Contre-mesure électronique).
    Néanmoins, avec une portée moindre l’AIM-120D3 [160 km] demeure inférieur au METEOR [200 km]. Pour les Pays-Bas, leurs F-35 ne pouvant emporter le Meteor, ils seront équipés d’AIM-120D-3 ; c’est une bonne nouvelle pour la supériorité aérienne de l’Alliance.
    Cependant, il faut aussi considérer le missile russe “R-77 M1“ de la société moscovite Vympel, qui -pour une portée de 150 km (Source OTAN)- ne coûterait officiellement que 100 000 $ (Sauce Kremlin). Il semblerait d’ailleurs que le théâtre ukrainien ait vu des Su-35s russes employer des R-77M pour détruire des chasseurs ukrainiens… Le R-77 équiperait également l’Algérie, plusieurs autres pays de l’ex-URSS, mais aussi les forces aériennes chinoises, en complément du missile “PL-15“ ou du récent “PL-17 air-air“ (Mach 4) développés par la China Airborne Missile Academy (CAMA) basée à Luoyang (RPC), d’une portée « record » de plus de 350 km ! De quoi repousser toute ingérence aérienne en cas d’attaque de Taïwan (Parole de pékinois) …
    L’Inde n’est pas en reste avec son nouveau missile BVR Air-Air “ASTRA Mark 2“ produit par la société Bharat Dynamics Ltd (BDL) basé à Hyderabad (au sud de l’Inde). D’une vitesse annoncée de Mach 5+ et d’une portée dite de 160 km, ce missile est destiné à engager et à détruire des cibles aériennes supersoniques hautement manÅ“uvrables.
    Côté Turquie, la THK (Türk Hava Kuvvetleri) met en Å“uvre le missile “GökdoÄŸan“ de chez Tubitak Sage (Site de Lalahan, à 30 km d’Ankara) qui serait également un BVRAAM (missile air-air à longue portée) dont la portée n’a pas été officiellement révélée, mais qui ne serait que de 65 km selon les mauvaises langues et qui de ce fait serait déclassé en missile de courte ou moyenne portée… (Ce missile équiperait également l’Azerbaïdjan et d’autres pays amis d’Erdogan).
    Enfin, Israël complète ce panorama avec ses missiles BVR “Python 5“ et “Derby“ de chez Rafael. Mais ces derniers sont aussi de courte et moyenne portée (20 à 50 km), comparables au missile “MICA“ de chez MBDA (60 à 80 km de portée) ou à l’ “AIM-9 Sidewinder“ (environ 20 km de portée) et autres missiles AIM de chez Raytheon (RTX Corporation).

    • Momo dit :

      « … le METEOR a enfin un concurrent sérieux… »
      « …surtout beaucoup moins cher ! » (sources?)
      « … leurs F-35 ne pouvant emporter le Meteor, ils seront équipés d’AIM-120D-3 ; c’est une bonne nouvelle pour la supériorité aérienne de l’Alliance. »

      Que voulez-vous dire?

      • Kobayashi Maru dit :

        À mon avis c’est simple : que l’on soit d’accord ou pas l’aviation OTANesque est à majorité du D35 et qu’un équivalent pouvant avoir les même capacités que le Meteor est une bonne chose.

  6. KOUDLANSKI Romain dit :

    Ils n’ont pas des missiles Meteor ?

  7. Bastan dit :

    Ce ne sont que des taxes pour compenser la participation de ces pays à l’OTAN. Des achats de matériels américains en compensation.

    • Kobayashi Maru dit :

      6 profils d’acheteurs du D35:
      1 Les pays de l’Est qui se disent qu’ils vaut mieux que l’oncle sam soit concerné si ses avions vont au front.
      2 Les pays B51.
      3 les pays neutres qui ont cru faire une pure affaire de négociation pour un chasseur bombardier furtif (!) pour faire de la police du ciel (re !) .
      4 les licornes sponsorisées.
      5 les pays avec porte aéronefs et il n’y a que le D35 B sur le marché.
      6 les pays qui se sont fait plumer, ce qui regroupe les 3 premiers types, le 5 eme est compréhensible et le 4, Bhein..