Une arme laser a été testée avec succès à bord de la frégate de défense aérienne Forbin

En juin 2022, la Direction générale de l’armement [DGA] commanda à l’entreprise CILAS [Compagnie industrielle des lasers] un prototype opérationnel du système laser HELMA-P, dans le cadre du marché L2AD [Laser de lutte anti-drones], doté de dix millions d’euros. Et il était question de réaliser une étude en vue de l’intégration de ce dispositif à bord d’une « plateforme navale », des tests de faisabilité en mer étant d’ailleurs prévus dans la foulée de l’attribution du contrat.

Développé à partir de 2017, le système HELMA-P est en mesure de neutraliser des micro-drones aériens en altérant leur structure en l’espace de quelques secondes, tout en étant associé à différents dispositifs de détection et de suivi. L’un des enjeux était alors de le miniaturiser tout en augmentant sa puissance et en développant un ensemble de « protections matérielles et logicielles ».

Un an après la notification du marché L2AD, un prototype de cette arme laser a pu être testé en Méditerranée, à bord de la frégate de défense aérienne [FDA] Forbin, sous l’égide de la DGA et avec la participation de CILAS. Et les résultats ont été à la hauteur des attentes.

« Déjà évalué avec succès à terre en 2020 et 2021, le système HELMA-P s’est montré aussi performant que précis pour neutraliser les drones hostiles en mer », a en effet indiqué le ministère des Armées, précisant que cette campagne d’essais s’était déroulée du 12 au 14 juin. Celle-ci ouvre la voie « à une poursuite du développement du prototype en vue de son intégration, à terme, aux bâtiments de la Marine », a-t-il ajouté, avant de souligner la pertinence de cette capacité en matière de combat naval, les drones aériens pouvant être utilisés pour « surveiller, perturber ou attaquer des navires et aéronefs ».

Cela étant, le système HELMA-P permet à la Marine nationale de rattraper son retard en matière d’armes à effet dirigé. En effet, en août 2022, Lockheed-Martin a annoncé avoir livré à l’US Navy un premier système HELIOS [pour High Energy Laser with Integrated Optical-Dazzler and Surveillance], d’une puissance comprise entre 60 et 120 kW, en vue d’une campagne d’essais en mer devant être menée depuis le « destroyer » USS Preble. Et, en octobre de la même année, la Deutsche Marine a testé avec succès une arme laser qui, développée par MBDA Allemagne et Rheinmetall, avait été installée à bord de la frégate Sachsen.

Pour rappel, le projet de Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 fait du développement d’armes à énergie dirigée une priorité, au même titre que l’hypervélocité, la robotique, le quantique et l’intelligence artificielle. Cela devrait se traduire par le développement du laser BLOOMLASE, lequel permettrait d’aveugler les satellites d’observation depuis le sol. Et une telle capacité intéresse beaucoup la Marine nationale.

« Les lasers peuvent également être une arme de guerre spatiale opérée depuis les bateaux : ils peuvent ainsi aveugler des satellites d’observation pour assurer la dissimulation de forces navales en situation de conflit », avait ainsi expliqué l’amiral Pierre Vandier, son chef d’état-major, en novembre 2021.

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