Selon le HCECM, le sous-équipement est l’un des principaux motifs d’insatisfaction chez les réservistes

Selon la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30, le format de la réserve opérationnelle de premier niveau [RO 1] devrait doubler de taille et compter ainsi 105 000 volontaires à l’horizon 2035, l’objectif étant d’arriver à un ratio d’un réserviste pour deux militaires d’active.

Mais encore faut-il que les moyens suivent pour les équiper, sachant qu’un document de l’État-major des armées [EMA] sur la politique d’emploi des réserves [*] pose le principe selon lequel les réservistes opérationnels doivent « être dotés […] comme leurs homologues de l’armée d’active » étant donné qu’ils sont susceptibles d’être « employés sur tout le spectre des missions confiées aux armées ».

En clair, il ne s’agit pas d’avoir une « armée de Bourbaki » en guise de RO 1. Or, dans son 18e rapport thématique, dédié justement aux réserves, le Haut comité d’évaluation de la condition militaire [HCECM] dit avoir pu constater, lors de « tables rondes menées dans les différentes composantes de la réserve », que les « réservistes étaient dans leur très grande majorité insatisfaits du niveau de soutien dont ils bénéficient en matière d’habillement et d’équipement individuel ».

Ainsi, détaille-t-il, la « dotation initiale […] perçue au moment de l’incorporation dans les armées, serait trop souvent incomplète ou fournie dans des tailles inadaptées à la morphologie » des réservistes. Par ailleurs, certains éprouveraient des difficultés à renouveler leurs effets quand ceux-ci sont usés.

En outre, avance encore le HCECM, la « qualité des effets délivrés aux réservistes » serait « dans certains cas différente de ceux en vigueur pour les militaires d’active ». Par exemple, poursuit-il, « les réservistes ne disposeraient que de treillis d’ancienne génération quand les militaires d’active bénéficient des dernières générations d’équipement ».

Aussi, selon le Haut Comité, les « réservistes déclarent souvent devoir acheter eux-mêmes une partie de leur équipement pour pouvoir accomplir leurs missions dans des conditions décentes » et / ou se sentir sur un pied d’égalité avec leurs homologues d’active » en disposant de matériel similaire ». Et cela d’autant plus qu’ils « se montrent très sensibles aux différences de traitement qu’ils perçoivent ou constatent entre la réserve et l’active », souligne-t-il.

Selon un sondage interne cité par le HCECM, l’habillement est le principal motif d’insatisfaction des réservistes, « avec moins de 50 % de satisfaits et plus de 30 % d’insatisfaits ».

Le Haut Comité explique que cette situation est le résultat « d’arbitrages réalisés par les armées dictés par des contraintes budgétaires, qui définissent notamment dans leurs politique d’habillement le contenu des dotations initiales et des ‘droits de tirage’ pour le renouvellement des effets ». Cependant, ces mêmes contraintes budgétaires font qu’il y a aussi des différences entre les unités d’active pour certains types d’effets, comme le treillis F3.

Pour le HCECM, qu’il soit ressenti ou réel, ce « sous-équipement n’en demeure pas moins l’un des principaux motifs d’insatisfaction chez les réservistes ». Et cela pourrait avoir des conséquences sur leur fidélisation…

« Un ajustement des politiques d’habillement aux conditions d’emploi réelles des réservistes pourrait constituer une amélioration justifiée de leurs conditions de travail. En particulier, les réservistes parfois employés bien plus que 30 ou 60 jours par an pourraient bénéficier de droits étendus pour le renouvellement de leurs effets usés », estime le HCECM.

Outre l’habillement, ce dernier évoque un autre point d’attention : celui des infrastructures.

« En ce qui concerne les infrastructures dédiées à l’hébergement [des réservistes], elles sont manifestement insuffisantes à l’heure actuelle » alors qu’elles sont déjà « en tension » pour les militaires d’active.

D’où la raison pour laquelle les « armées privilégient un recrutement local » des réservistes afin de « s’affranchir des difficultés d’hébergement » ainsi que des « frais de ralliement ». Seulement, le format de la RO 1 devant doubler, de telles pratiques ne seront plus possibles étant donné qu’il faudra recruter au-delà des « bassins d’implantation des unités ». Aussi, prévient le HCECM, cela « nécessitera inévitablement de disposer d’une plus grande capacité d’hébergement, notamment pour les périodes de formation des réservistes ab initio, qui constituent une des priorités stratégiques ».

[*] PIA-4.14.4(A) N°54/ARM/EMA/SCEM PERF/NP du 5 juin 2018

Voir aussi...

 

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53 contributions

  1. Phil dit :

    La fidelisation n’est pas due qu’à l’équipement, ou au logement, mais il est vrai que ce sont des points bloquants. Dormant sur un lit de camp dans mon bureau, je ne peux pas dire le contraire. Enfin….

  2. Archibalde dit :

    Si ça n’a pas évolué depuis mon époque, le CàT commandait des treillis dans des tailles inutiles, très petit ou très gros. C’était dans les années 90. Le contingent était en parti habillé avec des treillis ayant fait la guerre d’Algérie (S300 et F1 pour ceux qui s’en souviennent). Ils avaient la plus part du temps l’air de clodos avec leurs vieux trellis rarement à leur taille, sauf lors des défilés ou ils avait droit de porter le modèle F2 neuf. A la fin du contingent, le magasin du corps tapait dans le stock guerre pour fournir un seul treillis par gus.

  3. grosminet dit :

    Mouais…..Il est vrai que dans certains régiments,les réservistes sont dotés AU MIEUX de VIEUX treillis F2 (sur lesquels manquent des boutons,et jamais à la bonne taille) et que c’était « un peu moyen » de laisser une mare de flotte dans le bureau du chef de corps,parce nous avions DÛ (contrainte) mouiller notre plus beau treillis pour lui donner l’air « à peu près neuf » en guise de treillis de def (avec,dans mon cas,interdiction de porter brevets,décorations et galon, »au titre de la cohésion » avec mes collègues n’ayant jamais servi)…..
    Et ça,c’est quand on arrive à avoir un paco complet ……

    Bref……..De quoi les envoyer tous se faire fou*re

    • VinceToto dit :

      « DÛ (contrainte) mouiller notre plus beau treillis pour lui donner l’air « à peu près neuf »  »
      Là, le problème n’est pas les vieux treillis mais la qualité du commandement dont chef de corps.

      • Grosminet dit :

        @ VinceToto:

        Là,le problème ne venait pas du Chef de Corps,vu qu’il n’avait pas du tout appréciée la blague,en plein Décembre,dans un célèbre camp de l’Est……

        Le fourrier m’a maudit pendant plusieurs mois (sans avoir,pour autant,droit à des tenues « présentables » à minima….Petite vengeance suite à un éventuel coup de 12? )

  4. speedbird101A dit :

    Mort de rire !! On a une armée de bourbakis qui tient à peine dans le stade de France , et en plus on veut faire les matamores face aux Russes et aux Chinois ……Perso , j’ai toujours pensé que l’Europe est un nain politique et un pygmée militaire … alors l’Europe pour ce ce qu’il y a dedans , c’est encore plus petit qu’une grenouille froggie de chez La Fontaine …d’ailleurs on en a tous les jours la preuve par 9 !

    • PK dit :

      « d’ailleurs on en a tous les jours la preuve par 9 ! »

      Vous auriez dû écrire par « du neuf » pour que ce soit rigolo 🙂

    • Bangkapi dit :

      Tiens donc, et ce n’est pas sur ce blog que j’ai lu que les renforts russes, justement étaient au début de l’opération spéciale de 3 jours, équipés comme des clodos avec des armes déglinguées.
      Toujours la même histoire de la paille et de la poutre.

    • Fusco dit :

      @speedbird101A
      « Une armée de bourbakis »… Non, une armée de Bourbaki, oui. Bourbaki étant un nom propre et cette expression faisant allusion à l’armée de ce triste personnage.

      • Nimbus - parfois cumulo dit :

        L’expression n’est pas totalement fausse, même si pas la plus utilisée… On a appelé effectivement les soldats de l’Armée de l’Est, commandés par le général Bourbaki durant la guerre de 1870, des Bourbakis…
        La biographie de Bourbaki est assez étonnante : fils d’un général grec de la Grande Armée, aide de camp du roi Louis Philippe puis de Napoléon III, cela fait très opérette ! Mais il est vrai que se réfugier en Suisse pour y déposer les armes, ou rater son suicide avec une arme à feu n’est pas très digne d’un général français !…

  5. Rakam dit :

    Exemple Suisse…un des meilleurs…

  6. JeanS dit :

    Réserviste après 32A d’acti, je suis parti avec un paquetage complet.
    J’ai laissé la majeure partie des mes effets bleus à mon dernier jour.
    Nos plus jeunes affectés se sont empressés de récupérer car eux-mêmes en manque d’effets.

    Cette tendance à notre unité de laisser ses effets mili, tant bleus que vert ou sable, au moment de partir (fin de contrat, retraite), s’est mise en place spontanément. Je pense et espère qu’il en est de même ailleurs, partout………
    Ou de ne pas avoir de pbs d’appro en tenues. Ce serait encore mieux!!

    Il est vrai à présent que mes effets verts (une partie achetée sur mes deniers comme si bien expliqué dans le texte, mais lorsque j’étais encore d’active, car pas de stock) s’usent avec le temps et il est compliqué avec le carnet de dotation informatique d’en obtenir certains dont j’ai besoin.
    Par exemple, il est impossible une paire de Ubas (deux actifs m’ont offert chacun une des leurs, déjà portée mais en train bon état et faute de grives, on mange des merles).
    mes rangers, au pire je les ferai ressemeler à mes frais même si’ j’en ai une paire neuve en spair (plus envie d’avoir des ampoules).

    Je constate que l’on préfère détruire (j’ai vu des tenues non réclamées être lacérées avant d’être jeter à la déchetterie) que de créer un stock comme d’antan (on appelait cela les vêtements CD – rien à voir avec la classification de doc).
    C’est ainsi que j’ai pu avoir un complément de paquetage en arrivant sur ma première affectation en sortie d’école car il m’en manquait.

    Rubrique séance de tir : qu’en dire?
    Pas grand chose.
    La dernière fois que j’ai participé à une séance de tir c’était en 2019…
    Je ne fais plus de renfort Sentinelle, ceci expliquant peut être cela

    Je pratique en privé
    peut être plus que la plus part des actifs (unités non combattantes à proprement dit je précise)

    Rubrique Finance
    Il en manque encore un peu
    J’ai droit à 4.60€ ou 4.80€ (ceci en fonction de la personne qui débrief mon oDM de l’autre côté à Brest ou Rennes, ou Villa ou Metz) pour un A/R semaine domicile-site (80kms A/R)
    Cela aide bien car ils sont dans l’incapacité de me loger sur site ……
    Je n’ai pas droit à un A/R jour, pourtant cela revient moins cher qu’une chambre sur base il me semble

    Quant à augmenter le nombre de réservistes, un pour deux actifs, soit.
    Mais sur quelle durée à l’année?
    30 jours par pax?

    • Plus-value dit :

      Le plus part vers le haut et le moins part vers le bas, mais la plupart du temps, cela se compense et revient au même.

      La plupart des actifs.

    • Participe dit :

      (Des tenues) avant d’être jetées.

      • JeanS dit :

        My bad
        mais le sens général est kompri
        !-D
        Et nous n’aurons pas plus pour autant
        avec ou sans le vent

  7. Oupsi dit :

    réserviste active même combat, il faut pleurer pour avoir de l’équipement où on nous explique comment s’en passer par quelqu’un qui se balade au milieux de rayons avec ce dit équipement .

    • FUSCO dit :

      @Oupsi
      Je pense qu’on a tous connu un jour où l’autre un sous officier en charge de l’habillement qui nous donnait l’impression de mettre un treillis neuf à chaque fois que le sien était sale.
      Etre en bon terme avec le cerbère était une sorte de graal, cela permettant de faire du change discretos.

    • JeanS dit :

      trop vrai malheureusement

  8. 1776 dit :

    Bienvenue dans la réalité les bleus !
    Ce rapport déplore une réalité de terrain que les actifs connaissent bien : combler avec de l’argent personnel le manque d’investissement volontaire de l’état. que ce soit dans l’habillement mais aussi dans le transport, l’alimentation etc.
    Cela fait belle lurette que la stratégie économique de la disette est connue : Mettre au fait accompli ceux dans le besoin afin qu’ils se d**** par eux mêmes ! gros gains économiques à la clef, nécessite faisant loi.
    cela peux paraître un tantinet complotiste que de le dire, si je ne l’avais entendu de mes propres oreilles d’un haut fonctionnaire, qui avec dédain et mépris, se gargarisait d’un tel plan.
    Cela dit, dans le civil ne trouve t’on point de comptable pratiquant la disette afin de satisfaire les actionnaires…

  9. Jacques JOLY dit :

    Nous voyons les effets pervers de la politique qui voulait engranger les « dividendes » de la paix.
    On a « viré » des cadres qui ne demandaient qu’à servir (j’en étais) puis on a bradé des infrastructures pour le franc symbolique…
    Et aujourd’hui où le pays est « à la ramasse » il faut choisir!!!

    • Alfred dit :

      Il y avait 3 categories de militaires dans les années 90. Ceux qui avaient un plan de carrière (ou qui du moins le pensaient), ceux qui restaient pour aller jusqu’au bout, et ceux qui s’emm…. tellement qu’ils partaient faire autre chose. D’ailleurs, que faire quand on tenait son bâton de maréchal, et qu’il restait 15 ans ou plus à tirer de caserne en caserne, ou d’etat major en direction, au moment des dissolutions? Et puis, il y a par definition (sinon theoriquement) moins de place en haut d’une pyramide qu’en bas. Donc, c’est un peu logique de partir à un moment donné, sans états d’âme ni regrets, avec des bons et des mauvais souvenirs.

    • tschok dit :

      @Jacques,

      Les dividendes de la paix ont le dos large, mais là, en l’espèce, je pense que ça relève plus clairement de la mauvaise gestion et de la poursuite durant la période des dividendes de la paix de mauvaises pratiques antérieures, très anciennes.

      J’observe par exemple que certains témoignages les font remonter à la guerre d’Algérie.

      Et elles apparaissent au grand jour avec la mise en place d’une réserve opérationnelle, qui est une grande première en France.

      Bien gérer quelque chose, à la base, c’est: 1 – affecter correctement des moyens (des ressources) à: 2 – des besoins (des emplois), ce qui implique de correctement: 3 – identifier à la fois les moyens dont on dispose et les besoins à satisfaire.

      Donc, basiquement vous avez ces trois choses à faire pour être dans les clous de la bonne gestion. Problème: ces trois gestes de base de la bonne gestion ne sont accomplis spontanément par absolument aucune structure humaine existant à la surface de cette planète depuis qu’elle existe, que cette structure soit une tribu, une cité, un Etat, une entreprise, une armée, une bande de jeunes qui se fendent la gueule, un groupe de rock, un réseau de résistance, etc.

      Pour que ces trois gestes soient accomplis, il faut une contrainte organisée qui permette l’évaluation de l’efficacité de la structure et la correction des insuffisances, puisque ce qui intéresse le bon gestionnaire, c’est de générer des boucles de rétroactions positives en routine, pas de pondre des rapports de temps en temps pour les ranger dans une armoire.

      Pourquoi je suis quasi-sûr que dans cette affaire l’administration de l’armée n’est pas foutue d’accomplir les trois gestes de base de la bonne gestion?

      Parce que les dysfonctionnements apparaissent au niveau d’un organe qui est chargé de suivre la condition militaire, le Haut comité d’évaluation de la condition militaire, qui lui-même n’en prend la mesure qu’à l’occasion tables rondes menées dans les différentes composantes de la réserve.

      C’est-à-dire que l’armée en est à un niveau tel dans la mauvaise gestion que ça atteint la condition quotidienne de ses militaires et c’est à ce moment-là seulement qu’elle s’en rend compte et qu’elle se dit « ah oui, faudrait que je fasse quelque chose quand même »…

      Et le premier réflexe de cet organe est bien entendu de dire: « oui mais j’ai pas assez de pognon ».

      En gros: le système voit enfin qu’il y a le feu à la baraque, mais seulement parce que la fumée sort par les fenêtres, et il nous dit qu’il n’a pas assez de pognon pour éteindre l’incendie.

      C’est pas un scénario qui correspond à de la bonne gestion.

      C’est ce qui me fait dire que les dividendes de la paix sont pas au centre du problème. Vous le dites vous-même d’ailleurs:  » on a bradé des infrastructures pour le franc symbolique… ». Vous savez pourquoi on l’a fait? Parce qu’on est des pingres et qu’on veut faire des économies de bout de chandelle.

      On a fait la même chose pour les FREMM: des économies de bout de chandelle. Résultat des courses, ça a coûté plus cher pour moins d’unités.

      Quand on est pingre, on regarde le monde par le petit bout de la lorgnette, celui qui rétrécit tout, et en voulant faire des économies de bout de chandelle, on finit par faire des bêtises qui coûtent plus cher encore.

  10. Kardaillac dit :

    Je persiste dans mon idée que les unités de réserve doivent être intimement dérivées d’un régiment d’active et opérer au sein de celui-ci. Cela n’a que des avantages en matière de dotations et d’instruction, sans parler de la formation sur les mêmes véhicules régimentaires.
    En Allemagne, dans mon régiment chaque compagnie de combat (à 4 sections) était capable d’équiper, armer, loger dans ses murs et nourrir une section de réservistes. Sa dotation était complète (dans la graisse), stockée à part sauf les camions que l’on faisait tourner pour user tout le parc au même rythme.
    J’ai par la suite fait des convocations verticales dans des régiments de réserve (122 RI, 24 RI, 70 Tchad) tout à fait dans le style des « braves territoriaux » qui ne serviraient à rien en cas de guerre.
    C’est pourtant simple, mais ça ne permet pas de faire les powerpoints qui vont bien !

    • tschok dit :

      C’était pas la même réserve qu’aujourd’hui. C’était une réserve qui s’insérait dans la matrice d’une armée de conscription.

      Nous, on a une armée professionnelle, maintenant. C’est plus la même matrice.

      Alors, je dis pas que votre idée est stupide. Mais il faut valider que ce qui était possible avec l’ancienne matrice peut marcher avec la nouvelle, hors de toute approche nostalgique. Et ça, c’est un problème pratique qui relève de l’application.

      Ce ne sont pas vos souvenirs de jeunesse qui vont permettre de répondre à la question, si vous préférez. Ce qui n’enlève rien à la valeur de vos souvenirs dans le temple sacré de vos idées personnelles et singulières, par ailleurs. C’est juste pas l’outil qui convient.

      • Kardaillac dit :

        Je n’ai pas trop compris pourquoi le dispositif « réserves » appliqué dans les régiments des FFA serait incompatible avec des unités d’active. D’ailleurs le 70°Tchad que je cite était dérivé du RMT d’active.

  11. Thierry le plus ancien dit :

    Et personne ne se plain d’absence quasi total d’armement ??? mais peut-être n’est ce pas au programme qu’ils puissent s’en servir un jour…
    On ne me fera pas avaler ça, dans le mot armée il y a « arme », chose que Macron a totalement oblitéré : des armes aux mains des français ??? surtout pas ils pourraient chasser la minorité au pouvoir… et les balles sont distribués au compte goutte à l’armée, faut ramener les douilles pour avoir des balles neuve… pas question que le soldat ait plus d’un chargeur plein sur lui.

    Combien de fusil d’assaut pour combien de réserviste ? combien de balles tirés par an ???? et je ne parle même pas d’armes lourde comme les canons, mortiers, missiles en tout genre, drones, etc.

    AUX USA la garde nationale (équivalent de la réserve) a aussi des escadrilles de F-15 EX mais maintenant aussi de F-35 au même titre que l’U.S air force, ce ne sont pas des amateurs et se battent avec les mêmes armes et matériel que toutes les autres branches de l’armée américaine.

    La réserve en France est équipé de ce que l’armée française se débarrasse, les VAB en cours de remplacement par exemple, un peu ce qui est envoyé en Ukraine également, ça n’est pas du tout une force qui peut remplacer au pieds levé les unités d’active. Au combat ça ne vaudrait pas tripette vu les carences encore plus sévère que dans l’active, ils ne bénéficieraient d’aucun soutient lourd.

    Bref les réservistes c’est les gueux équipé d’occasion et de surplus qui font du tourisme militaire, pour avoir sur le papier des forces qui n’existent pas dans la réalité, toujours l’esbroufe politique.

    • ji_louis dit :

      Souvenez vous de la mort D’Anouar El Sadate…

    • Conjugaisons dit :

      Personne ne se plaint.
      Chose que M. a totalement oblitérée.
      Les balles sont distribuées.
      Combien de balles tirées.
      La réserve est équipée.

    • Rhâlala dit :

      À part râler, vous faites quoi de beau dans la vie ?

      • tschok dit :

        Comme le sujet de l’équipement du soldat est mis sur la table par le biais de la condition militaire, qui est le cadre où s’expriment les doléances du soldat, qui n’est pas syndiqué en France, on n’échappera pas à une ambiance de râleries.

      • Thierry le plus ancien dit :

        Vous n’avez jamais entendu parler des grognards de Napoléon ? s’il les avaient écouté il n’aurait sans doute pas fini à Saint Hélène.

        Et les manifestations et mutineries de 1917 ?

        Il y a toujours un moment ou les problèmes refoulés ressurgissent à la surface, trop facile de traiter les gens de râleur quand vous êtes un mauvais gestionnaire.

    • C'est quoi que je vous cause en rapport avec dit :

      La réserve en France est équipé de ce DONT l’armée française se débarrasse.

    • Wonderbra dit :

      Quand on soutient, on fait bénéficier d’un soutien.

    • Carnaval dit :

      Le manque total, l’absence totale.

    • JeanS dit :

      J’espère que les étuis et douilles ramassé(e)s à l’issue des séances sont vendu(e)s au poids chez les ferrailleurs locaux.
      Pour acheter des tenues et autres matériels manquants.
      à plus de 4€ du kil pour le laiton, ça peut aider en ce temps de disette financière

      Sauf si le laiton est remplacé par du métal, et là, à 0.16€ du kil, ça va pas chercher loin!!

      !-D

  12. Alfred dit :

    Les militaires, même d’active n’avaient pas de Satin 300 et encore moins de F1 en Algérie. Ils eclusaient les stocks de mle 47 a l’exception des paras qui recevaient des treillis cam; et encore pas tous. J’aii perçu pour ma part au milieu des années 70 des treillis satin 300 et…. des rangers maron a semelle cousue fabriquées en 1954 qu’il fallait teindre en noir (Elles etaient plus solides que les suivantes dont le cuir était moins épais et le talon avait tendance à se décoller à l’isage)

    • Bangkapi dit :

      Exact. Je ne me souviens plus des dates de mise en service pour la F1 , mais il me semble avoir reçu pour la première fois ce modèle en 1968 ou 1969.
      Et a ne mettre que sur ordre. A ne pas laver ni repasser.
      Bon bien sur ensuite elle est arrivée en nombre et a été distribuée un peu partout.
      Mais la tenue 47 était encore dans ces années la plus portée en exercice et pour le travail courant.

  13. Hugo dit :

    L’équipement et le logement ne sont que le sommet de l’iceberg. Le gros problème est l’absence totale d’orientation dans la réserve (en tout cas pour l’armée de terre où j’étais).
    Les pax ne trouvant pas d’intérêt à ce qu’il font, sur des postes à un niveau de responsabilité totalement différentes de la leur dans le privé, ils ressentent logiquement, rapidement, un manque de reconnaissance et d’utilité.
    3 ans après ma FMIR, il reste 2/3 réservistes de l’effectif… qui venait pourtant motivé et pour beaucoup préparé.

  14. akrak dit :

    Ce n’est pas la première fois que je lis ou que j’entends des témoignages sur les problèmes d’équipement des réservistes et des militaires du rang, surtout dans l’Armée de Terre.
    Quid d’une compilation relayée par la presse ?
    Ex : des soldats français auraient fait les poubelles des troupes américaines en Afghanistan pour récupérer des chargeurs vides.

    Je serais curieux d’entendre la com’ officielle de l’EM sur ce genre de remontées terrains.

    • Pascal, (l'autre) dit :

       » des soldats français auraient fait les poubelles des troupes américaines en Afghanistan pour récupérer des chargeurs vides. » Sans blague, chargeurs compatibles avec les armes françaises? Avez vous des infos concernant cette opération « clodo »?

  15. Stakhan Vada dit :

    « le sous-équipement est l’un des principaux motifs d’insatisfaction chez les réservistes ». Malheureusement ce n’est pas que chez les réservistes.

  16. Tailleur + dit :

    Surprise…… Ici on parle encore de la guerre d’Algérie .
    Ayant été dans un RA un appelé moyen et surtout de base vers 1980/81, je n’ai pas connu une pénurie particulière pour la question des équipements individuels ou effets ( Autre époque ? ).
    Pour faire clair et court, nous détenions 03 treillis dont un en accès restreint pour « prise d’armes » et 02 paires de « Ranger ». Le reste des effets avait un bon niveau de qualité et d’efficacité sur le terrain et sous un climat défavorable ou dégradé.
    Hypothèse donc: Peut-être étions-nous plus rustiques et moins « Fashion » que certains ici ?
    Ou encore, ayant d’autres priorités en tête, étions-nous peu sensibles au vieux et discutable « prestige de l’uniforme » ?
    Mais assurément soyons positifs. Comme il y a des corrections à apporter pour ces sujets, n’hésitons pas, qu’elles le soient !
    Avec mes encouragements et mon aimable sourire.

    • Nimbus - parfois cumulo dit :

      J’apprécie évidemment votre témoignage d’un service national vous ayant laissé de bons souvenirs, au moins positifs…
      Vous avez peut-être pu confronter cette expérience avec d’autres appelés rencontrés par exemple en manœuvre sur le même camp, ou une fois vos obligations militaires accomplies. Les idées pouvaient être opposées en fonction des pro ou anti-SN…
      Ayant été militaire d’active 29 ans, je peux dire que vous pouviez plus ou moins bien tomber ; dans l’armée de terre en étant appelé dans un RA, vous aviez toute une palette d’emplois possibles, parfois très techniques ( je me souviens d’un prof de maths qui malgré une boiterie qui aurait pu le rendre inapte, tenait absolument à être en batterie, chargé des calculs des réglages de tir ). Les artilleurs aimaient leurs appelés, qui parfois le leur rendaient bien. Exemple d’une pièce servie uniquement par des appelés, rivalisant avec les pièces servies par des engagés. Et vous aviez aussi bien sûr des régiments plus favorisés que d’autres, par exemple parce que le régiment avait une arme en expérimentation et à vendre à de nombreux visiteurs, accompagnés d’un aéropage d’officiers supérieurs ou généraux…
      Ainsi il.était plus facile de faire un SN épanouissant dans ce qu’on appelait les « vitrines de l’armée française » !

      • PK dit :

        +1

        Le SN était souvent une loterie pour les appelés : on pouvait tomber sur un « bon » ou un « mauvais » régiment (selon son profil, un bon pour l’un était un mauvais pour l’autre). Quoi qu’il en soit, avec une bonne motivation et une PMP, on était rarement déçu…