Le patrouilleur outre-mer « Auguste Techer » a débuté ses essais en mer

Troisième des six patrouilleurs outre-mer [POM ou classe « Félix Éboué »] destinés à la Marine nationale et mis à l’eau à Saint-Malo par la Socarenam en décembre 2023, l’Ausguste Techer vient d’effectuer sa première sortie en mer, après avoir appareillé de Boulogne-sur-Mer, où il avait été transféré pour armement, au début de cette année. L’annonce a été faite par la Direction générale de l’armement [DGA], via le réseau social X, le 27 septembre.

« Cette étape marque le début d’une campagne d’essais à la mer conduite par la DGA, en lien étroit avec les marins de l’équipage et avec les équipes étatiques et industrielles du programme », a-t-elle précisé.

Cela étant, cette première sortie n’aura duré que deux jours. Le patrouilleur doit en effet passer une nouvelle fois en cale sèche pour différents travaux, avant de continuer ses essais et de rejoindre la base navale de Brest, où il complètera son équipement. Si tout se passe bine, il mette ensuite le cap vers Port des Galets [La Réunion] dans le courant de l’année prochaine.

Pour rappel, affichant un déplacement de 1300 tonnes pour pour une longueur de près de 80 mètres, une largeur de 12 mètres et un tirant d’eau inférieur à 3,5 mètres, le POM est doté du système de gestion de combat Lyncea, d’un radar de surveillance Kelvin Hugues Mk11 SharpEye en bande X fourni par Hensoldt UK et d’une capacité de communication par satellite. Mis en œuvre par une trentaine de marins, son armement repose sur un canon téléopéré de 20 mm ainsi que sur quatre mitrailleuses [deux de 12,7 mm et deux de 7,62 mm]. Il a également la capacité d’accueillir un drone aérien de type VTOL et trois embarcations [deux rapides et une autre dite de « servitude »].

Pour la Marine nationale, l’admission au service actif de l’Auguste Techer, même s’il est relativement peu armé, représentera une avancée capacitaire importante par rapport au patrouilleur « Le Malin », qu’elle utilise actuellement à La Réunion… où sera également basé le sixième et dernier POM, à savoir le Félix Eboué.

En attendant, long de 54 mètres pour un déplacement de 1100 tonnes, Le Malin sert, en quelque sorte, de rustine étant donné qu’il s’agit d’un ancien palangrier saisi en 2004 après avoir été pris en flagrant délit de pêche illicite au large des îles Kerguelen… Transformé en patrouilleur par les chantiers de Concarneau, avec l’intégration de deux mitrailleuses de 12,7 mm et de radars navigation FR2127 et FR2155, son principal système d’arme est son pavillon…

Photo : Direction générale de l’armement

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46 contributions

  1. Czar dit :

    « même s’il est relativement peu armé »

    quel armement supplémentaire serait raisonnablement envisageable pour un bâtiment de cette taille et ayant ce type de missions ?

    • Niko dit :

      Des munitions téléopérées et un LPM rempli de missiles Mistral.

      • Psyonix76 dit :

        D’ailleurs, il en est ou le LMP* ? Quasiment chaque bâtiment de premier rang + nos patrouilleurs devraient en avoir au moins un à mes yeux.

      • dolgan dit :

        Rien n interdit aux fusilliers marins de deployer des munitions teleoperees et l ensemble de leurs capacites. Le navires a un hangard et une plateforme dediee drones.

        Le LMP n existe pas en dehors des salons. Des mistrals en nombre pret a tirer pour quoi faire? affronter la terrible aviation des comorres? Faudrait aussi ameliorer la veille radar air, installer une console de tir, sans doute changer le systeme de combat et faire une soute a munition adaptee. On explose le budget et la raille pour rien apporter sur les missions du navire.

  2. Rakam dit :

    Bien,mais un Rapid fire de 40mm n’aurait pas été de trop…

  3. civis17 dit :

    Une réponse ferme à la présence de 3 PA chinois dans le Pacifique .

  4. fabrice dit :

    Faudrait muscler un peu tout celà. Pourquoi pas louer une base à la marine indienne ? Pour que la Réunion, pour une fois, nous rapporte du fric. Et puis ça pourrait avancer les négociation sur les Rafale. Enfin face à la poussée islamiste il faut bien rassurer nos ressortissants hindous et non musulmans qui vivent à la Réunion.

    • Czar dit :

      quel est ce « nous » ?

    • Torpedo dit :

      Proposition typique d’un mousse qui débute dans le métier.
      Un vieux colonial qui a voyagé, lui penserait à Antsirana ( Diégo Suarez ). Un site nettement qui est plus intéressant et où il y a mieux à faire pour des coûts plus faibles.
      Enfin pour l’Inde, comme d’autres pays, n’a que des intérêts et pas d’amis.

      • Franz dit :

        Et il y a des escales bien moins recommandables qu’Antsirana ;). Problème : le sentiment anti-français déversé par les Chinois avec la bienveillante neutralité de ce bon président-à-vie Andry. Il est loins d’être partagé par le malgache de base, mais faute de contre-information par le Quai, ça grignote, ça grignote…

        • Jacques999 dit :

          Les allemands font cela aussi très bien en Afrique, via les fondations des partis allemands. Personne ne rend public ces fonds et un des moyens de l’Allemagne pour faire du lobbying au service de ses entreprises. Il y a eu des articles intéressants de revues stratégiques, mais étrangement on n’a pas demandé des comptes à notre allié allemand.

    • Roland Desparte dit :

      Bonjour fabrice,
      Il doit y avoir dans les 4 000 km entre La Réunion et l’Inde ; cela permettrait à l’Indian Navy de patrouiller sereinement dans l’océan indien… Cependant, on s’est fait doubler par Les Seychelles qui en 2018 ont accordé une base navale à la marine indienne sur l’île de l’Assomption. Dommage…

    • Ceci cela dit :

      Ni le pronom démonstratif « cela » ni sa version familière « ça » ne prennent d’accent.

      Faudrait muscler un peu tout cela.

    • Félix GARCIA dit :

      Une base étrangère en France … mais bien sûr …

    • vrai_chasseur dit :

      @fabrice
      Le traité de coopération stratégique entre France et Inde signé en 2019 va plus loin, il prévoit le partage mutuel du soutien logistique en matière de défense.
      Concrètement les 2 marines ont accès aux ports des 2 pays.
      Dans la pratique
      – un sous-marin indien utilise les facilités logistiques de la base navale française de Djibouti,
      – un PATMAR indien (Poseidon) est basé à la Réunion,
      – le groupe aéronaval autour du CDG utilise le port de Goa comme un des points d’appui logistique et de ravitaillement en Océan Indien

  5. StJacques dit :

    Le 76mm de leonardo est tres polyvalent; c’est parfait pour ce type de navire et mission (en plus de l’existant) cela permet f’avoir une petite aptitude contre la piraterie ou des navires de la RPC qui joueraient l’intimidation …
    Je crois que ça passe pour ce tonnage

    • SimLabeng dit :

      Bofor 57 mm. Plus petit, plus léger, 220 coups/minute. Il serait plus apte sur une petite coque.

      • Aymard de Ledonner dit :

        Le 57mm n’est plus en usage dans la marine française. Le 40mm CTA vient d’arriver. Ensuite on passe au 76mm. Pour les petites coques et/ou la défense contre les drones c’est le 40mm CTA qui est poussé.

      • AlexS dit :

        Les Italiens avaient le 76mm en hydroglisseur Sparviero de 60 tonnes.
        Il est très important d’avoir un canon qui puisse toucher les drones le plus loin possible du navire. À l’avenir, tout le monde sera capable d’utiliser des drones, ce qui signifie que tous les groupes militarisés et les terroristes en disposeront.

    • dolgan dit :

      Non, c est trop gros et peu adapté aux missions du navire. C est generalement mis sur des navires a vocation combat : fregates, corvettes, vedettes . Quand present sur un navire avec des missions AEM, il y a toujours un calibre inférieur (35mm a 20mm) en complement.

      Alors bien sur, en tonnage cela rentre un 76 a l avant et un 20 a l arriere. Faut juste virer d autres choses. la capacite drone, des logements, etc.

      Le role d un POM n est pas d affronter un navire de guerre (meme de rang 2 obsolete) . Contre de la piraterie comorienne ou des pecheurs, un 20 mm est suffisant .

      • AlexS dit :

        Trop Gros? Les Italiens avaient le 76mm en hydroglisseur Sparviero de 60 tonnes. Il y a aussi toujours le Sovraponte qui ne nécessite pas d’installation sous le pont.

  6. Roland Desparte dit :

    Quelle patience devons-nous avoir pour que la protection de l’État soit effective dans les zones économiques exclusives outre-mer ? Surtout lorsque l’on sait que les eaux françaises représentent le deuxième domaine maritime au monde (après celui des États-Unis) et que 90% du commerce mondial de marchandises circule par voie maritime…
    Cependant, concurrencer les mastodontes sera difficile (Nbre de navires armés 2023 : Chine 700, Russie 605, USA 484, Japon 160, Inde 150, France 120,… Source : Defense-zone).

  7. phil135 dit :

    l’armement est bien léger. mais une fois que les choix structurels sont fait et même fabriqués, je ne crois pas qu’on puisse ajouter grand-chose de significatif

    • HMX dit :

      L’armement est en effet beaucoup trop léger, ces navires ayant été conçus en 2017-2018, à un moment où la principale caractéristique demandée à ces futurs POM (héritiers de l’ex-programme BATSIMAR jugé trop cher) était justement un coût le plus bas possible… Selon les mots tristement célèbres de l’amiral Pierre Vandier, CEMM, « leur principal système d’arme est leur pavillon »…

      Le point positif, c’est que le gabarit de ces patrouilleurs (80 mètres – 1300 tonnes) rendra en théorie possible l’intégration future d’équipements, d’armements ou de dispositifs d’autoprotection. En attendant, et faute de mieux, le volume disponible permet l’emport d’équipements portatifs mis en œuvre directement par l’équipage : missiles antichars ou MANPADS, drones d’observation et munitions rôdeuses, selon les missions et les besoins potentiels.

      Le point négatif, c’est qu’on a volontairement refusé dès l’étape cruciale de la conception du navire d’envisager l’hypothèse, pourtant raisonnable, que ces bâtiments pourraient un jour avoir besoin d’être renforcés compte tenu de l’environnement où ils seront censés évoluer. ça n’aurait pas coûté très cher, mais c’était quand même trop cher… Ce qui obligera donc à réaliser des travaux potentiellement assez lourds pour intégrer les équipements manquants le moment venu.

  8. olgi dit :

    Je ne sais même pas si d’après les caractéristiques techniques, il y a des réserves de places pour augmenter l’armement.
    Celui prévu suffit largement pour repousser des pêcheurs illégaux dans l’océan Indien et pour la patrouille en ZEE.
    Par contre il ne sera jamais un navire de combat même en 2eme ou 3eme ligne si conflit de haute intensité

    • dolgan dit :

      C est fou hein.

      Je me disais la meme chose hier en regardant une patrouille de la police municipale. Comment ces deux policiers feront face a une division blindee avec deux PA.

      • olgi dit :

        C’est fou hein,
        Je me disais aussi la même chose en lisant vos commentaires. Comment ses 2 neurones ne peuvent pas réaliser qu’il écrit une grosse saucisse : vos blindés il flottent ? Ou ce sont 2 PA à chenille ?

  9. Kardaillac dit :

    L’adversaire le plus gros que pourrait engager ce patrouilleur sur zone est un bateau-usine dont on allume la passerelle. Le 20mm est adapté à ce type d’intervention. les autres cibles sont des chalutiers ou des yachts de narcotrafiquants.
    Engager la flotte de pêche patriotique chinoise convoque un plus grand navire et si possible deux. Mais là il faut des sous que nous n’avons plus. Alors faisons avec !

  10. Félix GARCIA dit :

    Le contrôle maritime français, avec l’équivalent d’une voiture de police par département/région sur les mers, et ~99,99% des conteneurs non-contrôlés, à quand même quelque chose de spécial …

    Quels moyens pour lutter contre les DCP dérivants ?

    « Y. GIRON Les outre-mers français et les nouveaux risques maritimes »
    https://www.youtube.com/watch?v=lhvhgj_kt_Y
    « Qui contrôle la mer et le commerce mondial ? »
    https://www.youtube.com/watch?v=UZFS_hrV6fI

    • Saucisson Furtif dit :

      Les dirigeables de souveraineté sont le futur de la surveillance de notre immense ZEE. Ne pas l’envisager c’est prendre du retard sur cette solution économique et écologique.

  11. Jean Bart dit :

    En voilà une bonne réponse ! Envoyer une coquille de noix sur les flots sans un armement offensif et défensif correct est de l’ordre du suicide…j’ai un faible pour les phalanx dont les Chinois se sont aussi inspirés…mais le sous-armement décent est une maladie chronique dont nos armées n’arrivent pas à se débarrasser.

  12. Félix GARCIA dit :

    Innovation navale française qui finira sur nos grobatos ? 🙂
    « La société brestoise Bluefins va tester un foil de propulsion sur le TSM Alizé »
    https://www.meretmarine.com/fr/construction-navale/la-societe-brestoise-bluefins-va-tester-un-foil-de-propulsion-sur-le-tsm-alize
    —> Direction générale de l’armement @DGA
    [#Biomimétisme] Essais hydrofoil
    Utiliser la houle comme propulseur de navires pour réduire leur consommation d’énergie ?
    ➡️ La startup bretonne BlueFins et le centre DGA Techniques Hydrodynamiques mesurent l’efficacité de l’hydrofoil sur la propulsion du navire
    https://x.com/DGA/status/1630574442496548865?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1630574442496548865%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.meretmarine.com%2Ffr%2Fconstruction-navale%2Fla-societe-brestoise-bluefins-va-tester-un-foil-de-propulsion-sur-le-tsm-alize