MBDA confirme le développement d’une version terrestre du Missile de Croisière Naval


Associé à Safran pour remettre une proposition à la Direction générale de l’armement [DGA] pour le programme « Frappe Longue Portée Terrestre » [FLP-T], le groupe MBDA avait annoncé, la semaine passée, qu’il dévoilerait un « missile de croisière terrestre » [LCM – Land Cruise Missile] à l’occasion de l’édition 2024 du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory.

Pour « répondre aux nouveaux besoins dans le domaine de la frappe longue portée terrestre, MBDA capitalise sur son expertise du champ de bataille pour proposer des solutions souveraines, dans les domaines tactique et stratégique, pour les forces armées européennes ainsi que leurs alliés », avait expliqué l’industriel.

L’expertise de MBDA en la matière repose notamment sur le SCALP [Système de croisière conventionnel autonome à longue portée] et sur le Missile de croisière naval [MdCN], encore appelé « SCALP Naval ». Aussi, l’une des hypothèses que l’on pouvait alors avancer était que le LCM serait un dérivé de l’un ou de l’autre. Ce qui sera effectivement le cas.

En effet, ce 18 juin, MBDA a confirmé que, bénéficiant de « toute son expertise en matière de frappe dans la profondeur », le LCM « repose sur le MdCN, éprouvé au combat et en service sur les frégates et les sous-marins [nucléaires] d’attaque de la Marine nationale ».

Pour rappel, d’une portée annoncée de 1000 km, le MdCN est mis en œuvre depuis une frégate multimissions [FREMM] grâce au SYstème de Lancement VERtical [SYLVER] A70. Si le LCM devrait également avoir une « précision métrique », MBDA n’a pas donné beaucoup de détails au sujet de ses performances.

Le LCM est « la seule solution européenne souveraine de système de missile de croisière tiré depuis une plateforme terrestre, conçu, produit et assemblé en Europe. Les clients du système LCM et du MdCN appartiendront à un club privilégié de pays possédant une capacité de frappe de précision à très longue portée dans la profondeur, tirée depuis la surface et sous la mer, ainsi que depuis le sol », a fait valoir MBDA.

En outre, ce missile de croisière terrestre « offre les mêmes capacités exceptionnelles que le MdCN, notamment sa précision métrique pour frapper l’ennemi dans la profondeur, à distance de sécurité, son haut niveau de survivabilité dans des environnements contestés grâce à sa surface équivalente radar réduite et sa capacité de suivi de terrain », a détaillé l’industriel.

Enfin, comme l’a montré le récent tir simultané de deux MdCN [l’un par la FREMM Aquitaine, l’autre par un SNA de type Suffren, probablement le Duguay-Trouin], le LCM permettra de frapper simultanément une cible unique depuis des plateformes différentes.

Le LCM « apporte la capacité d’infléchir les comportements agressifs des adversaires dans un engagement symétrique, en imposant une menace permanente et immédiate contre les cibles à haute valeur de l’ennemi », a encore souligné MBDA.

« Le système de missile de croisière terrestre LCM complète le portefeuille de solutions européennes souveraines décisives de MBDA. En capitalisant sur toute la performance de son missile de croisière naval, MBDA démontre sa capacité à répondre à l’ensemble des besoins opérationnels de ses clients, tout en générant des synergies dans l’ensemble de son portefeuille de systèmes de frappe dans la profondeur, afin d’accroître leur préparation et leur efficacité immédiates au combat », a commenté Éric Béranger, le PDG du missilier.

Pour le programme FLP-T, et à en croire les photographies diffusées via les réseaux sociaux, MBDA et Safran proposeront donc une solution basée sur ce LCM et une version terrestre de l’Armement Air-Sol Modulaire [A2SM] « Hammer ». Reste à voir ce que feront leurs concurrents, comme le tandem formé par ArianeGroup et Thales.

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

73 contributions

  1. Félix GARCIA dit :

    C’est chanmé !
    🙂

    Ce LCM/MdCT devra-t-il avoir une portée inférieure à 500km ?

    À terme, il nous faudra le CAESAr-LRM qui va avec (merci pour le lien sur l’obusier automoteur Frédéric).
    https://pbs.twimg.com/media/GC2BDtgWcAAkbv6.jpg

    Mais déjà, avec une telle gamme de munitions, « on est bien ».
    Pi encore une fois, d’avoir tant de parties communes entre nos différents armements, c’est génial.

    • Arthur dit :

      Le traité des missiles à portée intermédiaires ne concernait que les USA et la Russie, et les 2 pays ne respectent plus ce traité, ou se sont retirés, donc il n’y a plus de limitation.
      Et comme la France n’a pas de missile nucléaire terrestre, il n’y a pas de risque de confusion d’attaque nucléaire. Donc non, il n’y a pas de limite imposée par un traité, après, la France fera ce qu’elle veut, et potentiellement, la taille du missile sur un camion pourrait restreindre la portée.

      • Bazdriver dit :

        @Arthur. Que vient faire le traité INF dans le débat ??? Il ne concernait que les Armes NUCLÉAIRES de portée intermédiaire… Le missile de croisière Tomahawk à près de 2000 km de portée et depuis longtempw. Quant au lissie JASSM-ER il a 1000km de portée. Si la France avait voulu faire un MDcN / SCALP de 1000km elle aurait pu, et elle peut le faire quand elle en a envie/besoin. Cela s’adresse également à AirTattoo.

      • Goose dit :

        L’architecture du missile tel le SCALP, est volontairement bâtie autour d’une capacité à exporter le missile à des pays non OTAN : elle permet de répondre aux exigences des accords de non-prolifération en vigueur (Wassenaar, MTCR)
        – L’Arrangement de Wassenaar sur le contrôle des exportations d’armes conventionnelles et de biens et technologies à double usage, est un régime multilatéral de contrôle des exportations mis en place par 41États afin de coordonner leurs politiques en matière d’exportations d’armements conventionnels et de biens et technologies à double usage. Il a été établi le 12 mai 1996 et succède au Coordinating Committee for Multilateral Export Controls.
        – Le Régime de contrôle de la technologie des missiles (Missile Technology Export Control Regime –MTCR) est un régime multilatéral de contrôle des exportations créé en 1987 qui vise à limiter la prolifération des armes de destruction massive en contrôlant les transferts des missiles pouvant servir de vecteur pour ces armes. Il compte aujourd’hui 138 États signataires. Le processus de souscription demeure ouvert, tous les États détenteurs de capacités balistiques n’ayant pas encore rejoint le Code.
        Rien à voir avec le traité INF en ce qui concerne les portées de ce type de missile.

    • AirTattoo dit :

      Actuellement, la France n’est pas signataire direct du traité INF. Avec le retrait des États-Unis, il n’y a plus de restrictions formelles pour la France sur les systèmes de missiles de portée intermédiaire. La décision de limiter les missiles à une portée inférieure à 500 km est donc politique. Vu le contexte actuel, les 500 km semblent être de l’histoire ancienne. Double merci à la Russie avec le 9M729 et la l’invasion de ses voisins.

      • Félix GARCIA dit :

        « La décision de limiter les missiles à une portée inférieure à 500 km est donc politique. »
        En effet.
        Si de nouveaux traités sont signés, on les « bridera/reconfigurera » et pi voilà.

        « Double merci à la Russie avec le 9M729 et la l’invasion de ses voisins. »
        ^^
        Pi nous, on passe de rien (de national) à : frappes de précision jusqu’à 1000km … pas mal du tout.

    • Frédéric dit :

      Le souci est pour moi le cout de ce missile, le MdCN était évalué en 2014 a 2,86 millions d’euros… Faudra voir si des commandes à quelques centaines d’unités au lieu de quelques dizaines pourront faire baisser le tarif.

      • Schwarzwald dit :

        oui et non, un ATACMS 140 c’est 1 million de dollars et le Precision Strike Missile est à 3.5 millions … on est dans la bonne tranche.

        • Bazdriver dit :

          @Schwarzwald. Curizusz comparaison poire vs orange.. L’ATACMS et le PSrM sont des missiles semi-balistiques supersonique, le MDcN un missile de croisière subsonique … Rien à voir. Comparez avec un Tomahawk par exemple….

      • HMX dit :

        @Frédéric
        C’est aussi l’intérêt de partir d’une solution technique éprouvée. Le MDCN était jusqu’à présent fabriqué en toutes petites séries, pratiquement de l’artisanat. Avec la guerre en Ukraine et l’électrochoc sur la LPM 2024-2030, le volume de production a augmenté. Si la solution du LCM était retenue par la DGA, le volume de production augmenterait encore, et on commencera à obtenir un effet de série intéressant, avec une baisse des coûts unitaires à la clé.

        Cela étant, même moins cher qu’actuellement, MDCN/LCM resteront des armes coûteuses dont l’emploi ne se justifiera que contre des cibles de haute valeur dans la grande profondeur du dispositif adverse. Ces armes devront être complétées par des munitions plus low cost pour des cibles de moindre valeur et plus proche du front.

      • Félix GARCIA dit :

        En effet.
        Mais entre les roquettes (150 000 € ?) et le MdCT (2,5 millions d’€ ?), on aura toujours le SCALP (à <1 million d'€ l'unité ?).

        T'façon, le jour où il faudra en envoyer plusieurs dizaines sur un ennemi, pas sûr qu'on regarde trop à la dépense …
        Imaginons qu'on en ait 500 ou 1000 sous le coude, ça fait ~1.5/3 milliards d'€ (+ infrastructures, MCO, etc …).
        3 milliards d'€ pour flinguer dur et en profondeur, afin "d'attendrir la viande" avant de la faire passer à la casserole, c'est pas si cher.
        Mettons qu'on ait 500/1000 SCALP sous le coude au passage : pour ~1 milliard supplémentaire, il n'y a "personne de tranquille" à 300/350 km de la ligne de front.

        En gros, pour ~4 milliards, on disposerait de capacités de frappes dans la profondeur considérables. Peut-être de quoi disloquer l'appareil militaire de n'importe quel adversaire étatique.

        Même si ce serait bien d'avoir des navires dédiés aux frappes dans la profondeur afin de pouvoir envoyer de grosses salves, puis, être rechargés en pleine mer par un BRF dédié.

        • nim dit :

          Le prix des SCALP, Storm Shadow, MdCn, MdCt c’est quasiment
          prix des études / nombre de missiles commandés

          C’est pour ça que le tarif officiel du Scalp est différent de celui du Storm Shadow, c’est plus ou moins le même missile mais les quantités commandées par les deux pays ne sont pas les mêmes.

          Pour connaître le tarif réel du bestiau, faut d’abord savoir combien on veut en acheter (en ferme)

          Si la situation en Europe continue de se dégrader on va commander du volume et le prix unitaire va baisser (ce n’est pas linéaire, il y a des chaînes de production à équiper et payer)

  2. HMX dit :

    la proposition de MBDA et de Safran semble reposer sur un missile de croisière directement dérivé du MDCN (en version un peu raccourcie), pour des tirs à très longue portée (>500km ?) associé à ce qui ressemble à une roquette, pour traiter des objectifs de moindre valeur à plus courte portée (150/200km ?).

    On attendra évidemment d’en savoir davantage sur les caractéristiques de ces munitions. On notera tout de même que le fait que le futur LCM soit étroitement dérivé du MDCN déjà en production, laisse supposer une possibilité d’entrée en service très rapide.

    • Félix GARCIA dit :

      « On notera tout de même que le fait que le futur LCM soit étroitement dérivé du MDCN déjà en production, laisse supposer une possibilité d’entrée en service très rapide. »
      Exactement ! Et de même avec le Martal (singulier de Marteau ! ^^) —> A2SM Hammer devenu AS2M Hammer.
      Marteau/Hammer permettant de faire du tape-taupe sur la ligne de front ! 🙂
      Au taupe du taupe ?! 😉

      PS : Je pense qu’il en est de même avec la roquette présentée, qui a probablement des éléments en commun avec les A2SM Hammer.

    • Félix GARCIA dit :

      PPS : Question export, je pense qu’on va faire fureur. Et ce, malgré la concurrence. Car, mine de rien, cette communalité d’éléments entre nos différents armements est un atout majeur.

    • Lecteur dit :

      S’il n’a pas une portée nettement supérieure à celle SCALP, cela n’a peut-être pas grand intérêt pour la France ?

      • Arthur dit :

        L’indépendance de l’armée de terre? Ou dans un contexte contesté, ne pas risquer un Rafale à €100 millions quand un lanceur terrestre peut faire pareil?

      • Flavien dit :

        si, cela évite d’utiliser un vecteur aérien qui est vulnérable, cher et cher a faire fonctionner.

      • nim dit :

        Le SCALP est beaucoup plus intéressant pour des OPEX, c’est quand même plus facile et moins risqué de parquer un porte avion dans les eaux internationales que de sécuriser une base au sol.

        Pour des guerres défensives où on contrôle un grand linéaire de routes, perdre un camion porteur ça fait nettement moins mal que de perdre un Rafale.

    • Peyo dit :

      Je crains qu’il ne faille passer d’une entrée en service très rapide  » à extrêmement rapide compte tenu du merveilleux environnement géopolitique qui nous entoure !!!

  3. Fralipolipi dit :

    Les évolutions des petits pas (chères à Marcel Dassault) ont fait leurs preuves.
    Si associées à une certaine communalité (mutualisation de technos et moyens de productions du côté de la BITD), tout en répondant à un besoin précis de nos armées (et de l’export), alors c’est quasi assurément un choix gagnant.
    .
    Et si cela peut économiser des coûts de R&D, tant mieux, car cela permettra aussi des livraisons plus rapides, et un report du budget non investi en R&D (car non requis ici) vers un achat en plus grand nombre … parceque la masse et le volume comptent au moins tout autant.

    • HMX dit :

      C’est en effet un choix prudent et tout à fait adapté. Plutôt que de se lancer dans la conception d’un missile entièrement nouveau, avec les aléas, les délais et les coûts que cela sous-entend, partir d’un missile déjà en production et l’adapter à un nouvel usage permet de réduire les risques, d’accélérer considérablement la phase de conception et d’industrialisation, et d’optimiser les coûts de production. Rien de révolutionnaire en soi, c’est même du bon sens, mais ça reste plutôt malin.

  4. olgi dit :

    Un hammer avec un propulseur plus endurant pour couvrir la distance 100/300km
    Un missile dérivé du mdcn pour les distances supérieures
    Faut voir le détail de la proposition et ce que va proposer l’autre binôme

  5. Alain d dit :

    Ca me semble bien, en attendant plus de précisions.
    Donc je ne fais que supposer :
    Croisière pour les 500 km (ou plus), MBDA et +
    AASM planantes transformées pour sol-sol, 150 km (ou plus), Safran et +
    Canons de 155 mm (ou plus), avec un calibre supérieur, pour dépasser nettement les 40 km avec des obus classiques, Nexter et +
    Trois constructeurs au pilotage pour 3 systèmes bien différents mais complémentaires.
    Si,….. l’idéal serait d’avoir une base roulante commune pour ses 3 systèmes, mais faut voir la cohérence au niveau de CdC, notamment sur les nombres choisis des munitions embarquées, qui vont définir les volumes, les masses et les motorisations de ces ensembles.
    Voir une association de constructeurs pour définir la base commune roulante + la motorisation, histoire de faire bosser toutes les usines françaises.
    Les SAMP/T disposent de divers camions (porteurs, radar, énergie, réparations, commandement).
    Est-ce que ce ne serait pas une bonne base de travail pour ne pas générer trop de diversités ?

  6. peterr dit :

    Le fait que ces munitions soient basées sur de l’existant devrait permettre des économies d’échelle et bénéficier à toute la gamme (y compris à celle existantes), non ?

    Je note que la maquette est basée sur un porteur chenillé. Pour le Caesar je peux encore comprendre le débat (même si la solution à roues retenue semble avoir été pertinente). Pour de l’artillerie longue portée et qu’on peut supposée positionnée loin du front je saisi encore moins. J’imagine que la solution finale peut évoluer (pourquoi ne pas aussi récupérer la plate forme Caesar) ?
    Des avis ?

    • Jupiter dit :

      Bonjour,
      Attention aux maquettes de salon.
      Même si la réflexion est souvent bien poussée, la manifestation physique sous forme de maquette est souvent là juste pour illustrer.
      En l’occurrence, je pense que MBDA à souhaiter montrer comment son produit était l’évolution du LRU avec le même type de chassis.

  7. Jo666 dit :

    il faudrait plutôt un missile hyper véloce. le hades faisait Mach 3 à 400 lm

  8. Elwin dit :

    Ça serait tiré depuis quelle plate-forme ? Les LRM ? Est-ce que ça implique qu’on en recommande vite ?

  9. Roland Desparte dit :

    Il convient de saluer la stratégie et l’excellente entente des dirigeants de ce Groupe (MBDA) réparti tant en France, qu’au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne (Et des représentations dans de nombreux pays). Comme quoi une franche coopération peut fonctionner, simplement avec la mutualisation honnête des compétences et sans accords interétatiques formels.
    Éric Béranger, Pdg (France), Thomas Goltschild (Allemagne), Giovanni Soccodato (Italie), Chris Allam (R-U), Philippe Bethouart (France), et les 15 000 collaborateurs employés par le Groupe MBDA.

    • Mic dit :

      Éric Bérenger est le Pdg General de MBDA c’est à dire de toutes les entités qui en font partis c’est à dire MBDA France, Allemagne, RU, Italie….

      • Roland Desparte dit :

        @Mic
        Oui, mais il ne faut pas raisonner en terme purement “national“. La presse financière caractérise Éric Béranger comme un homme qui a su mettre en place un Système de Management de la Qualité coordonné par un code d’Éthique que tout collaborateur doit respecter, tout en valorisant le Vivre Ensemble où chacun doit être fier de sa contribution, quel que soit sa nationalité et au sein des diverses entités qui composent une seule famille : MBDA.

        • Mic dit :

          Le fait que le président directeur général soit français est toujours préférable surtout qu’en termes de salariés MBDA France en possède plus que les autres entités.
          Nb de salariés de MBDA : 14 000 plus de 46% sont en France.
          MBDA France 6100, RU 4500, Italie 1700, Allemagne 1150, Espagne 25 et US 50 …..

        • Qui qu'ils fussent dit :

          Quelle que soit sa nationalité, pas « quel que soit sa nationalité ».

      • Surprise-party dit :

        Les périodes électorales sont adaptées pour parler des partis, mais là, il s’agit des entités qui en font partie.

  10. ONERESQUE dit :

    Il reste difficile d’affirmer mordicus que le RETEX ukrainien a départagé les vecteurs de frappe longue portée en faveur certaine des HIMARS et des ATACMS et pas en faveur des SCALP, mais les statistiques sont clairement en faveur de supersoniques semi-balistiques plutôt que les cruise missile. Il y a eu NETTEMENT plus de Kalibr, de Kh-55 et 555 et de subsoniques, même de SCALP, interceptés que d’ATACMS. Les trajectoires paraboliques à très haut apogée sont quand même globalement beaucoup plus efficaces en termes de déception de S-300 et même de S-400….Maintenant, encore une fois, un cruise hyper-furtif peut passer aussi, mais sa config se rapprochait plus du FMC du projet franco-anglais FMAN/FMC que du MdCN terrestre, qui est cylindrique, donc très moyennement furtif…….Tout cela ne semble pas idéal…..Attendons de voir la propal Arianespace…..

    • Mic dit :

      Des Scalp/Storm Shadow interceptés vous avez des sources, nous sommes près à les analyser !

      • Prestataire dit :

        Prêt : qui est disposé à, qui est en état de.
        Près : à proximité.

        Nous sommes prêts à les analyser !

    • HMX dit :

      @ONERESQUE
      il est exact que les S300/S400 n’ont étonnamment pas brillé en matière d’interception de cibles à trajectoire semi-balistiques, pourtant faciles à détecter, et dont la trajectoire est de surcroît parfaitement prévisible. Peut être aussi parce que les ukrainiens ont tendance à effectuer des frappes de saturation avec leurs ATACMS, précisément pour s’assurer que quelques uns puissent passer ? Cela pourrait cependant bien changer avec les futures évolutions de systèmes sol-air russes ou chinois, qui devraient logiquement se montrer beaucoup plus performants face à des cibles aussi « prévisibles » et faciles à détecter. Il faudra alors songer à doter les missiles assaillants de leurres, et/ou les doter d’une capacité à effectuer des manœuvres évasives, notamment en phase terminale, pour accroître les chances de toucher la cible.

      En comparaison, l’interception de missiles de croisière volant au ras du sol en mode suivi de terrain semble beaucoup plus ardue. Non pas que la cible soit particulièrement difficile à abattre… mais encore faut-il l’avoir préalablement détectée, ce qui nécessite de disséminer un grand nombre de systèmes de détection et d’interception à courte portée sur tous les axes d’approche possibles, à 360° autour des cibles à défendre. Un exercice qui devient rapidement très compliqué et aléatoire pour le défenseur… il semble donc assez logique que cette voie ait été privilégiée par MBDA.

      • lecteur dit :

        Il y aune confusion très répandue sur la définition du terme « semi-balistique » :

        « balistique » c’est clair, c’est comme lorsqu’on lance un caillou à la main ou au lance-pierre, après la phase de propulsion, sa trajectoire est balistique, et prévisible. Un missile balistique est toutefois capable d’effectuer de petites corrections de trajectoires, sinon il s’agit d’une roquette.

        Un missile semi-balistique est capable, lui, d’effectuer des corrections de trajectoires importantes, dans le but de ne pas avoir une trajectoire prévisible afin de se rendre bien plus difficile à intercepter.

        L’ATACMS est semi-balistique, d’ou sa non (ou faible ?) interception lorsqu’il est envoyé sur des sites a priori très bien défendus (bases aériennes russes par exemple).

        L’Iskander ou son dérivé le Kinjal sont purement balistiques, et sont largement interceptés par la défense aérienne ukrainienne.

      • Lecteur dit :

        À propos de la définition de « semi balistique », je pense que ce site fera consensus sur sa fiabilité :

        https://artillerie.asso.fr/docs/ARMADA/1%E8re%20Partie%20PDF/P1C%20Volume%20C1%20MSL%20balistiques.pdf

        Extrait : « Certains missiles suivent des trajectoires dites semi-balistiques : après être rentrés dans les couches basses de l’atmosphère, ils déploient des gouvernes aérodynamiques qui leur permettent de manœuvrer et de déjouer ainsi les prévisions de trajectoire terminale qui aurait pu être élaborées par les défenses adverses. Un dispositif de ce genre fut employé sur le missile nucléaire tactique français Hadès. »

  11. Yourte dit :

    Arianegroup est une co entreprise appartenant à 50% à Safran et 50% à Airbus
    Pas sur qu’il y ai beaucoup de concurrence entre Safran / MBDA et Arianegroup / Thales

    • Thierry le plus ancien dit :

      j’ai dans l’idée qu’il faudra acheter tout ce qu’ils pourront produire des 2 projets et que ça suffira même pas , qu’on sera obligé de compléter en achetant américain également. Parce que nos cadences de production ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.

  12. Gaulois78 dit :

    Il y a quelques temps j’aurais applaudi à cette annonce.. Aujourd’hui non..Dépense totalement inutile..On a besoin de 350 milliards pour mettre en route le Renouveau Social Français.. Moi-même j’apporte ma contribution au projet en transférant l’épargne de mes livrets et assurances-vie (y compris celui des enfants) sur le compte de Trésor Public domicilié aux îles Jersey/Caïman/Dubaï/Bercy.

    • Mic dit :

      Ouaf Ouaf Ouaf….
      Arrêtez de faire croire n’importe quoi !

    • Thierry le plus ancien dit :

      Vous faites pas de soucis, l’argent illégale même en faisant 3 fois le tour du monde via des adresses bidon de coquille vide financière reviendra dans la poche du contribuable, pour trouver la taupe il suffit de remonter sa galerie plus vite qu’elle ne peut courir ! ça n’est qu’une question de moyens, si on y consacre le pognon nécessaire on récupérera tout l’argent volé sous le régime du duc Sarkollande de la Macronnerie qui a filé avec la caisse.

      Y’en a plus d’un qui se croyait en sécurité jusqu’à que des lanceurs d’alerte aient publiés des listing plein de nom et de compte…. ça se reproduira, les employés des banques en question sont si mal récompensé de leur silence que ça rapporte bien plus de tout balancer sur la place publique.

  13. KOUDLANSKI Romain dit :

    Il ne pourra sortir que du bon, de cette compétition .

  14. Rogger dit :

    bonjour , la bonne question est de savoir quel sera a terme le système de guidage. GPS ou système inerciel .. le but étant d’atteindre des objectifs a valeurs ajoutée… ne faut ils par favoriser la composants furtivit afin de pouvoir passer les système sol air ennemis..

    • Mic dit :

      les deux + topographique + cartographique.
      Radar, imagerie infra rouge pour l’attaque terminale.

    • Ciel, mon mari ! dit :

      Cela se passe dans le ciel, mais c’est un système inertiel.

  15. Why not dit :

    Le Petit Chaperon Rouge. Tant qu’à faire, autant mourir en beauté, le sourire aux lèvres, sachant que les missiles M51 vont purger toutes les villes russes de plus de 100.000 habitants… Gloire à l’Ukraine et mort aux cons!

  16. Niko dit :

    On a les briques technologiques, inutile de réinventer la poudre. Mais il faut du VOLUME! Des centaines de ces missiles.

  17. Frédéric dit :

    A force de regarder les champignons au ras du sol, notre petit chaperon n’a pas regarder dans les cieux les missiles russes qui se baladent en Syrie et en Ukraine ?

  18. Deres dit :

    Avec une compatibilite exocet et le development de pod de 9 roquettes de 155 mm pouvant larguer des charges bonus et katana ont serait encore mieux

  19. Deres dit :

    Au passage, il faudrait faire une version aeroporte du mdcn pour beneficier des 1000 km de porter. Et pareil pour le Hammer a propulseur.

    • HMX dit :

      Une version aéroportée du MDCN est tout à fait envisageable… sauf qu’il faudrait aussi se préoccuper du lanceur ! pas facile de décoller avec un engin de 7 mètres de longueur… le Rafale n’en est a priori pas capable, et ça ne rentrera pas non plus dans la soute du NGF. Reste la piste potentiellement intéressante d’un largage par gros porteur (typiquement un A400M spécialement configuré pour cette mission), les missiles étant largués sous parachute par la soute, avant d’allumer leur moteur. Cela permettrait de muscler considérablement notre capacité de frappe en premier, en complément des tirs effectués depuis les bâtiments de la Marine Nationale dont le nombre de tubes verticaux est très limité…

      En revanche, simple supposition : le LCM présenté dans l’article semble plus court que le MDCN (5 mètres de longueur, pour faciliter l’emport sur véhicule terrestre ?). Sous toute réserve, cette longueur pourrait donc théoriquement être compatible avec un emport sur Rafale, d’autant que le booster nécessaire au lancement terrestre pourrait logiquement être supprimé ou considérablement raccourci… bientôt une version aéroportée du LCM, qui succèderait ainsi au SCALP ?

  20. HMX dit :

    Peur que ce missile soit testé prochainement, par exemple en Crimée sur un certain pont ?…
    Et vous avez en effet raison, il ne serait pas surprenant que MBDA ait déjà lancé l’industrialisation de quelques prototypes de ce LCM, la ligne d’assemblage des MDCN dont il est issu tournant déjà à plein régime. Rien de mieux que des tests en condition réelle, n’est-ce pas ?

  21. vrai_chasseur dit :

    Un point qui sera sans doute abordé au sein de l’armée française est la doctrine d’emploi des feux de précision terrestres à très longue portée.
    Le MdCN actuel est en effet considéré comme une arme « stratégique » en raison de sa précision, de sa portée et de sa relative invulnérabilité aux défenses antiaériennes.
    Comme le dit joliment MBDA « il peut infléchir des comportements agressifs des adversaires dans un engagement symétrique », son usage est donc également à visée politique… De fait, à bord des navires de la Marine Nationale, contrairement aux Aster et autres Exocet l’ordre de tir du MdCN n’émane pas du commandant du navire mais du plus haut sommet de l’état.
    A voir donc pour le LCM et ses homologues.

    Pour l’anecdote, le châssis porteur 8×8 semble se standardiser, un client étranger l’a même demandé pour le RapidFire
    http://twitter.com/ForcesOperation/status/1802636537374425498/photo/2

  22. JK dit :

    système inerciel ? ouaps !

  23. Séoul dit :

    La Russie et la Corée du Nord viennent de s’entendre sur certaines armes stratégiques, ce qui fait que nos armements sont déjà caducs avant d’exister …

  24. Guilhom dit :

    il est evident que les performances seront 500/1000km ou plus en portée tout en étant indetectable.
    bravo à nos ingénieurs.

  25. Félix GARCIA dit :

    « Lockheed et Rheinmetall tentent de torpiller le PULS israélien en Allemagne »
    https://meta-defense.fr/2024/06/19/lockheed-rheinmetall-himars-puls-elbit/

    Bien ! Que LM et RM défoncent les Israéliens ! Pi nous, on défoncera LM et RM !
    « CEASAr devient roi, je l’épouse je deviens reine ! »
    https://www.youtube.com/watch?v=-EQQC2zlD5o
    😀
    ^^

    • Citator dit :

      Excellent !
      Mais plus exactement : « je l’épouse et me voilà reine ! »

  26. Olgi dit :

    dommage qu’à l’époque des dividendes de la paix, il n’a (n’ait ?) pas été décidé de transformer les Hadès en missile sol sol conventionnel.
    cela aurait permis de rentabiliser les investissements consentis