La Corée du Nord dénonce l’intrusion d’un avion espion américain dans sa zone économique exclusive

Alors que le président des États-Unis, Joe Biden, a réuni son homologue sud-coréen Yoon Suk Yeol et le Premier ministre japonais Fumio Kishida pour un premier sommet trilatéral à Camp David, ce 18 août, la Corée du Nord a dénoncé « l’intrusion » d’un avion de reconnaissance américain dans sa zone économique exclusive [ZEE], au large de la côte Est.

Ainsi, selon l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, l’appareil américain, dont le type n’a pas été précisé, a pénétré dans l’espace aérien au-dessus de la ZEE « à trois reprises, entre 5h38 et 6h37 », le 17 août. Ce qui aurait contraint la force aérienne nord-coréenne à faire décoller des avions de chasse pour l’intercepter.

Il s’agit d’une « dangereuse provocation militaire » et Pyongyang envisage des « mesures dissuasives pour empêcher de futures incursions », a fait valoir un porte-parole de l’état-major des forces armées nord-coréennes, auprès de KCNA.

L’appareil de reconnaissance américain n’a pas violé l’espace aérien nord-coréen. Et une zone économique exclusive ne peut s’étendre que jusqu’à 200 milles [maximum] des côtes d’un État. En revanche, il est possible qu’il se soit aventuré dans la zone d’identification de défense aérienne [ADIZ] nord-coréenne. D’où l’envoi d’avions de chasse pour l’intercepter. À noter cependant que le Pentagone n’a fait aucun commentaire pour le moment.

Pour rappel, si elle dispose encore de nombreux appareils qui seraient mieux à leur place dans un musée [comme les Shenyang F-5 et Shenyang J-6, dérivés chinois du MiG-17 et du Mig-19], la force aérienne nord-coréenne dispose d’une trentaine de MiG-29 « Fulcrum », d’une vingtaine de MiG-21et d’une centaine de Chengdu J-7 [copie chinoise du MiG-21, ndlr].

En tout cas, c’est la seconde fois en un peu plus d’un mois que Pyongyang dénonce « l’intrusion » d’avions de reconnaissance américains. Le 10 juillet, elle a en effet déjà accusé les États-Unis d’avoir violé son « espace aérien ».

« Il n’y a aucune garantie que ne se produise pas un accident choquant lors duquel un avion de reconnaissance stratégique de l’aviation américaine serait abattu » au large de la côte orientale de la Corée du Nord, avait alors prévenu un porte-parole du ministère nord-coréen de la Défense.

Quoi qu’il en soit, Pyongyang ne cesse de hausser le ton en vue des manoeuvres militaires conjointes « Ulchi Freedom Shield » que s’apprêtent à lancer les forces sud-coréennes et américaines. Il y a quelques jours, le chef du régime nord-coréen, Kim Jong-un, a appelé à accélérer les préparatifs pour une « guerre totale ».

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