Pour la première fois, le bâtiment ravitailleur « Jacques Chevallier » a livré un missile Aster à une frégate

Admise au service actif le 13 novembre 2023, la frégate multimissions à capacité de défense aérienne renforcée [FREMM-DA] « Lorraine » a connu son baptême du feu le mois dernier, en interceptant, grâce à l’un de ses missiles surface-air Aster, un drone « kamikaze » [ou munition téléopérée – MTO] qui, lancé depuis le Yémen par les rebelles houthis, menaçait un groupe de trois navires de commerce en mer Rouge

Lors des quarante-cinq jours de sa mission menée au profit de l’opération navale européenne Aspides et durant lesquels les houthis ont lancé cinquante missiles et quatre-vingts drones d’attaque, la « Lorraine » a assuré la protection d’une vingtaine de bâtiments civils. Elle « s’est placée, à plusieurs reprises, en interposition entre des navires d’intérêt européen et la menace », a récemment résumé l’État-major des armées [EMA].

Probablement que le système de lutte antidrone « SkyJacker » [fourni par Safran] a permis à la « Lorraine » d’économiser ses missiles surface-air Aster 15 et Aster 30… Mais ce point n’a pas été précisé par l’EMA.

Quoi qu’il en soit, cette FREMM-DA a pris part à une expérimentation inédite pour la Marine nationale. En effet, le 26 juin, la « Lorraine » a été ravitaillée en « munitions complexes » par la Bâtiment ravitailleur de forces [BRF] « Jacques Chevallier », alors qu’elle était à quai, à Toulon.

« Nouvelle étape de franchie pour le BRF Jacques Chevallier à quelques semaines de son admission au service actif. En ravitaillant en toute autonomie une FREMM-DA en munitions complexes, il prouve encore une fois sa polyvalence et le bond que son arrivée représente pour la Flotte ! », s’est enthousiasmé l’amiral Nicolas Vaujour, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], via X [anciennement Twitter].

Ce ravitaillement à couple de la FREMM-DA par le BRF « Jacques Chevallier » ne consiste pas seulement à transférer un missile Aster… mais aussi à l’ensiloter dans son lanceur Sylver [« SYstème de Lancement VERtical »].

Ce n’est pas la première fois que le BRF « Jacques Chevallier » transfère des munitions « complexes » vers un autre navire. Lors de la mission Akila 24, en mai, il avait ainsi procédé à la livraison et à la mise en silo d’un Aster 15 lors d’un ravitaillement en mer du porte-avions Charles de Gaulle.

Mais l’expérimentation qui vient d’être conduite avec la « Lorraine » démontre, explique la Marine nationale, qu’il est désormais possible de transférer des munitions vers une frégate sans avoir besoin d’infrastructures portuaires adaptées.

Pour rappel, issu du programme Flotte Logistique [FLOTLOG], qui a fait l’objet d’un contrat de 1,7 milliard d’euros pour quatre unités au total, le BRF « Jacques Chevallier » a été construit par Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique selon le modèle du navire ravitailleur A5335 Vulcano, conçu par l’italien Fincantieri.

D’une longueur de 194 mètres pour une largeur de 24 mètres et un déplacement de 31’000 tonnes en charge, il est doté d’une double coque et de quatre mâts de ravitaillement polyvalents permettant le soutien simultané de deux navires. Il a une capacité d’emport de 1500 tonnes de fret et de 13’000 mètres cubes de carburant. Mis en œuvre par 130 marins, il peut accueillir un hélicoptère [de type NH-90] et un drone aérien.

Photo : Marine nationale

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

57 contributions

  1. E-Faystos dit :

    mieux qu’un progrès capacitaire, c’est une révolution opérationnelle.

    • Etienne Declercq dit :

      La révolution serait le tir des armes depuis des barges voire des sous-marins dont la trajectoire serait prise en charge par des frégates. La manutention en mer d’armes lourdes est complexe, lente et dangereuse.
      Bien sûr si nous avions des frégates dotées d’une centaine de silos on serait plus à l’aise.
      Bien sûr encore si « on » avait gagné la guerre contre les Houthis on n’aurait déjà ce problème en moins.
      La stratégie a des raisons que la raison ignore.

      • Abbé Cherèle dit :

        Dieu sait que j’apprécie l’usage de la négation, mais à condition que cela soit dans des phrases négatives.
        Ce que n’est pas le cas de la phrase « si on avait gagné la guerre contre les Houthis on aurait déjà ce problème en moins. », qui doit donc être écrite sans « n’ ».

        • Abbé Cherèle dit :

          « Ce qui n’est pas le cas de la phrase… » ou « Ce que n’est pas la phrase… », mais pas le mélange des deux.
          Mea culpa.

  2. Lex dit :

    Il faut que la mer soit bien calme pour ce genre d’exercice,
    parce que un Aster, il faut pas le jeter dans le trou comme un obus de mortier ! (^-^)

    • Bench dit :

      « Il faut que la mer soit bien calme pour ce genre d’exercice » , of course, surtout quand, comme écrit dans l’article, ce genre d’exercice est mené bien à l’abri, à quai, au port!

      • Etienne Declercq dit :

        Les Belges ont déjà des problèmes pour tirer un vieux Sparrow en mer alors recharger un tube en mer…
        Il vaut mieux qu’ils restent à Den Helder.

    • Aymard de Ledonner dit :

      Pour le moment cela se fait dans un port, peut-être sans aucune installation mais qui abrite les deux bâtiments.

    • Jean (le1er) dit :

      Le but n’est pas de pouvoir procéder au transfert en pleine mer mais à l’abri dans un port non doté des infrastructures nécessaires ou, sans devoir au préalable transférer le missile du navire ravitailleur dans le port puis du port sur la frégatte.

      • Etienne Declercq dit :

        A Djibouti tout le monde ou presque à son port.
        Il n’y a pas d’autres places sur une frégate pour recevoir les Aster que les silos. On ne va pas les arnacher sur le pont supérieur.

        • Aymard de Ledonner dit :

          Les bâtiments français naviguent au quatre coins du globe, donc parfois loin de Brest, Toulon ou Djibouti.
          Cette manœuvre pourrait notamment être réalisée dans un port étranger mais dans une certaine discrétion puisque les installations du port ne seraient pas utilisées

          • Quadrangulaire dit :

            L’idée qu’un globe puisse avoir des coins est encore plus ésotérique que celle que l’Hexagone en ait quatre.

            Les bâtiments français naviguent aux quatre vents du globe.

        • Blanchi sous le harnois dit :

          Harnacher ne s’écrit pas comme arnaquer.

  3. Félix GARCIA dit :

    Autres photos de ce moment :
    Chef d’état-major de la Marine@CEMM_FR
    Nouvelle étape de franchie pour le BRF Jacques Chevallier à quelques semaines de son admission au service actif. En ravitaillant en toute autonomie une FREMM-DA en munitions complexes, il prouve encore une fois sa polyvalence et le bond que son arrivée représente pour la Flotte !
    https://x.com/CEMM_FR/status/1805951976540123268

    Reste à essayer en mouvement, sur mer calme, puis de plus en plus agitée.
    🙂

    Pi avec les LMP (Lanceur Modulaire Polyvalent), il devrait même être possible d’aller chercher des munitions en hélicoptère.
    Des A400M ont déjà transporté des Aster jusqu’en Mer Rouge.
    —> Les BRF, unités à ultra-haute valeur ajoutée ! 😀

    FDI et BRF seront un excellent « couple » pour la remontée en puissance de notre Marine.

    • Fralipolipi dit :

      @Felix Garcia
      « FDI et BRF seront un excellent « couple » pour la remontée en puissance de notre Marine. »
      … Ok, mais on préférerais tout de même avoir 32 silos sur nos FDI plutôt que les seulement 16 qui sont prévus jusqu’ici, et dont chacun sait que c’est bien trop peu …. même si la perspective d’un soutien via BRF peut parfois combler une partie de cette carence (ce ne sera pas suffisant sur une base trop petite à seulement 16 missiles).

      • Frede6 dit :

        C’est le simple indicateur que tout cela est de la fumisterie.
        On sait que 16 Silos sont insuffisants.
        Les FDI sont conçues pour 32 silos
        Le passage de 16 à 32 au chantier de construction ne pose pas de pb.
        Et pourtant aucune décision en ce sens…cqfd

        • Fralipolipi dit :

          Frede6
          A oui, belle démonstration. Bravo, on applaudit.
          Donc les Grecs sont des ânes qui ont du pognon qui leur brûle les doigts, c’est cela ?!? 😉

          • Frede6 dit :

            De quel pognon parlez vous ? Si on écoute nos dirigeants qui préparent la guerre de haute intensité, passer à 32 silos ne devrait pas être un problème pour le budget de la nation.
            Par contre quand on constate que l’on décale tous les programmes ou que l’on réduit les specs pour  » respecter à la lettre » la LPM alors oui on ne se pose plus trop de questions sur l’état de nos finances publiques et sur la vacuité de nos dirigeants politiques et militaires. Et dire que dans 15 jours ce sera encore pire…

      • Félix GARCIA dit :

        « mais on préférerais tout de même avoir 32 silos sur nos FDI »
        L’avantage avec ces FDI, c’est qu’elles ne sont pas encore construites !
        Je garde espoir.
        ^^

    • Etienne Declercq dit :

      Les ravitailleurs sont indispensables à la seconde marine en termes de déploiements.

  4. olivier 15 dit :

    Oui, bon…. Cela aurait été franchement dommage qu’une livraison soit un échec. Pas vraiment la mission de l’impossible… ( Et nous ne sommes pas chez les allemands, bataves, danois. )

    • A-patri-D dit :

      Les ricains eux mêmes ne savent pas faire a l’heure actuelle, leurs ravitailleurs n’étant a priori pas équipés pour « l’ensilotage » en mer. Un article récent sur Defense News en parlait.
      On peut donc être fier de cette démonstration qui comme la bien dit sur ce fil E-Faystos :
      « mieux qu’un progrès capacitaire, c’est une révolution opérationnelle »

      • François Thorimbert dit :

        @@A-patrj-D. Les ricains ont déjà fait et en pleine mer, ensilage compris, mais cela demandait des améliorations.. Devant les coûts, ils avaient mis cela en sommeil… Mais là situation actuelle à réveillé certains esprits dans la NAVY. Les essais ont repris.

        • et v’lan passe moi l’éponge dit :

          Des sources peut être?
          Dans mon souvenir l’ensilage n’avait pas été realisé.

    • Bench dit :

      Ca m’aurait étonné aussi qu’il n’y en ait pas un pour ronchonner et minimiser cette première.

  5. HMX dit :

    Bravo aux équipages de la Marine Nationale pour cette première. Cette capacité de rechargement de munitions ensilotées, de navire à navire, donc sans infrastructures portuaires, va donner davantage de souplesse, de réactivité et de résilience à nos forces navales.

    On pourrait cependant viser un niveau d’ambition supérieur, en se donnant l’objectif de pouvoir livrer des munitions ensilotées en pleine mer, et en laissant ensuite la main à l’équipage de la frégate ou du navire concerné pour procéder à la phase délicate de l’ensilotage.

    Pour ce faire, il devrait être possible de concevoir un chariot spécifique, conçu pour saisir et transporter (en position ventrale) les containers à munition à l’horizontale, puis pour s’arrimer sur le bord du lanceur SYLVER. Une fois solidement arrimé au SYLVER, le chariot redresserait alors la munition à la verticale puis la guiderait (tout en douceur !) pour permettre son ensilotage.

    Le scénario d’un ravitaillement à la mer pourrait donc être le suivant : le navire ravitailleur se place à couple avec la frégate et dépose avec sa grue un à un (ou par pack de 2 ou de 4 ?) les munitions sur le pont de la frégate, juste à côté des SYLVER. Dès qu’un container est posé sur le pont, le fameux chariot est dirigé par l’équipage de la frégate pour venir se placer sur le container, et le saisir avant de se diriger vers le SYLVER. Le chariot effectue ensuite sa manœuvre d’arrimage au SYLVER, puis d’ensilotage à la verticale, avant d’être ramené à sa position de départ pour venir saisir un nouveau container. Et ainsi de suite.

    Avec un peu d’entraînement, on pourrait imaginer que 2 chariots soient mis en œuvre simultanément (1 sur chaque bord ?) avec 2 équipes chargées de les mettre en œuvre, ce qui diviserait par deux le temps nécessaire au recomplètement des silos verticaux. On pourrait aussi imaginer que la manœuvre des chariots soit en grande partie automatisée, permettant de limiter la durée et l’exposition de l’équipage pendant cette phase périlleuse (risque d’accidents, notamment lorsque les conditions météo sont mauvaises).

    • vrai_chasseur dit :

      @HMX
      L’US Navy avait développé une grue repliable intégrée aux silos verticaux Mk41, qui prenait la place de 3 silos. Pour des raisons que j’ignore elle a arrêté le développement de ce dispositif.
      L’US Navy conduit maintenant des essais similaires à la Marine Nationale (« ensilotage » vertical de la munition depuis un navire de ravitaillement à quai sur la frégate amarrée à couple) – à la différence de la Marine Nationale, l’US Navy a seulement testé des containers lestés en manutention. La mise en silo vertical d’un missile Aster de combat par le Jacques Chevallier est donc une première.

      quelques remarques
      – ravitailler à quai c’est déjà bien, cependant en pleine mer avec roulis et tangage c’est une autre histoire.
      – l’intérêt pour ravitailler en munitions en mer provient évidemment de la distance (et donc du temps) nécessaire pour rallier un port base (dans le Pacifique cela veut dire parfois plus de 15 jours, durant lesquels la frégate sera indisponible)
      – « missiles vs canon, laser, brouilleurs, etc » pour abattre des drones : si les lasers, canons et autres armes électroniques commencent à faire leur preuve, c’est surtout en auto-défense, c’-à-d quand la frégate est directement visée. Pour contrer un drone menaçant un navire de commerce qui navigue parfois à des dizaines de nautiques de la frégate, la distance exigera toujours des armes guidées à longue portée -des missiles, pour le moment-.

    • Bench dit :

      « On pourrait cependant viser un niveau d’ambition supérieur, en se donnant l’objectif de pouvoir livrer des munitions ensilotées en pleine mer, et en laissant ensuite la main à l’équipage de la frégate ou du navire concerné pour procéder à la phase délicate de l’ensilotage. »
      On pourrait en effet, sauf qu’une frégate n’est pas le CdG. Le PA est un navire imposant, une plateforme stable car conçue pour l’être, dotée de plus d’équipements de manutention lourds. Ce qui n’existe pas sur une frégate et a peu de chance d’y être intégré un jour.
      Une frégate même lors d’un ravitaillement à la mer par temps calme bougera toujours et, vu le degré de précision et de stabilité requis pour charger un missile, je doute que cela soit possible en mer, même avec des navires à l’arrêt.
      Maintenant on peut toujours rêver…..

    • Jupiter dit :

      Bonjour,
      Un Aster 30 c’est tout de même un poids (Missile + conteneur de tir vertical) de plus de 500kg et 5m30.
      Il faut donc un chariot capable de soulever tout ca a plus de 6m de haut.
      Et alors pour le MdCN n’en parlons même pas puisqu’il fait 7m et plus de 1500 kg.
      Pour se le représenter, une image : https://h2f9q8w3.rocketcdn.me/wp-content/uploads/2019/11/Embarquement-MdCN-sur-FREMM-768×840.jpg.avif

      Il faut donc soit un vrai moyen de levage comme celui présent sur les BRF, soit un outillage spécifique sur le pont du navire comme on retrouve sur les BSAM par exemple.

    • Deres dit :

      Pour le ravitaillement a la mer, les navires ne peuvent pas être a couple donc le BRF ne peut pas utiliser sa grue. Les missiles devront être transférés par tyrolienne vers les points de ravitaillements qui ne sont pas sur la plage avant mais sur la plage arriere ou en sabord. Le transferts d’un silo de plus de 4 m de long vers l’avant sur un chariot a travers le navire ne utilisant les couloirs logistiques si cela n’a pas été prévu a l’origine risque d’être complique mais peut être possible. Une autre possibilité est de livrer les silos directement sur la plage avant par hélicoptère. Il faudra aussi un système démontable sans grue pour aligner les missiles verticalement avant de els entrer dans les silos. Tout cela risque d’être très difficile sur des navires existants mais semble tout a fait possible si pris en compte dans un nouveau design.

  6. Bob dit :

    Je doute qu’en haute mer que cela soit possible avec une grue sur le navire ravitailleur. Il est toujours bien d’avec un aster de plus quand il n’y a en pas beaucoup.
    Je me demande ce que la balargone entend par la protection des navires d’intérêt européen seulement? Cela va dire qu’il n’est pas intervenu pour défendre un navire civil quelconque alors que le droit maritime l’y oblige. Bizarre. Cela va dire aussi qu’un navire civil du PCC est protégé par les froggys alors que la marine d’APL préfère organiser un blocus aéronavale à Taïwan, tout en continuant d’avoir les dividendes commerciaux avec l’Europe sans protéger ses navires. C’est assez contre-productif.

  7. GA_U dit :

    Il n’y a pas de possibilité de stocker des missiles dans la frégate elle-même, pour pouvoir ensuite les mettre dans les silos ?

    • HMX dit :

      Bonne question… à méditer pour la conception de futures classes de navires, et de futurs systèmes de lancement verticaux.

      L’intégration d’un espace de stockage de munitions constituera forcément une contrainte importante (volume, déplacement supplémentaire, sécurité)… mais dans le même temps, la possibilité de recharger en mer (et si possible de façon rapide et automatisée) constitue aussi un atout opérationnel potentiellement inestimable pour des navires de 1er rang supposés être engagés dans des conflits de haute intensité.

      Une solution intermédiaire, évitant le stockage à bord d’une grande quantité de munitions, consisterait à concevoir des frégates plus facilement ravitaillables en munitions, par exemple avec des drones navals ravitailleurs spécialement conçus pour venir se positionner à couple, et à transférer des palettes de munitions conditionnées pour pouvoir être appréhendées directement par un dispositif « chargeur » intégré à bord de la frégate, qui guiderait ensuite automatiquement ces munitions jusqu’aux tubes à recharger.

  8. farragut dit :

    Bravo à nos marins (et au grutier !) !
    Il ne manque plus pour illustrer cette première qu’une photo de la grue (embarquée comme sur le PA CdG ?) permettant la mise à la verticale du container et de la mise en silo de l’Aster… par mer (Rouge) calme.

    Maintenant, la question qui se pose est la suivante : qui protège le ravitailleur des attaques de drones ou de missiles antinavires ? Une autre frégate ?
    On a vu le changement de tactique des Ukrainiens lors de la première invasion vers Kiev, utilisant leurs missiles anti-chars sur les camions-citernes, ou les transporteurs de munitions, plutôt que sur chaque char de la colonne, avec pour résultat la mise hors de combat de toute la colonne.
    https://taskandpurpose.com/uploads/2022/03/03/Russian-Convoy-1024×576.jpeg
    https://www.youtube.com/watch?v=a1V8fRwilgY

    Et on continue à construire les navires ravitailleurs comme des bâtiments civils ? Autant mettre des missiles Aster directement sur des porte-containers de la CMA-CGM, comme les Anglais avec des hélicoptères et des Harrier lors de la guerre des Malouines (ou les Chinois actuellement)… 😉
    https://images.marinelink.com/images/maritime/cma-cgm-bougainville-photo-cma-50720.jpg
    https://i.pinimg.com/originals/a7/54/e2/a754e2ef5a64e78898ae6f41923de7c9.jpg

    • Troxic dit :

      Qui a dit que les BRF étaient construits comme des navires civils ? Vous avez vu les plans ? Les épaisseurs de tôle ? Le compartimentage ? Les installations sécurité et NRBC ? Les capacités d’autodéfense ?

    • Bench dit :

      « Normes civiles et militaires
      Le BRF est un pétrolier à double fond et double coque (ce qui n’est pas le cas de ses aînés), conforme aux dernières normes internationales sur les tankers afin de limiter les risques de pollution en cas de brèche. « Il répond aux normes civiles, notamment sur le plan environnemental, mais il est construit aux normes militaires avec par exemple des épaisseurs de tôles plus importantes, des dispositifs en cas d’avarie de combat et un système d’armes assez étoffé pour un bateau de cette catégorie ».
      Source : https://www.meretmarine.com/fr/defense/a-la-decouverte-du-jacques-chevallier-premier-brf-de-la-marine-nationale

      • Trachix dit :

        Oui, les normes civiles sont le socle de base, sur lequel on ajoute des spécificités militaires. Le BRF a été conçu avec les mêmes normes militaires que tout autre bâtiment de combat…

  9. Fralipolipi dit :

    Toujours pas admis au Service Actif ce BRF Janques Chevallier qui semble si réussi ???…
    … Pourtant, on pourra dire qu’il aura fait plus que ses preuves durant son déploiement de longue durée vers les Amériques, puis durant la mission Akila qui a suivi.
    https://www.meretmarine.com/fr/le-brf-jacques-chevallier-entre-deux-porte-avions-anglo-saxons
    https://x.com/STRIKFORNATO/status/1785343547840872731/photo/1
    https://www.meretmarine.com/fr/defense/le-charles-de-gaulle-est-rentre-a-toulon-apres-son-rapide-deploiement-en-mediterranee
    Faut croire qu’il y en a qui cherchent le 20/20 🙂
    .
    Bon, pour chipoter un peu (beaucoup même), je dirais juste que, dans un monde idéal, il lui manquerait juste, peut-être, un radier (car il aurait le format pour pouvoir mettre en oeuvre des barges), et du côté de l’immense hangar avia, le portail me semble trop timide en taille (on a bien pensé au format NH90 Caiman, voire Caracal pales repliées … mais on n’a pas encore pensé au futur dérivé du RACER !!!)
    … je sais, je pousse un peu, mais ne dites rien car je suis déjà parti => [ ] 😉
    Et bon vent aux BRF, actuel et futurs !
    https://www.meretmarine.com/fr/defense/le-brf-jacques-stosskopf-deja-assemble

  10. Vinnie dit :

    Réussir à recharger un missile à quai par un bateau ravitailleur = grand succès pour la 1ère fois ! On en est là !

    En 39/42 les sous-mariniers chargeaient des torpilles de 300 kG pour 7 mètres de long.

    Un Aster 15 C’est 310 kG pour 4 mètres et c’est dans un container,OuI mé cé 1 munition complexe… ce qui est complexe c’est le coût de l’engin pour détruire un drone…

    • Bench dit :

      @Vinnie , rigolo va! Marre des crétins dans votre genre , marre des jamais contents, marre des ceusses à toujours râler contre leur pays et les réussites de leurs forces armées, marre des gugusses qui se pâment quand ce type d’exploit est fait par une autre nation, bref marre des cons dans votre genre bien planqués derrière leur écran, des zigotos qui n’ont jamais mis le pied sur un bateau gris, des abrutis qui se pensent crédibles alors qu’ils ne pondent que des conneries, et qui sont infoutus d’écrire sans faire de fautes de français!
      Un Aster 30 c’est 490kg pour 4,9m et ça n’a rien de comparable avec une torpille de la seconde guerre mondiale.

      • Vinnie dit :

        h, mais je vais résoudre le problème des fautes d’orthographe, il suffit que je passe mon texte dans une IA. Cependant, j’aime les laisser, c’est plus authentique, voilà c’est fait !

        Toutefois, recharger un équipement n’est aucunement un exploit. Ils le feraient en pleine mer, d’accord, mais nous sommes en 2024, monsieur. Rien que sur les chantiers en pleine mer, ils sont parfaitement capables d’apporter des charges avec des grues stabilisées. Cherchez sur Google : ‘ship crane stabilizer’.

        Ce sont les gens comme vous qui se contentent de peu qui font que notre pays s’enfonce chaque décennie dans la médiocrité.

        • Bench dit :

          @Vinnie :  » Rien que sur les chantiers en pleine mer, ils sont parfaitement capables d’apporter des charges avec des grues stabilisées. », et alors? Je n’ai pas l’impression que vous saisissiez la différence qu’il y a entre délivrer du fret sur une plate forme stable, fusse à l’aide d’une grue stabilisée, et déposer un missile bon de guerre dans un silo de frégate en pleine mer ou à quai!
          Bref venir me parler de médiocrité et de on se contente de peu, reste venant de vous une belle ineptie.

    • SIU dit :

      Dans le Système international d’unités (qui a valeur légale en France), le symbole du kilogramme est kg (en minuscules) et celui du gramme est g (minuscule).
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Kilogramme

      Le G (majuscule) est le symbole du gauss (unité qui n’appartient pas au SIU) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauss_(unit%C3%A9)

      Trois cents kilogrammes : 300 kg.
      Trois cent dix kilogrammes : 310 kg.

  11. Rentre à ta maison ! dit :

    C’est devenu une nécessaire mais le procédé est primaire. J’ai bien saisi que c’est l’objectif, mais quatre drones synchrones ne peuvent-ils pas rapidement les transborder ?

    https://www.youtube.com/watch?v=3XxOfliDoTA

    https://gagadget.com/fr/131298-flowcopter-a-presente-un-drone-hydraulique-unique–il-peut-transporter-une-charge-pesant-150-kg-et-voler-900-km/

    Je sens les gens très nerveux en ce moment, aussi j’ai décidé de vous laisser quelques vers à mystère – du ciel à la terre – que vous pouvez exploiter dans vos vidéos ASMR :

    Violette abeille
    Origine des corbeaux
    Tiens sous tes ailes
    Ecballium elaterium gicleur

    Bachelle des steppes
    Abadis abecquée de pollen
    Radiole vous éveille
    Dahu vous renifle
    Ébourgeonnent tel Priape
    Labrum humecté et
    Lamperon turgescent
    Abracadabra en plume

  12. Le Corse dit :

    Vu, belle manoeuvre ! Entre l’Aster et la MU90, que de progrès. Tous cela en escale technique….

  13. Félix GARCIA dit :

    HS Maritime : « L’Etat a signé une promesse d’achat en vue d’acquérir 80% du groupe Alcatel Submarine Networks (ASN) auprès de Nokia »
    https://presse.economie.gouv.fr/letat-a-signe-une-promesse-dachat-en-vue-dacquerir-80-du-groupe-alcatel-submarine-networks-asn-aupres-de-nokia/

    « Câbles sous-marins : l’Etat rachète Alcatel Submarine Networks à Nokia »
    https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/cables-sous-marins-l-etat-rachete-alcatel-submarine-networks-a-nokia-1000871.html

    Bien.

    • Vinz dit :

      Intéressant en effet. Bizarre comme tout d’un coup la doxa de la globalisation heureuse est mise en sourdine. Encore un joli mangeage de chapeau.

      • Robert Larousse dit :

        Joli ou pas, c’est un manger de chapeau. Le mot « mangeage » ne figure pas dans les dictionnaires de français moderne.

  14. Etienne Declercq dit :

    En attendant les Houthis font la loi.
    Quelqu’un veut tenter un pacte avec les chiites sur le sol arabe?

  15. Fyd dit :

    Il va falloir s’atteler à élaborer des techniques pour ravitailler en pleine mer. avec 32 missiles en silo, et s’il faut revenir au port pour charger d’autres munitions ça va vite devenir compliqué dans un conflit de haute intensité.