Les régiments d’infanterie vont renforcer leur trame antichar avec des missiles à courte portée NLAW

Dans le cadre du nouveau plan stratégique « Armée de Terre de combat », le modèle des régiments d’infanterie va évoluer. Il s’agit même d’une « transformation »… qui a en réalité déjà été amorcée en 2022, avec la réduction du nombre de leurs compagnies de combat. « De nouvelles adaptations sont apparues nécessaires pour permettre à l’armée de Terre de conserver la supériorité opérationnelle dans la perspective d’engagements majeurs, y compris dans les nouveaux champs de conflictualité, qui transforment les menaces liées aux conflits de haute intensité », avait en effet expliqué le ministère des Armées, à l’époque.

Concrètement, l’infanterie doit « rendre » 1500 postes pour renforcer certaines fonctions opérationnelles désormais incontournables, comme le renseignement, le cyber et l’influence. D’où la suppression d’une compagnie de combat ou de préparation opérationnelle au sein de ses vingt régiments.

Cela étant il a été décidé dans le même temps de renforcer leurs appuis-feux indirects et directs. La recréation sections d’appui mortier de 120 mm [SAM 120], dotées de véhicules blindés multirôles légers Serval, en est une conséquence.

Quant aux appuis-feux directs, ils reposeront sur une trame antichar complète, donc renforcée. « L’assaut des unités blindées russes sur Kiev, dans les premières semaines de mars 2022 a en effet été en grande partie brisé par l’importance et la dissémination des moyens antichars mis en œuvre par les forces armées ukrainiennes », rappelle ainsi le colonel Jacques Bouffard, le directeur des études de la prospective de l’infanterie, dans le dernier numéro à paraître de la revue « Fantassins ».

Dans ce contexte, la section d’appui direct [SAD] de la compagnie d’appui, section mixte de moyens antichars et de mitrailleuses, va devenir une « véritable section antichar [SAC], avec une composante ‘missiles’ exclusive », a-t-il poursuivi.

Une section antichar se composera d’un groupe ACMP [Antichar Moyenne Portée] doté de missiles Akeron MP [ex-Missile Moyenne Portée], de deux groupes mixtes à une pièce ACMP et une pièce ACCP [Antichar Courte Portée].

En 2023, après la commande d’un nouveau lot de roquettes antichar AT4 F2 par la Direction générale de l’armement [DGA] auprès de Saab Bofors Dynamics, et alors que la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 était en cours d’examen au Parlement, le général Cédric Gaudillière, chef de la division « Cohérence capacitaire » de l’État-major des armées [EMA], avait évoqué l’acquisition d’un « missile différencié à bas coût, répondant à certaines besoins spécifiques, tels que les tirs de char en milieu urbain » afin de compléter l’Akeron MP.

« En utilisant les leçons tirées de l’expérience ukrainienne, nous travaillons à la conception d’un missile abordable et pouvant être acquis en grande quantité, et qui réponde à des besoins opérationnels précis », avait-il expliqué lors d’une audition parlementaire.

Mais, en attendant, les sections antichar seront dotées de NLAW, un missile à courte portée conçu par Saab Bofors Dynamics et produit par Thales Air Defence pour un prix unitaire d’environ 23’000 euros. C’est ce qu’a en effet annoncé le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], dans les pages de Fantassins.

« La cohérence de la trame missile-roquette va être rétablie : le NLAW, nouveau missile antichar de courte portée et successeur de l’Eryx, arrivera dans les régiments fin 2025 », a-t-il écrit.

Le NLAW [Next generation Light Antitank Weapon] a une portée comprise entre 20 et 800 mètres. Guidé par un système de ligne de visée semi-automatique [SACLOS] permettant au tireur de le diriger vers sa cible, ce missile est capable de pénétrer un blindage de 500 mm d’épaisseur.

Selon les explications livrées par le colonel Bouffard, au sein des compagnies de combat, la trame antichar sera donc « renforcée et mieux disséminée dans les groupes. C’est l’une des raisons essentielles de la refonte de la section de combat ».

« Dans cette nouvelle mouture, les armes antichar [2 pièces ERYX] ne sont en effet plus concentrées sur un seul groupe mais au contraire réparties dans les trois groupes de combat [1 binôme ACCP NLAW], appuyées par des armes anti-blindés légers [AT4 F2] afin de donner une plus grande polyvalence à ces groupes et par conséquent une plus grande souplesse d’emploi pour le chef de section », a-t-il ensuite détaillé.

Ainsi, a-t-il poursuivi, le « véhicule de combat d’infanterie devient un véritable ‘magasin d’armes’ où le groupe pourra s’équiper selon la mission qui lui aura été confiée, avec une capacité de réversibilité immédiate. Le groupe antichar de la section d’appui de chaque compagnie sera également composé de deux pièces AKERON MP. Un GTIA [*] d’infanterie disposera in fine de 12 systèmes AKERON MP ».

Outre le renforcement de cette trame antichar, les régiments d’infanterie devront s’approprier de nouvelles capacités, comme les systèmes robotisés [drones, munitions téléopérées, robots terrestres] et disposeront d’une capacité d’appui électronique élémentaire, mise en œuvre par de nouvelles « sections de renseignement et de guerre électronique » [SRGE].

Enfin au niveau de la compagnie de combat, chaque section comptera un binôme spécialisé chargé de déployer des mini-drones « tandis qu’un binôme du groupe mortier de 81mm disposera d’une double qualification pour mettre en œuvre les futures munitions téléopérées de courte portée [MTO-CP] », a conclu le colonel Bouffard.

[*] Groupement tactique interarmes

Photo : Tir de missile NLAW – British Army

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55 contributions

  1. Fabien Tremm dit :

    Enfin un missile qui n’est pas sur trépied long à installer. Pour la longue portée, ce n’est pas un problème, mais à courte portée, ce n’est pas une bonne solution, surtout pour l’infanterie. Et en termes de coûts, le NLAW est dans les €30-35,000 l’unité et des simulateurs existent déjà pour l’entraînement. Ajoutez à cela la coopération avec la Suède sur le MMP, le fait que Thales UK participe à ce missile, et que Saab Bofors Dynamics fournit les charges explosives du MMP, il y a une collaboration intelligente.
    Et le Eryx nécessitait un successeur.

    • Bazdriver dit :

      @Fabien. L’article donne un prix de 23000€, pourquoi et sur quelle base donnez-vous un un prix de 30000-35000€??

      • Fabien Tremm dit :

        Les contrats?
        Suisse, 2016, 4,000 NLAW , CHF 140 millions, CHF 35,000 l’unité ; Finlande, premier achat en 2007, 1,500 missiles, €38 millions donc €25,333 l’unité; Finlande, 2015, 1,000 NLAW, €36 millions, €36,000 l’unité ; Royaume Uni, décembre 2022, £229 millions (€265 millions à ce moment) pour 7,000 missiles, environ €38,000 l’unité.

  2. Robmac dit :

    Le retour d’expérience (le ‘RETEX’ je crois) de l’Ukraine montre que les drones sont devenus une arme anti-chars majeure. Ils doivent être en complément, sinon majoritaires dans ce type d’armement à mon avis.

    • HMX dit :

      Outre les missiles, la trame anti-char doit en effet inclure des drones kamikazes/munitions téléopérées. C’est évoqué et apparemment prévu (bonne nouvelle !), mais encore suffisamment flou pour ne pas qu’on développe le sujet (mauvaise nouvelle !).

      Bien qu’elles ne soient pas citées, on peut fortement supposer que les MTO Colibri et Larinae vont intégrer cette trame antichar (même si le cahier des charges de Colibri ne prévoit qu’une capacité de destruction de véhicule léger, non blindé).

      Il serait cependant dommage de s’arrêter à ces deux MTO. D’autres systèmes mériteraient d’être développés à partir du retex ukrainien. Quelques pistes :
      – Un « simple » drone FPV low cost, issu d’un modèle du commerce, porteur d’une charge préformée et optionnellement filoguidé pour évoluer en environnement de brouillage intensif.
      – Un drone « munition dormante », relativement discret, ayant la capacité de venir se positionner par ses propres moyens près d’un point de passage (sur un toit, dans un champ…) puis d’y rester en veille pendant une longue durée. En cas de détection d’une cible, après validation d’un opérateur (ou de façon autonome avec l’IA ?), le drone se jette sur celle-ci avec sa charge préformée.
      – Un essaim de drones piloté par un seul opérateur, capable d’assigner individuellement une cible à chaque drone, ou d’attaquer simultanément une même cible sous plusieurs angles

    • joe dit :

      Exact. J’espère que l’état-major ne communique pas sur le sujet pour rester discret mais on voit bien qu’ignorer la composante bas coûts Drones de surveillance + Drones anti-personnel ou anti-char est essentiel dans une guerre d’attrition. Les Akeron sont hors de prix, le NLAW doit être utilisé en vue direct. Au pire, il suffit de dupliquer les méthodes Ukrainiennes en sélectionnant des drones capable d’emporter des charge de 4 à 7 kg. Cela devrait pouvoir être possible pour moins de 5000€, produit à hauteur de 50.000 ou plus dans un premier temps… Ça et poursuivre de toute urgence la R&D des armes lasers… pour contrer les drones adverses, voir missiles.

      • Avekoucenzeh dit :

        Pour dire « et même », l’adverbe « voire » convient parfaitement, mais pas le verbe « voir ».

        Pour contrer les drones adverses, voire missiles.

  3. Félix GARCIA dit :

    Excellent.
    Mais à quand des appuis directs au fantassin à coups de Carl-Gustaf M4 ?
    Des sections d’appui équipées d’EVOLYS, de SCAR et de Carl-Gustaf M4 ?

    PS : J’ai essayé l’AT4 à Saint-Maix, bah je trouve ça pas évident du tout de voir à travers « le double œilleton » (pour le tir à ~200/300m).

    • Jak0Spades dit :

      L’ AT4 F2 est doté d’un viseur ‘point rouge’ Aimpoint, plus simple à l’emploi. Pour le Carl Gustaf M4, tout à fait d’accord…

    • Roro94 dit :

      Les nouveaux AT4 auront un viseur point rouge. Je vous rejoint sur le fait que le tir aux organes mécaniques à l’AT4 n’a rien d’évident. Maintenant c’est pensé pour de l’engagement à très courte distance.

      Et je suis aussi un partisan du Carl Gustaf: en terme de gestion des munitions, il y a pas photo, on peut tout simplement en emporter plus dans les véhicule.
      Le problème c’est que le carl gustaf nécessite un tireur et un servant et donc ne saurait être alloué aux groupes des sections de combat. Il s’agit plutôt d’un système d’arme qui aurait sa place en section d’appui.

    • tow dit :

      C’est pour ça que la nouvelle version de l’AT4 a une lunette ou un point rouge (réutilisable)

      Le Carl Gustav n’entre pas dans le besoin de notre armée qui recherche une munition jetable utilisable par tous et sans spécialisation.
      Le Carl Gustav imposerait une spécialisation d’une équipe, il n’y aurait que cette équipe qui en serait le détenteur et l’utilisateur.
      L’AT4 vous pouvez en donner un à chaque combattant, en mettre un sur chaque position, dans chaque véhicule.
      Faut faire du combat d’infanterie pour comprendre la souplesse et la polyvalence d’une arme jetable que tout le monde peut mettre en œuvre.

      Le NLAW ou son successeur entre dans la même logique. On veut disséminer les capacités. Come il y est écrit, le but c’est que chaque groupe, qui se trouve dans un véhicule à part, donc se trouvant bien souvent sur des positions différentes, disposent d’un missile AC. Pour cela il ne faut pas spécialiser des équipes, il faut juste désigner des porteurs/utilisateurs (qui seront complémentaires aux AT4). Derrière ces groupes on aura une section d’appuis qui va couvrir une zone plus large avec notamment des MMP, des mortiers de 81mm et prochainement de drones kamikaze.
      Sans oublier qu’on va aussi voir ces groupes de combat être équipés de minidrones.
      Là on parle juste des capacités d’une simple compagnie, derrière on peut rajouter les moyens complémentaires de la compagnie d’appuis, d’une section AC, des tireurs d’élites, des mortiers de 120mmm, de la guerre électronique.
      On a tout un éventail de moyens, ceci sans oublier les éléments secondaires comme les LGI, les lance grenades, grenades à fusil qui peuvent amener des effets et des dégâts.

      Je doute qu’en Ukraine nous avons autant de moyens dans un groupe de 140 soldats. Chez eux c’est bien moins organiques et bien moins systématisé. On va retrouver une équipe drone qui va faire la reconnaissance et les frappes de suicides sur une zone, mais ce n’est pas le travail de l’infanterie pour son environnement et pour sa mission.
      On dit qu’en Ukraine il y a une profusion de drones, mais pour nous demain, c’est un drone pour un groupe de 7 voir 8 combattants.
      On ne peut pas dire qu’on sera en manque de drones, c’est largement suffisant au vue de nostre format.

      • Avekoucenzeh dit :

        L’adverbe « voire » (avec un e final et généralement précédé d’une virgule) signifie « et même », alors que le verbe « voir » n’a pas ce sens.

        C’est un drone pour un groupe de 7, voire 8 combattants.

      • Opticien dit :

        C’est largement suffisant au vu de notre format, pas « au vue de nostre format ».

        Dans cet usage, il ne s’agit pas de la « vue » (nom féminin : le sens de la perception oculaire), mais du « vu » (nom masculin).
        https://dictionnaire.lerobert.com/definition/vu

        Ne pas confondre « au vu de » et « en vue de » ou « à la vue de ».

      • Félix GARCIA dit :

        « Le Carl Gustav imposerait une spécialisation d’une équipe, il n’y aurait que cette équipe qui en serait le détenteur et l’utilisateur. »
        En effet, dans les équipes d’appui. Notamment pour le combat urbain, en montagnes, en forêt … avec un flux logistique constant (drones/hélicos/blindés logistiques) pour fournir les munitions nécessaires (mais aussi les munitions de petit calibre, des plaques balistiques, etc …).

  4. Stéphane dit :

    SML,
    SAC…

    On reviendrait pas, doucement, aux unités d’infanterie « d’antant”?

    Allez, un effort, reste l’équipe choc (2 binômes), l’équipe feu (2 binômes, 1 LRAC, 1 MINIMI), toutes 2 aux ordres leur caporal, chef d’équipe, le TP binômé avec son chef de groupe…
    Mon antediluvien carnet de chef de groupe va redevenir à jour

    • Tant, taon, tend, temps, t'en dit :

      Aux unités d’« antant », certainement pas, mais aux unités d’antan, allez savoir…

    • YA-K dit :

      je vous rejoins : même la SRGE a des airs de SRR… surtout qu’elle n’a de « guerre électronique » que le nom vu la faible dotation en moyens GE et qu’elle accueille quand même une capacité anti-char, ‘ensemble monté en patrouilles sur VBL/VBAE !

  5. Félix GARCIA dit :

    Ne pourrait-on développer, à l’image de RTX et SAAB, une version « Javelin/ENFORCER » pour Carl-Gustaf M4 à partir de l’Akeron MP ?
    « Guided Carl-Gustaf® munition flight tests »
    https://www.youtube.com/watch?v=Oj1i4or1hlE

    • Arthur dit :

      Vous mélangez pas tout? Enforcer, missile de MBDA Deutschland et pas Saab, ni RTX.
      Et c’est quoi un Javelin Enforcer Carl Gustaf Akeron?
      Ce que Saab et Raytheon ont développé, c’est une munition guidée laser, donc quel rapport avec le Javelin ou l’Enforcer? Et pour le Akeron, pour info, la charge explosive est de Saab, et si vous voulez ce que Saab et Raytheon ont développé, mais sur le M4, vous reprenez une munition de Saab, un système de guidage laser, donc il reste quoi de l’Akeron dans votre idée?
      Des missiles avec ce genre de portée, guidés laser, ça existe déjà, ça s’appelle le MILAN. Pour un pays non producteur de tels systèmes, oui la solution de Saab/RTX a un intérêt, mais lequel pour la France? Autant vendre l’Akeron ou le MILAN, mais développer un MILAN bis à partir de quel élément de l’Akeron?

      • Félix GARCIA dit :

        En gros, prendre les capacités d’attaque par le haut et de verrouillage après lancement de l’Akeron MP, ainsi que le contrôle du vol, et « mettre ça » à l’intérieur d’une munition logeant dans un Carl-Gustaf M4, tout en étant programmable par celui-ci.
        Un « JAVELIN/ENFORCER » à partir de l’Akeron MP, dans un Carl-Gustaf M4.

  6. Jak0Spades dit :

    ‘Le NLAW [Next generation Light Antitank Weapon] a une portée comprise entre 20 et 800 mètres. Guidé par un système de ligne de visée semi-automatique [SACLOS] permettant au tireur de le diriger vers sa cible, ce missile est capable de pénétrer un blindage de 500 mm d’épaisseur.’

    Ce n’est pas tout à fait ça, le NLAW fonctionne sur le principe du ‘Predictive Line-of-Sight’ et non SACLOS. C’est à dire que le gyroscope a bord du missile calcule la vitesse angulaire entre le tireur et sa cible lors de la prise de visée. Lors du lancement, le missile suit une trajectoire fixe qui lui permet d’intercepter sa cible. Le missile n’étant pas dote d’un autodirecteur, il ne peut pas corriger sa course. Un fois lancé, soit il initie sa charge (impact, ou survol de la cible), soit il s’autodétruit au bout de 1,000 m. C’est ce principe qui permet d’avoir une arme bas-coût, capable de fonctionner en mode ‘tir et oublie’. En théorie, ce system marche à n’importe quelle distance mais plus la cible est lointaine, plus les marges d’erreurs sont accrues, et plus la cible a le temps de réagir au tir. Au départ, le NLAW avait une portée efficace de 400 m pour cibles mouvantes, et de 600 m pour cibles fixes. Une mise à jour du logiciel du missile a permis d’accroître ses performances :600 m cible mouvantes, 800 m cibles fixes. Le missile parcourt 400 m en deux secondes et 600 m en trois secondes (grosso modo). Le temps d’engament du NLAW est de 8 à 10 secondes, en moyenne (De l’acquisition de la cible jusqu’à sa destruction). Au-delà de 800 m, un autodirecteur ou un system de liaison de données (câble, fréquence radio, faisceau laser) devient nécessaire pour maintenir un bon degré de précision. In fine tout est question de compromis.

    Le missile est doté d’une double fusée : impacte ou Overfly Top-Attack (OTA). Le tireur choisi le mode désiré avant le tir. Tout comme la distance d’armement minimum (20 m, par défaut, ou 100 m. Au choix du tireur en fonction du profil de cible et du terrain). En mode OTA, la fonction impact demeure active, ce qui pour a pour résultat de rendre les fameuses ‘cope cages’ assez inutiles (le missile la percute, l’enfonce, et la charge creuse d’initie au-dessus normalement). En mode OTA, la fusée de proximité détecte sa cible en combinant les signaux d’un capteur optique, et d’un capteur a effet Hall (ce qui permet de détecter une masse ferreuse sous le missile).

    • Twisted dit :

      C’est l’OTA qui lui permet notamment de taper fort sur les toits. Des nouvelles du NLAW en Ukraine? On en entend plus guère parler…

      • LM dit :

        il n’y a plus beaucoup de char russe à détruire.
        Les survivants évitent le combat à courte distance au maximum.
        C’est donc l’artillerie qui domine le champ de bataille.
        Et donc l’actualité.

    • Robert Collins dit :

      Les Anglais utilisent un « system », les Français emploient un système.

  7. AirTattoo dit :

    Je ne suis pas fan du NLAW bien qu’il est joué un rôle important en Ukraine, qu’il est effectivement facilement utilisable, qu’il est Européen en partie et qu’il complétera la panoplie du fantassin .
    https://www.youtube.com/watch?v=CvCZaSMwIZQ -> vidéo sur le NLAW
    https://www.youtube.com/watch?v=djvyld8g21k -> NLAW vs JAVELIN

    • Félix GARCIA dit :

      À la question posée par votre deuxième vidéo, j’aime la réponse de RedEffect :
      « Stugna-P – Le meilleur d’Ukraine ! »
      https://www.youtube.com/watch?v=LB6r1RuG0lM
      ^^

      Blague à part, les JAVELIN font un massacre en terrain ouvert, et le NLAW a fait des ravages en courte portée (combats urbains, en forêts, dans les villages …).

    • joe dit :

      C’est pas faux. N’oublions pas le rôle très important des miens et de l’artillerie, ainsi que toute la panoplie d’arme antichar. J’aime beaucoup le modèle Allemand avec une charge creuse posée à distance de la route à raz du sol, déclenchée automatiquement. Vu la quantité de blindés légers ou lourds de la russie, il est essentiel d’utiliser tous les moyens à disposition. Quelque soit l’issue de cette guerre, putler va faire tourner les usines d’armement à fond pendant des années pour reconstituer les stocks. Nous avons intérêt à produire en masse des contre-mesures des maintenant, au pire cela sert aux Ukrainiens 🙂

    • Conjugaisons dit :

      Je ne suis pas fan du NLAW bien qu’il ait joué un rôle important en Ukraine, qu’il soit effectivement facilement utilisable, qu’il soit européen en partie et alors qu’il complètera la panoplie du fantassin.

      • Être et avoir dit :

        En effet, car il y avait notamment une confusion entre les verbes « être » et « avoir ».

        Dans « bien qu’il ait joué un rôle important », il s’agit bien de l’auxiliaire « avoir », dans un emploi adapté (et conjugué au subjonctif, comme il se doit après « bien que »).
        Mais dans « bien qu’il ‶est″ joué un rôle important », il s’agissait de l’auxiliaire « être », dans un emploi totalement inadéquat.

  8. blavan dit :

    Enfin on tire des enseignements du conflit ukrainien, l’attaque des chars doit se faire par la partie supérieure et c’est une des caractéristiques de ce missile. La parade future pour les équipages des chars sera une plaque de métal à 1m de la superstructure couvrant toute la surface du véhicule pour réduire l’efficacité des drones et missiles.

    • Bazdriver dit :

      @blavan. Cela fait plus de 40 ans que des armes sont specifiquement développées et fabriquer pour taper le point faible du char.. L’Ukraine n’est pas une découverte…

      • blavan dit :

        Sauf que les premiers « parapluies » sur char sont apparus depuis 2 où 3 ans en Ukraine et en Israel.

  9. Félix GARCIA dit :

    Pour la trame anti-char à pas cher et en masse : des MILAN ER+ (~3/5km), notamment sur drones à voilure tournante ?
    —> « MBDA va intégrer son missile antichar Akeron MP sur le drone VTOL grec Atlas 8 Heavylifter »
    https://www.opex360.com/2024/02/07/mbda-va-integrer-son-missile-antichar-akeron-mp-sur-le-drone-vtol-grec-atlas-8-heavylifter/

    Ceux-ci pourraient autant servir d’armes anti-chars/blindés que d’armes anti-structures.

    • tow dit :

      Au jour d’aujourd’hui c’est idiot. Le conflit en Ukraine montre qu’il vaut mieux un drone sacrifiable qui servira de pointeur à une charge creuse simple que d’avoir un porteur de missiles.
      Le drone porteur de missiles va devenir le drone d’observation pour des frappes d’opportunités en environnement peu contraint par l’anti-aerien, pas le drone d’interception.

      • Félix GARCIA dit :

        Cela permet de se mettre hors de portée des brouilleurs, et, le missile étant filoguidé, pas de problème de liaisons là non plus.
        Mais on perd l’aspect « rôdeur » pour être plus dans de « la défense de points/zone », ou encore, dans le tir déporté (en 3D, avec la possibilité de « regarder derrière la colline/crête/cime » et tirer tout en restant à couvert ou dans son blindé/véhicule).

    • YA-K dit :

      totalement d’accord, le besoin actuel est davantage dans l’anti-structure que dans du vrai combat contre un blindé lourd ou MBT

      Quant à l’anti-char (au sens « MBT ») pur : une section dédiée/régiment + la cavalerie (Jaguar avec ses MMP, Leclerc,…) + éventuellement en tourelle sur les véhicules (retrofit VBCI et Griffon pour l’emport d’un Milan comme on a mis des SS11 sur les AMX13 fut un temps ?) + l’intervention interarme (ALAT, armée de l’air, …) + munitions rodeuses (bien plus lfexibles qu’un NLAW) + artillerie (obus Bonus, …) + des mines et aménagements de terrains (armes de base contre le char trop oubliée en France) : y a t’il réellement encore besoin d’une capacité anti-char dans les groupes ?

      la cohérence serait :
      AT4 au niveau des groupes de voltiges + MTO!
      CG au niveau des groupes d’appuis au sein des sections d’infanterie + MTO!
      Milan au niveau des compagnies (rôle anti-structure, anti-blindés, secondairement anti-char) + MTO!
      MMP au niveau des régiments (section d’appui direct) (rôle dévolu à l’anti-char) + MTO !

      • Félix GARCIA dit :

        En anti-structures :
        – Des roquettes ACULEUS HE ou des MILAN ER+ dans les paniers de LMP (Lanceur Modulaire Polyvalent) terrestres ?
        – Des AT4 F2 et des Carl-Gustaf M4 ?
        – Des 120mm HE/HE IM3M sur canon 120mm FER ou ASCALON 120mm ?
        – Ou un calibre intermédiaire aux 40mm CTA et 140mm CTA (57/76/105/120mm ? autre ?) ?

  10. tow dit :

    L’augmentation capacitaire dans l’infanterie est une bonne chose.
    On a une densification intéressante et l’inclusion de moyens adaptés à la nouvelle réalité des drones.
    Les RI deviennent plus autonomes avec un équipement qui apporte un saut capacitaire.

    Ce sont souvent des choses qui ne se voient pas trop pour ceux qui sont derrière un écran et qui souvent ne font que compter des véhicules, mais on est quand même dans un renouvellement total de notre infanterie. La fin du VAB, de l’ensemble des armements individuelles et collectifs ( du pistolet au MMP en passant par les mitrailleuses et les fusils d’assaut) le renouvellement des tenues avec le SMB, le treillis qui va lui aussi perdre son bariolage, les optiques, les trans etc.
    Tout ne vient pas en un bloc et n’est pas remplacé en 6 mois, mais dans 5 ans, un RI aura une toute autre gueule qu’il y a 5 ans.
    L’insertion des drones va devoir pousser à revoir les doctrines, c’est très important. Va falloir revoir les manières de faire et d’évoluer, accepter de faire différemment, pas toujours simple face à certaines habitudes. L’infanterie ce n’est pas qu’un soldat avec un fusil, c’est un ensemble d’éléments qui doivent dérouler, un réel collectif. Comme nous le voyons dans cet article, les capacités de destructions de blindés sont importantes pour des troupes à pieds. On prend en référence le conflit en Ukraine, mais le rapport du nombre d’armes AC d’une compagnie d’infanterie française est largement plus fort qu’une compagnie ukrainienne ou russe. Alors certes nous n’avons pas la masse, c’est le système de professionnalisation et les limites du recrutement qui limite cela.
    Pour les mortiers de 120mm, un bon retour, faudra se pencher dans quelques années sur son remplacement, pourquoi pas du MEPAC dans l’infanterie, pourquoi pas voir ceux dans l’artillerie reversé à l’infanterie et voir venir des Caesar pour les remplacer , ceci permettrait d’augmenter le nombre de canons de 155mm en maintenant les effectifs.

  11. golf dit :

    La sémantique est un art parfaitement maîtrisé par les technocrates du minbar, en résumé ;faire mieux avec une compagnie en moins pour vingt régiments.

  12. Bob dit :

    Qui aurait la composition et le détail d’organisation des régiments d’infanterie actuels?
    Je suis largué.

  13. MikeIndia dit :

    Ayant été en S4 , en groupe milan. ( section appui ) , je ne comprend pas pourquoi c’est le groupe MO qui recevra la tache et la mission de mettre en œuvre des MTO , qui auront une vocation anti véhicules – anti char … alors qu’il y a un groupe dans la même section dont c’est la spécialité…

    Pourquoi ne pas renforcer le groupe Milan-MMP avec ces MTO et de l’AT4 en supplément ?

    De ce fait le groupe milan aurait une capacité anti char de 200 ( AT4 ) à plusieurs dizaines de km avec les MTO …

    Vous formez un groupe AC CMP avec 1 pièce MMP ( le MMP est réservé aux cibles de haute valeur selon moi ) un trinôme RENS/profondeur avec des drones d’observation légers et des MTO pour taper là ou l’observateur lui indiquera + un binôme MAG58/Minimi 7.62 pour la sûreté rapprochée ou la destruction de véhicule non blindé

    3 pax pour la pièce MMP
    3Pax RENS / MTO
    2 pax MAG58
    1 CDG

    Soit à peu près l’effectif d’un groupe combat sans l’équipage ( serval ? )

  14. YA-K dit :

    La section d’infanterie avait déjà été réorganisée sur ce combat anti-char avec l’arrivée de l’Eryx à la fin des années 80.
    En 2024 on choisi de recentrer notre infanterie sur un combat anti-char, mais a t’elle réellement un risque d’affronter un char ? Aucunement! avec la transparence du champ de bataille un char est repéré et traité à distance par une panoplie de feux, il ne s’approchera jamais à 800m.

    Par contre, la section d’infanterie devrait être réorganisée pour se focaliser sur la lutte anti-drones : chaque déploiement se fait désormais sous cette menace (même les « OPEX » de stabilisations en voient fleurir (Kosovo, Liban, …), cela ne va pas tarder en OPINT et tout engagement HI se fera forcément avec une omniprésence de drones.

    Inversement, plutôt que d’exposer un tireur NLAW à moins de 800m d’un char ennemi, développons les drones et MTO, (d’ailleurs souvent moins chères qu’un NLAW) et seul moyen pour compenser notre déficit de masse et préserver le capital humain.

  15. mich dit :

    Moins de fantassins mais un volume de feu et de capteurs plus puissant ce serait pas mal , quelques lance grande automatique et 2 ou trois postes mistral cela pourrait peut être aussi le faire avec les nouvelles SML !Ce qui serait bien avec des régiments plus puissant voir « bodybuildé » ( c ‘est pour les anglophobes de service !) c ‘est qu ‘ils pourraient appuyer un voir deux bataillons d ‘un pays aux forces moins bien équipés mais qui apporteront la masse de fantassins encore nécessaire (toute ressemblance avec des conflits passés et peut être futurs et purement volontaire ) ,du moins tant qu ‘il y aura des hommes sur un champ de bataille .

    • Avekoucenzeh dit :

      Pour exprimer « et même », c’est l’adverbe « voire » (qui s’écrit avec un e final et qui est généralement précédé d’une virgule) qu’il faut employer, mais pas le verbe « voir » (qui n’a ni la même signification ni la même origine étymologique).

      Avec des régiments plus puissants, voire « bodybuildés ».
      Ils pourraient appuyer un, voire deux bataillons.

      • mich dit :

        Si je pouvais vous inclure dans la correction auto ce serait super mais une escroquerie de ma part !

  16. Thierry le plus ancien dit :

    Pour une fois rien à redire tout cela me paraît être de la saine logique qui obéit à la réalité du moment et qui devrait bien fonctionner.

    Cependant pour tirer sur un char à 20 mètres, ça ne peut se faire que d’un couvert ou tranché en rase campagne ou d’un bâtiment en milieu urbain, et ça exige aussi un sacré cran des tireurs, parce que là il faut des héros et pas des zéros ! Les servants de ces armes antichar doivent être choisi parmi ceux qui se comportent le mieux sous le feu adverse et qui savent maitriser la peur, nul besoin de capacité physique extraordinaire mais de capacités psychologique hors du commun, c’est ainsi que l’on obtiendra les meilleurs résultats.

    C’est un point important, une arme antichar entre les mains d’un pétochards est une arme perdue, parfois fuir vous sauve la vie mais souvent à la guerre c’est le courage qui vous évite la mort, et la fuite qui vous expose à la destruction. C’est quand une armée commence à fuir qu’elle enregistre ses plus lourde perte car la désorganisation la rend vulnérable et faible. Il ne s’agit pas non plus de se faire tuer jusqu’au dernier pour tenir la position, mais de savoir retraiter en bon ordre pour pouvoir combattre à nouveau dans de meilleurs conditions. Il faut savoir exploiter le terrain, c’est bien plus efficace que des vagues de kamikazes.

  17. sentinelle dit :

    Et si c’était la perte d’une compagnie de combat qui était le plus dommageable dans nos unités d’infanterie pour parler vrai c’est surtout de fantassin dont on risque d’avoir besoin …Je ne pense pas que nos soldats verront beaucoup de chars mais c’est vrai tous ces missiles c’est utile en combat urbain

    • La sécession, c'est maintenant dit :

      Nos ennemis n’ont pas tous des chars, certains ne sont même pas étatiques.
      En revanche, ils sont habillés en PEX sont très nombreux et ils ont beaucoup d’armes légères de type kalachnikov tout en se servant des applications de leurs smartphones comme moyens de liaison, leurs chefs étant équipés en liaisons cryptées.

      En revanche, ils sont déjà dans nos rues.

  18. Belzebuth dit :

    Qui se rappelle de l’intervenant « Polymères » qui ne jurait que par le « tout MMP » ?

    • mich dit :

      Il me semble qu ‘il parlait aussi de trame antichar dans ses longues explications , avec bien sur le MMP comme la futur pointe de diamant de l’ ensemble ,mais bon cela n ‘a pas fini de bouger car c ‘est plutot créatif dans le monde en ce moment au niveau de l’ armement , pauvre @Raymond75 !

    • PK dit :

      On ne tire pas sur les ambulances. Polymères a sans doute eu ses étoiles grâce à son parcours brillant sur OPEX360 et c’est finalement bien mérité pour ses efforts de soutien indéfectible du gouvernement.

  19. Raskolnik dit :

    C’est l’éternel coup du « format plus resserré mais plus fort » avancé depuis des décennies par nos grands chefs toujours prêts à passer sous les fourches caudines des exigences de Bercy pour sauver leur prochaine étoile… on va passer du format stade de France au format stade vélodrome de Marseille.