Avec le système Quicksink, le bombardier américain B-2 Spirit dispose d’une redoutable capacité antinavire

Combien de missiles et / ou de torpilles au but faut-il pour couler un navire ? Ancien de l’US Coast Guard, l’amiral Chuck Hill s’était penché sur cette question en analysant des données de la Seconde Guerre Mondiale. Et il était arrivé à la conclusion qu’il fallait 0,5 kg de charge explosive pour chaque tonne du bâtiment visé.

Cette règle empirique ne se vérifie pas forcément dans les faits. « Une pomme par jour éloigne le médecin, pourvu que l’on vise bien », aurait dit Winston Churchill. Et cela vaut sans doute pour le combat naval : un seul missile peut-être suffisant, à condition qu’il puisse atteindre un navire là où il est le plus vulnérable.

Selon la règle de l’amiral Hill, il aurait fallu quatre missiles Exocet au but pour couler le « destroyer » britannique HMS Sheffield. Un seul aura été nécessaire pour déclencher l’incendie qui a provoqué sa perte. Lors de la guerre du Pacifique [1941-45], sur les cinq porte-avions perdus par l’US Navy, un seul a été coulé par des coups directs, les autres ayant sombré après avoir pris feu.

Plus récemment, il n’aura fallu que deux missiles ukrainiens Neptune pour envoyer par le fond le croiseur russe Moskva, l’incendie provoqué par cette frappe s’étant propagé jusqu’à ses réserves de munitions.

D’où le programme « Quicksink » mené par le Laboratoire de recherche de l’US Air Force [AFRL – Air Force Research Laboratory], en collaboration avec l’US Navy. L’idée est de doter le système de guidage JDAM [Joint Direct Attack Munition], fixé sur des bombes lisses afin d’augmenter leur précision et leur portée, de plusieurs types d’autodirecteurs afin d’être en mesure de frapper un navire en mouvement aux endroits où il est censé être le plus vulnérable.

Ces dernières semaines, cette technologie a été testée à deux reprises, avec un bombardier stratégique B-2 « Spirit ».

Ainsi, lors des dernières manÅ“uvres Rim of the Pacifique [RIMPAC], l’ex-navire d’assaut amphibie USS Tarawa [près de 40’000 tonnes de déplacement] a été coulé après avoir été touché par un « Quicksink », mais aussi par d’autres types de munitions, dont un missile antinavire NSM [Naval Strike Missile] lancé par le « destroyer » australien HMAS Sydney et un LRASM [Long-Range Anti-Ship Missile] tiré par un F/A-18 Super Hornet de l’US Navy.

C’était la première fois qu’un B-2 « Spirit » participait à un exercice « SINKEX ».

Puis, la semaine passée, l’AFRL a fait état d’une seconde démonstration, réalisée dans les eaux du golfe du Mexique, près de la base aérienne d’Eglin [Floride]. Cette fois, le « SINKEX » a consisté à couler, avec un seul coup au but, l’ancien cargo MV Monarch Countess [d’un déplacement de 2700 tonnes à vide]. Le modèle de la bombe dotée du kit « Quicksink » n’a pas été précisé.

« L’US Air Force a prouvé qu’une méthode peu coûteuse […] permettait de couler des navires de surface », a souligné l’AFRL. « Cette capacité répond à un besoin urgent de neutraliser rapidement les menaces maritimes sur de vastes étendues d’océan dans le monde entier », a-t-il ajouté.

Effectivement, la technologie Quicksink offre plusieurs avantages, surtout si elle associée au bombardier furtif B-2 Spirit, dans le mesure où cet appareil a été conçu pour évoluer dans les environnements contestés.

Étant donné qu’elle est relativement peu coûteuse par rapport à un missile antinavire classique [comme le Harpoon, l’Exocet ou le NSM], elle permet d’attaquer des forces navales ennemies à un rythme plus soutenu et sur des zones plus vastes.

Par ailleurs, si « un sous-marin a la capacité de détruire un navire avec une seule torpille, à tout moment, il révèle sa position en la tirant et devient une cible », soutient l’AFRL.

Sollicité par CNN, Carl Schuster, ancien chef du Centre de renseignement interarmées du commandement américain du Pacifique, a estimé que cette capacité antinavire du B-2 « limitera, voire découragera, les opérations de la force navale de l’Armée population de libération [PLAN] à Taïwan ou au large des Philippines ». Et d’ajouter : « On ne peut pas ignorer une arme qui peut couler un navire de plus de 25’000 tonnes en un seul coup. »

Voir aussi...

 

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

51 contributions

  1. Herciv dit :

    C’est très intéressant comme capacité. Mais si la Chine peut s’en doter également, c’est tout le combat naval dans cette zone qui sera compliqué.
    Plus généralement on peut se demander comment employer une marine pour faire de la guerre haute intensité.

  2. Félix GARCIA dit :

    😮
    Merica !
    https://www.youtube.com/shorts/pao9HLSylGE
    —> Pour ceux qui se demandaient quel pouvait être l’intérêt du Raider en Australie, vous avez une partie de la réponse. Si le B-2 est d’ores et déjà déployé là-bas, le « tuilage » est assuré.

    « Une pomme par jour éloigne le médecin, pourvu que l’on vise bien »
    J’adore son sens de l’humour.
    —>
    Lady Astor : « Si j’étais votre femme, je mettrais du poison dans votre thé. »
    Churchill : « Madame, si j’étais votre mari, je le boirais. »

    De notre côté, on aura le nEUROn pour faire ce boulot.
    Les Phénix leurs donneront encore plus d’allonge (qui sera de quoi à l’origine, 3000km ? plus ?).

    Une version ravitailleur des Frégate-F100 (10t d’emport, soit environ 2 pleins de Rafale, et à environ 400km/h, mais depuis partout) serait un atout pour notre aéronavale. D’autant plus si eux-mêmes peuvent être ravitaillés à la mer et, faire des hippodromes ou attendre sur l’eau pour les Rafale.
    —> « FREGATE-F100 »
    https://hynaero.com/
    https://hynaero.com/wp-content/uploads/2023/10/8-2.png
    https://hynaero.com/wp-content/uploads/2023/10/12.jpg
    https://hynaero.com/wp-content/uploads/2024/04/Fregate-FA100-Hydravion-Francais2.png
    https://hynaero.com/wp-content/uploads/2024/04/Fregate-FA100-Hydravion-Francais.png
    Pour les Rafale, déjà.
    Mais aussi pour les Hawkeye, pour des hélicos types Caracal et NH90FS, ou pour les hydravions eux-mêmes.
    Une version avec une perche rigide pour les nEUROn pourrait éventuellement valoir le coût de développement …

    Pour ce qui est d’une version de transport, les images présentées laissent entrevoir un avion capable d’emporter 28 passagers.
    Imaginons ce que cela donne si on y met des drones navals type D2i, PROTEUS, MAGURA … en gros, si l’on transforme cet hydravion en porte-drones. Les tactiques d’encerclement deviennent envisageables (si tant est que celles-ci soit nécessaires, mais voilà … ça devient possible) …

    • Cou coud coup coût qu'où coucou dit :

      « Une version avec une perche rigide pour les nEUROn pourrait éventuellement valoir le coût de développement … »

      Dilemme… On écrit « valoir le coup », mais on écrit aussi « le coût de développement ». Alors ?
      Valoir le coup d’être développée ?
      Valoir le coût de développement ?
      Valoir le coup du coût de développement ?

    • Castel dit :

      Un des traits principaux de la personnalité de W.Churchill était son sens de l’humour, la citation que vous rappelez le montre bien.
      J’en profite pour rappeler l’une de ses plus célèbres :
       » La démocratie est la pire des choses, à l’exception de tout le reste »

      • Oliv 75 dit :

        Il y a aussi: « les américains finissent toujours par trouver la bonne solution… Après avoir essayé tout le reste ».

      • Râ dit :

        N’oublions pas celle-ci, toujours de Churchill, après la fin de la guerre, parlant de l’Allemagne et de l’URSS : ‘We killed the wrong pig », traduit par « nous avons tué le mauvais cochon », mauvais au sens où il s’était trompé de cochon. A méditer…

    • Math dit :

      Oui, on est d’accord, les bombardiers à long rayon d’action couplés à de puissants radars et des missiles à longue porté sont la meilleure manière de contrôler les airs et les flots.
      Le J20 prend ici tout son sens.

    • 3e personne du pluriel dit :

      Si tant est que celles-ci soient nécessaires.

  3. Concombre masqué dit :

    on reste sur notre faim coté technologie ….
    pour ceux qui sont interessés et pour vulgariser il s’agit d’un JDAM amelioré au niveau de l’autodirecteur.
    bref du pas cher mais efficace
    peut être une idée à suivre pour nos AASM …

    • dolgan dit :

      normalement, un AASM peut déja frapper un navire en choisissant plus ou moins la zone d impact.

      Pour nous le gain opérationnel de dépenser des sous pour une version spécifique anti navire ne doit pas permettre de justifier un gros budget. Les US n ont pas ce probleme.

      Si on tire des AASM c est que la cible est assez molle pour cela. et donc en tirer 2 au lieu d un c est un peu pareil.

      • tschok dit :

        Au niveau de la cheminée ou des aérations, tout navire est un peu mou. Si l’A2SM est capable de toucher une cible de la dimension correspondant à ces ouvertures, je pense que vous n’en aurez besoin que d’une seule, parce qu’en général ce type de conduits mène directement à la salle des machines, qui se situe au niveau des Å“uvres mortes du navires, donc concrètement sous la flotte.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      @Concombre masqué « peut être une idée à suivre pour nos AASM … » Ils disposent déjà de plusieurs systèmes de guidage.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Armement_air-sol_modulaire
      C’est au niveau de la propulsion où il peut y avoir des améliorations.

    • Desty dit :

      Bonjour Concombre. Pardonnez ma curiosité. Vous êtes l’ancien de Joystick/Joypad ou juste un fan ?

    • vrai_chasseur dit :

      @concombre masqué
      L’arme la plus létale contre un navire même de grande taille, reste la torpille.
      Les américains souhaitaient donc disposer rapidement d’une arme dont l’efficacité est équivalente à une torpille et dont le lanceur puisse couvrir rapidement de grandes distances océaniques (donc arme aéroportée).
      Ils avaient donc 2 options :
      – aéroporter une torpille existante pour la lancer depuis un aéronef
      – transformer une grosse munition aéroportée en lui donnant l’efficacité d’une torpille.
      Leur torpille MK48 demanderait trop de transformations pour être aéroportée. C’est donc la 2ème option qu’ils ont choisi, plus rapide et moins coûteuse : améliorer l’autodirecteur d’une JDAM. Une JDAM se prête bien à ce genre de bricolage, c’est une bombe « bête » à laquelle on rajoute un autodirecteur devant et un propulseur derrière.
      L’amélioration QUICKSINK est donc un nouvel autodirecteur qui va chercher à amener la JDAM sur le navire au niveau de son centre de gravité, en tapant le plus bas possible sur les oeuvres vives….ce que fait très bien une torpille puisqu’elle va même taper en dessous de la ligne de flottaison.
      Si vous regardez les vidéos publiques du tir vous verrez que le QUICKSINK cherche emmener la JDAM pour taper la cible au niveau de la ligne de flottaison : http://www.youtube.com/watch?v=y2JIC_k5-3s
      Le seul hic, c’est la courte portée d’une JDAM, qui va exposer le porteur. Le fait que que l’avion porteur soit un bombardier furtif n’est pas un hasard.

      Petit détail : notre QUICKSINK à nous existe déjà depuis un certain temps, c’est la torpille Mu90 franco-italienne. Elle peut être lancée depuis un aéronef, genre hélico ou ATL2…
      Et pour aller dans le sens d’un autre commentaire de @sophie plus bas, oui, il y a beaucoup d’opportunités à développer avec les torpilles.

      • Math dit :

        Coté Chine, on a évoqué un missile en vol bas, comme l’exocet et qui termine sa course en changeant de milieux, comme une torpille. Je ne sais pas si le projet a été mené à son terme.

        • Pascal, (l'autre) dit :

          @Math « Je ne sais pas si le projet a été mené à son terme. » Pour les Chinois je l’ignore mais les U.S. avaient développé et mis en service une arme quelque peu similaire, il se peut qu’ils aient repris ce concept d’arme!
          https://en.wikipedia.org/wiki/UUM-44_SUBROC

      • Participe dit :

        C’est donc la 2ème option qu’ils ont choisie.

      • Bazdriver dit :

        @vrai_chasseur. La Mu90 est conçu pour torpiller des sous-marins, comme la MK-54 US. Cette dernière pouvant également être tiré depuis les airs. Pas sûr que ni l’une ni l’autre ne soit suffisamment « costaude » pour couler un gros navire.

  4. Félix GARCIA dit :

    « Plus récemment, il n’aura fallu que deux missiles ukrainiens Neptune pour envoyer par le fond le croiseur russe Moskva, l’incendie provoqué par cette frappe s’étant propagé jusqu’à ses réserves de munitions. »
    —> Clash Report@clashreport
    Ukraine unveils modified Ukrainian production R-360 Neptune anti-ship missile.

    — The Neptune missile, based on the Soviet Kh-35 design, has undergone significant improvements in range, targeting, and electronic systems.

    — Initially capable of striking targets up to 300 kilometers away, recent upgrades are set to extend its operational range to 1,000 kilometers (approximately 621 miles) by 2024.

    — Ukraine is adapting the Neptune missile for land-attack purposes, allowing it to strike Russian military infrastructure, including air defense systems and energy facilities.

    — This modification has already seen operational use against targets such as the S-400 missile systems and oil depots in Russian territory.
    https://x.com/clashreport/status/1824764957704978574
    1000 bornes … quand même …

  5. peterr dit :

    >> « On ne peut pas ignorer une arme qui peut couler un navire de plus de 25’000 tonnes en un seul coup. »

    Oui mais combien de temps avant que les chinois copient l’idée et l’appliquent au PA US ?

    • tschok dit :

      Le délai, je l’ignore, mais je connais l’unité de compte: le sac à main Chanel.

      Un truc facile à copier = 1 sac à main Chanel. Plus difficile = 10 sacs à main Chanel. Etc.

    • Bingo dit :

      On peut aussi attendre que les chinois aient l’idée par eux mêmes…

  6. Rakam dit :

    Effectivement si le test n’est pas fausser par des paramètres qui n’ont pas été pris en compte à savoir que ledit navire à des capacités de défense multiples, alors oui c’est probant…le mieux c’est le test ultime..
    2025 …Taïwan..

    • Pas 2025... non... dit :

      Ça viendra plus tard… après 2028
      Après… j’ai pas de boule de cristal
      Mais bon, l’idéal serait jamais où le plus tard possible…

    • tschok dit :

      Sans compter les navires qu’il faut couler deux fois, comme les sous-marins russes de classe Kilo. Ca fausse les paramètres ça aussi. Surtout si on compte en Kilo.

      Ouiiiii, je sors.

    • Participe dit :

      Si le test n’est pas faussé.

  7. Nexterience dit :

    Si je comprends bien, le B2 coulera le destroyer avec un coûteux Harpoon et détruira les nombreux autres bâtiments de moindre protection avec des sortes d’ AASM antinavires?

  8. Au raz des flots dit :

    ? Un JDAM est bien plus facile à intercepter qu’un missile à vol rasant, non ?

    • Râ ras rat raz dit :

      La pointe du ‶Raz″, oui, un ‶raz″-de-marée, en effet, mais c’est au ‶ras″ des flots que ça se passe.
      À moins qu’un p….. de missile à vol rasant qui arrive pour vous couler puisse être qualifié de ‶rat″ des flots ?

  9. Rions un peu dit :

    « Une pomme par jour éloigne le médecin, pourvu que l’on vise bien »

    Excellentissime ! Merci M. Lagneau de nous servir cette savoureuse churchillerie.

  10. PK dit :

    « Et il était arrivé à la conclusion qu’il fallait 0,5 kg de charge explosive pour chaque tonne du bâtiment visé. »

    C’est con. Il manque « pendant la SGM ». Parce que sinon, son truc ne vaut rien.

    Sinon, si j’ai bien compris, les Américains ont compris qu’en mettant un coup au but avec une bombe (quelle dimension ?), il pouvait couler un cargo non protégé ? Pour l’autre, il a fallu le couler avec des missiles classiques… et une bombe ! Le tout à partir d’un avion qui doit avoisiner les 100 k€ de l’heure de vol…

    On progresse 🙂

    • tschok dit :

      Vu qu’il est précisé dans l’article que  » l’amiral Chuck Hill s’était penché sur cette question en analysant des données de la Seconde Guerre Mondiale », je pense que le premier péquin venu doté d’un niveau de QI à peu près normal le comprend.

      Mais je ne voudrais pas non plus trop solliciter votre potentiel en essayant de vous l’expliquer, je pourrais détraquer quelque chose dans vos boyaux internes et je ne me le pardonnerais pas.

  11. sophie dit :

    Super article.. Je pense qu’il y a beaucoup à faire sur les torpilles… (dormantes, derivantes, etc..); dans tous les cas les études sur les UAV sous marins vont aider.
    Bientôt des coques ‘répulsives’ ?

  12. Ld dit :

    vno…
    je suis de bombasle sur Meurthe.

  13. LIONEL DRIPAUX dit :

    Dombasle et très jeune. 1980.
    et j’habite depuis 2003.
    peut être un recoupge .
    des trous de pêche dans la Meurthe.
    beaucoup de surprises

  14. Thierry le plus ancien dit :

    Il faut effectivement un avion furtif comme le B2 pour lancer impunément une bombe lisse sur le pont d’un porte avion, et c’est bien la seul zone qu’il est possible de viser avec ce type de projectile qui tombe du ciel en planant, par contre là dessus je suis sceptique.

    d’abord par ce qu’un porte avion est en mouvement et qu’il faut anticiper sa position au moment ou la bombe arrivera sur lui, s’il donne un coup de barre sur bâbord au lieu de tribord comme anticipé la bombe fait plouf dans l’eau.

    Ensuite les porte-avions de la seconde guerre mondiale avaient un pont d’envol en latte de bois dur, qu’un seul kamikaze fasse un trou dedans et le porte avion se transformait en torche et puis devenu indisponible pour le reste de la guerre bien que non coulé, comme ce fût le cas de certains de la classe Essex;

    Mais les portes avion anglais plus petit de la même époque avaient un pont d’envol blindé, quand un kamikaze s’écrasait dessus il suffisait de balayer les débris dans l’eau…

    Aujourd’hui tous les porte avion américain ont un pont blindé recouvert de bitume, ce qui laisse peu de chance à une bombe lisse de faire des dégats significatif. Les pont d’envol des porte avion chinois ont certainement aussi une épaisseur de blindage, mais sans doute moins importante que ceux US de la Classe Nimitz ou Ford, cependant les dégats d’une bombe lisse pourraient peut-être le mettre hors service pour un temps mais très peu probable que la bombe puisse le couler, sauf à traverser le fond de la coque depuis le pont d’envol ce qui me paraît totalement improbable, pour ça il faudrait une méga bombe perforante de plusieurs tonnes.

    • Robato dit :

      Au lieu d’écrire des tartines basées sur des suppositions hasardeuses, regardez plutôt la vidéo que nous propose vrai_chasseur (qui, lui, sait généralement de quoi il parle) : http://www.youtube.com/watch?v=y2JIC_k5-3s (à partir de 8:00), ou bien celle-ci (il y moins de pub) : https://www.youtube.com/watch?v=41bCXburV2s (à partir de 7:20).
      Vous y verrez que la bombe ne frappe pas le pont, mais bien la coque, au ras de l’eau.

      • Thierry le plus ancien dit :

        Ce que vous nous montrez c’est du divertissement youtube et ça ne présente aucun intérêt à mes yeux, sur vos vidéos comique le bateau cible est immobile sur l’eau, même en faisant ricocher un galet sur l’eau on peut le toucher mais un porte-avion en mouvement qui manÅ“uvre il sera totalement impossible de faire un tir d’une telle précision avec une bombe lisse, une torpille ou un missile je veux bien mais pas ce genre de munition.

        Le Tirpitz avait été coulé par une méga bombe de 5 tonnes « TallBoy » laché d’un bombardier lancaster, sauf qu’e le cuirassé était amarré et immobile, jamais un Lancaster n’a pu couler un navire naviguant en mer avec la même bombe, le B17 avait été conçu comme bombardier naval à long rayon d’action mais n’a jamais pu couler un porte-avion et sera cantonné à des cibles terrestre.

        Et il faut aussi commencer par le commencement, avec quoi et comment vous repérez un porte avion en déplacement dans l’immensité des océans ?????
        même les satellites ne peuvent relayer que des données périmé au moment ou elles seront lu…

        De plus le B2 devra arriver en visuel de la cible qui elle aura aussi le visuel du B2 par ses guetteurs ou sa couverture aérienne, et là il y aura de la riposte. Difficile de croire qu’ils vont risquer un B2 pour une simple bombe lisse avec une faible chance de réussite, alors que le concept de l’appareil c’est précisément de bombarder sans être repéré.
        Si le B2 est capable de repérer un porte-avion de loin alors il lâchera des missiles, pas des bombes. En revanche pour bousiller des bunkers hyper fortifiés à terre cette bombe lisse peut être intéressante, mais certainement pas pour la marine.
        Je prend tous les paris qu’il en sera ainsi.

      • tschok dit :

        @Robato,

        Figurez-vous que le point d’impact exact de cette munition est classifié.

        Comme vous, je suppose, j’ai cherché à savoir si elle tapait sous le bateau, ou dans la coque au-dessus ou en dessous de la ligne de flottaison. Et les infos en OS que j’ai trouvées sont assez vagues sur ce point précis, et pour cause: elles sont classifiées.

        Et j’ai trouvé une source qui le dit.

        Citation: « In a Friday interview, Col. Anthony Meeks, director of the Air Force Research Laboratory’s munitions directorate, said the test was designed to see whether pilots could drop the bombs on « different aim points to defeat maritime threats. »

        Those « aim points » — the place where the crew wants the weapon to hit — could be at the top of the vessel, the waterline, or just below the surface of the water, Meeks said.

        He declined to answer whether that meant the weapon could target specific portions of a ship such as its bridge, propulsion, fuel tanks or weapons, saying the exact capabilities of the weapon are classified ».

        Source:https://www.military.com/daily-news/2021/09/12/air-force-testing-new-ship-killing-guided-bomb.html

        En fait, les spécifications de l’arme sont: taper un navire statique ou mobile par le haut, le bas, le côté, en-dessous, etc, mais de façon précise. Ca, c’est public. Où exactement? Ca, ce n’est pas public:

        Citation: « The QUICKSINK program will allow the Air Force to modify current or future weapons to hit targets at sea that are either stationary or moving. AFRL said in 2021, as it began testing the concept, that it wants the weapons to home in on specific points on the target vessel, including at its top, at the waterline or just below the water’s surface ».

        Source: https://www.defensenews.com/air/2024/08/09/ship-killing-guided-bomb-put-to-test-as-air-force-sinks-cargo-vessel/

        Toujours est-il que l’effet obtenu à partir d’une JDAM est comparable à celui d’une torpille. La philosophie du programme est de permettre à l’US AIR FORCE de couler des navires avec ses armes en dotation, mais avec la même efficacité qu’une torpille. C’est ça l’idée fondamentale.

        Donc en fait ils se sont demandé comment transformer des armes qu’ils ont en stock, comme des JDAM par exemple, en armes équivalentes à une torpille, afin de renforcer la capacité AIR FORCE anti-navire, alors que traditionnellement, elle n’en fait pas beaucoup. C’est plutôt le job de l’US NAVY, qui est d’ailleurs associée au programme. Le tout étant pensé dans le cadre d’un affrontement avec la Chine, qui exigerait d’engager dans des batailles navales des moyens qui dépasseraient ceux de l’US NAVY, donc qui impliquerait de mobiliser ceux de l’US AIR FORCE.

        Et l’autre idée fondamentale, c’est qu’il faut une solution low cost.

        Et sinon pour le test de 2024, on ne sait effectivement pas quel est le modèle de bombe qui a été choisi. Pour celui de 2022, on sait, c’est la GBU-31 de 2000 livres.

        L’autre jour, Alfred disait que pour casser NS-2 en flexion, il fallait une charge sous-marine de 800 kg. Avec ses 907 kg de charge militaire, enveloppe plus explosif, la GBU-31 est dans le cadre, qu’elle tape dans ou hors de la coque.

  15. mos dit :

    ils partent du principe que la chine ne dispose pas de défense AA pour ces navires qui peut faire exploser ces machins?!! ni de possibilité de détection des B2 ?!! étrange