Le Service de santé des armées va créer des unités exclusivement composées de réservistes

Au regard de ses effectifs – environ 14’000 postes – , le Service de santé des armées [SSA] est la structure du ministère des Armées qui a le plus recours à la réserve opérationnelle. D’ailleurs, après les réformes dont il a fait l’objet entre 2014 et 2020 [avec le plan SSA 2020] et qui se sont traduites par une réduction significative de son format, il ne peut guère faire autrement pour tenir ses contrats opérationnels.
En effet, dans un rapport publié en octobre 2023, la Cour des comptes avait estimé que, « face à la pénurie », la réserve constituait « l’assurance-vie » du SSA. Ainsi, entre 2014 et 2022, le nombre de ses réservistes est passé de 2994 à 4122, dépassant ainsi le plafond qui lui avait été fixé. Pour passer outre, il avait dû trouver un accord avec l’État-major des armées [EMA].
Selon les chiffres glanés dans plusieurs rapports, le SSA assure le soutien médical de 307’000 militaires d’active [gendarmes compris] auxquels s’ajoutent les 77’000 réservistes opérationnels de l’ensemble des armées, directions et services [toujours en comptant la Gendarmerie]. En outre, chargé des visites médicales des candidats à un engagement, il est aussi impliqué dans la médecine de proximité. En 2020, il avait ainsi effectué 715’680 actes médicaux et 985’807 actes paramédicaux, dans un contexte marqué par la pandémie de covid-19.
Aussi, sans ses 4122 réservistes opérationnels, on voit mal comment il pourrait faire face à une telle activité, d’autant plus que ceux-ci ont réalisé environ 110’000 journées de réserve en 2022. D’après la commission sénatoriale des Finances, la moyenne est de 27 jours d’activité par réserviste. Moyenne, avait-elle souligné, qui « recouvre de grandes disparités de rythme de service ».
Les professions les plus représentées parmi les réservistes du SSA sont les infirmiers en soins généraux ou spécialisés [32,6 %], les médecins [26 %] et les assistants médico-administratifs [11,6 %]. Viennent ensuite, dans des proportions moindres, les chirurgiens-dentistes, les pharmaciens, les psychologues ou encore les masseurs-kinésithérapeutes.
Étant donné que la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 prévoit de développer significativement la réserve opérationnelle, avec l’objectif d’un réserviste pour deux militaires d’active, l’activité du SSA va encore augmenter… Et, pour y faire face, il n’aura guère d’autre solution que de recourir aux… réservistes. Aussi doit-il se mettre en ordre de marche sans tarder.
Pour son directeur central adjoint, le médecin général inspecteur [MGI] Jean-Christophe Bel, le renforcement de la réserve opérationnelle est à la fois une « opportunité et un « défi » pour le SSA.
« Opportunité » car il s’agira de « mieux organiser » sa réserve tout en « ‘l’ouvrant plus à des métiers ‘non santé’ grâce à l’engagement massif des armées et aux nouvelles possibilités offertes ». Mais aussi « défi » car « les armées, directions et services comptent sur le SSA pour assurer la visite d’aptitude des candidats ».
« Nous devons être les premiers à recruter pour relever » ce défi, a fait valoir le MGI Bel. D’abord, il s’agira de regrouper la chaîne ‘réserve’ du SSA à Tours afin que son délégué aux réserves puisse avoir « tous les leviers et moyens à sa main ». Ensuite, la visite médicale initiale sera simplifiée, « en adoptant une logique d’employabilité », a-t-il ajouté.
Quant au recrutement, le SSA compte s’appuyer sur la Garde nationale pour « identifier de nouveaux viviers de candidats » et ouvrir un dialogue avec les armées « pour recruter dans des métiers » qu’il n’a pas encore. Enfin, il va s’impliquer dans le « développement de l’outil SI-ROC [Système d’information de la réserve opérationnelle] qui doit faciliter les démarches administratives du réserviste dans tous les domaines », a détaillé le directeur central adjoint du service.
Le recrutement de réservistes supplémentaires permettra de doter « chaque centre médical des armées d’une antenne médicale de réserve, miroir ou jumelle d’une antenne d’active », a ensuite annoncé le MGI Bel.
« Les réservistes qui l’arment continuent d’exercer individuellement dans les antennes d’active mais doivent être capables de se regrouper en antenne de réserve autonome pour des missions d’opportunité [antenne de circonstance] ou en situation de crise », a-t-il expliqué.
La même logique pourrait s’appliquer aux services hospitaliers. « Il nons semble intéressant de recruter une équipe complète pour armer par exemple une antenne chirurgicale », a conclu le MGI Bel.





Le SSA est un maillon essentiel qui dimensionne nos Forces. Dans le cas d’un conflit majeur il ne fera pas bon d’aller aux Urgences… 🙁
La Garde Nationale devient un moyen crucial pour assurer la permanence et la durée de nos Forces.
Mais il me semble que cela existait déjà. Nombre de réservistes étaient affectés dans des structures de campagne notamment des hôpitaux de campagne armés de réservistes effectuant des périodes régulières. Parmi ces hôpitaux deux avaient vu se constituer un noyau d’active (les HMC RA, RA pour réduit d’active) . Ils avaient d’ailleurs été engagés pendant la première guerre du Golfe.
Malheureusement il est à craindre que cette ambition , renouvelée à chaque mandature, ne se heurte au sous dimensionnement actuel du SSA, notamment en matière d’équipes chirurgicales et de soins critiques. Le fiasco équipes civilo-militaires , notamment celui de Lyon, est assez démonstratif.
Cette réflexion se heurte également aux difficultés de dialogue et d’accueil des réservistes dans les structures militaires bien souvent vus exclusivement comme une aide au travail quotidien sans que l’on propose une opex ou une mission valorisante (marine exclue). De la même manière l’accueil de réservistes hospitaliers dans les antennes médicales a pu être très froid voire refusé au prétexte de la non détention par ces spécialistes de DES de Médecine Générale .
Une autre manière de voire cette approche, et ce de manière probablement excessive, est le relatif début d’abandon du SSA qui préférerait se concentrer sur la médecine d’aptitude, de préparation des forces et de role 1 (activités faites dans les autres armées de manière totalement différente).
Bref ce n’est pas gagné.
Une fois n’est pas coutume, c’était bien le verbe « voir » (dans son sens de « regarder », « envisager ») qui convenait dans cette phrase, et aucunement son homophone l’adverbe « voire » (qui signifie « et même »).
Une autre manière de voir cette approche.
Les toubibs militaires d’actives se réforment entre eux pour ne pas faire les années qu’ils doivent à l’Institution en échange du paiement de leurs années d’études par celle-ci. C’est beau, non ?
Ce sont toujours les mêmes qui partent en OPEX (car les obligations familiales obèrent bon nombre de départs de toubibs) d’où l’usure de certains sur-sollicités et encore plus là où il manque dans certaines spécialités, les besoins sont énormes.
Depuis les catastrophiques années Sarkozy, les charges administratives épuisent des soignants de plus en plus tentés de se barrer.
Bientôt le même système que les anglo-saxons ou dans nos hôpitaux publics avec des « mercenaires » surpayés pour combler les manques si savamment créés ?
Depuis la professionnalisation, ces fameuses réformes du SSA qui ont blessées à mort ce service. Son cadavre bouge encore, mais ce sont juste les nerfs comme pour un canard sans tête.
la haute intensité permet à nos têtes pensantes de faire du cosmétique grandiloquent avec la réserve, garde nationale, etc. le tout pour juste masquer des années de politique RH de merde au sein des trois armées entrainant de fait une crise des effectifs. C’est le probleme du manque de personnel d’active qu’il faut regarder en face pour se poser les bonnes questions ….
mais nos chefs étant des « Gamelin » en puissance ….
En quoi sommes nous investis dans ce concept fumeux de haute intensité. Seule l’Ukraine et la Russie sont concernés. Si le conflit déborde avec l’OTAN, il n’aura pas de haute intensité, mais du nucléaire.
Il n y aura pas nucléaire dans ce cas là. Personne ne va tirer au nucléaire pour la Pologne. Il faut juste prier pour que les usa fassent le boulot.
Mat49
Pourquoi « prier pour que les usa fassent le boulot » ?
La France n’est pas plus concernée par la Pologne que par l’Ukraine. Observer oui, prendre parti non.
La France est bien plus concernée par la Pologne que par l’Ukraine.
D’accord avec vous Blavan. Et je dirai même plus mais pas comme Dupondt : j’ai mieux.
Il n’y aura pas de haute intensité car une guerre qui menacerait la France serait vite interrompue par nos armes antigouvernementales (les MGP, missiles guidés avec précision).
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Leur emploi est d’autant moins difficile à décider qu’elles ne sont pas nucléaires et ne font pas de dégâts collatéraux.
Encore une arme magique ?
Mazette !
Nous disons « je dirais même plus », au conditionnel.
Seule la Russie.
Seules l’Ukraine et la Russie.
Les frustrés de la dictée sans fautes se déchainent faute d’avoir un avis à donner. Le combat est perdu d’avance, triste vie de retraités aigris qui n’ont plus leurs heures de gloire avec le stylo rouge !!!!
D’accord avec vous, Blavan : ces interventions sont pitoyables.
Que la vie de ces gens a dû être triste !
L’Ukraine et la Russie sont concernées.
Le concept de guerre nucléaire entre l’OTAN et le pacte est périmé depuis la fin des années 70.
Aucun pays ne sera risquera jamais à l’employer.
médecin radiologue en exercice
j’ai fait une demande pour revenir dans la réserve et au terme d’un dossier administratif complet suivie d’un examen médical.
Aucune réponse qu’elle soit positive ou négative.
Le SSA devra faire quelques progrès s’il veut recruter.
Ce système est inefficient.
« Ce système est inefficient. »
Non, déficient. Mais on a bien compris l’idée 🙂
Dans les suites de la professionnalisation des armées, décidée en 1996 par Jacques Chirac, associée, surtout concernant ce qu’on appelait le contingent, à la suspension du service national, on a vite compris que l’on perdrait avec les appelés plus d’un médecin sur deux. On pensait que la réduction d’effectifs serait adaptée à celles des forces qui perdaient aussi leurs appelés.
On est bien sûr allé encore au delà en réduisant encore et encore le format du SSA, celui des forces et drastiquement aussi celui des hôpitaux. La taille critique a été amenée en dessous du fonctionnel sauf pour un quarteron ( au sens gaullien de 4 ) de grands hôpitaux privilégiés fonctionnant en théorie par paires. Cela paraît rationnel compte tenu du marasme actuel du système de santé civil, qui lui doit puiser dans le vivier de médecins venant d’autres pays, d’Europe ou encore plus souvent d’Afrique.
Pour moi, la constitution d’un tel projet d’unité composée uniquement de réservistes paraît donc une gageure ! Dans la génération précédente de celle des boomers, il était fréquent qu’un chirurgien accepte de quitter son service civil, pour faire une période militaire en tant que réserviste. Pour la génération suivante ( cf création des ONG type MSF ) ce qui est normal est d’aller travailler pendant une période dans un pays « exotique » où on est reçu et reconnu comme venant faire un séjour humanitaire ! Dans certains cas on s’occupe des pauvres que les médecins locaux ne veulent pas soigner, ce qui paraît curieux dans un pays communiste… mais l’humanitaire cela ressemble parfois aussi à cela. Par charité, je ne donne pas le nom des pays en cause.
En bref, dans la conjoncture actuelle, je n’y crois pas. Même si en temps de crise, ou de catastrophe, on peut compter sur le dévouement ( parfois jusqu’à la mort ) des personnels civils de la Santé, comme on a pu le voir dans la crise Covid.
Historiquement, ne jamais effacer le souvenir d’un chirurgien réserviste qui était chirurgien-chef à DBP : le Dr Paul Grauwin…
Grauwin n’était pas réserviste, il était engagé. « La poche de Dunkerque, la campagne d’Allemagne puis le départ pour l’Indochine : tel est le parcours du médecin militaire (d’abord engagé volontaire au titre de la durée de la guerre puis engagé à titre contractuel, au sein de la Légion Etrangère) Paul-Henri Grauwin dont les actions héroïques donneront lieu à neuf citations à l’ordre de l’Armée et à l’ordre de la division »
Ce n’était pas un médecin sortant des écoles militaires du service de santé.
Effectivement un médecin sous contrat.
Le hasard fait que je viens de terminer son ouvrage » J’étais Médecin à Dien Bien Phu » qui relate sa carrière jusqu’à cette bataille.
Ensuite il est resté en Indochine et a du la quitter lorsque le Khmers rouges ont investi Phnom Penh
La nouvelle génération veut bien servir son pays mais pas à n’importe quel prix. Je vois mon propre cas. J’ai considéré un engagement comme OSC. Maintenant, on me proposait 2500 au SSA contre 4000 à l’Hôpital et 7000 en libéral. A ce stade, il ne faut pas non pas s’étonner de peiner à recruter. Il y a quarante ans, je ne pense pas que les écarts étaient tels.
Je ne travaille objectivement pas pour l’argent. Mais il y a des limites. De là, j’irai sans doute faire un peu de réserve quand j’aurai plus de temps mais cela s’arrêtera là. Il y a donc un énorme problème de rémunération. Le SSA paie moins, à grade équivalent, que les autres branches.
Je serais curieux de connaître votre spécialité…
Vu le budget encore un service qui n’aura pas la santé ! comptez sur eux pour y affecter un vétérinaire ou chirurgien expert au rayon boucherie charcuterie Intermarché….
La conscription est la meilleure méthode pour disposer de civils devenus militaires découvrant leur utilité concrète pour le pays. Les pays du Nord l’ont compris et réactivent leurs forces. Les spécialistes, dont ceux du SSA, y ont une place essentielle.
L’Ukraine montre l’ampleur du besoin pour un conflit sur le continent (valable aussi pour le civil avec les frappes dans le territoire nationale et ses infrastructures de santé).
Reste à être cohérents: dans les actes (ne se faire soigner qu’au SSA, une très forte part des ressources vient de son activité), et en politique en évitant les néo-pacifistes de tous bords qui fustigent les « va-t-en guerre » tout en se désolant de l’état des armées. Aucun parti ne nous a proposé le retour de cette conscription indispensable.
C’est avec trois traits d’union que s’écrit « les va-t-en-guerre ».
Comme « cul-de-basse-fosse », « Marie-couche-toi-là » et « suivez-moi-jeune-homme ».
Avec quatre traits d’union, on trouve « à la va-comme-je-te-pousse ».
Si vous voulez en savoir plus sur ce mystérieux « suivez-moi-jeune-homme », disparu de la plupart des dictionnaires au tournant du 21e siècle : https://www.mots-surannes.fr/suivez-moi-jeune-homme/
Reçu !
@La Meuse « Les pays du Nord l’ont compris et réactivent leurs forces. » Avec une conscription partielle, il faut bien le préciser.
La réserve, le SNU, la Garde Nationale, la Défense se disperse trop. Une bonne réserve unique serait plus facile à gérer, un bureau Unique quoi. Cela dit c’est une bonne initiative.
Pour le SI ROC, le SSA est l’ADS le plus avancé sur le projet.
Faire semblant plutôt que reconnaître ses lourdes erreurs stratégiques.
https://theatrum-belli.com/le-soutien-medical-dun-engagement-de-haute-intensite-dossier-n26-du-g2s/
Dans tous les dossiers régaliens importants, voire garantissant l’Etat, on ne voit que des gribouilles se rêvant les meilleurs caniches de Berlin.
Les gérants de la France la trouve trop petite pour leurs ambitions personnelles et sont incapables de prendreles mesures garantissant son intégrité et la sécurité des français.
https://theatrum-belli.com/covid-19-reserves-mystique-de-la-levee-en-masse-et-impreparation-des-elites-plaidoyer-pour-lorganisation-de-reserves-civiles-et-militaires-face-aux-crises-a-venir/
La « haute intensité » est une blague lorsque nous regardons en face la situation des armées françaises:
https://theatrum-belli.com/vers-un-retour-du-combat-de-haute-intensite-dossier-du-g2s-n26/
Aucune transcendance et aucun destin commun, la sécession des « zelites qui se barricadent dans leurs résidences sécurisées comme dans les pays du Tiers-monde est actée.
Ils ont aussi mis leurs enfants et leurs progénitures bien installés et éduqués dans les grandes écoles étrangères, dans des postes confortables dans des multinationales, hors de France, au cas où…
Les gérants la trouvent.
Quel beau projet…..impossible à mettre en œuvre…. Dans le SSA sur 4 réservistes sous contrats 1 seul fait vraiment le job en terme de disponibilité. Donc plein de monde sur le papier et dans les effectifs mais en réalité pas grand monde dans les CLA ou sir le terrain….. Et en cas de conflit réel combien vont se désister ? ??
Sur le terrain, les médecins réservistes y etaient, en Bosnie, au Kosovo, en Afgha, au Mali.
Malgré des planning surchargés avec 3 mois de rendez vous a l’avance.
C’est probablement vous qui n’y étiez pas.
Le déferlement des vieux croutons ignares en commentaire est désormais une tradition mais toujours surprenant d’imbécilités. Le SSA repose sur la réserve depuis un moment et la création d’entité uniquement de réserves – à la manière des détachements log US – n’est qu’un constat de nécessité. Dans les faits, en dehors de structure allégés en actives cantonnés à l’administratif, rien ne changera si ce n’est une délégation plus importantes de certains actes vers des médecins engagés (projet pour les VMP, pano dentaires etc).
Les Capello du blog ignorent que les commentaires sont souvent tapés sur des claviers présélectifs.
La frappe intuitive engendre souvent des erreurs, ce qui rend d’autant plus nécessaire de se relire quand on le sait. Encore faut-il connaître les règles plutôt que de se reposer sur la prétendue intelligence des machines.
Si un GPS dirige un conducteur vers un axe fermé pour travaux, doit-il s’y engager sans réfléchir ?