Naval Group a choisi un sonar de coque conçu par Thales pour le futur drone sous-marin de la Marine nationale

Fin décembre, la Direction générale de l’armement [DGA] notifia un contrat-cadre à Naval Group pour développer un démonstrateur de grand drone sous-marin océanique [XL-UUV], dans le cadre du programme UCUV [Unmanned Combat Underwater Vehicles].

« Cet accord doit permettre le développement des différentes technologies indispensables à la réalisation d’un démonstrateur UCUV, telles que l’autonomie énergétique et l’intégration de capteurs et de capacités de traitement autonomes. Il confirme l’intérêt des drones sous-marin de combat sans équipage et de grandes dimensions [XL-UUV] sur des cas d’usages identifiés par la Marine nationale », avait alors expliqué la DGA.

S’agissant de ces « cas d’usage », aucune précision n’avait été donnée. Toutefois, dans l’édition 2022 de son Document de référence de l’orientation de l’innovation de défense [DrOID], l’Agence de l’innovation de défense [AID] avait indiqué que la Marine nationale souhaitait disposer d’un « démonstrateur de drone sous-marin océanique longue endurance pouvant être mis en œuvre et récupéré à partir d’un bâtiment de surface ».

L’un des enjeux de ce programme est d’améliorer « l’autonomie décisionnelle » de ce XL-UUV. Ce qui suppose de développer plusieurs « briques technologiques ». Et Thales a été chargé de mettre au point l’une d’entre elles.

En effet, ce 9 juillet, l’industriel a fait savoir qu’il venait d’être retenu par Naval Group pour expérimenter un « sonar de coque passif autonome » dans le cadre du programme UCUV.

« Le sonar de coque passif omnidirectionnel intégré au démonstrateur comprend la combinaison d’une antenne cylindrique panoramique et d’un coffret interne contenant un logiciel d’exploitation », ce qui permettra d’avoir une « connaissance précise de l’environnement de surface, afin d’assurer une remontée et émersion du système en toute sécurité », a expliqué Thales.

Et d’ajouter : « Ces capacités technologiques et tactiques devraient apporter une réponse opérationnelle à moyen terme pour la lutte sous la mer et les nouvelles formes du combat naval ».

Plus précisément, ce sonar de coque passif omnidirectionnel donnera à ce drone sous-marin des capacités de détection, de classification et localisation autonomes, ce qui exigera des « traitements performants du signal et de la donnée » impliquant le recours à l’intelligence artificielle.

Un autre point, plus rarement évoqué, est la capacité de ces drones – de surface ou sous-marins – à évoluer au sein d’un réseau. Or, comme le souligne le dernier numéro de Cols Bleus, le magazine de la Marine nationale, qu’ils soient autonomes ou téléopérés, de tels engins « n’ont de valeur tactique qu’à la hauteur de leur intégration dans un réseau, qu’il s’agisse de transmettre les informations issues de leurs capteurs, de recevoir des ordres ou de se coordonner avec d’autres drones ».

Et d’insister : « Plus que les drones qu’ils fédèrent, ce sont les artères et les nœuds des réseaux qui porteront la valeur opérationnelle d’une force navale. Il sera ainsi moins pertinent de rechercher l’attrition des robots adverses que de chercher à neutraliser les réseaux dans lesquels ils s’insèrent, en les perturbant ou en les frappant ».

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22 contributions

  1. Félix GARCIA dit :

    « Il sera ainsi moins pertinent de rechercher l’attrition des robots adverses que de chercher à neutraliser les réseaux dans lesquels ils s’insèrent, en les perturbant ou en les frappant »
    Il me semble que c’est valable pour les capteurs/effecteurs d’une force navale, comme précisé, mais pas nécessairement pour les « effecteurs purs » pré-programmés (et non pas « autonomes », qui ne semble pas être le terme adéquat car signifiant que ceux-ci se doteraient/donneraient « leurs propres lois », ce qui n’est pas le cas, même avec l’IA), qui, en fonction des tactiques et stratégies des acteurs en faisant usage, ne nécessiteraient pas forcément d’intégration dans un réseau.

  2. Kamelot dit :

    jusque-là rien d’étonnant. Mer et Marine a raison d’insister sur les futurs réseaux et la manière de les défaire. Toutefois, l’emploi de drones autonomes n’est pas impossible, à l’instar du terrestre ou de l’aérien.
    là aussi, les aspects déontologiques seront à aborder, tout en se faisant à l’idée.

    • Légion dit :

      Quels aspects déontologiques ??? « Un homme dans la boucle » est un slogan de temps de paix pour amadouer les sentimentaux. En temps de guerre, il n’y a pas place pour les sentiments. Sauf si on est suicidaire…

      • PK dit :

        « En temps de guerre, il n’y a pas place pour les sentiments. Sauf si on est suicidaire… »

        Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

        Ce qui, appliqué au combat : sans honneur point de guerrier, que des assassins.

      • Aymard de Ledonner dit :

        Ce qui est suicidaire c’est peut-être aussi de croire qu’on peut larguer dans la nature un système totalement autonome sans risque pour ses propres forces…
        L’un des grands sujets de l’IA dans le domaine militaire c’est la prévisibilité, le fait de pouvoir comprendre comment l’IA qu’on a conçu fonctionne.
        Si vous larguez, par exemple, un drone totalement autonome avec une charge de 2 kilos, qu’est ce qui vous garanti qu’elle ne va pas, pour une raison X ou Y, foncer sur vos propres forces?
        Heureusement qu’il y a des « sentimentaux » (ou des gens qui peuvent réfléchir un peu) pour essayer d’éviter ce genre de désastre. Si vous utilisez des drones sans homme dans la boucle et que je suis en face de vous, je vais commencer par essayer de faire croire à vos drones qu’ils ont atteint leur objectif pour qu’ils explosent chez vous, ce qui sera plus rentable que de compter sur mes propres drones…

  3. Le marin dit :

    Le plus important maintenant est d’être plus rapide que nos concurrents dans le développement et la production de ce projet. C’est là où j’ai des craintes.

    • Argo dit :

      Il faudrait déjà mobiliser les investissements industriels (ce qui reste vraiment en France par nature) et tordre le bras des banques qui ne veulent pas s’y coller sous prétexte de mode écologiste, ce qui ne semble pas gagner en France avec le poids fiscal sur le travail et les dépenses (gabegies) de fonctionnement de l’état et des collectivités par ailleurs.

      Ce qui ne s’arrange pas à la vue du programme du groupe majoritairement élu lors des dernières élections législatives…

    • Marco dit :

      Si la DGA et l’EMM poussent fort, ça va très vite prendre. Mais il faut cette conjonction de facteurs pour passer à la vitesse supérieure. De ce que je vois en ce moment, c’est plutôt le cas.
      Ne vous inquiétez pas pour les industriels, si les acteurs étatiques se donnent les moyens, ça va aboutir. On a une bonne BITD malgré ce que certains veulent faire croire.

      • Côlon dit :

        « Si la DGA et l’EMM poussent fort »


        Non ? Personne ne l’a faite encore ?

        Le niveau remonte !

        • Le cas Lembourg dit :

          C’est parce qu’il n’y a pas de luttes intestines entre la DGA et l’EMM.

        • W. C. Fields dit :

          « Sic transit gloria mundi », comme dirait mon gastroentérologue.

        • Marco dit :

          🙂 En me relisant, je me suis dit que c’était prêter le flanc à la bonne blague mais effectivement, ça a pris un peu de temps…
          Comprendre « Pousser » dans le sens faire avancer un sujet. 😉

    • Fralipolipi dit :

      @Le Marin
      Manifestement, il y a bien un projet de long terme. Pas d’inquitude à avoir pour l’instant.
      https://www.meretmarine.com/fr/defense/naval-group-devoile-son-futur-site-varois-de-la-londe-dedie-aux-drones-et-armes-sous-marines

  4. Le pingouin dit :

    pour les neutraliser, il suffit d’un filet de pĉche mouillé sur la zone…
    ebsuite, comment recuperer les données, teléprogramer les engins?