La Chine continue de moderniser et de renforcer son arsenal nucléaire à marche forcée

La semaine passée, Minsk a confirmé sa participation aux exercices nucléaires lancés par la Russie. « Maintenant plus que jamais, nous sommes déterminés à répondre à toute menace qui pèse à la fois sur notre pays et sur l’État de l’Union » [c’est à dire la Russie et la Biélorussie, ndlr] », a en effet déclaré le général Viktor Khrenin, le ministre biélorusse de la Défense.

Cette annonce n’était pas surprenante étant donné que, conformément à un accord scellé en 2022, la Russie a dit avoir envoyé des armes nucléaires tactiques en Biélorussie. Selon Alexandre Loukachenko, le président biélorusse, en mai dernier, ces armes seraient mises en œuvre par des missiles balistiques Iskander et des avions d’attaque Su-25 « Frogfoot ». Le conditionnel est de mise car, à ce jour, aucune preuve probante n’a été avancée pour confirmer de telles déclarations.

C’est d’ailleurs ce que souligne l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm [SIPRI] dans son évaluation annuelle des arsenaux nucléaires dans le monde. D’une manière générale, cette étude souligne qu’il y a de « moins en moins de transparence » sur les forces stratégiques américaines et russes, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Et de relever également que, dans le même temps, les « annonces publiques autour d’accords sur le partage nucléaire ont gagné en importance ».

Ce manque de transparence s’explique surtout par le fait que les principaux accords de désarmement sont devenus caducs. Ces dernières années, le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires [FNI] a été dénoncé par les États-Unis et la Russie et le traité New Start [Strategic Arms Reduction Treaty], qui limitait la taille des arsenaux nucléaires de ces deux pays, est mal en point, Moscou ayant décidé de suspendre sa participation, au motif que les inspecteurs russes ne pouvaient plus se rendre sur les sites militaires américains, faute de visas.

Quoi qu’il en soit, selon le SIPRI, il y avait 12’121 ogives nucléaires dans le monde en janvier 2024, dont 9585 étaient stockées en « vue d’une utilisation potentielle ». Et d’ajouter : « Environ 3904 de ces ogives ont été déployées avec des missiles et des avions », soit 60 de plus qu’en janvier 2023. En outre, « environ 2100 ogives déployées ont été maintenues en état d’alerte opérationnelle élevée sur des missiles balistiques ».

Les États-Unis et la Russie détiennent à eux seuls 10’624 ogives nucléaires, l’arsenal russe étant le plus étoffé [5580 ogives contre 5044]. Ce nombre est en diminution [- 429] par rapport à la précédente évaluation du SIPRI.

Pourtant, est-il avancé dans cette dernière, « le nombre et les types d’armes nucléaires en cours de développement augmente à mesure que les États s’appuient davantage sur la dissuasion nucléaire ».

« Alors que le nombre total d’ogives nucléaires mondiales continuait de diminuer à mesure que les armes datant de la Guerre Froide étaient progressivement démantelées, nous constatons
malheureusement une augmentation d’année en année du nombre d’ogives nucléaires opérationnelles », a affirmé en effet Dan Smith, le directeur de l’institut suédois.

« On n’a jamais vu les armes nucléaires jouer un rôle aussi prépondérant dans les relations internationales depuis la guerre froide. Il est difficile de croire qu’à peine deux ans auparavant les dirigeants des cinq plus grands États dotés de l’arme nucléaire [P5] ont réaffirmé conjointement ‘qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée' », a enchéri Wilfred Wan, directeur du programme Armes de destruction massive du SIPRI

Cette hausse est principalement due à la Chine qui, depuis environ cinq ans, renforce significativement son arsenal nucléaire et les forces stratégiques de l’Armée populaire de libération [APL].

En 2019, il était estimé que la Chine possédait 290 armes nucléaires, soit presque autant que la France. En 2024, elle en alignerait 500, soit 90 de plus par rapport à janvier 2023.

« Pour la première fois, la Chine pourrait également déployer un petit nombre d’ogives nucléaires sur des missiles en temps de paix. Selon la manière dont elle décidera de structurer ses forces, la Chine pourrait potentiellement posséder au moins autant de missiles balistiques intercontinentaux que la Russie ou les États-Unis d’ici la fin de la décennie, même si son stock d’ogives nucléaires devrait rester bien plus restreint que le stock de l’un ou l’autre de ces deux pays », a estimé le SIPRI.

N’ayant jamais été contrainte par des accords de désarmement nucléaire, la Chine développe ainsi son arsenal nucléaire à marche forcée. Pour rappel, sa doctrine de dissuasion repose sur trois concepts : la stricte suffisance, la défense effective et la contre-attaque contre les sites stratégiques de l’adversaire. Faut-il s’attendre à un changement ?

De son côté, même si le Pakistan n’a pas augmenté son potentiel nucléaire au cours de l’année écoulée, l’Inde pourrait être tentée de revoir le sien nettement à la hausse, en raison de l’évolution de l’arsenal chinois. Selon le SIPRI, les forces indiennes disposeraient de 172 ogives nucléaires actuellement, soit 8 de plus qu’en janvier 2023.

« Même si le Pakistan reste le principal objectif de la dissuasion nucléaire indienne, l’Inde semble mettre de plus en plus l’accent sur les armes à plus longue portée, notamment celles capables d’atteindre des cibles dans toute la Chine », a constaté le SIPRI.

Quant à la Corée du Nord, elle met l’accent sur le « développement de son arsenal d’armes nucléaires tactiques », ce qui suggère qu’elle aurait « l’intention d’utiliser précocement » de telles armes lors d’un conflit, a avancé Matt Korda, chercheur associé au programme Armes de destruction massive du SIPRI et chercheur principal au Nuclear Information Project à la Federation Of American Scientists [FAS].

Parmi les autres pays dotés, la priorité va surtout à la modernisation des moyens utilisés pour mettre en œuvre leurs armes nucléaires. C’est ainsi le cas de la France, avec les programmes SNLE 3G [sous-marin nucléaire lanceurs d’engins de 3e génération], M51.3 ou encore ASN4G [Air-Sol Nucléaire de 4e génération]. La Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 prévoit un investissement de 50 milliards d’euros au titre de la dissuasion nucléaire.

Le Royaume-Uni suit la même logique, avec la construction des SNLE de la classe Dreadnought. À noter que, après avoir annoncé son intention d’augmenter son arsenal nucléaire, le gouvernement britannique a fait savoir qu’il ne communiquerait plus sur le nombre des armes nucléaires et de missiles déployés.

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  1. Aymard de Ledonner dit :

    Il y a indubitablement une forme de prolifération « lente ». Il n’y a plus d’équilibre entre l’URSS d’un coté et les US de l’autre, la France, le RU et la Chine ayant des arsenaux plus limités.
    La Chine va poursuivre le développement de son arsenal jusqu’à ce qu’il soit proche en volume de l’arsenal US. Parallèlement au virage vers l’Asie des préoccupations US, cela va laisser de plus en plus de marges de manœuvre aux russes.
    On le voit dès à présent quand le discours russe insiste sur la dépendance de l’Europe à l’arsenal US. On voit aussi les trolls russes sur ce forum nous expliquer que les FAS ne servent à rien, et autres fadaises, pour chercher à saper le soutien de la population à la dissuasion nucléaire française.
    Il ne sert à rien de pouvoir détruire 30 fois un pays. Avoir la capacité de le détruire une fois est suffisant. Et la France a clairement cette capacité même en ce qui concerne la Russie ou la Chine.
    Mais l’UE représente 55,3% des exportations françaises. Si toute une partie de l’Europe tombe sous la coupe russe, à qui vendront nous nos produits?
    Dans ce cadre le maintien d’une UE européenne, et non sous contrôle russe, fait partie de nos intérêts vitaux. Le « partage » de la dissuasion n’existe pas. Une dissuasion efficace implique une chaine de commandement fiable qui se termine au niveau d’un seul décisionnaire, le président en ce qui concerne la France.
    Mais il faut clairement selon moi considérer la mise en œuvre d’ASMPA par d’autres pays européens que la France. En fin j’espère que la porte n’est pas fermée de notre coté et il me semble que le président français avait fait des annonces dans ce sens. Après des pays comme la Roumanie, la Pologne ou la Finlande devront faire leur choix.
    Cela permettrai d’augmenter l’effet dissuasif et renforcerait notre sécurité. Quand la guerre en Ukraine sera terminée, un nouveau rideau de fer sera probablement construit là ou la frontière entre les deux belligérants aura été fixée. Pour que chacun reste chez soi et minimiser la tentation d’expériences aventureuses, un solide arsenal est nécessaire.

    • Fralipolipi dit :

      @Aymard de Ledonner
      Totalement d’accord avec vous sur les 2 premiers paragraphes.
      .
      Après « Mais il faut clairement selon moi considérer la mise en œuvre d’ASMPA par d’autres pays européens que la France. … des pays comme la Roumanie, la Pologne ou la Finlande devront faire leur choix. »,
      de mon côté, si je suis d’accord que multiplier les sites de mise en oeuvre des AsmpA et Asn4g augmenterait d’autant la Redondance et donc la fiabilité de la dissuasion nucléaire « aérienne »,
      je suis par contre un peu moins partisan d’armer de tels missiles nucléaires des pays trop voisins de la Russie, pour au moins 2 raisons :
      – du fait de la proximité immédiate, la Russie y verrait un quasi casus-belli
      – en cas de conflit armé mal engagé en Europe, ces pays d’Europe de l’Est immédiatement mitoyens du bord russe et biélorusse, pourraient bien très vite devenir des excités de la gâchette, et vouloir tirer ces missiles Nuke bien trop vite, avec le risque d’escalade immédiate que cela engendrerait en cas de telle mauvaise gestion.
      Alors, naturellement , ces missiles seraient (comme les bombes B61 US) à double clé.
      Mais le simple fait qu’un des pays comme Pologne ou Roumanie veuille effectuer un tir, et que ce soit la France qui doive alors refuser, générerait une situation de très grande confusion que la Russie finirait forcément par connaître, et interpréterait de toutes façons cela comme une agression nucléaire … avec la vilaine suite qui deviendrait encore plus probable …
      .
      Selon moi, de tels déploiements de missiles Nuke (à double clé), hors France, ne peuvent être faits que vers des pays ayant un minimum de profondeur stratégique vis-à-vis de la Russie, comme l’Allemagne et l’Italie, pour permettre d’éviter toute action malheureuse suite à un emballement local trop rapide.
      … sinon, les US auraient déjà étudié le sujet de la B61 en Pologne, et ce serait déjà fait … Si la porte est restée fermée à la Pologne jusqu’ici (pour la B61), il me semble que les raisons évoquées ci-dessus font partie des éléments pris en compte.
      .
      Et s’il s’agit de ne déployer des missiles Nuke français qu’en Allemagne, Belgique, Pays-Bas ou Italie, alors on va se confronter à la doctrine OTAN déjà en place, avec les US et la B61 …
      .
      Il resterait à étudier le sujet avec la Suède voire le Danemark ?… Est-ce suffisant pour peser vraiment ?… pas sûr du tout.
      .
      Mais le problème principal est ailleurs.
      Plus que des Bases Aériennes FAS en dehors de la France, il nous faudrait surtout trouver les moyens pour revenir au fameux « 2 SNLE en patrouille en permanence », plutôt qu’un seul. Et pour cela, il nous faudrait 5 à 6 SNLE en flotte plutôt que 4 … Et là malheureusement je ne vois aucune possibilité de partager la mise en oeuvre d’un SNLE avec aucun pays allié …
      Et je ne vois pas l’UE nous faire un chèque en blanc à l’aveugle pour aider à cela.
      Sujet complexe.

      • Bazdriver dit :

        @Fralipolipi. J’ai beaucoup de mal à imaginer en Europe voir intégrer un jour une arme nucléaire non US sur un vecteur aérien US. L’acceptation par ces derniers me semble impossible…

        • Fralipolipi dit :

          @Bazdriver
          j’ai justement exprimé cette idée là il me semble (= confrontation doctrine OTAN).

          • Bazdriver dit :

            @Fralipolipi. Vous parlez pourtant de deployer des missiles ASMP sur des territoires comme la Pologne. Avec un système à double clé. Vous sous entendez donc que ce sont les polonais qui mèneraient la frappe. Et comme ils n’ont que des avions US, le seul moyen pour eux serait d’acheter des vecteurs aeriens français….

        • Carin dit :

          @Bazdriver……
          La question ne se pause même pas… Nos missiles du fait qu’ils soient propulsés, entre de plain pied dans le cadre de la non prolifération nucléaire.
          Ce que propose Mr Macron, c’est d’étendre La Défense nucléaire de la seule France, à l’ensemble des pays constituant l’Europe, mais toute réponse partirait de France.

          • Fralipolipi dit :

            @Carin
            « Nos missiles du fait qu’ils soient propulsés, entre de plein pied dans le cadre de la non prolifération nucléaire. »
            … en même temps (si si 🙂 ), désormais, les Russes et Chinois s’en moquent pas mal de la non prolifération.
            Les Chinois n’ont jamais rien signé, et les Russes ont déjà fait des confettis des vieux traités.

          • Bazdriver dit :

            @Carin, les Britanniques font partie de l’Europe. N’auraient’ils aucun rôle à jouer?? Leurs liens de défense avec les pays du nord sont beaucoup plus forts que ceux de la France. Donc, pour moi, cette défense nucléaire de l’Eueope occidentale devrait les y intégrer…

          • La pause s'impose dit :

            En effet, une question ne se « pause » pas, mais peut-être que pour certains, celle-ci se pose.

          • Les Gaulois sont dans la plaine dit :

            @Fralipolipi
            En citant Carin, peut-être aurait-il été plus pertinent de corriger « nos missiles entre » en « nos missiles entrent » plutôt que de transformer son « de plain-pied » correct en un « de plein-pied » qui ne l’est pas.

            De plain-pied.
            « Plain » signifie plat, comme dans plaine ou plan.
            De plain-pied, qui est à niveau, où le pied ne rencontre pas d’obstacle, où l’on progresse aisément, où l’on entre facilement et en confiance.

            Ne confondons pas :
            – « Les Gaulois sont dans la plaine », parodie du « Fiers enfants de la Lorraine » de « La marche lorraine » : https://www.youtube.com/watch?v=-5MrLxy-P5Q »
            – « Mes Gaulois sont dans la pleine », trait d’esprit issu du génie comique de Goscinny : « https://thanagra.typepad.com/.a/6a0133f3c0e2ec970b019affbefb0d970c-600wi »

      • Aymard de Ledonner dit :

        Les russes ont déployé des armes nucléaires en Biélorussie. S’ils les retirent alors je serais d’accord avec vous.
        Pour les 6 SNLE oui, je vois mal comment les financer.

        • Fralipolipi dit :

          @Aymard de Ledonner
          Je ne vois pas non plus, c’est pour cela que j’ai conclu « sujet complexe » … 😉

        • aleksandar dit :

          C’est simple.
          Pas de deuxième porte-avion.

          • tschok dit :

            L’hypothèse d’un « deuxième porte-avions » (à distinguer d’un successeur au CDG) me semble de toute façon compromise, vu la contrainte budgétaire actuelle et prévisible, même à long terme.

            Donc, y renoncer ne permettra pas de dégager de la ressource budgétaire qui pourrait être employée à la construction de 2 SNLE supplémentaires: on y renoncera parce qu’on n’aura pas les moyens, c’est tout.

      • Kobayashi Maru dit :

        @ Frailipoli.
        A l’heure des SNLE, des vecteurs hyper soniques, votre profondeur stratégique ou vous faites une différence entre la Pologne et la Suède, est nul et non avenue.

        Je connais votre pertinence d’où mon étonnement : La Suède comme le Danemark sont aussi proche d’un tir que la Pologne.
        De plus, je ne vois pas pourquoi les pays que vous classez par profondeur stratégique (ce qui a perdu tout sens si on parle d’holocostaut vu les arsenaux et les vecteurs nukes) se placerait sous double clé alors qui ont tous la capacité technologique d’avoir leur propre arsenal, si la volonté y était. Tout en sachant que si une attaque nucléaire devait, hélas, survenir sur notre continent, la riposte serait automatiquement française, anglaise et us. Si Berlin devait être vitrifiée ou Bruxelles, ne croyez vous pas que cela fait partie des objectifs vitaux français et anglais ? Ainsi que politiquement de même pour les us? Une base us attaquée au nuke c’est l’assurance d’avoir des B2 et des Los Angeles en action.

        Pour en revenir à la Chine, bien que les cocos me donnent de l’urticaire et qu’ils se montrent de plus en plus belliqueux, quand on parle de dissuasion nucléaire il me semble logique qu’ils se mettent à niveau des deux autres mastodontes. Ce serait naïf de penser que la Chine se contente du même nombre de têtes qu’Israel , la France ou les anglais.

        • Objectif Nul dit :

          Profondeur est un mot féminin.
          Une grande profondeur, une petite profondeur, une profondeur nulle.
          Votre profondeur stratégique est nulle et non avenue.

        • Fralipolipi dit :

          @Kobayashi Maru
          Totalement d’accord avec vous pour la Chine.
          C’est tellement inéluctable que même aux US personne ne songe à sonner le branle-bas à ce sujet …
          .
          Pour ce qui est du théâtre européen, nous parlons bien d’armes nucléaires tactiques (comme l’est la bombe B61). Et non de bombes dites stratégiques (nettement plus puissantes, type M51).
          Après, je vous l’accorde, définir où se trouve le curseur entre tactique et stratégique est bien compliqué (est-ce 15kt ? 30kt ?…). Cela dépend aussi du contexte militaire geostatégique, et également de la cible.
          Et c’est pour ne pas tomber de ce débat sans fin (et de ttes façons propice à l’escalatoire) que la France a abandonné son arsenal dit tactique (Hadès), et favorise depuis 30 ans une doctrine du pré-stratégique (avec une TNA de 300kt sur les AsmpA) défini comme ultime avertissement, et non comme outil militaire employable pour un conflit devant rester conventionnel à la base.
          Côté français, le seuil « escalatoire » est bcp plus haut, et donc moins risqué.
          .
          Mais revenons-en à nos B61 de qques 20 ou 30kt (environ).
          Nous savons que les Russes ont en face des armes de puissance similaire, avec une doctrine largement révélée d’usage dit « tactique », en appui des forces conventionnelles sur une ligne de front.
          .
          Ce sont des armes visant à être utilisées sur une ligne de front (ou ses arrières immédiats).
          .
          Or, si conflit armé direct il devait y avoir avec la Russie, il est clair (selon moi) que ce serait suite à un mouvement des armées russes sur un des territoires de l’OTAN (Finlande ? Pays baltes ? Pologne ? Roumanie ?).
          En pareil cas, et si ce front devait mettre en grand stress le pays européen sur lequel il se tient, il serait délicat de risquer que ce même pays ne sur-réagisse en voulant utiliser « leur » B61 contre les troupes russes, soit en 1er, soit en réponse à un premier tir de missile nucléaire tactique russe … car il est facile de parier que cela pourrait ensuite très vite dégénérer.
          .
          Et avec ou sans B61 basée en Pologne-Pays-baltes etc … si les Russes tirent un jour un missile nucléaire tactique sur une ligne de front en Europe (ce serait bien probablement dans le cas où leurs troupes n’auraient pas l’avantage espéré), je ne parierais pas mon bras droit sur le fait que les US, UK ou France répondraient forcément et immédiatement par un tir de riposte …. vu le risque incroyable d’escalade que cela générerait.
          Mais encore une fois, tout est question de contexte (quelle cible, quel contexte, quel tempo).
          .
          En tous les cas, selon moi, il ne faut pas trop baser ses arsenaux nukes trop près d’une ligne de front potentielle … ce serait trop dangereux …. c’est en ce sens que j’évoque la donnée de « profondeur stratégique ».
          En suède (qui est un pays bien vaste et qui n’a pas de frontière directe avec la Russie), pourquoi pas. Au Danemark, qui est vraiment loin de la Russie en terrien, et qui ne risque pas d’être envahi par voie maritime (les Russes n’arrivent déjà pas à traverser le Dniepr), pourquoi pas.
          Mais en Pologne ou dans les Pays Baltes (par exemple) ce serait bcp plus risqué.
          Et encore une fois, si les US n’ont pas encore stocké de B61 en Pologne, et n’ait pas encore armé d’avion de combat polonais, il y a bien une raison.
          Sans avoir la prétention de la deviner entièrement, je pense que nous effleurons ici au moins une partie des explications.
          Si jamais elles devaient être basées en Pologne, ou dans les Pays Baltes,

          • Bazdriver dit :

            @Fralipolipi. Je suis d’accord avec vous. Ça arrive..

          • tschok dit :

            Arf! Frali, il est inutile de baser des missiles nucléaires près d’un quelconque front, vu leur portée.

            Donc, le fait de baser ou non des armes nucléaires dans des pays où pourrait éventuellement s’ouvrir un front avec la Russie n’est pas lié à des considérations tactiques ou à des inquiétudes quant à leur sécurité en cas d’attaque russe, ou alors de façon très secondaire.

            En premier lieu, ce qui compte en matière de partage nucléaire – puisque c’est de cela que nous parlons – c’est l’évaluation de la situation stratégique que l’effet de sanctuarisation va produire.

            Accueillir des armes nucléaires d’un pays étranger sur son territoire implique, en principe, un effet de sanctuarisation par le pays « donneur » à l’égard du pays « receveur ».

            Si la Russie positionne des armes nucléaires en Biélorussie, par exemple, en assortissant cet acte d’une extension à la Biélorussie de sa garantie nucléaire, ce qui est à peu près la définition de ce qu’on appelle en Occident le « partage nucléaire », cela force l’Otan à répondre sur le même plan.

            La réponse sur le même plan, c’est par exemple une extension du partage nucléaire de l’Otan à la Pologne. Donc une sanctuarisation de la Pologne.

            Pourquoi cela n’a pas été déjà fait? Parce qu’après de l’effondrement du Mur de Berlin, les Américains se sont engagés à ne pas le faire (ils ont pris l’engagement de ne pas modifier le positionnement de leurs armes nucléaires en Europe): extension de l’Otan vers l’Est, pas d’engagement. Positionnement d’armes nucléaires à l’Est: engagement de ne pas le faire.

            Ce dont il est question aujourd’hui, c’est de revenir sur cet engagement, qui date d’une trentaine d’années, à la suite de ce que viennent de faire les Russes avec la Biélorussie. Elle est là votre explication.

            Voilà tout simplement la raison pour laquelle les Américains n’ont pas encore « stocké de B61 en Pologne ». Ils s’agit d’un engagement diplomatique. Et je vous assure qu’il n’y a aucune prétention à la deviner: c’est juste historique.

        • Scionnère Dick dit :

          « ce qui a perdu tout sens si on parle d’holocostaut (sic) »

          En effet, si on parle d’« holocostaut », cela perd tout sens. Et pourquoi pas « holocostaud » ?

      • Ingo dit :

        Le problème de votre raisonnement parfaitement logique, ce sont les armes nucléaires russes déployées en Biélorussie. Ce sont les russes qui ont décidé d’escalader. À partir de là, je ne vois pas en quoi faire la même chose releverait du casus belli. Reste à savoir ce qu’ils ont réellement déployé en Biélorussie.

        • Fralipolipif dit :

          @Ingo
          Vous savez que je ne suis pas pro-Russe.
          Mais pourtant, je pense qu’un déploiement de missiles nucléaires OTAN (US ou français) dans les pays de l’OTAN directement limitrophes de la Russie-Biélorussie (Finlande, pays baltes, Pologne, Slovaquie, Hongrie et Roumanie) constituerait tout de même une erreur plus lourde que celle de Poutine de baser (ou de montrer) qques missiles Sol-Sol en Biélorussie.
          Car,
          1/ Poutine est plus dans l’escalade que dans la recherche de mesure, mesure dont les pays de l’OTAN doivent eux faire preuve sur le sujet nucléaire (sinon, ça finira par déraper).
          2/ Le positionnement des armes russes en Bielorussie est déjà un fait acté et connu. Ce n’est donc plus cela qui serait susceptible de générer une escalade.
          Par contre, un rapprochement des arsenaux nucléaires de l’OTAN vers la frontière immédiate avec l’ensemble Russie+ Biélorussie, cela serait vraiment nouveau … et nous savons tous que les Russes n’apprécieraient pas du tout, mais alors pas du tout …. avec obligation pour eux de réagir d’une manière ou d’une autre ….. et c’est cette étape là (encore non franchie) qui pourrait (potentiellement) dégénérer en escalade.
          3/ Le risque encouru par et pour l’OTAN en faisant cela serait alors très inférieur à l’intérêt ou au gain (on notera ici que nous n’avons pas besoin de prendre ce risque de proximité immédiate. Les armes nucléaires de l’OTAN en Europe ont déjà une portée suffisante (en incluant celle des avions de combat porteurs) … pas besoin de se coller à 100 kms d’une ligne de front potentielle).
          4/ L’OTAN a quand même déjà fait quelques coups à la Russie dans la proximité géog. immédiate (comme la mise en place des radars US de suivi de missiles balistiques, basés en Pologne et Roumanie, justifiés par la menace iranienne, mais dont on sait très bien qu’ils servent au moins tout autant pour surveiller du côté de la Russie … côté russe, cela a été forcément très mal pris).
          5/ Les Russes n’ont pas beaucoup d’options opérationnelles pour tenter de faire pression.
          L’OTAN en a bcp plus en sens inverse.

          • tschok dit :

            @Fralipolipif,

            (erreur de frappe, ou emprunt?)

            Je reprends cette proposition:  » Le positionnement des armes russes en Bielorussie est déjà un fait acté et connu ».

            A vrai dire, non. Ni l’un, ni l’autre. Pour l’instant, c’est une question mise en attente, parce qu’on ignore ce que les Russes font réellement. Et par ailleurs, l’Otan, vu le contexte, se ménage la possibilité de différer sa réponse.

            Mais c’est une question extrêmement importante, et elle est suivie avec la plus grande attention, même si on peut assez facilement commettre l’erreur de la tenir pour subalterne.

    • rainbowknight dit :

      Voisine de la Fédération de Russie, la Chine a compris la leçon…. en 1969.
      Un seul décisionnaire, n’est-ce pas là où le bât blesse ? Une folle décision ou un « coup » politique et chacun de voir le résultat. Avec le nucléaire c’est autrement plus préoccupant….. particulièrement si tous nos voisins deviennent des pays dotés.
      Evitons de nous fâcher et sachons baisser le pantalon sera la devise des pays européens ou de ceux adhérents à cette union. Si d’autres ont la bombe la parole française sera moins audible et dissuasive .

    • Mauvais Dragon dit :

      Totalement d’accord avec toi!

    • hem, hem ! dit :

      Ho que si, ça sert de pouvoir détruire 30 fois un pays, si le pays en question met en place une défense anti-missiles capable d’intercepter 96 % de vos missiles…

      La Russie n’a ni la volonté ni surtout les moyens (et les Russes le savent) de mettre une partie de l’Europe « sous sa coupe », mais dans le cas où cela arriverait quand même, nos exportations ne changeraient pas et cela n’aurait aucune influence sur notre économie : dois-je vous rappeler que ce sont nos propres sanctions et seulement elles qui entravent le commerce ? Il suffirait que nous le voulions et tout irait bien, depuis toujours le commerce avec Russie ou URSS marchait très bien et à la satisfaction générale.

      • Pascal, (l'autre) dit :

        « si le pays en question met en place une défense anti-missiles capable d’intercepter 96 % de vos missiles… » 96%!! Avez vous des infos concernant ce taux d’efficacité?
        « mais dans le cas où cela arriverait quand même, nos exportations ne changeraient pas et cela n’aurait aucune influence sur notre économie :! Mais oui, un………………….expert!
        « l suffirait que nous le voulions et tout irait bien, depuis toujours le commerce avec Russie ou URSS marchait très bien et à la satisfaction générale. » Pour résumer on se……………………couche, faisons comme de rien, la politique de l’autruche que vous nous préconisez en somme! le problème est qu’avoir la tête dans le sable et les fesses à l’air ce n’est pas très « sécure », cela peut même mener à des surprises voire des révisions……….. déchirantes!

        • hem, hem ! dit :

          On peut très bien envoyer des armes et des instructeurs, condamner à l’ONU, rameuter des soutiens partout dans le monde, et en même temps continuer à commercer, c’est le propre du commerce d’être avantageux pour les deux parties. Les sanctions sont un échec retentissant.

          Je sais, c’est trop subtil pour vous. Et vous avez oublié de me traiter de troll payé par les Russes.

          • Pascal, (l'autre) dit :

            « Je sais, c’est trop subtil pour vous » Avec votre piétinage façon pachyderme en chaleur pour faire passer votre message vous attribuer une quelconque subtilité est particulièrement……………….présomptueux!
            « Et vous avez oublié de me traiter de troll payé par les Russes. » Votre prose est tellement évidente que je n’ai pas jugé bon de le………………… préciser!

          • aleksandar dit :

            Les USA ont doublé en 2023 le montant de leurs achats d’uranium russe.
            Ils ont aussi repris en novembre et décembre 2023 leurs achats de pétrole russe a un prix supérieur au fameux prix maximum .
            Les affaires sont les affaires !

          • tschok dit :

            @aleksandar,

            Pour le pétrole:https://www.latribune.fr/economie/international/malgre-l-embargo-les-etats-unis-continuent-d-importer-du-petrole-russe-913014.html

            Pour l’uranium:https://www.latribune.fr/economie/international/les-etats-unis-veulent-en-finir-avec-leur-dependance-a-l-uranium-enrichi-russe-974362.html

            Bon, en fait les Etats-Unis sont un peu comme nous: ils ont des problèmes de dépendance énergétique. Eux aussi ont du mal à se passer des importations russes.

            Cela dit, ça n’empêche pas de s’interroger sur la part du « greed is good » dans la persistance, parfois étonnante, de ces importations. Il est en effet assez clair que les milieux d’affaires concernés n’ont pas de scrupules particuliers à contourner ou violer des embargos.

            Le secteur de l’énergie et des matières premières est l’un des secteurs de l’économie mondiale où les milieux d’affaires qui y interviennent ont une mentalité parmi les plus crapuleuses qu’on puisse trouver sur la planète actuellement. Donc, nous n’avons évidemment pas affaire à des petits saints.

            Je résume: vous avez des Etats qui ont des dépendances et des milieux d’affaires qui sont assez crapuleux. Dans ces conditions, les probabilités pour que la situation soit propre et net sont faibles.

        • Recule quand j'avance dit :

          Mais non, pas « déchirantes », ça va bien se passer.

      • Aymard de Ledonner dit :

        « si le pays en question met en place une défense anti-missiles capable d’intercepter 96 % de vos missiles »
        Une telle défense n’existe pas. Je doute que ce soit possible ne serait ce que pour la moitié des missiles même si ça dépend de quels missiles…
        On constate aujourd’hui qu’il est possible d’intercepter les fameux missiles « hypersoniques » russes mais parce qu’ils ne le sont pas vraiment.
        Le porteur d’une tête nucléaire vise une cible fixe et n’a donc pas besoin de ralentir pour récupérer de nouvelles informations sur une cible qui aurait bougé. Par conséquent sa vitesse est considérable. Il lui est par ailleurs possible d’effectuer des manœuvres évasives avec une grande latitude car une grande précision n’est pas nécessaire. En effet un écart même de plusieurs centaines de mètres n’aura pas de gros impact sur une explosion qui va tout ravager à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde.

        • Carin dit :

          @Aymard de Ledonner….
          Aucun missile hypersonique n’a à ce jour les moyens de faire des
          « evasives », pour ce faire, il lui faut ralentir en deçà de 5000kl/h, et aucun des possesseurs de ce type de missiles, n’a trouvé le moyen de ré accélérer après une manœuvre, c’est la raison pour laquelle tout ces missiles peuvent êtres interceptés. ..
          Et ça c’est pour l’avenir, parce qu’à ce jour ces missiles ne sont que peu manœuvrables, au point de rater leurs cibles très fréquemment de plusieurs centaines de mètres.

      • tschok dit :

        @hem, hem!

        « La Russie n’a ni la volonté ni surtout les moyens (et les Russes le savent) de mettre une partie de l’Europe « sous sa coupe » ».

        Tout dépend de la taille de la partie de l’Europe dont vous parlez. Si vous parlez des pays baltes, elle en a les moyens et l’intention. Que le peuple russe en ait conscience, ou pas, ça j’en sais rien. Et qu’il le veuille ou pas, j’en sais rien non plus. Ce que je constate, c’est qu’il fait ce que son pouvoir lui ordonne de faire, sans broncher. Et jusqu’à la mort. Du moins jusqu’à présent.

        Je ne suis pas seul à faire ce constat: les Ukrainiens le font. Ils en sont eux-mêmes étonnés, parce qu’ils savent combien de Russes ils tuent et ils doivent bien se rendre à l’évidence: ça ne les fait pas reculer.

        A propos de la taille des territoires que la Russie à l’intention de « mettre sous sa coupe », je me permets de vous faire observer que l’Ukraine, justement, n’est pas un petit pays (c’est un peu plus grand que la France). C’est-à-dire que la Russie estime avoir les moyens de mettre sous sa coupe de vastes ensembles géographiques, l’air de rien. Vastes et peuplés.

        Alors après, quelle est la question que vous voulez discuter, dans le fond? Que dit Aymard de Ledonner? Qu’une invasion de l’Europe est contraire à nos intérêts, parce qu’elle constitue un débouché pour plus de la moitié de nos exportations. On peut certes discuter le point de savoir si c’est seulement ça qui constitue l’essentiel de nos intérêts, ou s’il y a d’autres éléments, plus fondamentaux, à prendre en compte. Mais n’empêche qu’au bout de la discussion, on pourra difficilement soutenir qu’une invasion de l’Europe par la Russie nous serait favorable, ou serait même seulement neutre (ça nous ferait ni chaud ni froid).

        Donc, dans le fond il a raison: une invasion de l’Europe par la Russie, que ce soit un petit bout (taille pays baltes) ou un gros bout (taille Ukraine, voire plus) ça ne nous va pas. C’est pas bon pour nous. On est ok là-dessus, ou…?

        (je demande parce que ça n’est pas clair dans l’esprit des gens, en réalité, et je crois que ça deviendra de moins en moins clair, pour tout vous dire)

        Sinon, vous avez raison, l’intérêt d’une capacité nucléaire overkill, c’est de pouvoir faire face à une défense ABM. Mais, historiquement, ça ne s’est pas du tout construit comme ça. C’est lié à la capacité de seconde frappe: certains Etats nucléaires ont accumulé des capacités nucléaires offensives overkill non pas pour saturer un système de défense ABM, mais pour préserver un potentiel nucléaire suffisant après une destruction partielle provoquée par une première frappe, afin de riposter, lors d’une seconde frappe.

        Et quand vous êtes dans une logique de ce genre, il faut en accumuler de plus en plus, parce que c’est cette accumulation qui vous permet d’avoir ce potentiel de seconde frappe, que votre ennemi veut réduire en accumulant à son tour une capacité de première frappe, ce qui vous force à votre tour à augmenter votre capacité de seconde frappe, etc. Et c’est ça qui a généré la course aux armements, qui a conduit à la constitution d’arsenaux nucléaires gigantesques par les Russes et les Américains.

        A un moment, les gens se sont dit que ça devenait complètement fou, d’une part, et d’autre part qu’il pourrait y avoir un joueur qui finalement provoquerait la guerre, parce qu’il n’aurait plus les moyens de surenchérir en permanence. Donc, un système fou qui est condamné à s’emballer au bout du bout.

        Quand les gens ont pris conscience de ça (système fou+ capacité programmée d’emballement), ils ont dit « ok, on négocie, on diminue les arsenaux et la capacité d’emballement du système ». Et ça été fait.

        Sauf que maintenant, les instruments diplomatiques qui ont servi à faire ça sont caducs. Donc on se retrouve avec des arsenaux qui, en définitive n’ont pas tant diminué que cela (donc un système qui reste un peu fou quand même) et… eh ben on sait pas: la capacité d’emballement du système fou d’aujourd’hui, on ne la connaît pas vraiment.

        D’autant que de nouveaux joueurs sont désormais autour de la table (Chine, Corée du Nord, notamment) et ça perturbe la mesure de la capacité du système fou à déconner. Tout le problème étant que, quand un système fou de ce genre-là déconne, il déconne puissamment (en millions de morts, quoi).

        Vous, ce que vous proposez, d’après ce que je comprends, c’est d’aller faire des mamours-câlins aux Russes, comme naguère, quand on commerçait avec eux et que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Mouais… C’est pas que je sois contre les mamours-câlins avec les Russes, mais je crains que ça ne suffise pas.

        Le problème auquel on est confronté ne pourra pas se résoudre en allant leur tailler des pipes. Je sais qu’une partie de l’opinion publique française en a très envie, ou à tout le moins, est prête à ce sacrifice parce qu’elle espère que ça permettra un retour à la normale, mais en réalité le problème est plus structurel.

        Donc, tout ce qui est stratégie de mamours-câlins ou taillage de pipe aux Russes n’est pas pertinent. Et comme souvent les Français n’ont pas d’autres stratégies que ça, surtout avec les Russes, ben on est bien embêté. Il va falloir se résoudre à adopter des stratégies plus offensives, je le crains.

        Je termine sur un point: je crois que vous n’avez pas compris la nature des relations économiques franco-russes. Normalement, si vous avez été un minimum attentif à l’actualité économique post-invasion de l’Ukraine, vous avez dû lire quelque part que les entreprises françaises du CAC40 qui avaient investi en Russie ont provisionné leurs pertes, ce qui signifie qu’elles y avaient investi. Mais, avez-vous entendu dire que la réciproque s’était produite (des entreprises russes qui passent en perte leurs investissements en Europe)?

        Ben je vais répondre à votre place: non, parce qu’il n’y en a pas. Le « doux commerce » que vous évoquez était en réalité très déséquilibré et pas véritablement constructif. La Russie laissait entrer les capitaux étrangers, elle laissait ses oligarques investir en Europe pour acheter des clubs de foot ou des villas sur la Riviera, par exemple, et elle vendait son blé et ses hydrocarbures. Et puis il y avait de l’économie informelle, liée à des trafics divers, qui a d’ailleurs prospéré avec les sanctions.

        C’était ça le modèle économique de nos relations avec la Russie. C’est pas particulièrement brillant. Les Russes nous on dit: « amenez votre pognon, si on se fâche on gardera tout, tant pis pour vous, mais vous aurez au moins eu la possibilité de faire du business, donc tentez votre chance ». Eux-mêmes, hors les oligarques, ils n’ont pas investi chez nous, ils nous on concurrencé avec leurs céréales sur les marchés exports, et ils nous ont vendu leur gaz. Bon, voilà, en gros c’était le deal avec les Russes.

        Ah oui, si, il y a un autre truc: on les laissait faire des coups de bourse sur nos marchés. Ils pouvaient s’amuser avec leur pognon dans nos casinos financiers, quoi. Et ça allait avec les villas sur la cote, les yachts, les soirées à putes et toussa, dans un esprit de la fête très slave.

        Bon, en tout cas, c’était certes des relations très satisfaisantes pour beaucoup de gens, mais ça restait des relations assez superficielles. La preuve: la dégradations de ses relations économiques n’a nullement constitué aux yeux de Moscou un obstacle à la guerre. Si ses relations économiques avaient eu les vertus que vous lui prêtez (le doux commerce, comme on dit), Poutine aurait fait plus attention. Aujourd’hui, on sait qu’il n’en a eu absolument rien à foutre. Il a même planifié leur disparition et leur substitution par de nouvelles relations avec la Chine.

        Donc, ces relations n’avaient pas d’importance stratégique. Ou en tout cas pas celle que nous on leur prêtait naïvement. A partir de là, il ne faut pas espérer bêtement que le rétablissement des relations économiques avec la Russie bouleversera les choses: elles n’étaient pas stratégiquement importantes avant la guerre, pourquoi, soudainement, elle le deviendrait maintenant?

        Bon, désolé, chuis un peu long.

        • Lecteur dit :

          Merci pour ces très généreux efforts à produire ces longs et très léchés textes qui me font bien rire (et penser, ce qui n’est pas négligeable) ;o)

    • Titi74 dit :

      Détruire un adversaire c’est parfait, mais notre population, elle est protégée comment? on s’en tape? c’est çà l’idée de la dissuasion? celui qui frappe le premier gagne la partie, sauf si le deuxième frappe aussi, et sans compter le 3ème…

      • Aymard de Ledonner dit :

        L’idée de la dissuasion c’est que personne ne gagne. Il s’agit de faire comprendre à un agresseur potentiel qu’il n’a aucune chance de gagner et que ses pertes seront absolument considérables et sans commune mesure avec ses gains potentiels.
        A partir de là on peut espérer arriver à convaincre un autocrate qui a pillé son pays pour se construire une fortune pour lui et ses proches qu’il risque de tout perdre et qu’il vaut mieux pour lui aller tenter l’aventure ailleurs.
        C’est cela qui in fine protège notre population.

        • Momo dit :

          C’est un troll russe dont l’objectif est de faire croire aux faibles d’esprit qu’il vaut mieux ne rien faire. avant de se rendre.
          Il pourrait faire partie de radio france tv s’il s’occupait d’élections législatives en s’adressant à ceux qui refusent la honte et l’infamie du FP-LP
          Les nouveaux collabos.

    • vrai_chasseur dit :

      @Aymard
      A suivre également
      Selon les sondages, tous dans le même sens, c’est le travailliste Keir Stamer qui sera bientôt le prochain 1er ministre du Royaume-Uni.
      Sans remettre en cause le Brexit, trop douloureux, sa position équilibrée de renouer un dialogue stratégique avec l’UE et particulièrement avec la France, va crédibiliser un peu plus la dissuasion avec les 2 seuls pays européens qui disposent de l’arme nucléaire.

  2. v_atekor dit :

    En d’autres termes, les Chinois se voient comme le dernier rempart contre les USA, sans l’arsenal de l’allié Russe.

    • Marine dit :

      La Russie et la Chine ne sont pas à proprement « alliées ». Leur relation est bien plus complexe que cela, et ils pourraient tout à fait être franchement hostiles l’un envers l’autre s’ils n’avaient pas justement les États-Unis comme adversaire commun. Donc, oui, la Chine (de son point de vue) se doit de faire jeu égal seule contre les États-Unis.

  3. Olivier C dit :

    « Les États-Unis et la Russie détiennent à eux seuls 10’624 ogives nucléaires »

    Il faut savoir que ces chiffres là, notamment côté russe, sont totalement biaisés. Ils comptent les bombes faites il y 75 ans.

    • Cortex, le doute ma b... dit :

      De plus, on est en droit de douter même de la capacité du matériel produit vu le niveau de corruption. Si leur composante nucléaire est aussi prête que le reste, ils doivent être loin de ce qu’ils prétendent. J’ai pour ma part souvent douté, avant même la guerre en Ukraine, que leur industrie ait la capacité de maintenir un tel arsenal à niveau…

      • Rectificator dit :

        « aussi prête que le reste »… Mais que voulez-vous dire ? Les tanks ont roulé par milliers, les canons ont tiré des millions de coups, les avions et les missiles ont volé. La logistique a suivi, l’armée a été approvisionnée, les renforts sont arrivés… Qu’est-ce qui n’était pas prêt ?? Et par pitié ne me répondez pas à côté en citant les résultats obtenus, rien à voir avec le matériel prêt ou pas !

        Douter de leur industrie ? Il est admis par tous, à l’est et à l’ouest, que l’industrie Russe produit 3 fois plus d’obus que tout l’occident réuni, les missiles volent par dizaines toutes les nuits, les tanks et canons arrivent par centaines sur le front, en Russie l’industrie des drones s’est crée en moins de 2 ans à partir de presque rien et aujourd’hui tourne à plein régime les Russes en utilisent plus que les Ukrainiens. Mais que diable voulez-vous dire ?

        • Ben voyons dit :

          « Les tanks ont roulé par milliers », « La logistique a suivi ».
          Bien sûr, c’est pour ça que l’armée russe a dû abandonner ses chars en panne d’essence en se retirant de la région de Kiev.

        • Pascal, (l'autre) dit :

          « que diable voulez-vous dire ? » PUTAIN DEUX ANS ET QUATRE MOIS!

          • Marine dit :

            Pour être objectif (difficile, mais essayons tout de même), il faut quand même reconnaître que les déboires de l’armée russe en Ukraine sont globalement plus le fait d’un défaut dans l’exécution (du plus haut niveau de décision jusqu’au plus bas sur le terrain) que d’un défaut du matériel. Leur matériel est correct, peut-être pas tout à fait au niveau de celui des Occidentaux (quoique ça dépende du type de matériel), mais assez largement mal utilisé (ou du moins pas toujours de façon optimale).

        • tschok dit :

          @Rectificator,

          Oui, vous avez raison, tout cela est très impressionnant. Mais les sources qui diffusent ces informations sont russes.

          Alors, je ne veux pas être injurieux à l’égard des sources russes, mais je pense pouvoir affirmer qu’il n’est pas déraisonnables de tenir pour vraies les informations qu’elles diffusent lorsqu’on peut les recroiser avec d’autres informations concordantes, provenant d’autres sources.

          Si on applique cette discipline, le tableau est plus nuancé. Par exemple, selon les Russes, on devait voir arriver sur le front des régiments entiers de nouveaux chars T90M, produits par centaines chaque mois par de solides prolétaires russes travaillant dans la joie et l’enthousiasme dans des usines d’armement ultra-modernes, sous les vivats d’un peuples électrisé par les discours patriotiques d’un gouvernement volontariste conduisant une Russie unanime vers la victoire. Là, demain. Ou après demain.

          Et puis finalement non, on a surtout vu des T72 vaguement rétrofités et des tanks encore plus anciens. Et, il faut le dire, ils se font détruire (navré, les gars).

          Alors, oui, sur les drones il s’est passé quelque chose. Les Russes ont indubitablement progressé. Sur la production d’obus, elle est peut-être très supérieure à ce qui se fait en Occident, mais n’empêche qu’elle ne suffit pas et la Russie est obligée de se fournir à l’étranger, en Corée du Nord notamment. Et la qualité n’est semble-t-il pas au rendez-vous.

          Sur les missiles, la situation est un peu plus confuse: ils en produisent pas mal, ils en ont encore pas mal en stock, mais comme leurs missiles sont globalement merdiques, on ne sait pas trop si ça change quelque chose ou pas. En revanche, on constate que ça détruit énormément de choses. Mais un peu à l’aveugle. Donc, est-ce que c’est efficace? Ben euh… pfff, allez savoir.

          Mais sinon, vous avez raison sur un point: la puissance de feu russe est très supérieure à celle de l’Ukraine et sa puissance industrielle aussi.

          D’où une interrogation lancinante depuis plus de deux ans: mais comment se fait-il que vous n’ayez pas encore écrabouillé ces minus d’Ukrainiens? Vous branlez quoi les gars? Ca aurait dû être torché en trois semaines cette affaire et vous y êtes depuis plus de deux ans. Et parti comme c’est parti, on a l’impression qu’on en est qu’à la moitié du conflit.

          Mettez-vous à notre place: on était tout à fait prêt à nous satisfaire d’une guerre courte qui conduise à une victoire russe, suivie de négociations pour gérer les scories. Et au lieu de ça, vous avez engagé le monde dans une guerre interminable qui nous fout nous, européens, dans une merde noire, et qui risque à tout moment de déraper en troisième guerre mondiale. Sans compter le bordel que ça a mis dans l’économie mondiale. Le grand n’importe quoi.

          Et là-dessus, vous radinez votre fraise en nous assurant que l’industrie russe tourne à plein régime. Mais qu’est-ce que vous voulez que ça nous foute, puisque vous ne gagnez pas? Ramenez-nous une victoire décisive et pas des chiffres truandés. De toute façon, vos stats faisandés ne valent pas un pet de lapin, alors ne nous emmerdez pas avec. Et en plus, on a déjà les nôtres qui ne valent pas mieux.

          Et ensuite on verra.

      • Prosper dit :

        Coretx etc … : puisque vous doutez de ce qui est produit en Chine, vous vous devez de militer contre ceux qui l’accusent d’être une menace contre qui que ce soit .
        Vous sortez votre argument et voilà : vous avez rétabli la vérité et vous avez fait une bonne action ! On vous en remerciera ! Les gens n’auront plus peur de la Chine grâce à vous !

    • Lex dit :

      Ce n’est pas parce qu’elle sont vieilles qu’elles ne sont pas dangereuses !
      Mais dans ce cas, le danger est aussi important pour le propriétaire que pour la cible !

    • aleksandar dit :

      Rappelez moi en quelle année ont été fabriqués les Minuteman ou les Polaris US ?
      Vous trouverez sur le net de très bons articles sur la maintenance les Minutemans, ses ordinateurs en W3.0, l’obligation pour les US de rappeler des programmeurs octogénaire ou nonagénaires pour les interventions de maintenance, les schémas de construction qui ont disparus, etc, etc
      Les chiffres sont biaisés des deux cotés.

  4. x dit :

    Bonjour, qui pourrait m’indiquer un lien ou m’expliquer les tenants et aboutissants concernant les « ogives nucléaires opérationnelles [ou pas] » ? MR6

    • Clavier dit :

      Si tu as une réponse, n’oublie pas de la communiquer au renseignement militaire car cela fait des décennies que tous les services de renseignement cherchent ce genre d’information…….

      • x dit :

        J’ai demandé des chiffres ? Non : les « tenants et aboutissants ». Pénible ces bla-bla égotiques et inutiles.

    • x dit :

      Je vais poser la question de manière plus simple et plus restrictive : pourquoi fabrique t’on des bombes « non opérationnelles » ?

      • Pascal, (l'autre) dit :

        @X « pourquoi fabrique t’on des bombes « non opérationnelles » ? » Parce que toutes les charges nucléaires ne sont pas montées sur leurs vecteurs. D’autre part certaines charges doivent repartir pour régénération car le matériel fissile de ces charges se dégradent avec le temps du fait de leur radioactivité. Dans le cas de matériel fissile la charge constituée de plutonium 239 va au fil du temp être « pollué » par l’isotope Pu 240 qui a la fâcheuse propriété d’être plus « réactif » que l’isotope 239 pouvant déclencher une réaction en chaîne prématurée de par sa fission spontanée. Cette réaction en chaîne libère de l’énergie si rapidement que le matériau fissile est dispersé prématurément limitant la puissance de l’engin! Donc ces charges fissiles doivent faire l’objet d’un retraitement visant à limiter la quantité de l’isotope Pu 240!

      • ^(;,;)^ dit :

        Je suppose qu’on les fabrique opérationnelles, mais qu’au bout de 30 ans par exemple on les déclasse comme étant moins fiables et non opérationnelles. Il faut tout vérifier, s’il n’y a pas urgence autant les garder comme ça et faire la révision quand le besoin s’en fera sentir.

        D’autre part, le plutonium utilisé dans les bombes US vielli mal car sa période de demi-vie est assez courte, au bout de 80 ans il n’est plus utilisable.

        • Pascal, (l'autre) dit :

          « D’autre part, le plutonium utilisé dans les bombes US vielli mal car sa période de demi-vie est assez courte, au bout de 80 ans il n’est plus utilisable. » Le plutonium utilisé dans toutes les armes du monde est du Pu 239 mais comme je l’ai écrit plus haut avec le temps ce dernier devient pollué par l’isotope Pu 240 qui a pour défaut de fissionner nettement plus pouvant provoquer une réaction en chaîne « prématurée » lors de la mise en criticité qui limitera la puissance de la charge. Sinon la demi vie du Pu 239 est de 24000 ans (il aura perdu la moitié de son activité pendant cette période).

      • x dit :

        Merci,
        ça laisse bien des questions en suspens… Je note d’ailleurs qu’on trouve des milliers (c’est un euphémisme) d’analyses géostratégiques et militaires sur tous les sujets et dans tous les sens en accès public, sauf sur la question du nucléaire où les assez rares contributions restent très généralistes et peu fouillées. Jamais vu de tentative de scénario d’engagement (d’engrenage ?) très développé par exemple. Et pourtant le sujet est on ne peut plus primordial ! Pourquoi ? Entres autres sans doute, parce-que le sujet est assez effrayant, mais cette explication partielle est évidemment bien courte… Ce manque est regrettable, il vaut mieux affronter ses peurs ; la connaissance permet de dé-conflictualiser, et le citoyen lambda y joue son petit rôle de fourmi.

  5. Alfred dit :

    Ce qui est logique sur le fond, étant donné que la Chine devenue puissance économique mondiale resterait sans cela pieds et poings liés face à son principal concurrent. Car c’est bien d’intérêts économiques divergents qu’il s’agit, le reste n’étant qu’enrobage de circonstances destinés à amuser la galerie, comme le montre le jeu des sanctions, des taxes et des subventions auquel les deux principaux protagonistes se livrent. Quant au constat plus général, il est étroitement lié à la détérioration des relations entre États consécutive à l’accession au pouvoir d’autistes à des degrés divers, qui n’ont pas plus en mémoire les menus inconvénients des conflits armés qu’ils n’ont de dispositions à gérer les situations ou anticiper les évolutions.

  6. Zaratoustra dit :

    C’est bien connu, les chinois ont toujours été experts en gros pétards et feux d’artifice, donc, rien d’inquiétant.

  7. Robmac dit :

    la Chine a des visées expansionistes en mer de Chine, est menacée par la super puissance US, et va profiter de la guerre en Ukraine pour vassaliser la Russie.

    Donc elle fait comme tous ceux qui le peuvent, elle garantit sa souveraineté par un arsenal nucléaire …

    Ainsi va la stupide humanité.

  8. Félix GARCIA dit :

    xD
    Merci pour cette anecdote sur les réservoirs externes.
    Un peu d’humour dans ce monde de brutes.

  9. Le nouveau dit :

    « capacité de détruire une seule fois un pays, dont la Russie et la Chine »
    pour la Russie peut-être
    mais a condition que tous les vecteurs fassent coup au but (ce qui serait déjà un miracle) mais, pour la Chine, vu que le potentiel létale de la totalité de l’arsenal nucléaire français est d a peu près 80 millions de morts, comment expliquez vous une destruction totale de la Chine et de son plus d’un milliard d âmes ?
    car pour la Chine et pour l’Inde, clairement, la densité de leur population leur assure qu il restera toujours des ressortissants pour porter la réplique. ce qui n’est pas le cas des pays de même pas 100 millions d’habitants, qui eux, peuvent être totalement tués.
    (grâce a Dieu, tout ceci n’est et ne sera que théorique, car, de toute façon, personne ne sera gagnant d’une confrontation nucléaire, destruction mutuelle assurée = guerre impossible entre puissances nucléaires)

    • Cricetus dit :

      il y a quelque part sur Internet un passionnant rapport du congrès des États-Unis commandé à l’époque d’Obama pour estimer la dissuasion nécessaire minimum : la destruction d’une nation en tant qu’entité politique n’est pas synonyme d’exterminer tous ses habitants, elle se fait en détruisant ses principaux centres politiques, économiques, industriels et intellectuels.
      Ensuite l’économie s’arrête et le chaos s’installe.
      Cette étude estimait que la Chine communiste pouvait être rayé de l’histoire avec environ une centaine de têtes nucléaires, les États-Unis une quarantaine, la Russie une douzaine et la France….3.

      • Marine dit :

        Et après, il y en a encore qui considère qu’habiter Paris est le summum de la réussite sociale ! ^^

      • tschok dit :

        Ce rapport du congrès exagère: pour que le chaos s’installe chez nous, on n’a pas besoin d’ogive nucléaire, on y parvient très bien tout seul.

        Ou avec l’aide mal intentionnée de pays tiers, dans le domaine de l’action non-cinétique.

  10. Rakam dit :

    N’oubliez pas Iran et Israël…le premier peu des aujourd’hui posséder 1 ou2 ogives et les vecteurs qui vont avec ‘le deuxième il y a longtemps qu’il a ce qu’il faut…bref tout le monde peu se péter à la gueule…

    • Peu, peuh, peut, peux dit :

      Peu : contraire de beaucoup.
      Peut : verbe « pouvoir » conjugué au présent de l’indicatif (je peux, tu peux, il peut).

    • Observer dit :

      Après observation, cette façon de glisser dans son texte ou de le terminer sur une grossièreté est fondamentale chez ce pâle Rakam…. On s’entend donc pour dire que c’est sa manière de se montrer avec le chimérique espoir d’exister. Encore un qui se trompe.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      N’oublions le Pakistan et l’Inde et d’éventuels futurs possesseurs! Si l’Iran obtient la bombe quelle sera la réaction de la Turquie, de l’Arabie Saoudite? La Russie qui se « retranche » derrière son parapluie atomique pour « protéger » son opération spéciale ne risque t elle pas de donner des « idées »?

  11. JILI dit :

    En Asie, la Chine a déjà un sérieux concurrent et ennemi, qui est l’Inde, et d’autres sont en train de sortir comme l’Indonésie etc. qui vont devenir de grandes puissances mondiales. Cependant l’Inde à la bombe nucléaire mais l’Indonésie ne l’a pas. De plus et oorsqu’on considère tous les accords de non prolifération signés par toutes les puissances nucléaires, et qu’aucun ne respecte, cette course affolante à la situation finale pour la destruction de notre monde,c’est intolérable et inadmissible. Je rappelle que normalement la vente des sous marins nucléaires à l’Australie et surtout par rapport au moteur nucléaire existant sur celui-ci est illégale ! Bizarrement, il semblerait que ce soit la FRANCE qui est le seul pays à respecter les accords internationaux.

  12. Aymard de Ledonner dit :

    Stoltenberg :
    « Cela signifie que dans un avenir proche, l’OTAN pourrait être confrontée à quelque chose que l’Alliance n’a jamais affronté auparavant, à savoir deux adversaires potentiels dotés d’arsenaux nucléaires : la Chine et la Russie. Bien sûr, cela a des conséquences »
    On ne sait pas trop de quelles conséquences il parle mais le statuts quo semble enterré.

    • tschok dit :

      Oui, la capacités d’emballement du système fou ne sont pas mesurées précisément à ce jour.

      Les modèles de mesure du risque datent d’avant la situation actuelle. Par exemple, la Guerre Froide opposait concrètement l’URSS (bloc de l’Est) aux Etats-Unis (Otan, avec un rôle marginal de la France) Donc, deux joueurs. Structure stable, donc, parce que les deux joueurs vont former un condominium.

      Là, on se retrouve avec au moins trois joueurs de premier niveau (Russie, Chine, Etats-Unis) et un cortège de joueurs de second niveau souvent réunis en couple (Inde et Pakistan, Israël et Iran par exemple) et des électrons libres (Corée du Nord). Structure pas très stable, a priori, parce que les joueurs vont faire des combinaisons d’alliance suivant les circonstances.

      Mais l’évaluation du risque se fait petit à petit, par exemple: attaque de l’Iran contre Israël = pas de riposte. Mais en même temps l’attaque a été indolore. Donc, c’est significatif, ou pas? Ben on réfléchit. Ou guerre en Ukraine: pour l’instant, pas de nuke, alors que c’est une guerre sous contrainte nucléaire.

      On évalue les risques en les pratiquant.

  13. Occident dit :

    La Chine poursuit le développement de ses forces armées. Comme tous les pays de la planète qui le peuvent . La France, par exemple ne le fait-elle pas ?

    • Pascal, (l'autre) dit :

      @Occcident Oui mais elle justifiait la possession de l’arme nucléaire dans un but défensif, il semble au vu de l’augmentation de son armement nuc qu’elle ait dépassé le stade de la stricte suffisance qui prévaut dans la doctrine française! Pour résumer son arsenal ne deviendrait il pas à caractère préventif/offensif »?