Le français Naval Group paraît bien placé pour fournir trois sous-marins à l’Argentine

Depuis le naufrage de l’ARA San Juan, en novembre 2017, l’Argentine n’a plus de sous-marin opérationnel… alors qu’elle en a besoin pour surveiller sa vaste zone économique exclusive [ZEE], laquelle est régulièrement visitée par d’imposantes flottilles de navires de pêche chinois.

Pour récupérer cette capacité, Buenos Aires envisagea trois options : poursuivre la modernisation de l’ARA Santa Cruz, alors en cale sèche au moment de la perte de l’ARA San Juan, reprendre la construction de l’ARA Santa Fe… abandonnée trente ans plus tôt pour des raisons budgétaires, ou bien acquérir au moins un sous-marin neuf. La dernière fut retenue en décembre 2021. Et, à l’époque, la presse argentine assura que la préférence de Buenos Aires allait vers le Scorpène proposé par le français Naval Group.

Cela étant, avec la création d’un fonds dédié aux achats de défense [FONDEF – Fondo para la Defensa], abondé par une fraction des recettes du budget annuel du secteur public national [0,8% en 2023], le gouvernement argentin a revu ses ambitions à la hausse. Ainsi, et selon un rapport récemment remis au Parlement, il est question d’investir au moins 1,3 milliard de dollars pour l’acquisition de trois nouveaux sous-marins.

Le document avance également que des « discussions avancées » sont en cours avec Naval Group et ThyssenKrupp Marine Systems [TKMS]… Et que les gouvernements français et allemands y sont impliqués, notamment pour trouver et garantir une solution de financement.

D’après Defense News, qui a sollicité des sources militaires argentines, Naval Group propose le Scorpène ainsi que le Shortfin Barracuda tandis que l’offre de TKMS repose sur les modèles Type 209/1400 et Type 214.

Cependant, l’offre française semble plutôt bien placée… En effet, le 13 avril, le ministre argentin de la Défense, Jorge Taiana, s’est rendu au Brésil pour visiter le chantier naval Itaguaí Construcciones Navales, lequel construit, sous licence, les sous-marins de type Scorpène destinés à Marinha do Brasil. Il était accompagné par l’amiral Julio Guardia, le chef d’état-major de l’Armada de la República Argentina [ARA], et de responsable de chantier naval argentin Tandanor.

Cette visite lui a permis de « prendre connaissance du processus de construction du sous-marin ‘Scorpene’, l’un des modèles que l’Argentine envisage pour récupérer sa capacité sous-marine », a précisé le ministère argentin de la Défense, selon un communiqué cité par l’agence Télam.

« Nous sommes toujours à la recherche de la meilleure offre de sous-marins pour notre pays afin de récupérer cette capacité stratégique qu’il n’a pas aujourd’hui et qui est essentielle pour avoir un contrôle et une surveillance réels des eaux placés sous notre juridiction, de notre plateau continental et de nos ressources naturelles », a expliqué M. Taiana.

Le communiqué rappelle que, lors d’un séjour en Europe, en juillet 2022, le ministre avait visité les chantiers navals de Naval Group et de TKMS afin de « se renseigner sur les processus de production, les conditions de financement et le transfert de technologies » au profit de Tandanor.

Selon le rapport remis au Parlement argentin, Buenos Aires espère trouver un accord sur les aspects techniques et les questions financières dans les mois à venir, afin de pouvoir finaliser l’achat de nouveaux sous-marins d’ici la fin de cette année.

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