La République tchèque va pouvoir acheter 24 avions de combat F-35A pour 5,62 milliards de dollars

En juillet 2022, la République tchèque confirma son intention de se procurer 24 chasseurs-bombardiers F-35A auprès du constructeur américain Lockheed-Martin afin de remplacer les 14 JAS-39 Gripen C/D mis en oeuvre par sa force aérienne dans le cadre d’un contrat de location devant arriver à échéance en 2027, voire 2029.

« Il s’agira donc très probablement de l’achat militaire le plus cher de l’histoire moderne du pays », avait alors commenté Radio Prague, estimant le coût de cet achat de F-35A à « plusieurs dizaines de milliards de couronnes ». En réalité, ce sera de l’ordre de la centaine de milliards…

En effet, le 29 juin, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargée des exportations d’équipements militaires américains, a publié un avis pour recommander au Congrès d’accepter la vente à la République tchèque de 24 F-35A pour un montant estimé à 5,62 milliards de dollars. Soit 123 milliards de couronnes tchèques selon le taux de change actuel.

Outre les chasseurs-bombardiers, ce montant englobe le soutien technique et logistique [avec un moteur F135-PW-100 de rechange], des services d’ingénierie et, surtout, la livraison de plusieurs types de munitions, dont 70 missiles air-air AIM-120C-8 AMRAAM, différents modèles de bombes [86 GBU-53/B, 12 BLU-109, 12 GBU-31] et 50 missiles AIM-9X Block II/II+ Sidewinder.

Cette vente « améliorera les capacités de défense de la République tchèque et soutiendra les opérations de l’Otan contre les menaces modernes », a justifié la DSCA.

Cela étant, l’avis ne précise pas si les F-35A livrés à la force aérienne tchèque seront portés au standard Block 4, dont la mise au point cause quelques soucis au Pentagone… au point qu’il a suspendu la réception des nouveaux appareils en configuration « Technology Refresh 3 » [TR-3] tant que les problèmes ne seront pas réglés. En outre, la question du réacteur se pose également étant donné qu’il s’avère que l’actuel F-135 est « exploité au-delà de ses spécifications ».

Quoi qu’il en soit, les négociations entre Prague et Washington sur cette commande de F-35A ont commencé bien avant la diffusion de l’avis de la DSCA.

« Lors des discussions, nous utilisons également les connaissances et l’expérience acquises dans d’autres pays. Par exemple, nous avons réussi à fixer une date pour le mois de mai, au cours de laquelle les pilotes tchèques pourront essayer un simulateur de niveau supérieur, ce qui, dans le cas d’autres pays, n’a été possible qu’après avoir reçu une offre formelle des États-Unis pour la vente d’appareils », a en effet expliqué Blanka Cupáková, la directrice des affaires économiques du ministère tchèque de la Défense, à Radio Prague International, en avril dernier.

« Nous avons également discuté de la possibilité de réduire certains frais conformément aux règles de vente établies afin de réaliser les économies les plus importantes possibles pour la République tchèque. Nous ne voulons manquer aucune opportunité à cet égard », a également précisé Mme Cupáková.

Par ailleurs, alors que la DSCA publiait son avis, Prague a adopté une nouvelle stratégie de sécurité, laquelle désigne, pour la première fois, la Russie et la Chine comme étant des menaces potentielles, l’une pour ses actions délibérées contre « stabilité politique, économique et sociale » de la République tchèque, l’autre pour sa remise en cause de l’ordre international, ce qui « entraîne des conséquences négatives pour la sécurité euro-atlantique ».

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